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Jean-Paul Poletti

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Jean-Paul Poletti
Jean-Paul Poletti (au centre) dirigeant le Chœur d'hommes de Sartène
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (76 ans)
AjaccioVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Ghjuvan'Paulu PolettiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de

Ghjuvan Paulu Poletti (en français: Jean-Paul Poletti) est un musicien polyphoniste corse né à Ajaccio le . Auteur-compositeur-interprète, chercheur, chef de chœur, il pratique la polyphonie traditionnelle corse, la polyphonie franciscaine, le répertoire sacré.

Jean-Paul Poletti est marqué dans son enfance par les chanteurs bastiais, particulièrement Félix Avazzeri, les ténors César Vezzani et José Luccioni, et par le musicien Vincent Orsini, « mon premier maître, à l’origine de ma carrière »[1]. Il est formé, de 1987 à 1990, à la grande école : les classes de contrepoint, d’harmonie et de direction de chorale des Scholae Cantorum de Florence et de Sienne[2].

Riacquistu : réappropriation, mémoire, développement culturels

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Jean-Paul Poletti est l'un des acteurs majeurs de ce mouvement de « réappropriation » militante et de nouveau développement de la culture corse, qui marque les années 1970 et 1980 ; il fonde en 1973, avec Minicale[3], le groupe Canta u Populu Corsu, qui fait redécouvrir le chant et la polyphonie corses. Canta u Populu Corsu « est en grande partie à l'origine du renouveau du chant corse et de son actuel succès. Directement ou non, la plupart des chanteurs et des groupes insulaires qui se produisent aujourd'hui en sont issus. »[4] Jean-Marie Colombani, ancien dirigeant du journal Le Monde et cofondateur et directeur du site d'information Slate.fr, rend hommage le au rôle de Jean-Paul Poletti au sein du Riacquistu, dans un podcast de Slate[5]. Comme le musicologue Félix Quilici et l'universitaire Paul Arrighi, comme le menuisier Ghjuliu Bernardini (père de Jean-François et Alain, meneurs du groupe I Muvrini), Jean-Paul Poletti et Minicale mènent un travail de mémoire : ils notent sons, chants et histoires dans les villages, reçus de bouche à oreille, pour transmettre la tradition[6]. Avec le groupe Les Nouvelles Polyphonies corses, Jean-Paul Poletti assure l’ouverture sonore des Jeux olympiques d’Albertville de 1992 et, en 1994, il reçoit une Victoire de la musique.

Patrimoine immatériel de l'Unesco

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Le chanteur Petru Guelfucci et Jean-Paul Poletti sont à l’origine de la candidature de la paghjella, l’une des formes polyphoniques corses, au patrimoine immatériel de l’Unesco. Relayée par un vote unanime de la Collectivité Territoriale de Corse, la candidature est retenue par le comité de sauvegarde du patrimoine immatériel de l'Unesco, réuni le à Abu Dhabi[7].

Création permanente : Cantata Corsica, Messa Sulenna, Oratorio Terra Mea

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En 1994, il devient membre d’honneur du Royal College de Londres, pour sa Cantata Corsica. En , l’Opéra de Lyon crée sa Messa Sulenna[8] (composée en 1998) en regroupant, pour l'exécution, son Chœur de Sartène, l'Orchestre de l'Opéra de Lyon, le Chœur de l'Opéra de Lyon, sous la direction du chef de chœur britannique John Alldis. Jean-Paul Poletti insiste en permanence sur la nécessité, pour la Corse, de continuer à créer en matière musicale, comme lorsqu’il est reçu par la journaliste Marie-Joseph Arrighi-Landini sur France 3 Corse le (Baz’Art le Mag : De Sartène vers le monde). Ainsi une de ses créations, l’Oratorio Terra Mea pour chœur d’hommes, est-elle à son tour enrichie par un arrangement pour chœur mixte créé par Jean-Louis Blaineau. Et interprétée à Assise en 2025 puis à Monaco devant le couple princier en  ; en compagnie de la Chapelle musicale de la Basilique Papale d’Assise et des Petits chanteurs de la Maîtrise de la Cathédrale de Monaco[9].

Le Chœur de Sartène - U Coru di Sartè : création et direction

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Jean-Paul Poletti a composé 158 chants et 9 œuvres classiques[10] au cours de sa carrière... « Ou comment, à partir du tronc commun d'un militantisme culturel fondu à une cause politique, les voies (voix) ont pu bifurquer vers la recherche patrimoniale, le renouveau esthétique et le professionnalisme. »[3] Jean-Paul Poletti a dirigé jusqu'en 2018 le Centre d'art polyphonique de Sartène, ouvert en 2011. Jean-Paul Poletti dirige le Chœur de Sartène[11] (en corse : U Coru di Sartè), qu'il a créé en 1995 : « l'artiste n'a rien perdu de ses convictions, mais aujourd'hui son militantisme s'exprime dans la beauté. Aujourd'hui, son rêve de voir entrer la polyphonie méditerranéenne dans l'histoire de la musique classique est devenu réalité. »[8] Le Chœur de Sartène participe à la Sainte Messe autour du Pape François le dimanche  ; cette messe est célébrée place d’Austerlitz à Ajaccio, dans le théâtre de verdure U Casone[12].

Notes et références

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  1. Dominique Geronimi, « Les univers de Jean-Paul Poletti », magazine Kalliste - la Corse plein sud,‎ été 2016 - n° 33, p. 124 à 131
  2. Jean-Pierre Allaux, rédacteur en chef, hebdomadaire La Vie : « Et chante l'âme du peuple corse » - no 2730, 25/12/1997
  3. a et b Stéphane Davet, « Le pari musical et pacifiste des grandes voix corses », Le Monde,‎
  4. Le Routard : Corse, Vanves, Hachette tourisme, , 438 p. (ISBN 978-2-01-912435-9), p. 382-383
  5. Jean-Marie Colombani, Hélène Decommer, « La Corse et Jean-Marie Colombani : une histoire familiale et politique », Slate,‎ (lire en ligne)
  6. Arnaud Vaulerin, « Les voix de Sartène chantent la terre corse », La Croix,‎
  7. Ghjilormu Padovani, « La paghjella fait son entrée au patrimoine immatériel de l'Unesco », Corse-Matin,‎
  8. a et b Pierre Léoni, Le Figaro : « Poletti, mémoire de l’île » - 13/03/2002
  9. Ange-François Istria, « Un oratorio à la lueur des bougies pour la Sainte-Dévote à Monaco », Corse Matin,‎
  10. Jean-Marc Raffaelli, Corse-Matin : « L'anthologie de Jean-Paul Poletti, miroir de 40 ans de carrière » - 21/10/2009
  11. Anne-Marie Grué, hebdomadaire Le Figaro Magazine : « Corse du Sud : sur la terre des seigneurs » - 10/08/2002
  12. « Pape François en Corse : le programme complet de sa visite le 15 décembre », La Croix,‎

Liens externes

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