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Quelques repères sur Daniel Mayer
Né le 29 avril 1909 à Paris (XIIe arrondissement), Daniel Mayer est issu d'une famille de la petite bourgeoisie juive parisienne.
En 1921, il obtient son certificat d'études primaires. La même année, il perd sa mère.
Il quitte l'école à 14 ans et exerce divers métiers (grouillot à la Bourse, représentant de commerce, chineur).
Grand lecteur, autodidacte, il est élevé par son père, républicain, dreyfusard, sympathisant socialiste, qu'il ne voit guère et qui disparaît en 1932.
En 1927, Daniel Mayer s'engage en politique à l'occasion de l'affaire Sacco et Vanzetti : il adhère, dans le XXe arrondissement, à la Ligue des droits de l'Homme.
Trois mois plus tard, il s'inscrit à la SFIO et aux Jeunesses socialistes (JS) à la suite d'une conférence de Léon Blum.
En 1928, il devient secrétaire de la 20e section des JS et est élu, au congrès fédéral des JS de la Seine, membre de la commission executive et occupe les fonctions de délégué à la propagande.
En 1929, il rencontre Cletta Livian, militante socialiste roumaine qu'il épouse le 19 mai 1931 après avoir effectué son service militaire.
À partir de 1932, membre de la Bataille socialiste, admirateur de Jean Zyromski, il écrit plusieurs articles dans la revue La Bataille socialiste.
En 1933, il débute comme journaliste au Populaire tout en s'opposant au courant « néo », notamment dans sa section, celle de Marcel Déat.
Au lendemain du 6 février, il se détache de Paul Faure et se rapproche de Léon Blum dont il admire les qualités intellectuelles et humaines.
En 1935, il est rédacteur puis chef de la rubrique sociale dans le journal de la SFIO.
Anti-munichois, il s'exprime dans la revue Agir pour la paix, pour le socialisme où il dénonce les caractères totalitaires du nazisme, et rompt avec les paul-fauristes.
Le 27 août 1939, il est mobilisé et envoyé au front, dans les Ardennes.
Le 18 juillet 1940, il est démobilisé et entre avec sa femme dans la Résistance, après avoir hésité à partir pour Londres.
À compter de 1941, en liaison avec Léon Blum, il se consacre à la reconstruction du Parti socialiste clandestin en zone Sud et participe à la création du Comité d'action socialiste en mars (CAS).
Le 21 juin 1941, il est nommé secrétaire général du CAS pour la zone Sud et agit pour structurer le Parti socialiste clandestin.
Le 15 mai 1942, il fait paraître le premier numéro du Populaire clandestin qu'il dirige.
Du 14 avril au 19 mai 1943, il part en mission à Londres, obtient la reconnaissance politique du Parti socialiste clandestin ainsi qu'une légitimation personnelle de la part du général de Gaulle et apaise les conflits entre socialistes : il est l'artisan de la motion de synthèse ratifiée à Londres et adoptée à l'unanimité par les socialistes résistants.
Les 17 et 18 juin 1943, à l'occasion de l'unification de l'organisation clandestine, il devient le secrétaire général du CAS devenu Parti socialiste.
En octobre 1943, il représente le Parti socialiste à l'assemblée plénière du Conseil national de la Résistance qu'il contribua à fonder.
En août 1944, il participe à la Libération de Paris et descend le 26 août 1944 les Champs-Elysées aux côtés des autres membres du CNR et du général de Gaulle.
En novembre 1944, Daniel Mayer est élu secrétaire général de la SFIO.
En 1945, il est délégué à l'Assemblée consultative provisoire.
En octobre 1945, il est élu député de la Seine dans le 2e secteur.
En août 1946, pour la première fois de l'histoire de la SFIO, le rapport moral présenté par le secrétaire général et l'équipe issue du Parti socialiste clandestin est rejeté ; il démissionne puis laisse la direction du Parti à Guy Mollet tout en restant au comité directeur jusqu'en 1954.
Décembre 1946 : il devient ministre du Travail et de la Sécurité sociale dans le gouvernement Léon Blum et conserve ses fonctions ministérielles jusqu'en octobre 1949 participant à six gouvernements successifs.
Dès 1950, il prend position contre le réarmement de l'Allemagne puis, en 1952, contre la Communauté européenne de défense (CED) et s'oppose à la ratification du traité en 1954, ce qui lui vaut d'être exclu de la SFIO pour être réintégré en 1955.


















