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Front socialiste autogestionnaire breton

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Front socialiste autogestionnaire breton
Histoire
Fondation
Dissolution
Cadre
Type
Pays
Organisation
Idéologie

Le Front socialiste autogestionnaire breton (F.S.A.B.) est un mouvement breton socialiste et autogestionnaire créé le par les Comités d'Action Bretons, Strollad ar Vro, et Stourm Breizh. Il prit après trois mois d'existence le nom de Front autonomiste socialiste autogestionnaire breton (F.A.S.A.B.).

Le F.S.A.B. mena des actions de soutien aux luttes ouvrières et paysannes. Il est dissous en 1978.

Constitution

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Le Front socialiste autogestionnaire breton (F.S.A.B.) a été constitué le par les Comités d'Action Bretons, le parti politique breton Strollad ar Vro, ainsi que Stourm Breizh[1], une organisation "anarcho-indépendantiste" bretonne créée au début des années 1970[2]. Cette constitution avait été préparée pendant six mois environ par une pratique et des débats communs à plusieurs organisations qui s'étaient rencontrées à Saint-Brieuc le [3].

La constitution a eu lieu à Menez Kamm les 7 et . La déclaration de constitution affirme qu'un mouvement breton socialiste et autogestionnaire existe, en l'illustrant par la grève du Joint français, les luttes de Pédernec, de Redon, les luttes contre le remembrement autoritaire et les implantations militaires ou nucléaires, les luttes pour le droit de vivre et travailler en Bretagne, les luttes culturelles, etc.

Modification du nom

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Lors d'une réunion les 27 et , le F.S.A.B. décide de transformer le nom en ajoutant le terme « Autonomiste », devenant le F.A.S.A.B[4],[5], marquant ainsi la convergence des luttes pour le socialisme, pour l'autogestion et pour l'autonomie, c'est-à-dire l'exigence « d'un statut spécial tenant compte de la spécificité de la Bretagne, de l'existence du peuple breton, minorité nationale exploitée et opprimée par l'État capitaliste français ».

L'internationalisme, pour l'organisation, c'est d'abord la solidarité avec les peuples opprimés, en premier lieu les peuples en France, et les peuples celtes.

Le mouvement sera amené à préciser au fil du temps son orientation politique grâce à une pratique et des débats communs largement ouverts.

Le F.S.A.B. met à ce moment-là en place au niveau de l'ensemble des pays et villes de Bretagne des structures permettant de maintenir l'autonomie de chacune des organisations le composant, de prendre des initiatives et de préserver l'unité

Il affirme être « ouvert à toute autre organisation ou personne décidée à combattre pour le socialisme autogestionnaire en Bretagne, au service du peuple breton en lutte pour sa libération ».

Les militants du F.A.S.A.B. vont à présent être davantage visibles sur de nombreux terrains : luttes populaires ouvrières ou paysannes, combat pour la langue et la culture bretonne, combat antirépression, soutien aux prisonniers politiques, solidarité avec le peuple basque, notamment en menant conjointement avec la fédération bretonne du P.S.U[6]. une campagne de solidarité à laquelle participent Imanol, Colette Magny, et de nombreux chanteurs bretons. Les militants du F.A.S.A.B. apporteront par la suite un précieux concours à la marche d'Hendaye du .

Stourm Breizh se détacha du F.A.S.A.B. en 1978[7].

Dissolution

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Le F.A.S.A.B. est finalement dissous le .

Programme et orientation

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Le F.S.A.B. attaque l’UDB, accusé d'être « coupée de la réalité bretonne »[8].

Organisation interne

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Membres notables

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  • Yann Puillandre[9]

Actions politiques et culturelles

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Le F.S.A.B., avec d'autres groupes politiques, a participé activement à l'organisation d'une campagne de solidarité avec le peuple basque, a organisé une manifestation pendant les fêtes de Cornouailles à Quimper, et une manifestation de soutien aux paysans contestant le remembrement à Trébrivan. Il prépare en liaison avec des militants paysans - principalement « Paysans Travailleurs » - et des habitants de Locuon en Ploerdut un grand rassemblement commémoratif du tri-centenaire la Révolte du papier timbré : Bonedoù ruz 1975 . Cette fête à la fois manifestation culturelle, historique et politique connaîtra une grande affluence et sera l'occasion de faire le point des luttes à travers des expositions, des films et des débats, et de présenter un code Paysan Breton pour aujourd'hui.

Le F.S.A.B. s'est également associé au combat des militants du « Comité de défense contre les implantations militaires » à Chateaulin, à celui des militants du CRIN (Comité Régional d'Information Nucléaire).

Le F.S.A.B. s'est aussi impliqué dans les comités de soutien aux luttes ouvrières et paysannes.

Moyens d'expression

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Hormis les tracts et les communiqués de presse, le F.A.S.A.B. s'exprimera dans des pages du journal « Combat Breton »[8].

Références

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  1. Jakez Gaucher, Histoire chronologique des pays celtiques, Association keltica international « Ty Waroc'h », , 396 p. (ISBN 978-2-9504767-0-8), ?
  2. Tudi Kernalegenn, Drapeaux rouges et Gwenn-ha-du : l'extrême gauche et la Bretagne dans les années 1970, Apogée, p. 102
  3. archives départementales de Nantes 1 J 1153 : Éléments de la théorie et de la pratique du F.S.A.B., 13 août 1975, imprimerie spéciale du F.S.A.B.
  4. archives départementales de Nantes 1 J 1153 : Éléments de la théorie et de la pratique du F.A.S.A.B., 1er octobre 1975, imprimerie spéciale du F.A.S.A.B
  5. Dispac'h, « Ephéméride des luttes bretonnes - Septembre / Miz Gwengolo - Dispac'h », sur Dispac'h - Collectif indépendantiste breton, (consulté le )
  6. communiqué de presse du 12.6.1975
  7. Quid 2005, pp. 839
  8. a et b Gilles Simon, « La subversion des catégories d’un parti politique. L’UDB dans la controverse du nucléaire (1974-1981) », dans L’Union démocratique bretonne : Un parti autonomiste dans un État unitaire, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », , 145–154 p. (ISBN 978-2-7535-5930-1, lire en ligne)
  9. « Yann Puillandre, une "figure" », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )