Lilith Fair
| Lilith Fair | |
Scène principale, le , à Great Woods, en banlieue de Boston. | |
| Lieu | Itinérant (États-Unis et Canada) |
|---|---|
| Date de création | 1997 |
| Date de disparition | 1999, puis 2010 |
| Fondateurs | Sarah McLachlan |
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Lilith Fair est un festival de musique itinérant, produisant uniquement des artistes féminines et de groupes menés par des femmes, qui s'est tenu aux États-Unis et au Canada de 1997 à 1999, puis en 2010.
Créé par l'auteure-compositrice-interprète canadienne Sarah McLachlan, le festival connaît un grand succès populaire lors de ses trois premières années d'existence.
Lilith Fair compte au final 130 dates en Amérique du Nord, produit environ 300 artistes, parmi lesquelles de nombreuses vedettes (Suzanne Vega, Sheryl Crow, Shawn Colvin, Fiona Apple, Tracy Chapman, Jewel, etc.), attire plus d'un million et demi de spectateurs et génère plus de 52 million de dollars de recettes[1].
Histoire
[modifier | modifier le code]Origines
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L'artiste canadienne Sarah McLachlan, qui connaît un succès grandissant en Amérique du Nord avec la sortie de l'album Fumbling Towards Ecstasy en 1993, est de plus en plus frustrée par la misogynie ambiante dans l'industrie musicale, illustrée par l'habitude des programmateurs radios de ne pas passer deux interprètes féminines consécutives, le refus des promoteurs de concerts de présenter deux musiciennes le même soir, sous prétexte que c'est un problème commercial[2], et l'habitude des médias d'opposer entre elles les artistes féminines qui connaissent un certain succès[3].
En dépit de l'avis des promoteurs, elle organise en 1996 une tournée avec Paula Cole en première partie, qui connaît un grand succès. Un de leurs concerts – le 14 septembre 1996 à Vancouver, en Colombie-Britannique, où McLachlan vit – est ouvert à deux autres artistes féminines, Lisa Loeb et Michelle McAdorey (en), et intitulé « Lilith Fair ». Le nom fait référence au folklore juif dans laquelle Lilith, première épouse d'Adam, refuse de se soumettre à lui et se trouve rejetée[4].
1997-1999
[modifier | modifier le code]Forte par ce succès, Sarah McLachlan, alors âgée de 28 ans, décide de créer un festival de musique sous le même nom, afin de célébrer la femme dans le domaine musical - en montrant « une féminité sereine, synonyme de compassion et de tendre profondeur », sans être « anti-hommes »[5] (à l'inverse du « girl power » revendiqué à la même époque par le « girls band » des Spice Girls). L'organisation est confiée à Dan Fraser (en) et Terry McBride (en) du label Nettwerk, celui de McLachlan, et l'agent new-yorkais Marty Diamond[3].
Le festival est itinérant aux États-Unis et au Canada et a pour principale originalité de ne mettre en scène que des artistes féminines ou des groupes menés par des femmes[3]. Les concerts sont organisés sur trois scènes, où les artistes se produisent en alternance.
Outre Sarah McLachlan, l'autre tête d'affiche permanente de la première édition, pendant l'été 1997, est Suzanne Vega, une artiste établie depuis une dizaine d'années. D'autres très grandes vedettes les rejoignent comme Sheryl Crow et Tracy Chapman[3]. La scène principale voit également passer Fiona Apple, Tracy Bonham, Meredith Brooks, The Cardigans, Mary Chapin Carpenter, Paula Cole, Shawn Colvin, les Indigo Girls, Emmylou Harris, Jewel, Lisa Loeb et Joan Osborne. Les artistes du Village Stage sont eux souvent sélectionnées à l'affiche lors de concours de talents locaux dans leur ville d'origine. Lors de cette première édition, Dido et les groupes Morcheeba et K's Choice y jouent notamment. Le groupe français Autour de Lucie participe aussi aux deux premières éditions[5].
La première année, Lilith Fair devient un phénomène populaire inattendu, éclipsant les autres événements musicaux habituels de l'été comme le festival Lollapalooza[5]. Le festival récolte 16 millions de dollars de recettes brutes, ce qui en fait le festival en tournée le plus rentable[2]. Un dollar par ticket vendu est reversé à des associations, notamment de soutien aux femmes, et les sponsors sont encouragés à donner également[3] – un principe conservé les années suivantes, qui permettra au festival de reverser une dizaine millions de dollars en trois ans[6].
À la 40e cérémonie des Grammy Awards, en février 1998, les artistes de Lilith Fair sont mises à l'honneur : Shawn Colvin remporte les prix de la chanson et de l'enregistrement de l'année (avec Sunny Came Home) et Paula Cole celui de meilleur nouvel artiste (elle est nommée dans de nombreuses autres catégories), trois des quatre principales récompenses, tandis que Sarah McLachlan remporte les prix de Best Female Pop Vocal Performance et Best Pop Instrumental Performance, et Fiona Apple de Best Female Rock Vocal Performance. Colvin, Cole et McLachlan sont invitées à jouer ensemble en hommage au succès du festival[3].
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Sarah McLachlan, en 1999
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Suzanne Vega, en 2000
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Shawn Colvin, en 1995
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Paula Cole, en 2009
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Sheryl Crow (à droite), en 2002
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Tracy Chapman, en 1998
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Les Indigo Girls, en 2002
Sarah McLachlan reçoit également en 1998 le prix Elizabeth Cady Stanton Visionary Award pour son rôle dans la facilitation des carrières des femmes dans la musique.
Deux autres éditions du festival sont organisées en 1998 et 1999 et rencontrent également un grand succès, en s'ouvrant notamment aux musiques « urbaines » et aux artistes de couleur (comme Missy Elliott et Erykah Badu), après que la première édition ait été critiquée pour être trop homogène[3]. Sinéad O'Connor participe aussi à la seconde édition en 1998.
Trois albums live intitulés Lilith Fair : A Celebration of Women in Music, sortis en 1998 et 1999, ont documenté les performances. En 1999, McLachlan, épuisée par ces trois années de tournée, annonce que le festival de sera pas reconduit - malgré son succès populaire.
2010
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En 2010, McLachlan tente de faire renaitre du Lilith Fair. Le festival connaît des résultats mitigés, le public n'étant cette fois ci pas au rendez vous. Plusieurs dates sont annulées et plusieurs artistes se retirent des représentations prévues.
En mars 2011, McLachlan déclare que le concept de Lilith n'était plus envisagé pour les futurs spectacles, en raison de l'évolution des opinions et des attentes du public[7].
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en-US) Jessica Hopper with Sasha Geffen and Jenn Pelly, « Building a Mystery: An Oral History of Lilith Fair », sur Vanity Fair, (consulté le )
- Donna Freydkin, « Lilith Fair: Lovely, lively and long overdue », CNN, (lire en ligne, consulté le )
- (en) [vidéo] « Lilith Fair: Building a Mystery | Films | CBC Gem » (consulté le )
- ↑ « Lilith Fair at 20: Sarah McLachlan & Co-Founders Look Back on the All-Female Festival That Smashed Touring's Glass Ceiling », Billboard, (lire en ligne, consulté le )
- « Lilith Fair Festival 1997 - A quoi rêvent les jeunes filles | Les Inrocks », sur https://www.lesinrocks.com/ (consulté le )
- ↑ Pellegrinelli, « With Sales Lagging, Lilith Fair Faces Question Of Relevance », NPR, (consulté le )
- ↑ Marsha Lederman, « Sarah McLachlan says Lilith Fair is over », The Globe and Mail, (lire en ligne, consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- Place des femmes dans l'art
- Lilith Fair, A Celebration of Women in Music, CD Volume 1 (1998), CD Volume 2 (1999), CD Volume 3 (1999), Arista Records.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- « Site officiel » (archivé sur Internet Archive)
- Ressources relatives à la musique :
- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :