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Henchir el Gousset

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Henchir el Gousset
Image illustrative de l’article Henchir el Gousset
Inscription du roi vandale Thrasamund au musée archéologique de Sbeïtla.
Localisation
Pays Drapeau de la Tunisie Tunisie
Gouvernorat Kasserine

Henchir el Gousset est un site archéologique tunisien connu dès le XIXe siècle mais qui a été peu fouillé si ce n'est un édifice cultuel chrétien à la fin du XXe siècle. Le site conserve les vestiges de deux églises et d'un complexe d'huileries, outre une chapelle dont les fouilles ont permis de découvrir une rare datation portant le nom du roi vandale Thrasamund.

Localisation et étymologie

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Le site archéologique d'Henchir el Gousset, dans le centre-ouest de la Tunisie, se trouve à une vingtaine de kilomètres de Thélepte[B 1] dans le gouvernorat de Kasserine[C 1]. Il se situe sur la frontière algéro-tunisienne[D 1].

Le nom du site signifie « arcades » en arabe[D 1]. Le toponyme signale également « le souvenir d'une église »[E 1].

Histoire antique

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La chapelle avec l'inscription évoquant le roi vandale est peut-être un édifice réoccupé par les Byzantins après la reconquête[D 2].

Le nom du site est lié aux arcades de l'église qui ont subsisté jusqu'à nos jours[A 1],[B 1].

Histoire des fouilles

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Le site de l'église reconnu dès le XIXe siècle par Henri Saladin et Paul Gauckler[D 1] mais fouillé au XXe siècle seulement[A 1]. L'église est publiée par Paul Gauckler en 1913[C 1].

Une partie de l'église, l'arc de tête de l'abside[C 1], s'effondre après 1971[B 1]. Fathi Béjaoui fouille l'église à partir de la fin des années 1980 lors de fouilles programmées[D 1] et dégage un dépôt d'un mètre de terre[C 1].

Description des vestiges

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Dessin en noir et blanc représentant dix arcades avec un peu de végétation sur ces dernières
Arcades d'El Gousset, relevé d'Eugène Sadoux daté de [E 1].

L'église, orientée nord-est, possède deux bas côtés et une nef. Le plan est conforme aux édifices présents dans la région[A 1] et mesure 33 m sur 13 m, le quadratum populi faisant 24,70 m sur 10,70 m[C 1]. Seul le chœur était dallé, le reste étant en terre battue[A 1]. L'édifice était en grand appareil. Les arcades sont hautes de 4,40 m[C 1]. Le quadratum populi possédait trois nefs larges d'environ 3,10 m et sept travées. Une largeur identique se retrouve sur d'autres édifices de la région, comme à Thala, Thélepte ou Haïdra[D 1]. Certains corbeaux sont sculptés dont un Aigle enlevant un lièvre[C 1]. Le chœur occupait trois travées[D 1]. L'abside est large de 3,10 m et profonde de 3 m. Deux grandes salles de 6,50 m sur 3 m encadraient l'abside ; il y avait également une autre pièce[C 1]. L'abside était surélevée de trois marches[E 2]. La pierre pouvait être recouverte par des enduits[E 2].

Un baptistère et une chapelle en relation avec l'édifice ont été retrouvés[A 2].

Le baptistère situé au nord-ouest comportait une cuve en calcaire « circulaire sur plan carré » inscrite dans un carré de 1,50 m[C 2]. Des éléments d'une table d'autel subsistent[A 3]. Il y avait un ciborium au-dessus[C 2]. Si les bâtisseurs souhaitaient peut-être évoquer le salut lié au baptême[D 2], il est étonnant d'avoir un baptistère dans une église rurale[E 3].

L'église a été identifiée par une inscription, spes en deo et un chrisme[C 1]. L'inscription n'est plus lisible[E 4].

Les installations liturgiques sont conservées, dont un chancel, même si l'autel a disparu, l'emplacement de 1,40 m sur 0,95 m étant conservé[C 2]. Des éléments du chancel retrouvés lors des fouilles ont permis de retrouvé deux niches consacrées à la conservation de mobilier[C 2]. Ces éléments se trouvaient sur la séparation entre nef centrale et bas-côtés[D 3]. Les fouilles ont permis de dégager des fragments de colonnettes[C 2]. Une niche dans l'un des piliers, de 0,44 m sur 0,41 m, comportait un arc avec des croix grecques et un orant, peut-être un reliquaire[C 3]. Une installation liturgique a été retrouvée au sud-est avec quatre piliers[C 4].

Une pièce communiquant avec l'église au sud-est du porche[C 4] comportait une inscription en pierre de taille datée de la 26e année du règne de Thrasamund (521-522), conservée désormais au musée archéologique de Sbeïtla. L'inscription, anno bicesimo V I dom /ni regis Tasamundi, est gravée de façon grossière[E 5]. Elle était consacrée à des saints inconnus car des reliquaires ont été trouvés lors des fouilles[A 4]. Un caisson à reliques a été retrouvé, tout comme deux reliquaires présents dans le sol[C 5]. L'inscription avec une date très précise[D 2] concerne peut-être seulement l'aménagement d'une partie du bâtiment qui a possiblement connu de nombreux changements au cours de son histoire[C 4]. Les inscriptions vandales connues sont en contexte funéraire[D 2] et la datation par année de règne est rare à cette époque dans le royaume vandale[E 5]. Ce témoignage est une preuve d'une activité édilitaire[E 6].

Une autre église a été repérée avec des éléments de décor même si non fouillée[C 4].

Un grand édifice conserve six pressoirs à huile[A 5]. Les éléments liés à la production industrielle ont été conservés[A 5]. Le site possédait sans doute un « monument à auges » selon Noël Duval[E 6].

Vestiges divers

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D'autres vestiges éparpillés sont conservés, des vestiges de portes de maisons ou autres édifices comportant parfois des motifs végétaux ou géométriques[A 5].

Références

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  • La Tunisie du centre-ouest : les hautes steppes
  1. a b c et d Béjaoui 2010, p. 35.
  2. Béjaoui 2010, p. 35-37.
  3. Béjaoui 2010, p. 36.
  4. Béjaoui 2010, p. 37.
  5. a b et c Béjaoui 2010, p. 38.
  • « Une église d'époque vandale à Henchir el Gousset (région de Thélepte - Tunisie) »
  1. a b et c Béjaoui 1995, p. 101.
  • Basiliques chrétiennes d'Afrique du Nord
  1. a b c d e f g h et i Baratte et al. 2014, p. 331.
  2. a b c d et e Baratte et al. 2014, p. 333.
  3. Baratte et al. 2014, p. 333-335.
  4. a b c et d Baratte et al. 2014, p. 335.
  5. Baratte et al. 2014, p. 336.
  • « Les grandes découvertes de l'Antiquité tardive »
  1. a b c d e et f Béjaoui 1995, p. 37.
  2. a b c et d Béjaoui 1995, p. 38.
  3. Béjaoui 1995, p. 37-38.
  • « Les nouveautés de l'archéologie tunisienne : le site d'Hr el Gousset »
  1. a et b Duval 1990, p. 318.
  2. a et b Duval 1990, p. 320.
  3. Duval 1990, p. 320-321.
  4. Duval 1990, p. 325.
  5. a et b Duval 1990, p. 323.
  6. a et b Duval 1990, p. 324.

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Bibliographie

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • François Baratte, Fathi Béjaoui, Noël Duval, Sarah Berraho, Isabelle Gui et Hélène Jacquest, Basiliques chrétiennes d'Afrique du Nord, Bordeaux, Ausonius, coll. « Inventaire des monuments de la Tunisie » (no II), , 319 p. (ISBN 978-2-35613-118-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Fathi Béjaoui, La Tunisie du centre-ouest : les hautes steppes, Tunis, Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle, , 79 p. (ISBN 978-9973-954-45-9). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Fathi Béjaoui, « Les grandes découvertes de l'Antiquité tardive », Dossiers d'archéologie, no 200,‎ , p. 30-59 (ISSN 1141-7137). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.
  • Fathi Béjaoui, « Quelques églises rurales de la Tunisie à l'époque byzantine », Dossiers d'archéologie, no 268,‎ , p. 58-65 (ISSN 1141-7137).
  • Fathi Béjaoui, « Une église d'époque vandale à Henchir el Gousset (région de Thélepte - Tunisie) », Africa, no XIII,‎ , p. 101-122.
  • Noël Duval, « Les nouveautés de l'archéologie tunisienne : le site d'Hr el Gousset », Revue des études augustiniennes, vol. 36,‎ , p. 315-327 (lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Lien interne

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Liens externes

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