The Mamas and the Papas
| Pays d'origine |
|
|---|---|
| Genre musical | Folk rock |
| Années actives | 1965–1968, 1971 |
| Labels | Dunhill, RCA Victor |
| Anciens membres |
John Phillips (†) Cass Elliot (†) Denny Doherty (†) Michelle Phillips Jill Gibson |
|---|
The Mamas and the Papas est un groupe américain de pop, folk et rock, originaire de New York, et basé à Los Angeles, en Californie[1]. Le groupe se compose de John Phillips, Cass Elliot (dite « Mama Cass »), Denny Doherty et Michelle Phillips (les deux Phillips étaient mariés, au début de l'activité du groupe). Ils seront actifs entre 1965 et 1968, et se reforment brièvement en 1971.
Au milieu des années 1960, les Mamas and the Papas sont l'un des rares groupes américains, avec les Beach Boys et les Byrds, qui pouvaient soutenir la comparaison, commercialement parlant, avec les groupes de rock britanniques[2].
Ils sont aujourd’hui reconnus pour leurs hits tels que California Dreamin’, Monday Monday, Dream a Little Dream ou encore I Saw Her Again.
Biographie
[modifier | modifier le code]Débuts dans des groupes séparés (1958 - 1964)
[modifier | modifier le code]John Phillips
[modifier | modifier le code]The Abstracts (1956 - 1960)
[modifier | modifier le code]Les origines des Mama’s and Papa’s ne se situent pas en Californie, mais à Alexandra, en Virginie. Dans les années 1950, John Philipps et Scott McKenzie sont alors deux adolescents passionnés par un style de musique émergent, le doo-wop, défendu par des groupes comme The Four Lads, The Four Aces et surtout, les harmonies des Hi-Lo's[3],[4]. Pris de fascination, John et Scott décident avec quelques amis, de fonder un groupe de doo-wop, en compagnie de Mike Born et Bill Cleary. Ils adoptent comme nom de scène The Abstracts et se produisent sur des petites scènes. Ils jouent également dans les rues d’Alexandra Ils vont connaitre une petite renommée localement. Déjà à l’époque, leurs harmonies vocales se distinguent de celles d’autres groupes[3]. Une marque de fabrique que l’on retrouvera plus tard chez les Mama’s et Papa’s, qui que John avoue être directement inspirée des Hi-Lo’s[4].
En mai 1957, John Phillips épouse Susan Adams. Mais John n’est pas très présent, préférant faire des scènes et tournées avec son groupe au lieu de rester à la maison et fidèle à Susan. De cette union avec Susan vont naitre Jeffrey et Mackenzie. Les tournées emmènent le groupe loin des frontières de Virgine, toujours de plus en plus loin, jusqu’à New-York[4].
The Smoothies (1960 - 1961)
[modifier | modifier le code]Arrivé en 1960, les Abstracts changent de nom pour devenir The Smoothies. Ils ont alors pour idée de viser plus haut et de tenter leur chance à New York. La stratégie est alors de se faire connaitre, auprès des salles, scènes et labels. Les Smoothies se font rapidement repérer à New York et produisent deux singles sur le label Decca Records, Ride, Ride, Ride et Softly Joanie. Ceux-ci ne vont pas connaitre un succès commercial.
A New-York, les Smoothies découvrent une scène différente et sont initiés à d’autres mouvements émergent parmi lesquels, le folk. En 1961, les Smoothies se séparent, Phillips et McKenzie restent cependant ensemble. Ils feront la rencontre cette année-là de Dick Weissman, un joueur de banjo. Désormais un trio, ils laissent derrière eux le nom de The Smoothies au profit des Journeymen. Les Journeymen se démarquaient toujours par un style musical hérité des groupes vocaux de la fin des années 1950, tout en y incorporant des éléments neufs et en reprenant des succès d’époque.
The Journeymen (1961 - 1963)
[modifier | modifier le code]A Greenwich, les Journeymen font la rencontre de Frank Werber, qui initie invite le groupe sur la scène du Gerdes Folk City, où les Jouneymen feront plus tard des rencontres avec Bob Dylan, Joan Baez ou Judy Collins. John comprend bien vite que les Journeymen gagnent en engouement et qu’il est peut-être possible de vivre de la musique. Frank Werber apportera beaucoup pour les Journeymen, allant même jusqu’à décrocher un contrat avec le label Capitol. Le groupe produira alors un album, ainsi que plusieurs singles, qui auront un succès relatif à l’international, mais qui permettront aux Journeymen de se faire une place sur la scène Folk new-yorkaise[3].
En 1961, le groupe est en tournée, John fait la connaissance, à San Francisco, de Michelle Gilliam, une jeune mannequin de 17 ans, avec qui John se mariera le 31 Décembre 1962[5]. De retour à New York, le contraste avec la Californie donne le blues à Michelle, qui rêve de sa Californie natale. C’est de cette journée froide et pluvieuse que va être inspirée California Dreamin’. Une chanson qui raconte ce triste retour à la réalité froide de la vie. Cette nuit-là, John va écrire les paroles de la chanson avec Michelle[4].
Les Journeymen vont sortir un deuxième album en 1963. Cet album voit les premières compositions originales de John Phillips, comme Ben and Me, une composition similaire à ce que John Phillips va produire autour de 1969 et 1971[3]. Dick Weissman est également auteur de compositions originales. Somme toute, cet album, New Directions In Folk Music est bien plus complexe que le précédent et se rapproche un peu plus de ce que vont produire les Mama’s et Papa’s, 3 ans plus tard. Pourtant, les choses tendent à se compliquer. Scott McKenzie est souvent pris de démences et son comportement de plus en plus hasardeux entraine des remises en question sur l’avenir des Journeymen[3].
Le dernier clou dans le cercueil des Journeymen est l’arrivée des Beatles. Les Beatles sont signés chez Parlophone en 1963 et collaborent avec Capitol outre-Atlantique. Cette collaboration entraine un changement d’intérêts. Désormais, le label souhaite investir sur le style émergent et la British Invasion. La scène folk est mise à l’écart et avec elle, les Journeymen. Capitol lâche le groupe, et décide de garder Scott McKenzie comme artiste solo. Il produira plusieurs singles avant d’être abandonné par le label[3].
Denny Doherty
[modifier | modifier le code]The Hallifax Three (1959 - 1964)
[modifier | modifier le code]Pendant que les Journeymen rencontrent succès et désillusion, un autre groupe essentiel dans l’histoire des Mama’s et Papa’s se forme, les Halifax Three.
En 1959, Denny Doherty fonde un groupe à Halifax, les Halifax Three, en compagnie de ses amis Pat LaCroix et Richard Bryne. Ce groupe de Folk music originaire de la Nouvelle-Ecosse va rapidement connaitre un succès au Canada, se produisant sur des scènes à Montréal, Toronto ainsi que plusieurs passages télévisés[6]. Ils seront amenés à produire des albums et des singles dès 1963. Avec les singles et albums arrivent également une reconnaissance au-delà des frontières. Les Halifax Three seront initiés à la scène Californienne. Là-bas, le groupe de Doherty va faire la connaissance de groupes californiens et se feront une place parmi d’autres groupes de musique folk[6].
Les Halifax Three seront invités à New York au Carnegie Hall, en compagnie du guitariste canadien Zal Yanovsky, qui rejoindra le groupe dès 1964. C’est ici un premier point de contact entre les Halifax Three de Denny Doherty et les Journeymen de John Phillips. Ce dernier est à l’initiative de l’invitation des Halifax Three sur la scène folk new-yorkaise. John est séduit par la voix de Denny, et au moment où les Journeymen se séparent, John pense à inviter Denny à rejoindre sa nouvelle formation. Cependant, la scène folk est frappée en 1964 par l’arrivée des Beatles et un déclin progressif de la musique folk au profit du son de la British Invasion. Les Halifax Three se séparent[6],[7].
Cass Eliott
[modifier | modifier le code]The Big Three (1962 - 1964)
[modifier | modifier le code]Cass Elliot, Jim Hendicks et Tim Rose forment un trio musical, nommé The Big Three. Ce groupe basé à Greenwich Village était également un groupe de Folk music. Officiellement, Cass Elliot et Jim Hendricks étaient mariés. The Big three est relativement éphémère, n’ayant performé qu’entre 1962 et 1964. Mais ils font des scènes et la voix de Cass ne laisse pas indifférent. Ils se retrouvent à jouer jusqu’à Washington D.C. En 1964 Cass Eliott assiste à une performance des Halifax Three et commence à se lier d’amitié avec Denny Doherty. Comme pour les Halifax Three et les Journeymen, les Big Three seront également victimes de la montée en puissance de la British Invasion[4].
The Mugwumps (1964)
[modifier | modifier le code]En juillet 1964, Denny et Zal des Halifax Three sont invités par Cass et Jim Hendricks pour former un nouveau groupe, les Mugwumps[7].
Denny, Cass, Zal et Jim comprennent bien que la musique folk est sur le déclin et tentent d’enrichir leurs performances en live avec des sonorités nouvelles, et un son davantage inspiré des Beatles et de la British Invasion, qui en est alors à ses débuts en 1964. Cass Eliott est également un tremplin pour le groupe, ayant réussi avec le temps à se faire connaitre auprès de nombreuses personnes à New York, Cass contribue largement à la visibilité du nouveau groupe[7].
Les Mugwumps sont signés au mois d’août 1964 par le label Warner Brothers. En quelques jours, les Mugwumps enregistreront plusieurs titres, des covers de folk, pop et blues, dans un style similaire à ce qu’on pu faire les Beatles sur leur premier album. Ces enregistrements capturent bien l’esprit live du groupe et apportent une touche plus rock’n’roll à la formation qui jusque-là était essentiellement folk. On note également la richesse des harmonies de Denny et Zal, ainsi que la présence vocale de Cass Eliott. Des éléments qui définiront plus tard le son des Mama’s et Papa’s. Vers Septembre 1964, les Mugwumps sont rejoints par John Sebastian, un artiste en devenir cherchant un projet dans lequel s’épanouir[7].
Le premier single des Mugwumps va sortir en 1964. Il sert de test au label afin de voir si la parution d’un album en vaut la peine. Et les Mugwumps auront vite la réponse, le succès n’est pas au rendez-vous. Les chansons enregistrées quelques semaines auparavant ne sortiront pas[7].
De nouvelles opportunités se créent pour les membres du groupe. Si aucun enregistrement n’existe de John Sebastian avec les Mugwumps, une amitié forte va naitre entre John et Zal, qui formeront le Lovin’ Spoonful au début de l’année 1965[4]. Cass Eliott et Denny Dohery gravitent toujours ensemble. Denny sera invité par John Philipps à rejoindre son nouveau groupe, les New Journeymen[7].
Formation des Mama's and Papa's.
[modifier | modifier le code]The New Journeymen
[modifier | modifier le code]A la fin de l’année 1964, John Phillips tente de reformer les Journeymen, cette fois-ci avec sa nouvelle compagne, Michelle, et Denny Doherty, le chanteur des Mugwumps. C’est ici la dernière formation avant les Mama’s et Papa’s, le groupe est presque au complet[4]. Avec Les New Journeymen, John Phillips aspire à un retour aux origines folk des Journeymen, un son qui s’avère être démodé. Officiellement un trio, John est réticent à l’idée d’intégré Cass au groupe. Pour John, le physique de Cass nuirait à l’image du groupe[4]. Il n’empêche que Cass se démarque largement des autres chanteuses et devient la pièce manquante du groupe. Selon Michelle Phillips, les New Journeymen sont officiellement 4 au début du mois de Janvier 1965. Dépassé par le déclin du folk à New York, le groupe part en quête de renouveau et s’envole vers les Iles Vierges[8].
Vogage aux Iles Vierges
[modifier | modifier le code]Les New Journeymen partent à 4, John, Michelle, Denny et Cass[9]. Nous sommes alors en 1965 et le groupe rejoint l’ile de Saint-Thomas dans les Caraïbes. Ils y resteront pendant 4 mois[8]. Leur but est de se ressourcer et de trouver des nouvelles inspirations pour redynamiser le son folk vieillissant des New Journeymen. Là-bas, le groupe devient un habitué du Sparky’s Waterfront Saloon et changent de nom, devenant The Magic Circle[8]. Mais ce nom restera éphémère, le groupe cherche un nom plus facile à retenir. Michelle connaissait une bande de Hell's Angels et ceux-ci appellent leur copine « mama ». Michelle et Cass pensent alors à se faire appeler « Mamas », et les deux hommes du groupe sont d’accord pour « Papas »[4].
La situation de Cass Eliott est toujours délicate lorsque le groupe joue sur la scène de Sparky’s. John refuse que Cass chante sur scène avec le groupe, de son coté, Cass se bat pour que John admette qu’elle est une chanteuse accomplie. Pendant que Cass et John se prennent la tête, le reste du groupe continue à performer tous les soirs au Sparky’s, avant que la réalité ne les rattrape[4],[9]. Le groupe vit dans la débauche, ils sont souvent alcoolisés et fument toutes sortes de drogues depuis leur arrivée. Le gouverneur de l’ile a vent de cette histoire et pose un ultimatum au groupe. Mais ceux-ci n’ont plus beaucoup d’argent et sont dans l’impossibilité de rentrer à New York. La banque ne veut plus soutenir John, et le groupe se retrouve avec un petit solde, qu’ils jouent au casino. La chance semble sourire au groupe qui finissent par empocher suffisamment d’argent pour rentrer à New York[4],[8].
Arrivée en Californie et premiers succès (1965 - 1966)
[modifier | modifier le code]Dunhill Records et California Dreamin' (septembre à décembre 1965)
[modifier | modifier le code]De retour à New York, le groupe n’a plus d’argent. La ville est froide et le quotidien est triste.. New York ne leur plait pas, ils décident donc de partir pour la Californie. Après une semaine de route, le groupe arrive enfin sur la Terre promise. Durant ce voyage en voiture seront écrites les chansons Straight Shooter et Go Where You Wanna Go[4]. Les Mama’s et Papa’s se rendent à San Francisco aux locaux de Frank Werber, que John avait connu durant l’époque des Journeymen. Arrivés là-bas, le groupe leur présente la chanson California Dreamin’, mais Frank refuse de collaborer avec John. Barry McGuire, qui était dans les locaux, conseilla au groupe d’aller voir Lou Adler, un producteur chez Dunhill Records, un petit label local qui prdouisait quelques singles à l'époque[8].
En septembre 1965, Lou Adler auditionne le groupe. Ceux-ci lui présentent tout ce qu’ils ont composé, dont California Dreamin’ sur laquelle John mise beaucoup. Adler est séduit, le groupe est embauché chez Dunhill le ledemain. Un premier single Go Where You Wanna Go est publié, avant de très vite être remplacé par California Dreamin’ qui sort officiellement en single le 18 décembre 1965[8]. California Dreamin’ n’est pas un succès immédiat. La chanson se classera d’abord dans les charts à Boston, avant de gagner la cote Ouest vers le mois de mars 1966. A cet instant, les Mama’s et Papa’s gagneront une notoriété internationale[4].
Mais idéalement, il leur faudrait un premier album. Denny achète alors un album des Beatles, qu’il donne à John, en lui disant « Je veux que tu m’écrives des chansons comme celles-là ». Naissent d’autres chansons comme Monday, Monday. Ce single sera également un très grand succès à l’international[4].
If You Can Believe Your Eyes and Ears (Fevrier 1966)
[modifier | modifier le code]En février 1966 sort leur premier album, If You Can Believe Your Eyes and Ears, un album soutenu massivement par Monday Monday et California Dreamin’, mais également de nombreuses autres chansons qui vont entrer dans les charts américains. Les Mama’s et Papa’s apportent un vent nouveau de fraicheur sur une Amérique qui, pendant 3 ans, a été dominée par la British Invasion[4]. Cette réponse américaine voit l’émergence d’autres groupes comme les Byrds, les Buffalo Springfield ou encore le Lovin’ Spoonful. Et à l’inverse de la British Invasion, où les groupes sont en costume, les Mama’s et Papa’s ont un style bohème, hippie, qui tranche avec les standards de l’époque et qui sera le point de départ de ce renouveau de la mode[4].
Ainsi, outre leur patte musicale, les Mama’s et Papa’s se caractérisent également par leur style vestimentaire en décalage par rapport à la British Invasion. Leur premier album contient leurs deux morceaux les plus connus, California Dreamin' et Monday, Monday, respectivement classés quatrième et en tête du Billboard Hot 100 au moment de leur sortie[8]. En quelques semaines, le groupe passe de l’ombre à la lumière et connait un succès international.
Premières tensions (Mars 1966 - Juin 1966)
[modifier | modifier le code]John et Michelle achètent une maison à Laurel Canyon, de même que Denny et Cass. Ils invitent de nombreuses personnalités du monde de la musique, et on y voit passer les Byrds, Paul McCartney et Jane Asher, le Lovin’ Spoonful. Le groupe connaît rapidement des conflits liés aux relations qu’entretiennent Michelle Phillips et Denny Doherty. John vit très mal cette trahison. Pour compliquer un peu plus la situation, Michelle tombe amoureuse de Gene Clark, du groupe The Byrds. Elle ira jusqu’à l’inviter à une performance du groupe, lui soufflant des baisers sur scène. Ce soir-là, John alla trouver Michelle et lui informa qu’elle ne devait plus fréquenter le groupe. Quelques jours plus tard, le 28 juin 1966, Michelle va recevoir une lettre de la part de John, Denny et Cass, dans laquelle ils la remercient pour son travail, mais que le groupe souhaite, à termes, ne plus avoir à collaborer avec la chanteuse. Dévastée, Michelle réalisa qu’elle venait de perdre son mari et ses meilleurs amis, mais surtout, son tremplin pour une vie meilleure. Cet été-là, elle fera tout pour réintégrer le groupe.
The Mama's and The Papa's (Juin 1966 - Octobre 1966)
[modifier | modifier le code]L'ère Jill Gibson (Juin 1966 - Aout 1966)
[modifier | modifier le code]Michelle est remplacée par Jill Gibson la petite amie de Lou Adler. L’information est rendue publique le 9 Juillet 1966. C’est avec Jill que le groupe enregistre le second album, Crashon Screamon All Fall Down. Des douze chansons de l’album, Jill peut être entendue sur 10 titres. Pendant deux mois, la chanteuse de 22 ans va partager le quotidien et les tournées du groupe. Les sessions d’enregistrement auront lieu en Juillet et les premières maquettes de l’album seront pressées au milieu du mois d’août[10]. L’été 1966 est synonyme de promotion de ce nouvel album. Les premières images promotionnelles de Crashon Screamon paraitront au début du mois d’août et quelques dizaines de copies de l’album seront envoyées à la radio. Ces albums ont été distribués avec la première pochette, une photo prise par Guy Webster des Mama’s et Papa’s avec Jill Gibson[10].
John et Michelle se réconcilient par la suite. Si bien qu’elle est réintégrée au groupe à la toute fin du mois d’aout. Mais l’album est en fin de préparation, certaines copies promotionnelles ont déjà été envoyées. Le label rectifie le tir, une nouvelle pochette est privilégiée, de même qu’un nouveau titre, simplifié en The Mama’s and The Papa’s. Mais l’essentiel des pistes contiendra la voix de Jill Gibson, que l’on entend principalement dans les chœurs, et donc la voix, similaire à celle de Michelle à longtemps animé les débats sur la présence ou non de cette dernière sur l’album[10].
Le retour de Michelle dans le groupe ne les arrête pas pour autant de faire des tournées. En septembre 1966, le groupe regagne New York, pour une série de concerts sur la côte Est[8].
Age d'Or du groupe (Novembre 1966 - Septembre 1967)
[modifier | modifier le code]The Mama's and The Papa's Deliver
[modifier | modifier le code]Le troisième album du groupe, Deliver, sort le 2 février 1967, et atteint la deuxième place des charts[11]. Sur ce nouvel opus, des composition toujours plus diversifiées, dont l’excellent Creeque Alley, une chanson qui retrace l’histoire du groupe des débuts des Mugwumps, des concerts et de la vie aux Iles Vierges, … Cette chanson va souligner le Summer Of Love en aout 1967. Comme pour les deux premiers albums, Deliver va obtenir une certifcation d’Or pour les 500 000 exemplaires vendus[8].
En mars 1967, le groupe reçoit un Grammy Award pour Monday, Monday.
Le Monterey Pop Festival (Juin 1967)
[modifier | modifier le code]L’été se profile peu à peu et avec lui, le Summer Of Love, dont les Mama’s et Papa’s seront acteurs majeurs[4]. Un soir, l’idée d’organiser un festival va émerger dans la tête de John Phillips, il sera rejoint dans ce projet par Lou Adler. Cette idée va aboutir sur la création du Monterey Pop Festival. Ce festival allait accueillir une trentaine d’artistes de la scène émergente californienne, mais également des artistes déjà bien installés. Seront présents ce week-end du 16 au 18 juin 1967, les Who, les Byrds, Jefferson Airplane, Simon & Garfunkel, The Jimi Hendrix Experience, The Grateful Dead et en finale, les Mama’s et Papa’s. Monterey est un des festivals les plus emblématiques des années 1960, aux cotés de Woodstock et Altamont[8].
John retrouve également Scott McKenzie avec qui il compose la chanson San Francisco (Be Sure To Wear Flowers In Your Hair). Ce titre deviendra l’hymne de l’été 1967 et du Montery Pop Festival de San Francisco[4].
Le Summer Of Love (Juin 1967 - Aout 1967)
[modifier | modifier le code]Après le Monterey Pop festival, le Summer Of Love voit également le groupe se produire sur la scène du Hollywood Bowl, avec Jimi Hendrix comme première partie. Un concert devant plus de 18 000 personnes qui sera le pic de leur carrière avant un déclin progressif qui se concrétise dès Septembre 1967.
Le groupe étant en manque d’inspiration, leur compagnie de disque sort une compilation composée de leurs plus grands succès (Farewell to the First Golden Era). Un album qui sonne comme une vérité compte tenu de la période de déclin qui se profile à l’horizon. En effet, le contrat chez Dunhill voulait la création de 5 albums, et le groupe commence peu à peu à s’essouffler. Sur cette compilation va également sortir Twelve Thirty, la plus récente composition de John, racontant son quotidien à Laurel Canyon.
Tensions, scandales et déclin du groupe (Octobre 1967 - Mai 1968)
[modifier | modifier le code]Procès de Cass Elliot à Londres
[modifier | modifier le code]Une période plus creuse s’observe entre Octobre 1967 et Mai 1968, période durant laquelle le groupe enregistre de manière sporadique, faisant quelques concerts et prenant peu à peu ses distances. Des tensions entre Cass et John vont à nouveau refaire surface. Le concert le plus attendu était sans nulle doute le Royal Albert Hall de Londres, où le groupe devait jouer en compagnie de Scott McKenzie le soir du 30 octobre. Un concert qui sera annulé suite à l’arrestation de Cass Eliott qui aurait volé deux couvertures du Royal Garden Hotel de Londres. Les charges à son encontre seront plus tard abandonnées, mais le concert n’aura jamais lieu.
En février 1968 va naitre la fille de John et Michelle, Chynna Phillips. Moins d’un an après, John et Michelle se séparent définitivement[8].
The Papa's and The Mama's
[modifier | modifier le code]En Janvier 1968, le groupe se retrouve en studio pour l'enregistrement d'un quatrième album. L’album The Papa’s and The Mama’s sort au mois de Mai 1968, et même s’il va tout de même bien se vendre, il s’en vendra moins que les précédentes productions. Il en va de même pour les 4 singles qui accompagnent l’album, qui feront de moins bonnes performances dans les charts[8].
Il est en rupture avec les trois précédents albums. Si les 3 premiers étaient davantage orientés Sunshine Pop, ce quatrime opus se veut plus sombre plus psychédélique. Un parfait exemple est le titre Gemini Child, qui s'ouvre avec une guitare fuzz, des voix reverbérées. D'autres chansons comme Meditation Mama et Too Late sont également des titres davantage orientés pop psychédélique.
Séparation en Juin 1968
[modifier | modifier le code]Ils effectuent un dernier live au Ed Sullivan Show, six jours avant leur séparation en 1968. Le groupe se sépare officiellement le 28 juin 1968[8]. Selon Cass Elliot, la rupture est liée à son souhait de faire une carrière solo. Le label va tout de même chercher à capitaliser jusqu’au bout, en sortant une compilation Golden Era Vol. 2 en 1968, 16 of Their Greatest Hits en 1969, et le Monterey Live album en 1970[8].
Réunion pour un dernier album (1971)
[modifier | modifier le code]People Like Us
[modifier | modifier le code]Ayant signé pour cinq albums chez Dunhill Records, les quatre membres reforment le groupe en 1971, pour produire People Like Us. Ils enregistrent ce cinquième et dernier album séparément, chacun de leur côté. People Like Us ressemble énormément à John WolfKing Of L.A. Il est également responsable du mix final de l’album, sur lequel les pistes de Mama Cass sont presque toutes éclipsées[8].
Post-séparation
[modifier | modifier le code]John Phillips
[modifier | modifier le code]John compose son premier album en solo, John, the Wolfking Of L.A. En 1973, il s’associe aux Rolling Stones pour produire un album, Pay Pack and Follow[4]. Cet album aux sonorités rock et où se retrouve la patte des Rolling Stones prendra plusieurs années à enregistrer. Sur l’album figurent Mick Jagger, Keith Richards Genevieve Waite et Michelle Phillips dans les chœurs, Keith Richards, Mick Taylor et Ron Wood à la guitare, Bill Wyman à la Basse, et Charlie Watts à la batterie. Les problèmes d’addiction de John le rattrapent. En 1979, l’album est prêt, mais les bandes sont perdues. Il faudra attendre 2002 pour voir une sortie physique de l’album[4].
Michelle Phillips
[modifier | modifier le code]Après la séparation définitive du groupe, en 1971, Michelle Phillips se lance dans le cinéma après un album solo passé inaperçu.
Cass Elliot
[modifier | modifier le code]Cass Elliot, dont la carrière solo connut un certain succès, est morte d’une crise cardiaque, après un concert, le .
Denny Doherty
[modifier | modifier le code]Denny Doherty devient animateur d'émissions de variétés au Canada. Il meurt le d'une rupture d'anévrisme abdominal[12].
The New Mama's and The Papa's
[modifier | modifier le code]The New Mamas and the Papas, est un groupe épéhmère relancé par John à la fin des années 1980 avec Denny Doherty, Mackenzie Phillips et Spanky McFarlane.
Discographie
[modifier | modifier le code](en) « The Mamas and the Papas » (fiche artiste), sur Discogs
Albums studio
[modifier | modifier le code]- 1966 : If You Can Believe Your Eyes and Ears
- 1966 : The Mamas and the Papas
- 2 février 1967 : Deliver
- 1968 : The Papas and the Mamas
- 1971 : People Like Us
Singles
[modifier | modifier le code]- december 1965 : Go Where You Wanna Go / Somebody Groovy
- 18 décembre 1965[8] : California Dreamin' / Somebody Groovy
- 1966 : Monday, Monday / Got a Feelin'
- 1966 : I Saw Her Again / Even If I Could
- 1966 : Words of Love / Dancing in the Street
- 1966 : Look Through My Window / Once Was The Time I Thought
- 1967 : Dedicated to the One I Love / Free Advice
- 1967 : Creeque Alley / Did You Ever Wanted To Cry
- 1967 : Glad to Be Unhappy / Hey Girl
- 1967 : Dancing Bear / John's Music Box
- 1967 : Twelve Thirty / Straight Shooter
- 1968 : Safe in My Garden / Too Late
- 1968 : Dream a Little Dream of Me / Midnight Voyage
- 1968 : For The Love of Ivy / Strange Young Girls
- 1968 : Do You Wanna Dance? / My Girl
- 1971 : Step Out / Shooting Star
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « The Mamas and the Papas Biography », Rock Hall of Fame (consulté le ).
- ↑ (en) « The Mamas and the Papas », sur Last.fm.
- (en-US) Sam Tweedle, « The Journeymen - New Directions in Folk Music (1963) », sur Vinyl Stories, (consulté le )
- [vidéo] « The Mamas & The Papas Story: Straight Shooter Full Movie », Cal Vid, , 71:28 min (consulté le )
- ↑ « Mamas and the Papas, The | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
- (en) « Halifax Three », sur Rock My World Canada (consulté le )
- (en-US) Sam Tweedle, « The Mugwumps - The Mugwumps (1967) », sur Vinyl Stories, (consulté le )
- « Mamas and Papas Virgin Islands | The Pop History Dig », sur pophistorydig.com (consulté le )
- (en-US) Tom Taylor, « When the Mamas & The Papas took an LSD to The Virgin Islands », sur faroutmagazine.co.uk, (consulté le )
- (en-US) « Mamas and Papas: Are Jill Gibson's vocals, not Michelle's on the 2nd album? », sur Steve Hoffman Music Forums (consulté le )
- ↑ (en-US) Paul Sexton, « ‘Deliver’: Third Shipment Of Mamas And The Papas Album Magic », sur uDiscover Music, (consulté le )
- ↑ (en) Here I Am: Denny Doherty and the Mamas and the Papas - Film de Paul Ledoux, IMDb.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) Matthias Blazek, The Mamas and The Papas : Flower-Power-Ikonen, Psychedelika und sexuelle Revolution, Stuttgart, ibidem-Verlag, , 108 p. (ISBN 978-3-8382-0577-9, OCLC 881365890, lire en ligne)
- (en-US) Irwin Stambler, Encyclopedia of pop, rock & soul, New York, St. Martin's Press, , 3e éd., 881 p. (ISBN 0-312-02573-4), p. 429−431
- (en-US) Jay Warner, The Billboard Book Of American Singing Groups. A History 1940−1990, New York City/New York : Billboard Books, 1992, p. 415 et suivantes
- (en-US) Jay Warner, The Billboard book of American singing groups : a history, 1940-1990, New York, Billboard Books, , 542 p. (ISBN 978-0-8230-8264-3), p. 415 et suivantes
- (en) The Mamas and the Papas : History and 16 of their greatest hits (histoire et partitions), Hal Leonard, 1991 (ISBN 978-0-7935-0836-5), 72 p.
Liens externes
[modifier | modifier le code]
- (en) Site officiel
- Ressources relatives à la musique :
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
- Ressources relatives à plusieurs domaines :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :