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Kushti

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Représentations de deux lutteurs, terre cuite, Uttar Pradesh, Ve siècle, LACMA.
Kushti, compétition à Bharatpur en mars 2013.

Le kushti, également appelé pehlwani ou pahlavani, est une forme de lutte traditionnelle indienne.

Le lutteur, avant de pénétrer dans l'arène, s'enduit le corps d'huile de moutarde afin de se protéger des contusions ; cette huile a des vertus antiseptiques.

Le combat se déroule sur un sol de terre sableuse : le lutteur doit s'asperger de terre, pour permettre d'assurer la prise. Cette forme de lutte exige des entrainements intensifs.

Elle comporte une dimension religieuse et spirituelle : l'arène est considérée comme un temple sacré, que l'on doit saluer avant le combat[1].

Étymologie

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Le mot pahelwan est issu du persan pahlavan, qui signifie « champion » ou « guerrier ». Il désignait à l’origine les guerriers aguerris sur le champ de bataille. [2] En Inde, le terme « pahelwan » est un titre désignant un lutteur[3].

Cette forme de lutte remonterait au Ve siècle. Dans la pratique traditionnelle, la lutte est réservée aux hommes, et les combats se passent dehors ou en salle, sur un sol couvert d'une épaisse couche de sable. Quand le combat se fait en salle, les spectatrices devaient rester dehors et ne pouvaient voir les lutteurs qu'au travers des fenêtres, fussent-ils leurs propres enfants[1].

Le plus grand champion reste Le Grand Gama (1878-1960), lutteur resté invaincu pendant 50 ans.

Actuellement en Inde, la plupart des pratiquants sont des hommes, mais certains groupes accueillent des femmes, et il existe quelques clubs entièrement féminins[1].

Les lutteurs (qui ne sont pas des sportifs professionnels) financent eux-mêmes leurs installations et frais d'entrainement, de nourriture, etc.[1]

Les administrations étatiques de la fonction publique (forces de l'ordre notamment) apprécient d'embaucher des lutteurs, réputés particulièrement disciplinés, constants et appliqués. Certains pratiquants s'inscrivent dans les clubs en espérant ainsi trouver plus facilement être embauché comme fonctionnaire[1].

Spécificités

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Les lutteurs se lèvent tôt. Ils ont un régime alimentaire particulier et strict, ont une vie ascétique rythmée par le travail et de séances d'entraînement intensif où les combats se mènent en salle, le corps couvert d'huile, sur un épais lit de terre. Mais les tapis d'arts martiaux tendent à remplacer la terre [1].

Régime des lutteurs

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L'alimentation des lutteurs est liée à la philosophie hindoue.

D'après l'école philosophique hindoue Samkhya, tout dans l'univers — y compris les personnes, les activités et les aliments — peuvent être classé en trois gunas :

  1. sattva (calme/bon),
  2. rajas (passionné/actif)
  3. tamas (terne/léthargique).

Le Kushti, en tant qu'activités sportives, possède une nature intrinsèquement rajasique, que les lutteurs contrebalancent par la consommation d'aliments sattviques.

Le ghi fait partie des aliments les plus sattviques consommés par les lutteurs

Le lait et le ghi sont considérés comme les aliments les plus sattviques et, avec les amandes, constituent la sainte trinité du khurak des pehlwanis (lutteurs) (du persan خوراک پهلوانی khorâk-e pahlavâni), ou régime alimentaire.

Un en-cas courant pour les lutteurs est constitué de pois chiches germés pendant une nuit dans l'eau et assaisonnés de sel, de poivre et de citron. L'eau de germination est également considérée comme nutritive et consommée.

Divers articles du magazine mensuel indien de lutte Bharatiya Kushti recommandent la consommation des fruits suivants : pommes, fruit du beli, bananes, figues, grenades,groseille, citrons et pastèques. Les légumes verts sont également recommandés pour leurs propriétés sattviques[4].

Articles connexes

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Vidéographie

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Notes et références

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  1. a b c d e et f « Inde, la lutte à mains nues ; Reportage de Manuel Fenn (Allemagne, 2018, 53 min » (consulté le ) (mis en ligne le 6 juillet 2021, jusqu'au 4 août 2021)
  2. Singh, « Panjabi Wrestling », Digital Works: Panjabi Wrestling (consulté le )
  3. Singh, « A letter from the Indian wrestler Ranjit Singh to the British historian Balbir Singh Kanwal, April 8, 1981 », Electronic Journals of Martial Arts and Sciences,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Shivani Chhabra, « Here's the diet Dara Singh followed to become the original Ironman of India », India Today,‎ (lire en ligne, consulté le )