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Louis Antoine de Saint-Just

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Louis-Antoine de Saint-Just
Illustration.
Portrait de Louis de Saint-Just, pastel d'Angélique-Louise Verrier-Maillard, musée Carnavalet, 1793.
Fonctions
Membre du Comité de salut public

(1 an et 18 jours)
Groupe politique Montagne
Député de l'Aisne

(1 an, 10 mois et 23 jours)
Législature Convention nationale
Groupe politique Montagne
Président de la Convention nationale

(15 jours)
Groupe politique Montagne
Prédécesseur Joseph-Nicolas Barbeau
du Barran
Successeur Philippe Rühl
Biographie
Nom de naissance Louis Antoine Léon de
Saint-Just
Surnom L'Archange de la Terreur
Date de naissance
Lieu de naissance Decize (France)
Date de décès (à 26 ans)
Lieu de décès Place de la Révolution,
Paris (France)
Nature du décès Guillotiné
Sépulture Cimetière des Errancis
Catacombes de Paris
Nationalité Français
Profession Avocat
Religion Déiste

Signature de Louis-Antoine de Saint-Just

Louis Antoine Léon de Saint-Just, parfois surnommé l'Archange de la Terreur, né le à Decize (Nivernais, aujourd'hui Nièvre) et mort guillotiné le 10 thermidor an II () à Paris, place de la Révolution (actuelle place de la Concorde), est un homme politique français de la Révolution française. Plus jeune élu à la Convention nationale, Saint-Just est membre du groupe des Montagnards. Soutien indéfectible de Robespierre, il est emporté dans sa chute, le 9 thermidor.

D'une éloquence remarquée, il se distingue par l'intransigeance et l'inflexibilité de ses principes prônant l'égalité et la vertu, ainsi que par l'efficacité de ses missions au cours desquelles il redresse la situation de l'armée du Rhin et participe à la victoire des armées républicaines à Fleurus. Combattant politiquement les Girondins, les Hébertistes puis les Indulgents, il fait voter la confiscation des biens des ennemis de la République au profit des patriotes pauvres. Il est l'orateur désigné des robespierristes dans leurs conflits avec les autres partis politiques à la Convention nationale, c'est lui qui lance les accusations et les réquisitoires à la Convention contre Danton ou Hébert. Pour éviter les massacres dont sont responsables les sans-culottes dans les départements, notamment en Vendée, ou pour centraliser la répression, ce point est sujet à débat, il fait supprimer les Tribunaux révolutionnaires départementaux et rassemble toutes les procédures au Tribunal révolutionnaire de Paris.

Dans un contexte où la Révolution vient d’abolir la monarchie et où le sort de Louis XVI divise les députés, Saint-Just prend une position ferme : le roi déchu ne doit pas être jugé comme un citoyen ordinaire, mais considéré comme déjà coupable du simple fait d’avoir trahi la nation.

ll est notamment l'inspirateur de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1793, de la Constitution de l'an I[1] et l'auteur d'un ouvrage parlant des principes de la Révolution française. La légende noire touchant à ce personnage, et aux robespierristes de manière générale, s'est maintenue dans la recherche historique jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, violente[2].

Enfance (1767-1779)

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La maison de Saint-Just à Blérancourt, actuellement musée.

Louis Antoine de Saint-Just[3] est le fils aîné de Louis Jean de Saint-Just de Richebourg (), un capitaine de cavalerie décoré de l'ordre de Saint-Louis, et de Marie-Anne Robinot (née à Decize le , morte en 1815), elle-même fille de Léonard Robinot, conseiller, notaire royal et grenetier au grenier à sel de Decize, et de Jeanne Houdry, mariés le .

Louis Antoine est né le à Decize, dans le Nivernais, et il est baptisé le même jour dans l'église de la ville : son parrain est Jean Antoine Robinot, curé de Verneuil, et sa marraine est Françoise Ravard[4]. Il est aussitôt mis en nourrice à Verneuil jusqu'à l'âge de huit ans. Après un court séjour à Morsain lors duquel naissent les deux sœurs d'Antoine, Louise-Marie-Anne et Marie-Françoise-Victoire, le et le [5], la famille retourne à Decize, où les oncles de Louis Antoine exercent des responsabilités municipales[6].

En , la famille déménage pour la Picardie, et s'installe dans une vaste demeure à Blérancourt, où le père meurt un an plus tard, laissant la famille dans une gêne relative puisque sa veuve conserve le privilège d'exemption de l'impôt ordinaire[6].

Études secondaires (1779-1785)

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Après avoir fréquenté l'école du village, Saint-Just est mis en pension de 1779 à 1785 au collège Saint-Nicolas des Oratoriens de Soissons[7] (actuel collège Saint-Just), établissement coté où son oncle et son père avaient déjà étudié et où il côtoie les enfants de la classe aisée et dirigeante de la province[8]. Les cours dispensés à Saint-Just allient histoire, rhétorique, latin et enseignement religieux. Il y acquiert une connaissance sérieuse des auteurs de l'Antiquité greco-latine[9]. C'est à ce moment qu'il rédige une histoire des seigneurs du château de Coucy proche de Blérancourt. C'est à cette occasion qu'il découvre et étudie le fonctionnement de la féodalité d'Ancien-Régime[10]. À la fin de 1785, au cours de ses vacances, il s'éprend de Louise-Thérèse Sigrade Gellé, fille de Louis-Antoine Gellé, notaire royal au bailliage de Coucy-le-Château, mais son père le dédaigne et marie, assez précipitamment, sa fille à un clerc de son étude[11]. Celle-ci le fuira pour rejoindre Saint-Just à Paris en [12].

Formation intellectuelle (1785-1787)

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Après avoir fui le domicile maternel pour se rendre à Paris à la suite d'une dispute, il est interné dans une maison de correction, rue de Picpus, de à , à la suite d'une lettre de cachet obtenue à son encontre par sa mère[13]. Il devient ensuite clerc auprès du procureur de Soissons[14]. Selon Bernard Vinot, il n'y a pas de preuve administrative de son inscription à l'université de droit de Reims[7]. Pour autant, même Miguel Abensour, éditeur des œuvres complètes, le tient pour acquis sans le sourcer[15]. En revanche, il se serait formé au droit par la fréquentation des notaires (dont Robespierre), puis à la science politique. Il aurait été selon Anne Quennedey un « autodidacte »[16], ce que confirme l'étude de sa bibliothèque personnelle[17]. Il est un lecteur assidu de plusieurs auteurs : Cicéron, Démosthène, Montesquieu, Rousseau, Marat, Mirabeau et Robespierre. Il s'est aussi intéressé à des disciplines diverses allant des mathématiques au droit constitutionnel en passant par l'économie, l'histoire et la littérature[16].

Premiers écrits (1787-1789)

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Le jeune homme est alors dans une « situation semi-carcérale » et conscient que l'organisation sociale de son époque est sur le point de changer telle une « civilisation finissante »[18]. Il adopte une posture de refus quelques semaines avant l'ouverture des États généraux[19]. Cette posture sera constamment imprégnée de la tradition cynique[19]. C'est dans ce contexte que débute la rédaction en 1788 des vingt chants du poème Organt. Ils seront publiés entre avril et mai 1789[18]. Il n'a jamais désavoué ce poème au point de demander à Camille Desmoulins une annonce en faveur du poème dans le journal Le Vieux Cordelier en janvier 1790[20]. Selon Bernard Pivot, cité par Anne Quennedey, Saint-Just essaye alors de percer dans le monde littéraire [21]. C'est avec la même « quête de pureté et de simplicité »[19] qu'il rédige La Raison à la morne et Arlequin-Diogène, en référence à un auteur cynique.

Des vers à M. Dorfeuille rédigés en avril 1789 lui sont également attribués. Il aurait rédigé ces vers en l'honneur d'un comédien, Philippe-Antoine Dorfeuille, qui allait de ville en ville dans le Midi puis dans l'Ouest pour faire écouter ses chants populaires et satiriques sur l'actualité politique et sociale. Certains de ces textes étaient publiés dans La Lanterne magique et patriotique, revue qu'il portait avec lui comme illustration de chansons comme Mademoiselle Constitution et Marie Liberté. Philippe-Antoine aurait joué dans une représentation de la pièce Andromaque le dans ce qui deviendra le théâtre de l'Odéon. Après un premier acte applaudi, le comédien aurait subi de nombreux quolibets qui l'auraient empêché de jouer aussi bien que possible lors du deuxième acte. Dorfeuille se verra ainsi refuser l'admission à la Comédie-Française. Il semble que l'intention de Saint-Just aurait pu être de soutenir un comédien pour la qualité de son jeu d'acteur autant que ses textes satiriques. Il y a à la fois un enjeu de solidarité et un enjeu de prise de contact car Saint-Just est intéressé par ses compétences rhétoriques, sa capacité à susciter l'émotion (vers 4-7) :

Révèle-moi par quelle adresse
Ton art a fait passer mon cœur
De la fureur à la tendresse,
De la surprise à la douleur.

Les deux personnages se reverront entre fin 1792 et mars 1793. Dorfeuille se rapprochera des hébertistes en publiant Le Père Duchesne à partir de janvier 1794 puis sera arrêté le 12 ventôse an III ()[21].

Entrée en action (août 1789-septembre 1792)

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Saint-Just est touché par ce que M. Abensour appelle une « impulsion révolutionnaire » qui se manifeste dans sa lettre à Robespierre d'[22]. Il analyse ainsi et donne à voir comment les anciens seigneurs essayent de récupèrer leurs biens[22]. De ces observations naîtront le Mémoire pour les habitants de Blérancourt () et le Rapport sur les biens communaux ().

Rapport sur les biens communaux (octobre 1790) et Mémoire pour les habitants de Blérancourt (octobre 1791)

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Saint-Just y adopte une position de juriste prenant la défense des usagers lésés des biens communaux[23]. Dans le premier il revient notamment sur l'appropriation de la terre par Bernard Pottier. Au début du XVIe siècle, ce dernier se serait construit un château dont la cour encerclerait 2 arpents. Il s'est donc approprié 2 arpents 62 verges en ajoutant la surface couverte par le bâtiment. Mais puisqu'il craignait l'expropriation car son appropriation s'était faite sans aucun titre légal, il aurait conclu un accord en 1619 avec 9 notables dont le lieutenant de justice et le procureur fiscal. Il aurait alors donné à la mairie en compensation 2 arpents dont un dans un marais appelé le camp de la Herse et un autre à côté du marais du Pavé. Or il fallait 10 notables pour entériner l'accord sans quoi c'est toute la commune qui devait être consultée. L'accord est donc frappé de nullité car jamais homologué. Saint-Just en veut pour preuve la jurisprudence du jugement du rendu au Parlement sur l'échange inégal proposé par le seigneur d'Eggly. Le verdict réclamait au seigneur fautif de donner le triple de la surface appropriée à la commune[24]. Saint-Just conclut ainsi le passage :

Ce ne sont point ici les droits avares d'un individu que je fais ici parler, ce sont les droits inviolables et imprescriptibles de la société, ce sont les droits de l'agriculture, conséquemment de la patrie, les 3 arpents que la communauté reçut en échange des mains de Bernard Pottier ne sont point même de la valeur des 2 arpents 62 verges qu'il s'appropria.

Mais comme par une espèce de droit commun, dans ce temps-là, le fort se jouait du faible [...]

avant de poursuivre sur d'autres litiges liés à Bernard Pottier [25].

Anonyme, Saint-Just, fin du XVIIIe, buste en terre cuite, Versailles, musée Lambinet.

Ces deux rapports témoignent d'un passage de la critique cynique initiée dans Organt à la critique de la réalité existante qui ne passe plus par la métaphore[26].

Saint-Just aurait participé à la fête de la Fédération où il aurait rencontré Robespierre avant de lui écrire en août 1790.

L'Esprit de la Révolution et de la constitution en France (juin 1791)

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Après ses essais littéraires et son passage à une critique actuelle et directe de la domination, Saint-Just semble évoluer vers une analyse de la révolution en cours avec L'Esprit de la Révolution et de la constitution de France paru en juin 1791[27]. Dans ce texte, l'auteur des Rapports cherche à montrer qu'il est tout à fait compétent pour comprendre et analyser les grands problèmes de gouvernance que connaît la France en révolution. À ce moment-là, ses lettres à son éditeur Beuvin semblent témoigner d'une envie croissante d'habiter à Paris. Ces sujets et ce texte sont en grande partie influencés par l'œuvre de Montesquieu, notamment sur les thématiques de la juste étendue du territoire, l'importance de la population et le besoin d'une bonne constitution[27]. Son travail constitue « autant un texte politique qu’un objet à même d’appuyer les prétentions électorales », lui permettant de gagner en popularité [28] Ainsi, selon Miguel Abensour[29] :

[…] il ne faut pas s'y tromper : L'Esprit de la Révolution est comme une publication de circonstance destinée à faire connaître son auteur et à préparer ainsi l'avenir.

Malgré le succès de son ouvrage et son investissement politique public, sa candidature est révoquée en raison de son âge[30]

De la Nature (septembre 1791)

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En septembre 1791 après l'arrestation du roi et l'adoption de la nouvelle constitution commence la rédaction de l'ouvrage resté inachevé De la Nature. L'auteur accomplit une double mise à distance. D'abord, il trouve des limites au principe de meilleure constitution développé par Montesquieu. Ensuite, il s'oppose au contrat social de Rousseau jusque dans ses fondements [31]. En effet, selon Saint-Just, dans l'état de nature les Hommes sont vertueux et s'associent spontanément entre eux dans une république naturelle. Ainsi, ils ne sont ni des individus diminués (des « sauvages ») qui ont besoin d'un gouvernement pour être bons (conception de Montesquieu), ni des individus désirant absolument rester seul pour être heureux (conception de Rousseau)[32]. Saint-Just se centre alors sur la notion de rapports de force plutôt que d'inégalité[33]. Ainsi, les rapports humains auraient existé de façon naturelle, c'est-à-dire en respectant l'authenticité de chacun. « Naturel » a un sens très précis chez Saint-Just :

La nature est le point de justesse et de vérité dans les rapports des choses ou leur moralité[34].

C'est-à-dire que ce qui est naturel, ce n'est pas quelque chose d'originel à l'homme mais bien plutôt quelque chose qui est cohérent avec ses désirs, son bonheur. L'auteur utilise même une métaphore mécaniste en comparant cet ordre naturel aux lois de la physique (« l'ordre physique »)[35]. À partir de cette conception originale de l'état de nature, le futur conventionnel explique comment les rapports humains deviennent ce qu'ils sont à l'époque où il écrit. La notion importante ici est la « convention » que Saint-Just critique.

La nature finit où la convention commence [36].

Selon lui c'est l'existence d'une convention imposée à la nature de l'homme qui empêche les êtres humains de développer ce qu'il nomme des « rapports homogènes » [36]. Cette contrainte crée donc un décalage entre l'état des rapports humains sous la convention et l'état dans lequel ils devraient être s'ils suivaient la nature. La convention éloigne l'homme de l'homme naturel. L'homme qui vit selon des conventions développe alors des passions [37]. Pour Saint-Just, les passions sont une destabilisation de l'homme. Mais il opère une distinction entre « passions » et « sentiments de l'âme » et ainsi ne rejette pas toute émotion :

Il ne faut pas confondre les sentiments de l'âme avec les passions ; les unes sont le présent de la nature et principe de la vie sociale, les autres sont le fruit de l'usurpation et les principes de la vie sauvage[38].

Pour Saint-Just, les émotions sont donc fondamentales à la vie en société alors que les passions sont une destabilisation qui émane de l'état politique. En effet, une autre distinction opérée par Saint-Just dans ce texte est la différence entre l'état social et l'état politique. L'état social est l'état de l'organisation des rapports humains où l'indépendance de chacun est respectée et où chacun vit selon sa nature. Cet état est celui des individus appartenant au même peuple par opposition aux rapports entre individus de peuples différents[39]. L'état politique est au contraire, à partir de la convention, un état où les rapports entre humains du même peuple sont aussi distants que les rapports entre humains de peuples différents[40]. Dans cet état :

Dans ce sens, la terre n'est maintenant peuplée que de sauvages, et le cœur le plus tendre, à l'aide de l'imagination la plus vive, conçoit à peine la société première tant est grande l'altération de l'esprit humain, quelle que soit la source de l'ordre présent des choses, elle est une œuvre de ténèbres puisque le monde est malheureux, c'est pourquoi je crois peu aux religions, elles ont enfanté beaucoup de crimes de mauvaises lois et d'impiétés. Il n'en faut point parler.

Se positionnant par rapport à Montesquieu, Saint-Just lui reproche de ne pas comprendre pourquoi les sauvages fuient à la vue des hommes venus d'autres continents. Pour Saint-Just, ils ne font que respecter ce rapport politique où ils se méfient d'autres peuples alors qu'ils sont profondément naturels et bons entre eux[41]. Face à cet état des choses, l'auteur d'Organt ne propose pas un retour en arrière, jugé impossible pour lui.

Hélas, il ne faut plus songer à faire goûter aux hommes l'attrait de l'innocence, on ne ferait plus que des êtres faibles et dépravés ; la vertu même n'est plus innocente. Mais la nature n'est pas seulement faite pour les bois, que si l'homme a trouvé le bonheur à courir les mers, à fertiliser les champs qu'il soit navigateur et laboureur, mais qu'il reprenne sa véritable dignité et sache que le principe même de son bonheur, de ses délices, de son opulence, de sa conservation, sont dans un état social qu'il ne connaît point[42].

Ainsi, selon Miguel Abensour, « [i]l rejette donc la loi politique au profit de la loi naturelle ou sociale [43] ».

Élection comme député pour le département de l'Aisne (15 septembre 1792)

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Il est finalement élu pour le département de l'Aisne le , le 5e sur 12 avec 349 voix sur 600 votants. Il entre alors à la Convention — dont il est le benjamin — et, convaincu de la nécessité d'une révolution sociale[44], rejoint les Montagnards.

Premier discours sur le jugement de Louis XVI (13 novembre 1792)

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Le roi a été arrêté le 10 août, déchu puis emprisonné à la prison du Temple. C'est alors que la République est proclamée le 22 septembre 1792. Des débats ont parallèlement lieu à la Convention nationale pour décider de son sort et, plus précisément, de son inviolabilité et de la manière dont il doit être jugé. Alors que l'assemblée ne parvient pas à trancher le sujet, Saint-Just va réorienter le débat. Dans son discours, il démontre qu’un roi doit être exécuté peu importe l’époque et le contexte dans lequel on se place. Procédant par gradation, Miguel Abensour résume ainsi ce discours[45] :

Tandis que les débats s’enlisent dans l’examen de problèmes juridiques et constitutionnels, Saint-Just fait radicalement changer la question de terrain : reprenant la tradition politique du tyrannicide, il soutient qu’il ne s’agit pas de juger le roi, mais de l’anéantir, bref de le tuer en tant qu’ennemi du genre humain.

Saint-Just affirme ainsi que le roi ne doit être jugé ni comme citoyen ni comme roi car il n'appartient pas au corps des citoyens en tant que « tyran ». Il met l'accent sur l'importance de ce jugement pour la révolution à venir. Ainsi, résume Abensour[46] :

Des choix effectués en la matière dépendront le sort de la liberté et la nature de la République qui reste à établir.

D’abord, il élimine en début de discours la possibilité d’une prévalence du droit d’Ancien Régime par rapport au droit du nouveau régime [47]. En effet, des tyrans ont déjà été éliminés à d’autres époques et tuer un souverain n’est donc pas chose nouvelle. Il prend pour exemple l’assassinat de César par plusieurs sénateurs, dont son fils Brutus [48].

Ensuite, il n’est pas possible non plus de juger le roi avec le droit d’Ancien Régime sous prétexte que ce serait celui-là qui prévalait lors du règne de Louis XVI. Saint-Just affirme que ce droit est du passé et qu’il n’y a pas de doute sur le fait qu’on a changé de régime[49].

Enfin, le député ne s’arrête pas là. Dire que le roi est coupable car on a changé de régime ne correspond pas au fond de sa pensée. Cela reviendrait à dire que le roi était juste pendant tout son règne. Au contraire, dans une dernière partie, Saint-Just va s’attarder à montrer qu’un roi est coupable toujours et partout parce qu’il contrevient à ce qu’il appelle le « droit des gens » [50].

En accord avec les thèses développées dans De la Nature, il soutient qu’un peuple n’est vraiment un peuple naturel que s’il est souverain. Selon Saint-Just, la souveraineté est définie comme[51] « force par laquelle il résiste à l’oppression ». Par conséquent, si le roi participe voire organise la domination d’un peuple, il cherche à nuire à sa souveraineté. Ainsi, le roi est un adversaire du « droit des gens » et il est un adversaire du peuple en tant que roi, pas seulement en tant qu’individu isolé qui se serait mal comporté, comme Louis XVI. De plus, puisque le roi s’oppose à cela, il ne peut être considéré comme membre de ce peuple et donc être jugé avec des droits de citoyen [52]

Discours sur les subsistances (29 novembre 1792)

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Dans un contexte de pillages et manifestations paysannes pour le plafonnement du prix des denrées, Saint-Just veut que la gestion des denrées soit modifiée. Il rappelle que c'est la mauvaise gestion des denrées qui a provoqué la chute de la monarchie[53].

Saint-Just s'oppose alors à une économie de crédit fondée sur des titres vendus aux citoyens[54]. Il affirme que la nation doit possèder des richesses réelles et éviter l'émission de titres qui selon lui favoriserait l'inflation voire la banqueroute de l'État. Il recommande ainsi d'accroître le pouvoir des citoyens dans la gestion des grains, de sanctionner lourdement les fautes ou encore d'informer sur les droits de chacun par rapport aux grains[55].

À la suite de ce discours, les décrets suivants sont adoptés le 8 décembre 1792[56] :

Art. 1 -- L'exportation hors du territoire de la République de toutes espèces de grains, farines et légumes secs est défendue de peine de mort et de confiscation moitié au profit du dénonciateur, moitié au profit des établissements de bienfaisance.

Art. 2 -- Les municipalités veilleront avec soin à l'observation des lois des mois de janvier et mai 1791 relatifs aux chargements faits dans les ports de mer et les cinq lieues limitrophes et seront personnellement responsables de leur négligence sur cet objet.

Art. 3 -- Les acquis à caution exigés par les dites lois seront affichés dans les lieux où les grains seront embarqués et dans celui du déchargement.

Art. 4 -- La liberté la plus entière continuera d'avoir lieu dans le commerce des grains, farines et légumes secs, par tout le territoire de la République, et les lois relatives à la libre circulation dans l'intérieur de la République continueront d'être exécutées.

Art. 5 -- Il est enjoint aux corps administratifs et municipaux, aux juges de paix et aux chefs de la force armée, et généralement à tous les citoyens, de donner main forte à l'exécution de l'article 4 ci-dessus, et d'arrêter et faire arrêter sur-le-champ quiconque s'opposerait à la libre circulation des subsistances.

Art. 6 -- La Convention nationale déclare responsable de toutes pertes, dommages et débits éprouvés par le défaut de réquisitions ou de secours, les membres composant les corps administratifs, municipaux, juges de paix, chefs de la force armée, ainsi que les communes dans les territoires desquelles ces dommages et délits auront été commis.

Art.7 -- Seront punis de mort ceux qui se sont opposés directement à la circulation des subsistances, ou qui auront provoqué ou dirigé les attroupements ; seront punis d'une année de fers ceux qui seront saisis dans ces attroupements dirigés contre la libre circulation.

Art. 8 -- Les dispositions de la loi du 16 septembre sont abrogées.

Art. 9 -- La Convention nationale requerra une instruction sur la nécessité de la libre circulation et commerce libre des grains. Cette instruction sera envoyée dans les villes, dans les armées, dans les hôpitaux, dans les collèges, dans les écoles, et aux municipalités des campagnes pour être lue au prône.

Par la suite, une loi sur le maximum du prix des grains sera voté en mai 1793. Des greniers de stockage publics seront crées en août 1793. Enfin, un maximum sur le prix de tous les bien sera voté en septembre 1793[57].

Deuxième discours sur le jugement de Louis XVI (26 décembre 1792)

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Quand le peuple était opprimé, ses défenseurs étaient proscrits[58] : ô vous qui défendez celui que tout un peuple accese, vous ne vous plaindrez pas de cette injustice! Les rois persécutaient la vertu dans les ténèbres ; nous, nous jugeons les rois à la face de l'univers. Nos délibérations sont publiques, pour qu'on ne nous accuse point de nous conduire sans ménagement. Ô vous, encore une fois, qui défendez Louis, vous défendez tous les Français contre le jugement que va porter le monde entier! Peuple généreux jusqu'au dernier jour ! Il ne voulut point juger lui-même son ennemi ; il permit qu'on employât tout pour le convaincre qu'il se trompait, lors même que tant de familles portaient le deuil de leurs enfants, et que les meilleurs citoyens, par les suites de la trahison et de la tyrannie, étaient enterrés dans l'Argonne, dans tout l'empire, et dans Paris autour de vous[59].

Les débats sur le jugement de Louis XVI avaient été suspendus jusqu'en décembre car des pièces à conviction devaient être examinées par Roland. Le 6 décembre, le procès reprend et le 26, Saint-Just reprend la parole après la défense du roi[60].

Discours sur la réorganisation de l'armée (11 février 1793)

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Dans un contexte de désaveu de l'armée et après les échecs contre l'armée prusienne[61], Saint-Just propose de réorganiser toute la hiérarchie militaire[62]. Il voit dans la réforme de l'armée une étape nécessaire, un défi lancé à la révolution[63]. La guerre a été déclarée à l'Angleterre par la Convention nationale le 1er février 1793. Le futur vainqueur de Fleurus entend dépasser une simple opposition de bannière avec les armées étrangères. Miguel Abensour résume :

il s'agit de propager le génie de la liberté et de l'opposer aux gouvernements coalisés d'Europe[64].

Et Saint-Just le dit dès le premier paragraphe de son discours :

Ce n'est point seulement du nombre et de la discipline des soldats que vous devez attendre la victoire ; vous ne l'obtiendrez qu'en raison des progrès que l'esprit républicain aurait faits dans l'armée[65].

Si vous voulez fonder une République, ôtez au peuple le moins de pouvoir qu'il est possible, et faites exercer par lui les fonctions dont il est capable[66].

Mais plus précisément, c'est la question de la fusion des différents corps d'armée et surtout des élections pour nommer les supérieurs hiérarchiques qui intéressent le député[67]. En effet, l'armée doit être à l'image de la société que la révolution en cours veut bâtir. Si l'armée fait exception, elle pourrait se retourner contre ce qu'elle doit défendre. Il ajoute qu'en tant que citoyen, le soldat a le droit de vote pour élire ses représentants et il n'y a pas de raison que les soldats fassent exception. Pour autant, Saint-Just est bien conscient que donner un tel pouvoir aux soldats réduit de fait la tutelle de la Convention nationale sur l'armée :

Une armée ne peut élire ses chefs, parce qu'elle n'a point d'éléments fixes, que tout y change et y varie à chaque instant ; une armée n'est point un corps ; elle est l'agrégation de plusieurs corps, qui n'ont de liaison entre eux que par les chefs que la République leur donne ; une armée qui élirait ses chefs serait donc une armée de rebelles[68].

Ainsi, ce n'est pas une armée complète dont toute la hiérarchie serait élue que propose Saint-Just. Il propose plutôt une élection au niveau des régiments, à l'échelle des soldats. Il entend de cette manière améliorer la cohésion de l'armée :

Si l'on examine le principe du droit du suffrage dans le soldat, le voici : c'est que, témoin de la conduite, de la bravoure et du caractère de ceux avec lesquels il a vécu, nul ne peut mieux que lui les juger. En outre, si vous laissez les nominations à tant de places militaires entre les mains ou des généraux ou du pouvoir exécutif, vous les rendez puissants contre vous-mêmes et rétablissez la monarchie[69].

Missions (mars 1793 – juin 1794)

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Jean-Baptiste Mauzaisse, La Bataille de Fleurus (1837), musée du château de Versailles.
Victoire française du général Jourdan, le , contre l'armée autrichienne menée par les princes de Cobourg et d'Orange (à droite de Jourdan, Saint-Just en mission, derrière lui Kléber, Championnet et Marceau).

Le , il est envoyé par décret dans les Ardennes et l'Aisne avec Jean-Louis Deville, qui était déjà son ami avant la Révolution[70], pour la levée de 300 000 hommes. De retour dès le à Paris — où il intervient aux Jacobins[71] — sa mission prend officiellement fin par décret du [72].

Adjoint au Comité de salut public le , puis élu le , lors de l'extension du comité, il est envoyé dans l'Aisne, l'Oise et la Somme par arrêté du comité du , mais ne remplit pas cette mission[73],[74].

Le , au nom du Comité de salut public, Saint-Just présente devant la Convention un rapport sur la loi contre les Anglais, un texte législatif qui plaçait sous surveillance étroite tous les sujets anglais résidant en France. Ce rapport est produit devant l'assemblée constituante révolutionnaire alors qu'un député demande l'abolition de la loi ou de son application à tous les étrangers. Sur la base de ce rapport, la Convention décrète la détention jusqu'à la paix de tous les étrangers, sujets des États contre lesquels la République était en guerre[75],[76].

Nommé ensuite par arrêté du comité du et décret du représentant aux armées avec son ami et conventionnel Philippe Le Bas, il rejoint l'armée du Rhin jusqu'au , hormis un séjour à Paris du 14 au 20 frimaire an II (4)[72]. Les deux représentants transforment le 5 brumaire an II () le tribunal militaire en « commission spéciale et révolutionnaire » afin d'accélérer les procédures et de renforcer la sévérité contre les prévaricateurs et les « partisans de l'ennemi »[77]. Saint-Just fait prendre Bitche et délivrer Landau.

Envoyé ensuite à l'armée du Nord avec Le Bas par arrêté du Comité de salut public du 3 pluviôse an II (), il est de retour à Paris le 25 pluviôse (13 février)[72].

Il est alors partie prenante en mars et avril 1794 de la chute des Hébertistes, puis des Dantonistes.

À la suite d'un arrêté du Comité de salut public du 10 floréal (29 avril), il repart en mission dans l'armée du Nord avec Le Bas[72]. Partisan de l'offensive à outrance, il dirige de facto les opérations, au début de mai, et, en dépit des vives réserves de plusieurs généraux comme Kléber ou Marceau, ordonne de lancer une offensive sur Charleroi qui échoue[78]. Son action est en revanche couronnée par les victoires de Courtrai le 23 prairial (11 juin) et de Fleurus le 8 messidor (26 juin). Se posant en spécialiste des questions militaires, du fait de ses diverses missions auprès des armées, il s'oppose à cette époque à Carnot[79].

Le Comité l'ayant rappelé par une lettre datée du 6 prairial (25 mai), il rentre à Paris le 12 prairial (31 mai). Puis un arrêté du Comité en date du 18 prairial (6 juin) le charge d'une mission aux armées du Nord et de l'Est, « de la mer jusqu'au Rhin ». Il est de retour dans la capitale le 11 messidor (29 juin)[72].

Thermidor an II (juillet 1794) : la chute

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Attribué à David, Saint-Just, fin du XVIIIe, musée franco-américain du château de Blérancourt.

Lors de la crise de thermidor, il tente avec Barère de rétablir la concorde au sein des comités publics, organisant notamment la réunion du 5 thermidor (23 juillet). À cette occasion, il est chargé de lire un rapport devant la Convention sur les heurts qui ont secoué le gouvernement révolutionnaire.

Mais le discours de Robespierre devant l'assemblée, le 8 thermidor (26 juillet) accélère le dénouement de la crise. Pris à partie dans la nuit par Billaud-Varenne et Collot d'Herbois, il réoriente son discours dans un sens plus critique à l'égard de ces deux hommes, indiquant au cinquième paragraphe : « quelqu'un cette nuit a flétri mon cœur ». Toutefois, bien loin de chercher à abattre ses ennemis, il espère, à travers cette intervention, rétablir l'entente parmi les membres du Comité de salut public. En conclusion, il propose à la Convention un décret affirmant que les institutions républicaines, alors en préparation, « présenteront les moyens que le gouvernement, sans rien perdre de son ressort révolutionnaire, ne puisse tendre à l'arbitraire, favoriser l'ambition, et opprimer ou usurper la représentation nationale ».

Le lendemain, alors qu'il commence son discours, il est interrompu par Tallien et, plutôt que de se battre, se mure dans un énigmatique silence hautain ; il est décrété d'accusation. Libéré par l'insurrection de la Commune de Paris, il se laisse arrêter par les troupes fidèles à la Convention, le matin du 10 thermidor, et est guillotiné, à l'âge de vingt-six ans, avec les principaux partisans de Robespierre dans l'après-midi.

  • Le 13 ventôse an II (), devant la Convention nationale, il termine un discours par la phrase devenue célèbre « Le bonheur est une idée neuve en Europe. »[80],[81]
  • « On n'a point de vertus politiques sans orgueil, et on n'a point d'orgueil dans la détresse. »
  • « Un peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement[82]. »

Une phrase, non référencée ni sourcée et qu'il n'a peut-être à ce titre jamais prononcée ni écrite, lui est attribuée :

  • « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté. »

Liste de ses œuvres

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. Monographie sur le château de Coucy rédigée en 1785

  • Organt, poème rédigé en 1787 – 1789, publié au printemps 1789[83]. À propos de cette œuvre, l’historien Gérard Walter note : « Le livre, à son apparition, passa presque complètement inaperçu (il est inexact, comme le prétend Barère dans ses Mémoires, qu’un ordre ministériel ordonna de rechercher l’auteur pour le mettre à la Bastille et que Saint-Just fut dénoncé et poursuivi en Picardie où il habitait). Le libraire que Saint-Just avait chargé de la publication de cet ouvrage, crut pouvoir faire une bonne affaire en le remettant en vente trois ans après, muni d’une nouvelle page de titre, et en l’intitulant, cette fois, poème lubrique[84].
  • Arlequin-Diogène, pièce de théâtre rédigée en 1789.
  • L'Esprit de la Révolution et de la Constitution de France, rédigé en 1790, publié par Beuvin en juin 1791 sous le nom de « Louis-Léon de Saint-Just »[3]. Saint-Just y expose ses réflexions sur la Révolution française. Soucieux de se faire mieux connaître en attendant d'être éligible, il y fait preuve d'une certaine modération en critiquant peu Louis XVI et Marie-Antoinette restant ainsi dans la ligne de pensée majoritaire, un an après la prise de la Bastille. On trouve dans cet ouvrage la base des idées constitutionnelles qu'il développera à partir de 1792. La lecture de cet ouvrage montre l'influence importante qu'ont eue Montesquieu et Rousseau sur les penseurs révolutionnaires.
  • De la Nature, de l'état civil de la cité ou les règles de l'indépendance du gouvernement, texte inachevé, rédigé vraisemblablement entre et , publié à titre posthume par Albert Soboul en 1951.
  • Les Fragments d'institutions républicaines, texte fragmentaire et inachevé rédigé entre l'automne 1793 et , publié à titre posthume chez Fayolle en 1800 (édition incomplète) avec une introduction anonyme de Gateau, ami de Saint-Just. Cette première édition est réimprimée en 1831 chez Techener à l'initiative de Charles Nodier, puis fait l'objet de nombreuses rééditions, y compris dans les Œuvres complètes publiées en 1908 par Charles Vellay. Albert Soboul publie une première édition complète en 1948, puis une nouvelle version, recomposée en neuf fragments, chez Einaudi en 1952. Alain Liénard publie en 1976 sous le titre de Théorie politique une version qui suit scrupuleusement le texte et l'ordre des fragments et reproduit les passages biffés, en les signalant. En 1984, dans les Œuvres complètes parues chez Gérard Lebovici, Michèle Duval propose un fragment extrait des Papiers inédits trouvés chez Robespierre, Saint-Just, Payan, etc., supprimés ou omis par Courtois (1828) et un autre du Rapport Courtois fait au nom de la commission chargée de l'examen des papiers trouvés chez Robespierre et ses complices (nivôse an III), complétés par un fragment de l'édition de 1800 des Institutions républicaines, la réédition des textes édités en 1949 dans les Annales historiques de la Révolution française par Albert Soboul et extraits d'un carton des Archives nationales consacré à Robespierre, enfin un fragment et le passage d'un bref récit romanesque issus du carnet de Saint-Just. L'édition de 2004 des Œuvres complètes reproduit l'état actuel du manuscrit, comme Alain Liénard, ajoutant à la fin et de manière distincte le texte du carnet et les fragments parus dans l'édition de 1800 qui ne figurent pas dans le manuscrit dans son état actuel[85].

Éditions récentes

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  • Œuvres complètes, édition établie et présentée par Anne Kupiec et Miguel Abensour, éd. Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004.
  • L’esprit de la révolution suivi de : Fragments sur les institutions républicaines, introduction par Michel Vovelle, éd. 10/18, coll. « Fait et Cause », 2003.
  • Œuvres complètes, édition établie par Michèle Duval, volume relié, éd. Champ libre, Paris, 1984. Réédité par les éditions Ivrea, Paris, 2003.
  • On ne peut pas régner innocemment (Discours sur les Constitutions de la France), avec une postface de Joël Gayraud, éd. Mille et une Nuits, Paris, 1997.
  • Rendre le peuple heureux. Rapports et décrets de ventôse. Institutions républicaines, textes établis et présentés par Pierre-Yves Glasser et Anne Quennedey, La fabrique, Paris, 2013.

Postérité

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Saint-Just s'est vu attribuer divers surnoms. Michelet l'aurait surnommé « L'Archange de la Terreur »[86]. Antoine Boulant préfère « Archange de la révolution » pour le titre de son ouvrage[87]. Ces épithètes demeurent des créations posthumes participant de la création d'un « double mythe » héroïque et monstrueux selon l'intention du locuteur[88]. Ainsi, la pièce Holocauste des coiffures germaniques strasbourgeoises au temple privé (?) des prêtres jacobins met en scène des femmes qui se voient dans l'obligation de déposer leur coiffe. Saint-Just les aurait interdit[89]. Plus largement, « Les thermidoriens ont amplement brodé sur le thème d’une prétendue lâcheté de Robespierre et de ses compagnons. » qui frappe de plein fouet Saint-Just[90].

En 1886, le sculpteur Jean Baffier réalise une statue en plâtre de Saint-Just d'environ un mètre de haut. Elle est conservée au musée de la Révolution française.

David d'Angers, Louis Antoine de Saint-Just (1848), Angers, galerie David d'Angers.

Saint-Just dans la littérature

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  • Bernard Vinot, Saint-Just, 1985, biographie éditée par Fayard.
  • Alexandre Dumas, Les Blancs et les Bleus, Paris, 1867.
  • Dominique Jamet, Antoine et Maximilien ou la terreur sans la vertu, Paris, Denoël, 1986.
  • Christophe Bigot, L'Archange et le Procureur, sorti en 2008, édité par Gallimard.
  • Georg Büchner, La Mort de Danton, drame en quatre acte, 1835.
  • Michel Benoit, Saint-Just la liberté ou la mort éditée en 2017 Editions de Borée
  • Michel Benoit, : Théâtre " D'entre les morts " Pièce dramatique en 2 actes créée aux Forges royales de Guérigny dans le cadre du bicentenaire de la naissance de Saint-Just.

Saint-Just au cinéma et à la télévision

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Notes et références

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Références

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  1. Jean-Michel Montet, Langages de la Révolution (1770-1815) : actes du 4e Colloque international de lexicologie politique, éd. ENS, (lire en ligne), « La Déclaration des droits de l'homme de 1793 : apports de la lexicologie quantitative aux problèmes de sa genèse », p. 281 et suiv..
  2. Antoine Boulant, Saint-Just : l'archange de la Révolution, Paris, Passés composés, , 349 p. (ISBN 978-2-37933-030-8), §13.28
  3. a et b « Saint-Just se nommait légalement Louis-Antoine, comme on l'a pu voir par son acte de naissance que nous avons mis sous les yeux du lecteur. Mais ce prénom d’Antoine ayant paru un peu commun et peu harmonieux dans la famille, on lui avait donné celui de Léon ». Voir Ernest Hamel, Histoire de Saint-Just, député à la convention nationale, Paris, Poulet-Malassis et de Broise, (lire en ligne), p. 70.
  4. Extrait du registre des actes de baptême de la paroisse de Decize pour l'année 1767 : Ce vingt cinquième août mil sept cent soixante-sept a été baptisé Louis Antoine, né ce jourd'hui, fils légitime de messire Louis-Jean de Saint Just de Richebourg, chevalier de l'ordre Royal et militaire de Saint-Louis, capitaine de cavalerie, ancien maréchal des logis de gendarmerie, compagnie d'ordonnance de monseigneur le duc de Berry, et de dame Jeanne Marie Robinot. Son parrain a été Messire Jean Antoine Robinot, curé de Verneuil, et sa marraine dame Françoise Ravard, qui ont signé avec nous. Signé : Saint-Just de Richebourg ; Robinot, curé de Verneuil ; femme Ravard ; Renault, maréchal des logis des gendarmes d'Orléans, et Robinot, Archives départementales de la Nièvre.
  5. G. Lenotre, Paris révolutionnaire : Vieilles maisons, vieux papiers, vol. 1, Perrin et cie, , p. 324.
  6. a et b Bernard Vinot - jeunesse (1985), p. 390-393.
  7. a et b Marc Belissa, « Saint-Just, mémoires et histoire », Annales Historiques de la Révolution Française, no 390,‎ , p. 175-202, p. 177 (lire en ligne Accès limité [PDF])
  8. Ladret 1989, p. 21.
  9. Miguel Abensour, Bio-chronologie, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 104, §1
  10. Miguel Abensour, Bio-chronologie, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 104, §2
  11. François-Emmanuel Thorin, à Blérancourt le 25 juillet 1786.
  12. Lenéru 1922, p. 95.
  13. Contesté comme calomnieux par plusieurs historiens, cet épisode est attesté par divers documents d'époque, notamment son registre d'écrou, présenté dans la collection permanente du musée de la Préfecture de Police (4 rue de la Montagne Sainte-Geneviève, Paris 5e). Cf. Bernard Vinot - jeunesse (1985), p. 391.
  14. Miguel Abensour, Bio-chronologie, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 103 §2
  15. Miguel Abensour, Bio-chronologie, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 103, §2
  16. a et b Marc Belissa, « Saint-Just. Mémoires et histoires », Annales Historiques de la Révolution Française, no 290,‎ , p. 177-202, p. 177 (lire en ligne Accès limité [PDF])
  17. Louise-Ampilova Tuil, « La bibliothèque de Saint-Just : catalogue et essai d’interprétation critique », Annales Historiques de la Révolution Française, no 379(1),‎ , p. 203-222 (lire en ligne Accès limité [PDF])
  18. a et b Miguel Abensour, « Lire Saint-Just », dans Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 13, §2 et 3.
  19. a b et c Miguel Abensour, Bio-chronologie, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 104, §4
  20. Miguel Abensour, Lire Saint-Just, in Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 14, §1
  21. a et b Anne Quenneday, « Saint-Just amateur de théâtre d’après un poème inconnu, les vers à M. Dorfeuille », Annales Historiques de la Révolution Française, no 400(2),‎ , p. 31-50 (lire en ligne Accès limité [PDF])
  22. a et b Miguel Abensour, Bio-chronologie, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p. 105, §2
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  25. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.346 §6
  26. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.105, §1
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  28. Mathias Boussemart, « Trois lettres inédites de Saint-Just sur l’Esprit de la Révolution (1791) », La Révolution française. Cahiers de l’Institut d’histoire de la Révolution française, no 26,‎ , par. 6 (ISSN 2105-2557, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  29. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.106, §4
  30. Le scrutin de 1791 étant à deux degrés. Saint-Just est élu au premier degré en juin, dans son canton de Blérancourt, après avoir travesti son âge. Mais il est démis de ses fonctions d'« électeur » en septembre, avant la désignation des députés (le second degré). Voir Vinot 1985, Guy Marival, La Révolution vue de l'Aisne en 200 documents, Archives départementales de l'Aisne , 1990, p. 129 et Claudine Vidal, Marc Le Pape, Des provinciaux en révolution: le district de Vervins, Association pour la commémoration de la Révolution française dans le « district » de Vervins, 1990, p. 47.
  31. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.106, §6
  32. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043-1044
  33. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043, §5
  34. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043, §1
  35. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043, §4
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  37. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043, §5
  38. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1043, §6
  39. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1044, §4
  40. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1045, §3
  41. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1049, §4
  42. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1049, §3
  43. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Œuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.106-107
  44. Vinot/Soboul, p. 946-948.
  45. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.475, §3
  46. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.107, §1
  47. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.475-476
  48. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.476, §3
  49. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.478, §3
  50. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.481, §4
  51. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.1059, §2
  52. Louis-Antoine-Léon Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3), p.480, §2
  53. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), p. 485
  54. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275[à vérifier : ISBN invalide], lire en ligne), p. 488
  55. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), p. 499, §2
  56. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), pp 499-500
  57. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), pp 499-500
  58. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), p. 501
  59. Louis Antoine Saint-Just, Oeuvres complètes, Paris, Gallimard, Folio Histoire, , 1248 p. (ISBN 978-2-07-042275-3, lire en ligne), p. 501, §1
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  82. « Rapport fait au nom du Comité de Salut Public sur la nécessité de déclarer le gouvernement provisoire pour la France révolutionnaire », sur droitpolitique.com (consulté le )
  83. Édition de 1789 sur le site Gallica.
  84. Annotations de Gérard Walter pour l’édition dans la Bibliothèque de la Pléiade de l’Histoire de la Révolution française de Jules Michelet, tome II, p. 1035. Ouvrage reproduit en facsimile dans la collection Folio Histoire, même pagination. Selon Michelet lui-même, l’Organt serait imité de la Pucelle de Voltaire ; l’historien estime en effet : « [Saint-Just] croyait imiter Voltaire, ne sachant pas que la Pucelle est une satire politique plus encore que libertine, relevée par l'audace et le péril. […] L’Organt n’est pas en général un poème libertin, ni obscène ; il y a seulement trois ou quatre passages d’une obscénité brutale. Ce qui est partout, et ce qui ennuie et fatigue, c’est l’imitation laborieuse des esprits les plus faciles qui aient jamais été, de Voltaire et de l'Arioste. L’auteur semble viser à la légèreté de la jeune noblesse, et sans doute il compte sur son livre pour s’y enrôler. Cette œuvre, d’un cynisme calculé, témoigne peut-être moins de libertinage que d’ambition. » (op. cit., tome II, p. 76.
  85. Saint-Just, Œuvres complètes, Gallimard, coll. « Folio histoire », 2004, p. 1 085 – 1 086.
  86. Marie-Christine Bacquès, « Le double mythe de Saint-Just à travers ses mises en scène », Siècles, no 23,‎ , p. 9-30 (ici p. 9 §1) (lire en ligne Accès libre [PDF])
  87. Antoine Boulant, L'Archange de la Révolution, Paris, Passés composés, , 350 p.
  88. Marie-Christine Bacquès, « « Le double mythe de Saint-Just à travers ses mises en scène » », Siècles, no 23,‎ , p. 9-30 (voir ici p.9) (lire en ligne [PDF])
  89. Marie-Christine Bacquès, « Le double mythe de Saint-Just à travers ses mises en scène », Siècles, no 23,‎ , p. 9-30 (ici p. 10 §3) (lire en ligne [PDF])
  90. Marie-Christine Bacquès, « Le double mythe de Saint-Just à travers ses mises en scène », Siècles, no 23,‎ , p. 9-30 (ici p. 11 §1) (lire en ligne [PDF])
  91. Source : www.ville-decize.fr.

Bibliographie

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Ouvrages anciens

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  • Édouard Fleury, Saint-Just et la Terreur, vol. 1, Éditions Didier, (lire en ligne), deux volumes.
  • Ernest Hamel, Histoire de Saint-Just, député à la Convention Nationale, Paris, .
  • Marie Lenéru, Saint-Just, Bernard Grasset, , 181 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Denise Centore-Bineau, Saint-Just, 1767-1794, Préface de Gérard Walter, Paris, Payot, 1936, 292 p., avec un fac-similé et 12 gravures hors texte
  • Ralph Korngold, Saint-Just, Bernard Grasset, , 255 p., traduit de l'anglais par Albert Lehman.
  • Pierre Deroclès (pseudonyme d'Albert Soboul), Saint-Just, ses idées sociales et politiques, Éditions sociales internationales, , 173 p.

Livres récents

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  • Robert Badinter (éd.), Grandes figures de la Révolution française en Picardie (actes du colloque de Blérancourt. 17-18 juin 1989, Chauny, Association pour la sauvegarde de la maison de Saint-Just, , 258 p.
  • Michel Biard (préf. Jean-Clément Martin), Missionnaires de la République : les représentants du peuple en mission, 1793-1795, Paris, CTHS, coll. « CTHS-histoire » (no 8), , 623 p. (présentation en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Marc Eli Blanchard, Saint-Just et Cie, éd. A.-G. Nizet, , 111 p.
  • Antoine Boulant, Saint-Just, L'Archange de la Révolution, Paris, Passés Composés, , 352 p. (ISBN 978-2-37933-030-8, présentation en ligne).
  • Madeleine-Anna Charmelot, Saint-Just ou le chevalier Organ, Sésame, .
  • Maurice Dommanget, Saint-Just, éd. du Cercle, , 200 p.
  • Jean-Pierre Gross, Saint-Just : sa politique et ses missions, Paris, éd. Bibliothèque nationale, , 570 p. (ISBN 2-7177-1278-X).
  • Monique Ipotési, Saint-Just et l'Antiquité, Schena, , 135 p.
  • Albert Ladret, Saint-Just, ou, Les vicissitudes de la vertu, Lyon, Presses universitaires de Lyon, , 326 p. (ISBN 2-7297-0345-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Joseph Le Bon, « Lettres de Le Bon à Robespierre, Le Bas, Saint-Just et autres écrits du conventionnel », dans G. Lenotre, Lucien Misermont et Hector Fleischmann, Le Conventionnel Joseph Le Bon, s. l., Bibliothèque du Bois-Menez, coll. « Textes oubliés », (ISBN 978-2-490135-00-4, lire en ligne), p. 231-251.
  • Anatole Levandovski (trad. Geneviève Dupond), Le Chevalier de Saint-Just, Éditions du Progrès, , 446 p.
  • Albert Ollivier, Saint-Just et la force des choses, Gallimard, , 587 p.
  • Anne Quennedey, L'éloquence de Saint-Just à la Convention nationale : un sublime moderne, Paris, Honoré Champion, coll. « Moralia » (no 23), , 554 p. (ISBN 978-2-74535-425-9).
  • Albert Soboul (dir.), Actes du Colloque Saint-Just : Sorbonne, 25 juin 1967, Paris, Société des études robespierristes, , 466 p.
  • Serena Torjussen, Fonction de la création littéraire dans l'évolution de la pensée de Saint-Just, La Pensée, .
  • Bernard Vinot, Saint-Just, Paris, Fayard, , 394 p. (ISBN 2-213-01386-1).

Articles, contributions, communications

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Liens externes

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Une catégorie est consacrée à ce sujet : Louis Antoine de Saint-Just.

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