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Vignoble de Champagne

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Vignoble de Champagne
Image illustrative de l’article Vignoble de Champagne
Le vignoble champenois à Passy-sur-Marne.

Désignation(s) Vignoble de Champagne
Appellation(s) principale(s) champagne, coteaux-champenois, rosé des Riceys, haute-marne et coteaux-de-coiffy
Type d'appellation(s) AOC / AOP et IGP
Reconnue depuis décret-loi du
Pays Drapeau de la France France
Région parente Champagne
Sous-région(s) côte des Blancs,
côte des Bar,
montagne de Reims et
vallée de la Marne
Localisation Marne, Aube, Aisne, Haute-Marne et Seine-et-Marne
Climat tempéré océanique à légère tendance continentale (principalement dans la montagne de Reims) au Nord, tempéré continental au Sud, dans la côte des Bar
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
entre 1 680 (à Reims)[1] et 1 851 heures (à Troyes)[2]
Sol calcaires, parfois marneux
Superficie plantée 34 300 hectares[3]
Nombre de domaines viticoles 4 776 récoltants expéditeurs, 132 coopératives[4] et 293 négociants
Cépages dominants 39 % pinot noir N[5], 32 % pinot meunier N, 29 % chardonnay B
Vins produits mousseux, rouges, rosés et blancs
Production 3 162 000 hectolitres (en 2023)[6]
Rendement moyen à l'hectare 12 276 kilogrammes par hectare en moyenne en 2009, soit environ 76 hectolitres par hectare

Image illustrative de l’article Vignoble de Champagne

Coordonnées 49° 08′ 31″ nord, 4° 08′ 53″ est
Pays Drapeau de la France France
Subdivision Champagne-Ardenne
Numéro
d’identification
1465
Année d’inscription (39e session)
Type culturel
Critères (iii), (iv), (vi)
Superficie 1 102 ha
Zone tampon 4 230 ha
Région Europe et Amérique du Nord **
Géolocalisation sur la carte : France
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO

Le vignoble de Champagne est une région viticole française située sur le territoire de l'ancienne province de Champagne. Il s'étend principalement en région Grand Est (Aube et Marne), mais aussi sur les départements voisins de l'Aisne et de Seine-et-Marne, en partie issus de cette province.

Le vin le plus connu de cette grande région viticole est le renommé vin de Champagne (ou tout simplement champagne). Cependant, la Champagne ne produit pas seulement du vin de Champagne, on y trouve aussi des vins plus classiques comme le rosé des Riceys, ou encore des vins rouges, blancs et rosés, autrefois appelés « vins nature de Champagne » et qui depuis 1974, date d'obtention du label AOC, sont appelés coteaux-champenois. Ils sont les descendants des vins tranquilles qui concurrençaient les vins de Bourgogne.

Début de la viticulture

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La culture de la vigne en Champagne remonterait à l'époque gallo-romaine, comme le suggèrent les vases et coupes trouvés au cours de fouilles archéologiques mais ces récipients ont aussi bien pu servir à boire de l'eau, de la cervoise, de l'hydromel ou du vin provenant de Rome ou de la Gaule méridionale[7]. L'affirmation selon laquelle les Romains trouvèrent de la vigne dans les alentours de l'oppidum de Durocorter fondé par les Rèmes en 80 av. J.-C.[8] provient de lectures erronées des textes antiques[9], le vignoble ne se développant dans la partie septentrionale de la Gaule qu'au IVe siècle[10].

Le développement de la viticulture princière, ecclésiastique et monastique, source de revenus et de prestige, est attesté en Champagne à partir du VIIe siècle[9]. L'intérêt que porte le clergé aux vins champenois, en particulier ceux de Reims et de Châlons, s'explique aussi par son utilisation lors de l'eucharistie comme sang du Christ. Après le monastère d'Hautvillers, fondé vers 660 (par l'archevêque de Reims saint Nivard), c'est l'abbaye Saint-Pierre-aux-Monts, à Châlons-en-Champagne, qui plante de nombreuses vignes dans les domaines qu'elle possédait en Champagne. En l'an 1114, l'évêque de Châlons, Guillaume de Champeaux, fait rédiger la Grande Charte champenoise qui confirme cette abbaye dans toutes ses possessions agricoles et vinicoles. Cette charte, dont l'original est perdu mais dont une copie est conservée aux Archives départementales de la Marne, est considérée comme l'acte fondateur du vignoble de Champagne : par cette confirmation, toutes les conditions sont réunies pour que le vignoble se développe en paix et puisse prospérer. Dès lors, les moines n'ont pas cessé de cultiver la vigne et de produire un vin de plus en plus élaboré. Durant l'époque féodale, les vins de Champagne sont classés parmi les « vins de France » — pas encore effervescent à cette époque — et sont considérés comme produits dans le Bassin parisien (le Midi n'étant pas encore français).

Durant le règne d'Henri IV, les « vin de Champagne » (notamment des vins gris, très faiblement colorés qui vieillissent très mal en fûts) commencent à se faire connaître à Paris, sous l'impulsion de quelques familles qui possédaient des terres en Champagne. Mais cette dénomination s'impose plus difficilement dans sa région d'origine, le terme « champagne » désignant des terres sèches peu fertiles, ne pouvant servir que de pâturages aux moutons. Pierre Gosset, élu maire d'Aÿ en 1584, était à la fois propriétaire-vigneron et négociant en vins de Champagne (du vin tranquille, non effervescents), ce qu'on appelle actuellement un récoltant-manipulant. Au début du XVIIe siècle, un propriétaire de vignoble à proximité de Reims, Nicolas Brulart de Sillery, est un homme d'État français, pendant quelques années garde des sceaux puis chancelier de France proche de Marie de Médicis et du roi Henri IV. Pour l'historien Roger Dion, il participe à accroître par son influence la réputation des vins champenois et de la montagne de Reims[11].

Du vin effervescent

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Vignoble de Provins au XVIIIe siècle, gravure de Chastillon.

La notoriété des vins de Champagne va évoluer fortement au XVIIe siècle, XVIIIe siècle et surtout XIXe siècle. Les grandes maisons vont se créer les unes après les autres. Ces vins vont s'exporter et être remarqués à l'étranger à la fois dans des milieux prestigieux tels que la cour de Russie ou les milieux aristocratiques anglais, mais aussi aux États-Unis. Quelques événements et crises politiques vont jouer un rôle significatif. Les techniques utilisés vont se perfectionner et se stabiliser, ainsi que les modes de consommation. L'ouvrage d'Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, détaille cette évolution et donne quelques points de repère dans la multiplicité des dates possibles[12], et les travaux de Roger Dion apportent aussi quelques éclairages importants.

Dom Pérignon.

En 1660, les vins de Champagne (qui ne sont pas encore tout à fait ce qu'on appellera un siècle plus tard du champagne) ont un succès grandissant en Angleterre à la suite de la Restauration Stuart[13]. Ces consommateurs apprécient notamment les vins effervescents, ce qui favorise la production de tels vins et initie en Champagne une vogue du vin mousseux[14]. De 1668 à 1715, Dom Pierre Pérignon devient procureur de l'abbaye Saint-Pierre d'Hautvillers[15] (dans une abbaye, le procureur, ou receveur, ou intendant, est le patron « temporel »)[15] et développe la technique de l'assemblage des produits des différentes vignes dont l'abbaye bénéficie pour garantir une pérennité du goût et de la qualité[15]. Comme on prête surtout aux riches, d'autres apports ont été attribués à Dom Pérignon. Il aurait notamment ainsi inventé la méthode champenoise, dont l'usage commence à se développer à la même époque dans cette région, en s'inspirant de la « méthode ancestrale » de vinification des vins effervescents de Limoux, préexistante (et découverte lors d'un pèlerinage à l'abbaye de Saint-Hilaire en Languedoc)[16], mais ce rôle attribué à Dom Pérignon est un mythe, une légende[17]. Une autre légende[18] veut que ce soit lui qui introduit l'emploi du bouchon de liège, maintenu sur la bouteille par une ficelle de chanvre imprégnée d'huile, ce qui permet au vin de garder sa fraîcheur et sa mousse. De plus, il aurait fait renforcer la bouteille en adoptant un verre plus épais, pour éviter qu'elle n'explose[19]. Malgré les efforts du moine, l'effervescence du vin reste empirique jusqu'aux recherches de Louis Pasteur sur la fermentation, au XIXe siècle. Les crayères près de son abbaye étaient utilisées pour conserver le champagne à température et humidité constantes. Pour autant, pour Éric Glâtre, il laisse à sa mort un domaine vignoble grandement amélioré sur la qualité des terres et leur état[15].

Les ventes à l'exportation ont eu une importance majeure dans l'évolution des vins produits sur le vignoble de Champagne, et notamment sur leur effervescence. Vers 1660, quelques vignerons innovent pour améliorer la conservation de leur vin : celui-ci est « tiré », c'est-à-dire mis en bouteille très tôt avant la fin de la première fermentation, afin d'assurer une meilleure conservation des arômes. Le procédé est amélioré grâce au « méchage soufré » ou sulfitage des barriques mis au point par les Hollandais, qui permet la protection du vin par la combustion de soufre dans les tonneaux[21],[22]. Mais il y a un effet secondaire : les Anglais observent qu'au printemps, le vin devient naturellement pétillant, surtout les vins de Champagne ayant peu d'alcool, peu colorés et dont le tirage est fait à l'équinoxe de printemps ; à l'époque, le phénomène est encore accentué par le petit âge glaciaire. Ce caractère effervescent cause beaucoup de souci aux vignerons, à tel point qu’il est surnommé « vin du diable » ou « saute-bouchon » à cause des bouteilles qui explosent ou des bouchons qui sautent sous la pression. Alors qu’en France, l'effervescence de ces vins ne se généralise vraiment que vers 1725, le champagne devient effervescent en Angleterre bien avant. Une autre version serait que le jus, transporté jusqu'en Angleterre en tonneaux, est embouteillé sur place et y fermente une seconde fois. Cette version du vin de Champagne séduit les consommateurs anglais, comme en témoigne une chanson, The Man of Mode, créée en 1675 et qui en chante les louanges[23]. Les Anglais qui avaient observé que la seconde fermentation avait lieu au printemps, choisirent cette époque pour accentuer la prise de mousse en rajoutant du sucre roux de canne importé de leurs colonies des Caraïbes, ce qui eut pour effet d'augmenter le degré d'alcool, à tel point qu'en 1676, un poète londonien chantait « le champagne effervescent ranime rapidement les pauvres amants languissants »[24].

Jeune homme ivre portant en main une des premières bouteilles de champagne, gravure Nicolas Arnoult (1702).

Selon le chanoine Jean Godinot qui écrivit en 1718 que « depuis plus de vingt ans le goût des Français s'est déterminé au vin mousseux », le champagne effervescent aurait donc été commercialisé dans des bouteilles spécifiques, pour la première fois en France, vers 1695. D'autres archives attestent que, en l'an 1729, Nicolas Irénée Ruinart fonde à Reims le premier négoce en vin de Champagne effervescent, la maison Ruinart. Jusqu'au XVIIIe siècle, seule la vente en fûts est autorisée (loi de 1691 qui impose la vente en tonneaux, contenant plus facilement taxable car suffisamment gros pour prévenir de multiples fraudes) jusqu'à l'arrêt du Conseil royal du sous Louis XV, qui permet le transport du vin en paniers de cinquante ou de cent bouteilles[25]. Cet édit royal ne rend pas pour autant le négoce du champagne plus dynamique : à cette époque, les expéditions de vin de champagne en bouteille ne dépassent pas 300 000 bouteilles par an, soit 0,5 % de la production totale de vin de la province, et les principaux vignerons sont encore des abbayes (dom Ruinart, dom Pérignon)[26]. Ce serait en 1755, selon Eric Glâtre, qu'apparaissent, à nouveau en Angleterre, des formes de verres coniques d'une hauteur inhabituel, des flûtes[27].

Développement du négoce

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Le champagne ne commence à acquérir son rayonnement international qu'à la fin du XVIIIe siècle grâce à des familles bourgeoises propriétaires de vignes qui organisent le marché : de producteurs, elles vont passer courtiers assurant le transport et mettant en place une promotion efficace de leur vin. Ces familles sont principalement de souche allemande, comme Florens-Louis Heidsieck ou Claude Moët puis, au XIXe siècle, la famille Bollinger. De même, certaines femmes, après la mort de leur mari, continuent le travail de celui-ci, entre autres Mme Pommery, Mme Perrier et Mme Clicquot (surnommée la « Grande Dame de Champagne »), contribuant elles aussi à la notoriété du champagne. La promotion du champagne est également assurée par des hommes d'État et des écrivains : Talleyrand le décrit comme « vin de la civilisation », Honoré de Balzac comme le symbole de l'amitié[28]. En 1769, un vigneron, Claude Ruinart, aménage des carrières souterraines sous Reims en caves pour mieux garantir la qualité du vieillissement de ses productions[29]. Son fils lui succède en 1794. Parmi ses clients figurent : Bonaparte, Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, le roi de Prusse, le prince d'Orange, les cours du Danemark et de Bavière, les ducs d'York, l'archevêque de Cantorbéry, etc.[30] Mais dès 1775, Ruinart ou la maison Moët vendent une partie significative de leurs productions à la noblesse de Russie, de Belgique, de Prusse, d’Italie ou d’Angleterre[23]. Et ces ventes à grande distance poussent ces vignerons à adopter la mise en bouteille de verre de leurs jus, pour ne pas modifier le goût lors des transferts de produits[23].

Jean-Rémy Moët devient maire d'Épernay de 1802 à 1815 puis de 1826 à 1830, montrant une certaine réussite des négociants de ces vins[31]. En 1805, François Clicquot, à la tête d'une petite maison héritée de sa grand-mère, meurt. Sa veuve décide alors de s'opposer à la vente des vignes et de prendre les rênes de l'établissement, malgré les objections de sa belle-famille. Une remarquable femme d'affaires émerge alors, appelée la Veuve Clicquot, qui sait s'entourer, s'associant même avec un concurrent (mais un négociant, pas un producteur), Jérôme Alexandre Fourneaux. Elle sait accroître judicieusement son domaine, vendre et exporter[32],[33],[34] et pratique une politique sociale moins destinée au personnel caviste qu'aux vignerons livreurs qui sont assimilés à des ouvriers de la maison[35]. Elle innove aussi techniquement, en sachant identifier et encourager les bonnes idées de ses collaborateurs, au sein de son équipe : en 1818, avec Antoine-Aloys de Muller, son chef de cave, elle invente ainsi le procédé de « la table de remuage », permettant d'obtenir des « vins plus clairs, nets et limpides », autrement que par décantation et transversement[36]. Quelques années auparavant, le congrès de Vienne, réunissant avec ces cent quarante négociateurs et ses importantes délégations, une partie de l'élite européenne, aurait participé à diffuser le goût pour le champagne, apprécié durant les festivités : « Le congrès ne marche pas, il danse »[37],[38].

Devant le développement des ventes du vin mousseux de Champagne, des maisons de champagne se créent les unes après les autres, durant ce XIXe siècle, sous l'impulsion d'entrepreneurs attirés par la réussite de cette activité. Ces entrepreneurs font preuve d'audaces, produisant et négociant ce vin, et l'exportant dans toute l'Europe et Outre-Mer, même si la marque Champagne ne figure pas encore en tant que telle sur les étiquettes. Ainsi, Louis Roederer en 1827. De même, cette même année 1827 pour les fils d'un négociant de la Hesse, Peter-Arnold Mumm. En 1832, Félix-Désiré Delbeck acquiert des vignes sur la Montagne de Reims et la Côte des Blancs[39]. De 164 657 bouteilles en 1848, les ventes de la maison Moët et Chandon passent à 2 508 105 bouteilles en 1869[40]. La notoriété de ces vins se renforce constamment : ils sont cités dans les œuvres littéraires, dans la presse, dans les pièces de théâtre, etc[41].

En 1860, le savant champenois Jules Salleron invente les premiers bouchons en aggloméré puis, en 1882, le densimètre pour mesurer le degré alcoolique du vin, afin d’éviter les excès de sucre ou de levure dans le processus de la seconde fermentation.

Évolutions contemporaines

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En 1816, André Jullien présente ainsi la production champenoise : « Les vins de Champagne ont une réputation trop bien établie, pour qu'il soit nécessaire d'en faire l'éloge ; cependant, tous ceux de cette province ne soutiennent pas également bien l'honneur de leur nom. Les vignobles du département de la Marne sont les seuls qui fournissent ce vin fameux, dont il se fait des expéditions considérables à l'étranger ; quelques crus du département de l'Aube produisent des vins rouges justement estimés, et qui s'exportent dans plusieurs provinces de France ; ceux du département de la Haute-Marne voyagent moins ; enfin, les vins du département des Ardennes sont de qualité inférieure, et ne sortent pas du pays »[42]. Si Jullien décrit longuement les mousseux champenois, il fournit un classement seulement pour les vins tranquilles rouges (1re classe : Verzy, Verzenay, Mailly, Saint-Basle, Bouzy et clos de Saint-Thierry) puis blancs (1re classe : Sillery, Ay, Mareuil, Hautvillers, Pierry et Disy)[43]. Il donne aussi quelques statistiques :

  • la province comporte alors 61 000 hectares de vigne, produisant en moyenne 1 716 200 hectolitres de vin ;
    • l'Aube avait 21 000 ha de vigne, produisant 617 000 hl de vin ;
    • la Marne avait 20 600 ha de vigne, produisant 636 200 hl de vin ;
    • la Haute-Marne avait 17 600 ha de vigne, produisant 391 000 hl de vin ;
    • les Ardennes avait 1 800 ha de vigne, produisant 72 000 hl de vin ;
  • on peut y rajouter l'Aisne qui avait 9 000 ha de vigne, produisant 301 000 hl de vin[44].

Avant qu'on apprenne à champagniser les vins blancs, ceux-ci étaient parfois (certaines années) naturellement pétillants. On retrouve une production de vins pétillants naturels aux quatre coins de l'ancienne Champagne, aussi bien dans l'Aube (du côté de Bar-sur-Aube) qu'en Haute-Marne, où le vin de Soyers (région de Bourbonne-les-Bains), vin de cépage produit à partir du meslier doré, avait une typicité reconnue, avant l'invasion du phylloxéra en Europe et dans le monde. Les maisons de Champagne dont beaucoup sont créées ou refondées par des investisseurs étrangers amoureux de ce produit, continuent, sur la lancée de leurs voyageurs de commerce sur les routes dès le XVIIIe siècle, de développer leur puissance commerciale : les invasions étrangères lors de la chute de l'Empire, la guerre de 1870 et les deux guerres mondiales renforcent cette notoriété[22]. En 1928, l'appellation champagne concernait seulement huit mille hectares et les expéditions se montaient à vingt-quatre millions de bouteilles.

La première partie du XXe siècle est l'époque des réglementations et de la mise en place d'institutions protectrices d'une appellation spécifique, le champagne. Ainsi, face aux imitations et à l'origine quelquefois douteuse des raisins utilisés pour produire en quantité, une loi de février 1911 impose d'apposer la mention « Champagne » sur les étiquettes des bouteilles et les bouchons mais posent des conditions de provenance des récoltes de raisins à partir d'une zone géographique pour pouvoir bénéficier de cette dénomination. En avril, des producteurs vignerons aubois se révoltent et procèdent à des saccages, ne pouvant plus vendre leur production à des prix aussi avantageux. Le gouvernement fait intervenir l'armée, et le 15 avril, cette révolte est matée[45].

En novembre 1940, sous le régime de Vichy, pour renforcer l'organisation des métiers, le gouvernement instaure un Bureau national de répartition des vins de Champagne qui préfigure le futur Comité interprofessionnel du vin de Champagne instauré par la loi le 12 avril 1941, dont un des rôles est de protéger l’appellation champagne[46].

La deuxième partie du XXe siècle et le début du XXIe siècle est une époque de regroupement des sociétés et de constitution de conglomérats, pour acquérir une taille plus forte face à la mondialisation du marché des alcools. En France, ce regroupement se fait par un jeu de poupée russe : ainsi, par exemple, le champagne Henriot est apporté par la famille du même nom à Veuve Clicquot Ponsardin, absorbé ensuite par le groupe Louis Vuitton Malletier, lui-même fusionné ultérieurement, en 1987, avec Moët Hennessy pour former LVMH[47]. Ces regroupements successifs, avec quelques allers-retours (le champagne Henriot s'extrayant par exemple de l'ensemble LVMH) aboutissent notamment à la constitution de ce groupe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton, associant progressivement des vins et spiritueux, de la mode et de la maroquinerie, des parfums et cosmétiques, des montres et de la joaillerie, et constituant un groupe spécialisé dans le luxe souvent classé numéro un au niveau mondial au début du XXIe siècle, avec une diversité de marques et d'activités[48],[49]. LVMH possède notamment au début de ce XXIe siècle les maisons de champagne suivantes, qui étaient restées des entreprises familiales pendant des décennies : Moët & Chandon, Dom Pérignon, Mercier, Veuve Clicquot Ponsardin; Krug, et Maison Ruinart, ainsi qu'une partie de l'actionnariat (50 %) de Armand de Brignac, marque bien plus récente. LVMH, estimant sans doute disposer de trop de marques de champagne dans son portefeuille et désirant se focaliser sur les entreprises les plus rentables, a revendu en 2002 Pommery à la Maison Vranken, celle-ci devenant alors Vranken-Pommery Monopole[50]. Un autre groupe français important dans l'alcool et désormais présent dans le champagne est le groupe Pernod Ricard, qui a acquis (en décembre 2000) les marques Mumm, puis Perrier-Jouët (en 2005)[49].

Depuis 1974, les vins tranquilles (non effervescents) de la même région obtiennent également une AOC sous le terme de coteaux-champenois[51], mais ces vins, issus des mêmes cépages que le Champagne et ayant précédé l'apparition des vins effervescents, sont désormais produits en faible quantité, car ils entrent en concurrence, au niveau des terroirs comme des raisins, avec le champagne effervescent ; de ce fait leur prix est plutôt élevé. Reste à voir l'impact du changement climatique dans les prochaines décennies[51].

Depuis 2016, un partenariat entre la Communauté d'agglomération de Châlons-en-Champagne, la Maison de l’architecture Champagne-Ardenne et l'École nationale supérieure d'architecture de Nancy a permis de construire une vingtaine de loges de vigne dans le vignoble de Champagne[52],[53], notamment dans le parc naturel de la Montagne de Reims, le Vitryat, le Sézannais, le pays d'Épernay et dans l'Aube[54]. Il s'en trouve par exemple à Avenay-Val-d'Or[55], Avize, Bassuet, Bouzy[56], Chigny-les-Roses, Cormoyeux, Cumières, Fontaine-sur-Ay, Le Breuil[54], Moussy, Nogent-l'Abbesse[55], Trépail, et Vanault-le-Châtel dans la Marne[57],[58], ainsi qu'à Spoy[59] et Villenauxe-la-Grande dans l'Aube[60]. Ces nouvelles constructions interviennent généralement dans le cadre de la promotion de l'œnotourisme[53],[61]. Les loges sont construites lors des universités d'été « Architecture et Champagne » dans un atelier de Châlons-en-Champagne, avant d'être démontées et réassemblées sur leurs lieux de destination respectifs[62],[55]. Pour promouvoir la construction des cabanes, un pavillon baptisé « Maison des loges » a été construit dans la ville[63]. Les universités d'été sont interrompues en 2021, avant de reprendre en 2024[64].

Géographie

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Sur un peu plus de trente mille hectares de vigne au total, c'est le vignoble le plus septentrional de France avec 60 à 80 jours de gel par an. Il doit sa richesse à son morcellement, chaque village constituant un cru, c'est-à-dire le produit d'un terroir et d'un climat ; il existe 302 crus. Les plus grandes caves de champagne se trouvent à Épernay et à Reims. Quelques parcelles de l'appellation champagne (20 ha) se trouvent en Île-de-France dans les communes de Citry, Nanteuil-sur-Marne et Saâcy-sur-Marne (Seine-et-Marne). Le département de la Haute-Marne peut lui aussi revendiquer l’existence de quelques dizaines d’hectares de vignes. En 2008, un dossier visant à inscrire les « paysages du champagne » sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco est soumis aux autorités françaises[65] et le , les « coteaux, caves et maisons de Champagne » sont inscrits au patrimoine mondial de l'humanité[66].

Juste avant le début de la Révolution française, le vignoble champenois s'étendait sur quelque 50 000 hectares. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le vignoble connaît avec 65 000 hectares son expansion maximale comprenant aussi 2 500 hectares dans le département des Ardennes. Après les fléaux du phylloxéra et de la Grande Guerre, le vignoble s'est réduit à 12 000 hectares. En 2013, le vignoble champenois s'étend sur près de 35 000 hectares[67].

Zones de production

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Le moulin de Verzenay.

Le champagne est produit dans la zone viticole délimitée par la loi du . Cette zone n'est pas d'un seul tenant. Il existe quatre zones de production de raisins qui regroupent les dix-sept terroirs de champagne.

La montagne de Reims (département de la Marne) : majoritairement exposés au sud, les coteaux sont implantés sur des sols dont la craie est profondément enfouie. Le cépage dominant y est le pinot noir. Dans les caves de la montagne de Reims reposent des champagnes réputés pour leur puissance, leur charpente et leur noblesse. On peut diviser la montagne de Reims en cinq zones bien distinctes : Écueil, Chigny-les-Roses, Verzenay, TrépailNogent-l'Abbesse et BouzyAmbonnay[68].

La vallée de la Marne (Marne, Aisne et Seine-et-Marne) : les coteaux sont implantés sur des sols à dominante argilo-calcaire, à tendance marneuse. Le cépage dominant y est le pinot meunier. Les champagnes de la vallée de la Marne, grâce à leur grande diversité, possèdent un séduisant bouquet, du fruité et une grande souplesse. Cette zone est subdivisée en sept sous-régions : grande vallée de la Marne, région d’Épernay, région de Condé-en-Brie, région est de Château-Thierry, région ouest de Château-Thierry, vallée de la Marne rive droite et rive gauche[69].

La côte des Blancs (Marne) : ici, un cépage unique règne en maître : le chardonnay. La craie affleurante y est partout, véritable réservoir d'eau et de chaleur des sous-sols. La Côte des blancs donne naissance à des champagnes prisés, empreints de vivacité et d'esprit, aux arômes légers et délicats, symboles de finesse et d'élégance.

Le vignoble de l'Aube, appelé côte des Bar (Bar-sur-Aube et Bar-sur-Seine dans l'Aube et Haute-Marne) : les sous-sols à tendance marneuse y sont principalement plantés de pinot noir. La côte des Bar est divisée en deux zones localement : Bar séquanais et Bar-sur-Aubois[70]. Les champagnes de la côte des Bar sont des vins de caractère, à la belle rondeur et aux arômes complexes.

Procédure d'extension

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Depuis 2003, une procédure visant à l'extension de la délimitation de l'appellation a été lancée[65],[71].

Cette procédure, dont le but est d'intégrer dans l'aire de production du champagne quelques parcelles dûment certifiées d'une quarantaine de nouveaux villages, fait appel aux expertises des historiens pour rechercher des pratiques viticoles anciennes et à celles des géologues pour rechercher les parcelles concernées soit par les marnes du Kimméridgien, les craies blanches du Campanien ou les sédiments du Paléocène toutes terres qui doivent fonder le sous-sol des terres champenoises dignes de porter la vigne.

La désignation des parcelles devrait se faire à partir de 2009 avec le décret du Conseil d'État entérinant la nouvelle géographie des parcelles supplémentaires. La profession espère ainsi créer 2 à 3 000 nouveaux hectares en vignobles champenois. À 800 000 euros l'hectare, ce chantier devrait ouvrir une période de recours et de chicanes judiciaires — certaines parcelles se sont vendues dernièrement à près de 1,1 million d'euros. De ce fait, ni les habitants, ni les autorités locales n'auront connaissance des localisations des parcelles ni de leur étendue, avant la validation par l'Institut national des appellations d'origine. Selon le CIVC : « Transformer des hectares de blé en hectare de vigne, c'est multiplier par 350 la valeur d'une parcelle cultivable ». Dans les villages, il se murmure qu'à ces prix-là, si le cimetière est installé sur une parcelle intéressante, il ne faut pas hésiter à le déplacer[72].

Les communes potentielles sont Blacy, Courcy, Courdemanges, Fismes, Montmirail dans le département de la Marne, Arrelles, Balnot-la-Grange, Bossancourt, Bouilly, Étourvy, Fontvannes, Javernant, Laines-aux-Bois, Macey, Messon, Prugny, Saint Germain/Lépine, Souligny, Torvillers, Villery dans le département de l'Aube, Marchais-en-Brie dans le département de l'Aisne et Champcourt, Harricourt dans le département de la Haute-Marne. De plus certains villages déjà aujourd'hui sous appellation pourront voir leurs surfaces s'agrandir.

Le terroir d'Hautvillers.

Les 319 communes viticoles champenoises sont classées en trois catégories : 17 classés champagnes « grand cru », 44 « premier cru », les autres non classés (correspondant aux ex petits-crus, ils sont aussi appelés crus périphériques)[73].

Ce classement des crus de Champagne permet de déterminer le prix à payer au propriétaire de vignes pour son raisin. 100 % correspond au « grand cru » et l'acheteur paye 100 % du prix de référence. De 80 à 89 %, les terroirs sont non classés. De 90 à 99 % il s'agit de premier cru et le prix payé est en conséquence et va de 90 à 99 % du prix de référence du raisin. Autrefois, le classement allait jusqu'à 60 %.

Cette « échelle des crus » fut officialisée en 1911 par les représentants des vignerons et les négociants, à la suite de la révolte des vignerons champenois. Elle allait de 22,5 % à 100 % et excluait alors un quart des communes viticoles[74].

Encépagement

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Grappe de chardonnay à Avize.

L'élaboration du champagne nécessite l'assemblage de plusieurs cépages de la famille des pinots. Les trois principaux utilisés sont :

  • le chardonnay B[5] (raisin blanc, 29 % de la surface plantée, qui donne un vin frais et délicat) ; un champagne exclusivement élaboré à partir de ce cépage, que l'on retrouve dans la région des Côtes des Blancs, est appelé « blanc de blancs » ;
  • le pinot noir N (raisin noir à pulpe incolore, 39 % de la surface plantée, donnant toutefois un jus blanc car les peaux n'ont pas le temps de teinter le jus lors du pressage et qui donne un vin charpenté et au bouquet fin) ;
  • le pinot meunier N (raisin noir à pulpe incolore lui aussi, un peu plus tardif que le pinot noir, 32 % de la surface plantée, qui donne un vin proche du pinot noir mais plus fruité et une aptitude de garde plus réduite).

Ainsi donc, le plus célèbre des vins blancs est majoritairement issu de raisins noirs.

S'y rajoutent des cépages traditionnels (surfaces très limitées, quelques hectares) :

Rendement : 160 kilogrammes de raisin produisent 102 litres de moût, qui après les pertes en vinification (1,5 %) et au dégorgement (0,5 %), donneront 100 litres de vin commercialisable, soit 133 bouteilles de 75 cl.

Climatologie

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Deux stations météorologiques permettent de couvrir les nuances du vignoble, d'une part Reims-Courcy au nord, dans le département de la Marne, d'autre part Troyes-Barberey au sud, dans le département de l'Aube. Dans les deux cas, ces stations ne sont pas au milieu des vignes ; on peut donc les compléter avec les stations marnaises de Mailly, Bouzy, Dizy et Chouilly (autour de la montagne de Reims et dans la vallée de la Marne), ainsi qu'avec celles auboises d'Ailleville (près de Bar-sur-Aube) et de Celles-sur-Ource (entre Bar-sur-Seine et Les Riceys). Toutes montrent un climat océanique sous influence continentale, avec des étés doux et des hivers frais, ainsi que des précipitations modérées.

Les données de la station de Reims-Courcy (l'ancienne BA 112, à 91 mètres d'altitude : 49° 18′ 18″ N, 4° 03′ 00″ E)[75] rendent compte du climat de la partie septentrionale du vignoble, jusqu'à sa fermeture en 2014, remplacée depuis 2012 par Reims-Prunay (l'aéroport de Reims)[76].

Relevés à Reims-Courcy de 1961 à 1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −0,4 −0,1 1,8 3,8 7,3 10,4 12 11,9 9,5 6,6 2,8 0,5 5,5
Température moyenne (°C) 2,3 3,4 6 8,9 12,7 15,9 17,9 17,7 14,9 11 6 3,2 10
Température maximale moyenne (°C) 4,9 6,9 10,2 13,9 18,1 21,4 23,8 23,4 20,3 15,4 9,2 5,9 14,5
Nombre de jours avec gel 14,3 13,1 10 5 0,4 0 0 0 0,2 2,2 8,7 13,3 67,5
Ensoleillement (h) 50,3 86,1 129,4 171,7 206,9 220 235 216,3 170,6 121,6 71,9 49 1 728,8
Précipitations (mm) 43,6 42,2 50,8 43,4 59,8 58,8 52,2 49,4 49,5 51,5 53,1 49,8 604,1
Source : Infoclimat[77].


Relevés à Reims-Courcy de 1991 à 2014
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,5 0,5 2,5 4,4 8,3 11 13 12,8 9,8 7,2 3,7 1,2 6,2
Température moyenne (°C) 3,4 4 7,2 9,9 13,8 16,6 18,9 18,8 15,2 11,4 6,8 3,8 10,8
Température maximale moyenne (°C) 6,3 7,4 11,9 15,4 19,2 22,3 24,8 24,8 20,6 15,7 9,8 6,5 15,4
Nombre de jours avec gel 13,3 12,1 9,7 4,1 0,2 0 0 0 0 2,6 6 11,7 59,7
Ensoleillement (h) 62,4 75,7 135 175,1 202,3 213,5 220,1 212,4 163,9 111,1 61,4 48 1 680,9
Précipitations (mm) 46,4 39,5 42,7 43,4 59 55,9 63,7 59,5 45,9 49,5 48,7 64,7 619
Source : Infoclimat[1].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
6,3
0,5
46,4
 
 
 
7,4
0,5
39,5
 
 
 
11,9
2,5
42,7
 
 
 
15,4
4,4
43,4
 
 
 
19,2
8,3
59
 
 
 
22,3
11
55,9
 
 
 
24,8
13
63,7
 
 
 
24,8
12,8
59,5
 
 
 
20,6
9,8
45,9
 
 
 
15,7
7,2
49,5
 
 
 
9,8
3,7
48,7
 
 
 
6,5
1,2
64,7
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

La station de Troyes-Barberey (sur l'aéroport de Troyes, à 112 mètres d'altitude : 48° 19′ 28″ N, 4° 01′ 11″ E)[78] rend compte du climat de la partie plus méridionale du vignoble.

Relevé à Troyes-Barberey de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 0,5 0,3 2,2 4,2 8,1 11,3 13,4 13,2 9,8 7,2 3,5 1,3 6,3
Température moyenne (°C) 3,6 4,3 7,4 10,2 14 17,4 19,8 19,6 15,7 11,9 7,1 4,3 11,3
Température maximale moyenne (°C) 6,8 8,2 12,5 16,2 19,9 23,5 26,2 26 21,6 16,6 10,6 7,4 16,3
Nombre de jours avec gel 13,5 13,3 10,3 4,6 0,2 0 0 0 0 2 6,2 11,8 61,9
Ensoleillement (h) 63,1 90,4 148,3 190 216,4 230,8 242,2 232 185,7 125,4 69,8 57,4 1 851,4
Précipitations (mm) 48,2 44,2 45,9 48,3 64,9 52,4 56,4 53,9 52,4 63,8 55,3 58,9 644,6
Source : Météo-France[2].
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
6,8
0,5
48,2
 
 
 
8,2
0,3
44,2
 
 
 
12,5
2,2
45,9
 
 
 
16,2
4,2
48,3
 
 
 
19,9
8,1
64,9
 
 
 
23,5
11,3
52,4
 
 
 
26,2
13,4
56,4
 
 
 
26
13,2
53,9
 
 
 
21,6
9,8
52,4
 
 
 
16,6
7,2
63,8
 
 
 
10,6
3,5
55,3
 
 
 
7,4
1,3
58,9
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Prix des vignobles

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En 2013, le prix moyen de l'hectare s'évalue en moyenne à 1 077 400 euros sur l'ensemble du bassin viticole produisant l'AOP champagne, variant selon la localisation : 1 170 500  en moyenne dans la Marne (minima à 500 000, maxima à 1 800 100), 930 000  dans l'Aube (minima à 630 000, maxima à 1 274 200) et 798 100  dans l'Aisne (minima à 566 800, maxima 1 236 500). La valeur des vignes a beaucoup augmenté en quelques années : elle était en moyenne de 181 400 euros en 1991, 264 100 en 1995, 416 800 en 2000, 605 600 en 2005 et de 858 900 en 2010[79].

Les prix des moûts sont définis entre un mois et 15 jours avant la vendange, en euros/kg. Ce prix résulte des réunions entre négociants, vignerons et CIVC (le Comité interprofessionnel du vin de Champagne), pour que chacun y trouve son compte.

Notes et références

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  1. a et b « Normales et records climatologiques 1991-2020 à Reims-Champagne », sur infoclimat.fr
  2. a et b « Fiche 10030001 Troyes-Barberey » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  3. Source CIVC
  4. Source FCCV
  5. a et b Le code international d'écriture des cépages mentionne la couleur du raisin de la manière suivante : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  6. « Viticulture. Production viticole 2024 : une baisse marquée à 37 millions d’hectolitres », sur agreste.agriculture.gouv.fr, .
  7. « Colonel François Bonal », sur maisons-champagne.com (consulté le )
  8. Placido Llorca, « Histoire du vignoble de Champagne », sur Vin-Vigne, (consulté le ).
  9. a et b Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France des origines au XIXe, Flammarion, , 768 p..
  10. Jean-Pierre Brun, Archéologie du vin et de l'huile, Paris, Éditions Errance, , 267 p. (ISBN 2-87772-304-6).
  11. Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1977 (pour la réédition chez flammarion de l'ouvrage initial datant de 1959), 770 p., p. 629-632
  12. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux,
  13. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 69
  14. Roger Dion, Histoire de la vigne et du vin en France : des origines au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1977 (pour la réédition chez flammarion de l'ouvrage initial datant de 1959), 770 p., p. 641-645
  15. a b c et d Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 70
  16. Gérard Liger-Belair, Guillaume Polidori, Voyage au cœur d’une bulle de champagne, Odile Jacob, , p. 18.
  17. Claude Royer, « Les vignobles et vins de Champagne », dans Conseil national des arts culinaires, Champagne-Ardenne. Produits du terroir et recettes traditionnelles, Paris, Éditions Albin Michel/CNAC, coll. « L’inventaire du patrimoine culinaire de la France », , 255 p. (ISBN 2-226-11516-1), p. 13-23
  18. Lucien Logette, La Vigne et le Vin, La Manufacture, , p. 182.
  19. Gérard Liger-Belair, op. cit., p. 23.
  20. https://charlois.com/le-mechage-soufre/ lire aussi https://www.liberation.fr/villes/2003/02/28/les-johnston-debarques-de-leur-quai_432321/
  21. Appelée Dutch Match par les Anglais, principaux acheteurs de ces vins, on trouve mention pour la première fois de cette invention hollandaise dans un texte rédigé en anglais datant de 1765, conservé dans les archives du négociant irlandais Johnston, installé au cœur du quartier des Chartrons, lieu historique du négoce des vins de Bordeaux[20]
  22. a et b Jean-Robert Pitte, « Champagne, ce soir et toujours », émission Concordance des temps sur France Culture, 31 décembre 2012.
  23. a b et c Ophélie Neiman, « L’art et la manière de boire le champagne dans le monde », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  24. Gilbert Garrier, Revue des œnologues et des techniques vitivinicoles et œnologiques, Bourgogne-Publications, , p. 42.
  25. Christophe Bouneau et Michel Figeac, Le Verre et le vin de la cave à la table du XVIIe siècle à nos jours, Publications de la Maison des sciences de l'homme d'Aquitaine, , p. 280.
  26. Pierre Rival, Le Champagne pour les Nuls, Éditions First, , p. 57.
  27. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 95
  28. « Mais, je te le répète, quand un homme est de mes amis, quand nous avons reçu ensemble le baptême du vin de Champagne, communié ensemble à l'autel de la Vénus Commode, quand nous nous sommes faits confirmer par les doigts crochus du Jeu, et que mon ami se trouve dans une position fausse, je briserai vingt familles pour le remettre droit. » Le Contrat de mariage, édition Furne, vol.3, p. 278. Henri de Marsay s'adresse ainsi à Paul de Manerville.
  29. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 98
  30. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 115
  31. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 117
  32. Daniel Pellus, Femmes célèbres de Champagne, Martelle éditions, , « Madame Veuve Clicquot et la conquête (pacifique) de la Russie »
  33. Jacques-Marie Vaslin, « Barbe-Nicole Ponsardin, la veuve pétillante », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  34. Tristan Gaston-Breton, « La veuve Clicquot, la grande dame du champagne », Les Échos,‎ (lire en ligne).
  35. Yves Tesson, " Le champagne, un modèle social original : l'exemple de la maison Veuve Clicquot-Ponsardin (1908-1950) ", p. 57-69.
  36. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 152
  37. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 144
  38. Auguste de La Garde de Chambonas, « Souvenirs du Congrès de Vienne 1814-1815 », Bibliothèque Nationale de France,‎ , p. VIII-XV (lire en ligne)
  39. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 158-163
  40. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 179
  41. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 190-191
  42. André Jullien, Topographie de tous les vignobles connus, suivie d'une classification générale des vins, Paris, Mme Huzard : L. Colas, , 566 p. (BNF 30667644), p. 21, lire en ligne sur Gallica.
  43. Jullien 1816, p. 30-37.
  44. Jullien 1816, p. 8-9, 22-23, 38 et 40.
  45. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 187-291.
  46. Éric Glâtre, Chronique des vins de Champagne, Castor & Pollux, , p. 347
  47. « En raison de la crise LVMH réorganise sa branche champagne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  48. Juliette Garnier, « Résultats record pour LVMH, malgré le ralentissement du marché du luxe », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  49. a et b Laurence Girard, « L’insolente santé du vin à bulles », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  50. Michel Guerrin, « Avec Pommery et Ruinart, l’art contemporain bat la Champagne », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  51. a et b Jean-Michel Brouard, « En Champagne, une effervescence qui se passe de bulles », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  52. « A Châlons, première université d’été sur «Architecture et Champagne» » Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  53. a et b Marie Charrier, « Les loges de vignes, des grands crus pour la Marne et son œnotourisme » [archive du ] Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  54. a et b Sonia Legendre, « Bientôt des loges de vigne à Châlons ? » Accès libre, L'Hebdo du vendredi, (consulté le ).
  55. a b et c Sonia Legendre, « Cinq nouvelles loges construites à Châlons rejoignent le vignoble marnais » [archive du ] Accès libre, L'Hebdo du vendredi, (consulté le ).
  56. Maxime Mascoli, « Pays d’Epernay: l’architecture se marie bien avec les vignes » [archive du ], L'Union, (consulté le ).
  57. Caroline Denime, « Champagne : À la découverte des loges de vignes » [archive du ] Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  58. « Une loge panoramique domine les vignes et la plaine de Vanault-le-Châtel » [archive du ] Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  59. « Spoy : des étudiants en architecture ont pris leurs quartiers d’été dans les vignes champenoises » [archive du ] Accès payant, L'Est éclair, (consulté le ).
  60. « Une loge de vigne entre tradition et modernité à Villenauxe-la-Grande » [archive du ] Accès payant, L'Est éclair, (consulté le ).
  61. « Balade dans les vignes et buffet en loge à Moussy » [archive du ] Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  62. Loïc Bécart, « Les loges sont parties de Châlons pour prendre le chemin des vignes » [archive du ] Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  63. « Châlons : La Maison des loges va enfin déménager » Accès payant, L'Union, (consulté le ).
  64. Sonia Legendre, « L'événement Architecture en Champagne se remet sur les rails » Accès libre, L'Hebdo du vendredi, (consulté le ).
  65. a et b Épernay le journal, novembre 2007, no 65, dossier Épernay, ville capitale pour le Champagne, pages 9-12.
  66. La Champagne va célébrer son inscription à l'Unesco le 10 juillet, La Revue du vin de France, 6 juin 2016
  67. Wolikow 2013, p. 9-26.
  68. François Roger, « Localisation des vins de la Montagne de Reims », sur Vin-Vigne, (consulté le ).
  69. François Roger, « Localisation des vins de la Vallée de la Marne », sur Vin-Vigne, (consulté le ).
  70. François Roger, « Localisation des vins de la côte des Bar », sur Vin-Vigne, (consulté le ).
  71. Laetitia Clavreul, « L'extension de l'AOC champagne répondra mieux à la demande 38 communes supplémentaires seront concernées », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  72. Le Figaro Patrimoine du 4 décembre 2007.
  73. Christian Jeanne, Découvrir le champagne et sortir de sa bulle, Lulu, , p. 23.
  74. Jean Piérard, L'Organisation corporative du champagne, Tepac, , p. 56.
  75. « 51183001 – REIMS-COURCY – Base aérienne » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  76. « 51449002 – REIMS-PRUNAY – Aérodrome de Reims Prunay » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  77. « Normales et records climatologiques 1961-1990 à Reims-Champagne », sur infoclimat.fr
  78. « 10030001 – TROYES-BARBEREY – AEROD.TROYES-BARBEREY » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  79. Safer-SSP-Terres d'Europe-Scafr, « Valeur vénale moyenne des vignes 1991-2013 », sur agreste.agriculture.gouv.fr.

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Bibliographie

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  • Jean-François Gautier, Abécédaire sélectif et critique à l'usage des amateurs curieux, Editions Les Presses du Midi,
  • Claudine Wolikow, « La Champagne viticole, banc d'essai de la délimitation (1903-1927) », Territoires du vin, no 1 « Pour une redéfinition des terroirs »,‎ (DOI 10.58335/territoiresduvin.1444)
  • Alain Marre, « Existe-t-il des terroirs viticoles en Champagne ? », Revue Géographique de l'Est, vol. 44, nos 1-2,‎ (lire en ligne)
  • Serge Wolikow (dir.), La construction des territoires du Champagne (1811-1911-2011), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, coll. « Histoires », , 319 p. (ISBN 978-2-36441-037-4)
  • Antoine Dreyfus, Les raisins du Reich : Quand les vignobles français collaboraient avec les nazis, Flammarion, , 380 p. (ISBN 9782081517301)

Articles connexes

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