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Laura Gilpin

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Laura Gilpin
Biographie
Naissance
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Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
Santa FeVoir et modifier les données sur Wikidata
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Colorado Women's Hall of Fame ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Vue de la sépulture.

Laura Gilpin, née le 22 avril 1891 à Colorado Springs dans l'État du Colorado et morte le 30 novembre 1979 à Santa Fe au Nouveau-Mexique, est une photographe, une documentariste et une essayiste américaine.

Jeunesse et formation

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Laura Gilpin naît à Colorado Springs le 22 avril 1891, elle est l'enfant ainée de Frank Gilpin, un propriétaire de ranch, et d'Emma Miller épouse Gilpin[1],[2],[3].

Elle est une parente lointaine de William Gilpin, le premier gouverneur du territoire du Colorado ainsi que du photographe William Henry Jackson[3].

Elle passe son enfance à Perry Park, Colorado (en), puis au Manitou Park Recreation Area, Colorado (en), son père est directeur d'hôtel estival, mais en 1896, n'ayant pas fait fortune, Frank Gilpin retourne à Colorado Springs où il gère une mine[2].

Alors que Laura Gilpin est âgée de 8 ans, sa mère donne naissance à un fils le [2].

Le Brownie de Kodak.

Pour ses 12 ans, elle a pour cadeau un appareil photo : un Brownie et pour le Noël 1903 un nécessaire de traitement des images photographiques, c'est le début de sa passion pour la photographie[1],[2],[3].

En 1903, la famille Gilpin part pour le Mexique, car Frank Gilpin y est embauché pour diriger une mine[2].

En 1905, Laura Gilpin est envoyée à Bryn Mawr dans l'État de la Pennsylvanie suivre sa scolarité à la The Baldwin School (en), puis en 1907 elle est transférée dans un établissement scolaire à Greenwich dans l'État du Connecticut, elle interrompt sa scolarité sans obtenir son diplôme de fin de scolarité secondaire, cela à cause des complications liées à une maladie[1],[2].

En 1910, ayant une pratique affirmée du violon, Laura Gilpin est acceptée pour suivre des cours auprès du Conservatoire de musique de la Nouvelle-Angleterre à Boston, c'est là qu'elle se forge sa conviction que la photographie peut être aussi une forme d'art. Au bout de quelques mois, elle doit quitter le conservatoire, ses parents n'ayant plus les moyens de régler les cours. elle rejoint ses parents qui tiennent un ranch à Austin, Colorado (en) au pied du versant ouest des montagnes Rocheuses. Pour aider financièrement ses parents, elle s'occupe de l'élevage de poulets et lance un élevage de dindes[1],[2].

En 1915, la famille Gilpin vend le ranch pour retourner à Colorado Springs[2].

Durant son adolescence, Laura Gilpin fait la connaissance de William Abraham Bell (en) qui a photographié tous les sites traversés par la Kansas Pacific Railway en 1867 et de William Jackson Palmer, fondateur de la ville de Denver et la Denver and Rio Grande Western Railroad[3].

Cette même année de 1915, Laura Gilpin se rend en Californie pour visiter l'Exposition universelle de 1915 qui se tient à San Francisco puis la Panama–California Exposition qui lieu à San Diego[1],[2].

Pendant son séjour en Californie, elle fait la connaissance de Anne Simon, une musicienne et poète, qui l'encourage à poursuivre son désir à devenir photographe, quand Anne Simon meurt en aout 1916, Laura Gilpin, profondément peinée, se rend dans le Grand Canyon pour faire son deuil[2].

Clarence Hudson White photographié par Doris Ulmann.
Max Weber (peintre).

De retour du Grand Canyon, elle se rend à New York pour étudier la photographie à la Clarence White School, une des meilleures écoles en la matière. Là elle apprend le style photographique dit du pictorialisme qui va influencer ses prises de vues. Parmi ses enseignants, il y a Clarence Hudson White, Max Weber, Paul Lewis Anderson (en)[1],[2],[3].

Durant son séjour à New York, elle fait la connaissance de Brenda Putnam qui devient son amie et la conseillera durant toute sa vie[2].

En 1917, Laura Gilpin attrape une grippe, elle doit quitter New York pour Colorado Springs. En 1918, une infirmière est embauchée pour prendre soin d'elle, son nom est Elizabeth Warham Forster (en), que Laura Gilpin surnomme « Betsy ». L'une comme l'autre partagent des centres d'intérêts communs comme la littérature et la musique. Les deux femmes développent une relation amoureuse durable[1],[2].

Carrière professionnelle

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Les débuts

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La carrière professionnelle de Laura Gilpin commence en 1918, année où elle ouvre un studio photographique à Colorado Spring et obtient un poste d'enseignante à la Broadmoor Art Academy de la ville. Elle reçoit de nombreuses commandes émanant des personnalités de Colorado Spring, faisant d'elle une photographe prospère et célèbre[2],[3].

En 1922, Laura Gilpin accompagnée de Brenda Putnam, s'embarque pour l'Europe. Elle visite différents musées européens, y étudie l'art classique et l'architecture, découvertes qui lui procurent de nouvelles passions à son retour aux États-Unis. C'est ainsi que sa notoriété s'étend aux États-Unis et en Europe[2].

En 1924, Laura Gilpin fait son premier voyage dans la Mesa Verde et y prend plusieurs clichés pour saisir la vie et les traditions locales. En 1927, l'ensemble de ses photos sont publiées à compte d'auteur sous le titre de The Mesa Verde National Park[3].

Dès 1930, plusieurs galeries et musées de Edimbourg à Honolulu organisent des expositions consacrées à Laura Gilpin[2].

Les Navajos

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En 1930, Laura Gilpin et Elizabeth Forster, lors d'un voyage s'arrêtent à une station-service à proximité d'une réserve indienne de Navajos située au nord-est de l'Arizona. Elizabeth Forster est impressionnée par les Navajos qui les entourent au point qu'elle décide en 1931 de devenir infirmière pour l'association du Nouveau Mexique dépendant du Bureau des affaires indiennes et s'installe à Red Rock[1],[2],[3].

À chaque fois que Laura Gilpin rend visite à Elizabeth Forster elle prend en photos des Navajos, plus spécialement les femmes et les enfants, développant avec eux des relations amicales et de compréhension réciproques. Ces clichés de Navajos s'éloignent du style du pictorialisme de ses photos précédentes[1],[2],[4].

Après la Grande Dépression de 1929 et ses conséquences sur la vie économique, Laura Gilpin réduit le rythme de ses expositions pour se concentrer sur des activités rémunératrices, comme par exemple la présentation de diapositives pour illustrer une de ses conférences donnée au laboratoire d'anthropologie de Santa Fe au Nouveau Mexique. Jesse L. Nusbaum (en) le directeur de ce laboratoire salue le travail d'excellence de Laura Gilpin[2].

En 1932, Laura Gilpin part pour le Yucatan où elle photographie les ruines de la ville de Chichén Itzá. De retour aux États-Unis, elle expose ses clichés dans différents musées dont le musée américain d'histoire naturelle de New York[2].

En 1933, Elizabeth Forster perd son emploi de Red Rock, faute de financement, mais rapidement elle est nommée par la National Recovery Administration au poste de d'inspectrice de l'État pour superviser les programmes de soins infirmiers pour le Comté de Park du Colorado[2].

En 1934, Laura Gilpin présente 42 clichés issus de son travail de documentariste sur le Yucatan à la Bibliothèque du Congrès, qui y intègrent les collections permanentes[2].

En 1935, Laura Gilpin et Elizabeth Forster, qui a perdu son emploi, se lancent dans l'élevage de poulets et de dindes. En 1939, c'est la faillite, alors Laura Gilpin ouvre une maison d'hôtes pour les vacanciers qui viennent faire du tourisme dans le Colorado[1],[2].

Première publication

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En 1941 est publié The pueblos : A camera chronicle qui décrit l'histoire des Pueblos depuis l'arrivée des Européens[1],[2],[3].

La seconde Guerre mondiale

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Durant la seconde Guerre mondiale, de 1942 à 1945, Laura Gilpin souhaite participer à l'effort de guerre ; aussi se voit-elle proposer le poste de photographe pour le service des relations publiques pour la Boeing Airlines de Wichita dans l'État du Kansas[1],[2],[3].

En 1944, Elizabeth Forster est atteinte d'une encéphalite, elle est hospitalisée. Les médecins lui annoncent qu'elle souffre de la poliomyélite. Ne pouvant plus travailler, Elizabeth Forster part vivre chez sa soeur dans le Nebraska[2].

À cette mauvaise nouvelle s'ajoute en 1945, l'annonce de la mort de son frère, Francis Gilpin, à la suite d'un accident de voiture[2].

Le retour à Santa Fe

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En 1946, Laura Gilpin retourne à Santa Fe, où Elizabeth Forster la rejoint et où elles vivront ensemble jusqu'à leur mort, cela grâce au climat de tolérance de la ville[2].

Nouvelles publications

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En 1947, Laura Gilpin se rend à New York pour signer un contrat avec son éditeur pour deux livres, l'un ayant pour objet le Río Grande l'autre traitant du Yucatan. En 1948 paraît Temples of Yucatan aux éditions Hastings House, suivi en 1949 par la publication de The Rio Grande : River of Destiny aux éditions Duell, Sloan and Pearce (en). Les deux ouvrages sont bien reçus,

aussi bien par les archéologues que par les géographes et anthropologues[1],[2],[3].

Cette même année, la Fondation John-Simon-Guggenheim lui refuse l'obtention d'une bourse, cela pour la troisième fois[2].

De 1946 à 1968, Laura Gilpin photographie les Navajos, dans le but de documenter leur mode de vie, ce qui aboutit à la publication de The Enduring Navaho en 1968 par l'University of Texas Press. Ce livre collecte des clichés pris entre les années 1930 et les années 1960, photos accompagnées de textes d'Elizabeth Forster. Il est à noter que cet ouvrage est particulièrement bien reçu par les Navajos eux mêmes[1],[2].

Durant l'hiver 1969, Laura Gilpin est élevée au grade de docteur honoris causae par l'université du Nouveau Mexique pour sa contribution à faire reconnaître la photographie comme un art[2].

En 1971, la santé de Elizabeth Forster, Laura Gilpin doit la faire admettre dans un établissement médicalisé pour personnes âgées. Elizabeth Forster y décède le [2].

Après la mort de sa compagne, Laura Gilpin veut se lancer dans un reportage ayant pour sujet le Monument national du Canyon de Chelly, mais son état de santé ne lui permet pas de le faire aboutir[2],[3].

En 1975, Laura Gilpin est bénéficiaire d'une bourse Guggenheim[1],[2].

À la fin de sa vie, le photographe Ansel Adams lui rend hommage en déclarant qu'elle est one of the most important photographers of our time (« l'un des photographes les plus importants de notre époque »)[2].

Laura Gilpin meurt des suites d'une insuffisance cardiaque le 30 novembre 1979 dans sa résidence de Santa Fe au Nouveau-Mexique[1],[2],[5].

Après son décès, l'ensemble de l'œuvre de Laura Gilpin est léguée au musée Amon Carter de Fort Worth au Texas[1].

Livres illustrés par des photographies

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Honneurs et distinctions

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Notices encyclopédiques ou issues de manuels de références

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  • (en-GB) Paul Hill, Dialogue with Photography, Manchester, Grande Bretagne, Cornerhouse (réimpr. 1994, 2002) (1re éd. 1979), 339 p. (ISBN 9780948797668, OCLC 868918075, lire en ligne), p. 221-228,
  • (en-US) John A. Garraty (dir.), Mark C. Carnes (dir.) et Martha A. Sandweiss (rédactrice), American National Biography, vol. 9 : Gilbert - Hand, New York, Oxford University Press, , 992 p. (ISBN 9780195127881, lire en ligne), p. 71-72. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Anne Commire (dir.), Deborah Klezmer (dir.) et Heather Moore (rédactrice), Women in World History, vol. 6 : Gab-Harp, Waterford, Connecticut, Yorkin Publications, , 848 p. (ISBN 9780787640651, OCLC 174445961, lire en ligne), p. 239-243. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en-US) Julie Danneberg, Women Artists of the West : Five Portraits in Creativity and Courage, Golden, Colorado, Fulcrum Pub, , 84 p. (ISBN 9781555918613, OCLC 49923500, lire en ligne), p. 32-48. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Erin Turner (dir.), Cowgirls : Stories Of Trick Riders, Sharp Shooters, And Untamed Women, Guilford, Connecticut, Twodot, , 121 p. (ISBN 9780762755356, OCLC 320187867, lire en ligne), p. 80-89. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article,
  • (en-US) Robert Adams, « An Enduring Grace : the Photographs of Laura Gilpin », Aperture, no 110,‎ , p. 72-76 (5 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),
  • (en-US) Jonathan Goldberg, « Photographic Relations: Laura Gilpin, Willa Cather », American Literature, vol. 70, no 1,‎ , p. 63-95 (33 pages) (lire en ligne Inscription nécessaire),

Notes et références

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  1. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r (en-US) John A. Garraty (dir.), Mark C. Carnes (dir.) et Martha A. Sandweiss (rédactrice), American National Biography, vol. 9 : Gilbert - Hand, New York, Oxford University Press, , 992 p. (ISBN 9780195127881, lire en ligne), p. 71-72.
  2. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v w x y z aa ab ac ad ae af ag ah ai aj ak al et am (en-US) Anne Commire (dir.), Deborah Klezmer (dir.) et Heather Moore (rédactrice), Women in World History, vol. 6 : Gab-Harp, Waterford, Connecticut, Yorkin Publications, , 848 p. (ISBN 9780787640651, OCLC 174445961, lire en ligne), p. 239-243.
  3. a b c d e f g h i j k l et m (en-US) Erin Turner (dir.), Cowgirls : Stories Of Trick Riders, Sharp Shooters, And Untamed Women, Guilford, Connecticut, Twodot, , 121 p. (ISBN 9780762755356, OCLC 320187867, lire en ligne), p. 80-89
  4. (en-US) Julie Danneberg, Women Artists of the West : Five Portraits in Creativity and Courage, Golden, Colorado, Fulcrum Pub, , 84 p. (ISBN 9781555918613, OCLC 49923500, lire en ligne), p. 32-48
  5. (en-US) « Laura Gilpin : American photographer », sur Encyclopædia Britannica Online (consulté le ).
  6. (en-US) « Laura Gilpin », sur Guggenheim Fellowship
  7. (en-US) « Laura Gilpin », sur National Cowgirl Museum and Hall of Fame
  8. (en-US) « Laura Gilpin », sur Colorado Women's Hall of Fame,

Liens externes

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