Et l'or de leur corps
| Artiste | |
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| Matériau | |
| Dimensions (H × L) |
67 × 76,5 cm |
| No d’inventaire |
RF 1944 2 |
| Localisation |
Et l'or de leur corps est un tableau du peintre français Paul Gauguin, le deuxième qu'il réalise en 1901 sur les îles Marquises en Polynésie française où il choisit de résider à la fin de sa vie.
Le titre Et l'or de leur corps est donné par Gauguin lui-même. La peinture représente deux Polynésiennes dévêtues, assises l'une derrière l'autre sur le parterre violet, devant la végétation tropicale rouge, verte et jaune. Selon les analystes et historiens de l'art, ce tableau évoque surtout la promesse de plaisir et le désir, plus que les corps féminins représentés.
Après avoir été dans la collection d'Olivier Sainsère, ce tableau est racheté par le musée du Louvre, qui le confie en dépôt en 1947 au musée du Jeu de Paume. Depuis 1986, il est conservé et exposé au musée d'Orsay.
Composition
[modifier | modifier le code]Deux femmes sont représentées sur le tableau, l'une derrière l'autre, toutes deux regardant le spectateur. Celle de gauche est complètement nue, l'autre à moitié nue. Elles sont assises, accroupies sur un sol violet devant la végétation luxuriante verte et rouge.
Pour la posture des deux personnages, Gauguin reprend la composition de son tableau de 1893 Eiaha Ohipa selon Wildenstein[1]. Celui-ci invite aussi à se référer à l'œuvre Ahe oe feii ou Eh quoi, tu es jalouse ? pour la femme de gauche, en inversé[1].
Analyse
[modifier | modifier le code]Le seul titre Et l'or de leur corps est d'une sonorité bien poétique, il évoque le charme des Polynésiennes, comme leur peau dorée, ainsi que le rêve, la promesse et la nonchalance[2].
Pour l'historien de l'art Jean-Jacques Lévêque, ce tableau manifeste surtout le désir et le plaisir : selon lui, le désir du corps féminin est particulièrement mis en avant dans cette œuvre, et Gauguin y « peint plus le désir que le corps, le plaisir que l'amour, et la nature retrouvée des origines plus que le paysage qu'il a sous les yeux »[3]. Le tableau prend alors « tout son sens magique, presque religieux »[3].
Paul Gauguin insiste ici sur sa palette dans les accords de tons verts, violets et roses[2]. Son pinceau pour Et l'or de leur corps est qualifié par Lévêque de « sensuel, illuminé »[3]. Gauguin écrit au sujet des îles Marquises où il vient de s'installer : « Ici la poésie se dégage toute seule et il suffit de se laisser aller pour la suggérer »[2]. Il y trouve une esthétique lui permettant de réaliser de tels chefs d'œuvre dans un univers paradisiaque avec la « luxuriance des couleurs tropicales »[2].
Selon Wildenstein et B. Dorival, Gauguin semble pour ce tableau avoir été inspiré par une fresque du temple de Borobudur dans l'île de Java[1]. Le poète Victor Segalen trouve en effet une reproduction photographique de ce temple lorsqu'il se rend dans la case de Gauguin[1].
Historique
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Le tableau Et l'or de leur corps est peint par Gauguin en 1901. Il le date et le signe en le titrant lui-même : « Et l'or de leur corps / P. Gauguin 1901 »[1].
Il est exposé ensuite à Paris en 1903 dans la galerie du marchand d'art Ambroise Vollard[4], et au Salon d'Automne, au Petit Palais[5]. Selon Wildenstein, ce tableau figure ensuite dans la collection de l'homme politique et amateur d'art Olivier Sainsère, puis il est racheté en 1944 par le musée du Louvre à sa veuve Madame Olivier Sainsère[6].
Il figure alors dans les collections du musée du Louvre jusqu'en 1947, année où il est affecté au musée du Jeu de Paume[5]. Il passe en 1986, lors de son ouverture, au musée d'Orsay où il est encore conservé en 2025[5],[4].
Catalogage
[modifier | modifier le code]Dans son catalogue raisonné de l'œuvre de Gauguin, Georges Wildenstein inscrit ce tableau comme étant le deuxième peint par l'artiste pour l'année 1901, sous le titre Et l'or de leur corps et il lui attribue le numéro 596, qui devient la référence W. 596[7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- Wildenstein 1964, p. 253.
- Marseille et Guillemot 2000, p. 83.
- Jean-Jacques Lévêque, Les années de la Belle Epoque, 1890-1914, ACR Edition, (OCLC 1074019703), p. 423.
- « Et l'or de leur corps », Ministère de la Culture, Plateforme ouverte du patrimoine (consulté le ).
- « Et l'or de leur corps », sur musee-orsay.fr, Musée d'Orsay, (consulté le ).
- ↑ Wildenstein 1964, p. 254.
- ↑ Wildenstein 1964, p. 253-254.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Georges Wildenstein, « 596. Et l'or de leur corps », dans Gauguin : Catalogue, vol. I, Paris, éditions Les Beaux-Arts, , p. 253-254.
- Jacques Marseille (dir.) et Michel Guillemot (dir.), « 100 œuvres d'art - 1901, Paul Gauguin, Et l'or de leur corps », dans Les 1.000 immanquables du XXe siècle, Paris, Larousse, (ISBN 9782035920065 et 203592006X), p. 83.
- Charles Gorham (trad. F. M. Watkins), Et l'Or de leur corps... Le roman de Gauguin, Paris, René Julliard, , 375 p. (OCLC 1400703659).
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :