Mallemoisson
| Mallemoisson | |||||
Le vieux village | |||||
Blason |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Provence-Alpes-Côte d’Azur | ||||
| Département | Alpes-de-Haute-Provence | ||||
| Arrondissement | Digne-les-Bains | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Provence-Alpes Agglomération | ||||
| Maire Mandat |
Jean-Paul Comte 2020-2026 |
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| Code postal | 04510 | ||||
| Code commune | 04110 | ||||
| Démographie | |||||
| Population municipale |
957 hab. (2023 |
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| Densité | 158 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 44° 02′ 34″ nord, 6° 07′ 33″ est | ||||
| Altitude | Min. 476 m Max. 663 m |
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| Superficie | 6,04 km2 | ||||
| Type | Bourg rural | ||||
| Unité urbaine | Aiglun (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Digne-les-Bains (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Digne-les-Bains-2 | ||||
| Législatives | Première circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Alpes-de-Haute-Provence
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
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Mallemoisson, ou Mallemoisson-les-Grillons d'après le nom du village chef-lieu, est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Mallemoissonnais.
Géographie
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Le vieux village est situé à 505 m d’altitude[1]. Le chef-lieu est situé au village des Grillons[2].
Hydrographie
[modifier | modifier le code]La commune est limitée par la Bléone au sud et à l’ouest par les Duyes.
Le torrent des Cathelières, de l’ancien nom de la communauté, borde la commune à l’est.
Transports
[modifier | modifier le code]La commune de Mallemoisson est traversée par deux voies de communication importantes, parallèles et proches, dans la vallée de la Bléone :
- la route nationale 85 (route Napoléon) ;
- la ligne de chemin de fer de Saint-Auban à Digne (fermée depuis 1991).
Ces deux voies sont orientées Ouest-Sud-Ouest/Est-Nord-Est. L’essentiel de la population s’est installée à proximité de ces voies de transport, au hameau des Grillons, où se trouvent la gare (désaffectée), la mairie et l’école.
La commune est également desservie par la départementale RD 17, perpendiculaire à la RN 85, qui la relie à Mirabeau au nord-ouest, et qui franchit la Bléone au sud-est pour rejoindre Le Chaffaut. Le pont supportant cette route est en cours de reconstruction début 2013.
Risques naturels et technologiques
[modifier | modifier le code]Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Digne-les-Bains-Ouest auquel appartient Mallemoisson est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques[3], et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011[4]. La commune de Mallemoisson est également exposée à trois autres risques naturels[4] :
- feu de forêt,
- inondation (dans les vallées de la Bléone et des Duyes),
- mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort[5].
La commune de Mallemoisson est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses, par rail, route et canalisations[6]. En ce qui concerne la voie ferrée, la ligne de Saint-Auban à Digne est neutralisée et aucun trafic ne l’emprunte. La route nationale 85 peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses[7]. Enfin, le gazoduc servant à alimenter Digne en gaz naturel traverse la commune et constitue donc un facteur de risque supplémentaire[8].
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2004 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme[6] et le Dicrim existe depuis 2011[9].
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1984 pour un tremblement de terre, pour des inondations et des coulées de boue en 1996], 2001 et 2012[10], en 1989 et en 1990 pour des mouvements de terrain dus à la sécheresse[4]. Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité peut être plus forte à l’épicentre[11] :
- du 22 octobre 1965, avec une intensité macro-sismique de V et Malijai pour épicentre[12],
- du 30 juin 1984, avec une intensité de VI et Aiglun pour épicentre[13].
Climat
[modifier | modifier le code]Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[14]. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec[15]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne[16] et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à 1 000 mm, minimale en été[17]. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[18],[19].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 8,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 788 mm, avec 6,2 jours de précipitations en janvier et 4,4 jours en juillet[14]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Digne-les-Bains à 11 km à vol d'oiseau[20], est de 12,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 681,2 mm[21],[22]. La température maximale relevée sur cette station est de 42,1 °C, atteinte le ; la température minimale est de −17,8 °C, atteinte le [Note 1].
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[23], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
[modifier | modifier le code]Typologie
[modifier | modifier le code]Au , Mallemoisson est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[24]. Elle appartient à l'unité urbaine d'Aiglun, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[25],[26]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronne[Note 2],[26]. Cette aire, qui regroupe 34 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[27],[28].
Occupation des sols
[modifier | modifier le code]L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (57,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,7 %), forêts (18,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (11,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (8,4 %), zones urbanisées (7,8 %), zones agricoles hétérogènes (2,3 %)[29].
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 1].

Toponymie
[modifier | modifier le code]La localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1272, sous le nom de Malismessibus, nom généralement interprété comme étant tiré de l’occitan mauvaise moisson[1],[30],[31]. Pour Daniel Thiery qui suit J.-P. Poly, il s’agit d’une corruption de Malus et Messianus, « le pommier de Messianus »[32].
L’entrée du village par la RN85, du côté d’arrivée des touristes, est signalée par un panneau qui mentionne également le nom du lieu-dit : Mallemoisson-les-Grillons.
Histoire
[modifier | modifier le code]Dans l’Antiquité, les Bodiontiques (Bodiontici) peuplaient la vallée de la Bléone, et étaient donc le peuple gaulois qui vivait dans l’actuelle commune de Mallemoisson. Les Bodiontiques, qui sont vaincus par Auguste en même temps que les autres peuples présents sur le Trophée des Alpes (avant 14 av. J.-C.), sont rattachés à la province des Alpes-Maritimes lors de sa création[33].
Le village appartenait à l’abbaye de Cluny au XIIIe siècle[34]. La communauté, qui s'appelait les Cathelières au milieu du Moyen Âge, relevait de la baillie de Digne[32].
Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792 [35].
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 3 habitants de Mallemoisson sont traduits devant la commission mixte[36].
Comme de nombreuses communes du département, Mallemoisson se dote d’école bien avant les lois Jules Ferry : en 1863, elle en possède déjà une qui dispense une instruction primaire aux garçons, au chef-lieu[37]. Aucune instruction n’est donnée aux filles : ni la loi Falloux (1851), qui impose l’ouverture d’une école de filles aux communes de plus de 800 habitants[38], ni la première loi Duruy (1867), qui abaisse ce seuil à 500 habitants, ne concernent Mallemoisson[39]. Si la commune profite des subventions de la deuxième loi Duruy (1877) pour construire une école neuve[40], ce n’est qu’avec les lois Ferry que les filles de Mallemoisson sont régulièrement scolarisées.
En 1939, prenant acte du déplacement de la population, le chef-lieu administratif de la commune est déplacé de l'ancien village de Mallemoisson à celui des Grillons, situé dans la plaine[2].
La Libération de Mallemoisson est marquée par le passage d’une colonne de la 36e division d’infanterie (US), le , venant de Malijai et se portant en renfort d’une colonne secondaire stoppée à Digne, afin de prendre à revers la garnison allemande de Digne[41].
Jusqu’au milieu du XXe siècle, la vigne était cultivée dans la commune sur 47 ha, pour la consommation locale. Une partie de la production était vendue à Digne. Cette culture a aujourd'hui presque entièrement disparu[42].
Le château est démoli en 1951 [43].

