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Editis

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Editis
Logo d'Editis.
Repères historiques
Création
Dates clés 2004 : rachat par Wendel
2008 : rachat par Planeta
2018 : rachat par Vivendi
2023 : rachat par CMI
Fiche d’identité
Forme juridique SASU[1]
Statut Groupe d'édition
Slogan « Éditer est une invention permanente »
Siège social Paris (France)
Dirigée par Catherine Lucet
Langues de publication Français
Diffuseurs Interforum
Société mère Czech Media Invest
Filiales 55 filiales
Effectif 2 100 (en 2025) [2]
Site web Editis.com
Données financières
Chiffre d'affaires 26,9 millions d'€ (2023) [3]
Résultat net 6,23 millions d'€ (2023) [3]
Environnement sectoriel
Principaux concurrents Humensis, Hachette Livre, Groupe Madrigall, Média participations

Editis est un groupe d'édition français formé en 2004, constitué d'une partie de l'ancien Vivendi Universal Publishing, partagé lors de la vente de celui-ci par Vivendi Universal à Lagardère. Depuis 2023, il est une filiale du groupe Czech Media Invest (CMI), dont le principal actionnaire est le milliardaire tchèque Daniel Křetínský.

En 2018, Editis est considéré comme le deuxième groupe d'édition français le plus important, juste derrière Hachette[4].

Il compte cinquante-cinq maisons d'édition, dont les éditions Robert Laffont, Bordas, Nathan, Perrin, Plon, Pocket, Belfond, Julliard et Gründ, mais aussi les dictionnaires Le Robert, La Découverte, Delcourt, CLE International et Presses de la Renaissance.

L'histoire du groupe éditorial et de diffusion Editis remonte à la formation du groupe Havas, privatisé en 1987 sous le nom d'Havas SA, qui se réorganise en une décennie en six pôles d'activités : audiovisuel (dont Canal+), conseil en communication, information et édition, médias de proximité, voyages et loisirs, multimédia. En 1997, Havas SA absorbe CEP Communication qui possède le groupe de la Cité (Larousse, Nathan, Bordas, Dalloz, Dunod, CLE International, Retz, Hemma, Plon-Perrin, Presses de la Cité, Solar, Belfond, Pocket, 10/18, Fleuve éditions, Robert Laffont, Julliard, Seghers…) ainsi que de nombreux périodiques, et participe ou organise des salons et activités multimédia. La puissance du groupe est telle qu'elle dépasse un temps Hachette.

En 1998, Havas SA devient une filiale à 100 % de Vivendi. Les acquisitions se multiplient : le groupe Quotidien santé, Doyma (Espagne)[réf. nécessaire], Anaya (Espagne), le groupe OVP Vidal, Cendant Software (en) (États-Unis), le groupe L’Étudiant, Barbour Index (GB), Aique (Argentine), le groupe MediMedia (en), Atica et Scipione (Brésil), ainsi que plusieurs sociétés américaines dans la santé. En 2000, la création de Vivendi Universal entraîne le changement de nom d'Havas qui devient Vivendi Universal Publishing (VUP), entité dans laquelle est présente également l'activité jeux vidéo (Vivendi Universal Games).

Lagardère SCA

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Le , Vivendi procède à la cession de ses activités d'édition : la filiale Vivendi Universal Publishing (sauf le pôle Vivendi Universal Games) passe donc sous le contrôle de Lagardère SCA, sous réserve de l'approbation de la Commission européenne. Le , la Commission européenne autorise la conservation par Lagardère d'une partie seulement des actifs éditoriaux de l'ex-VUP. Lagardère conserve les éditions Larousse, Dalloz, Dunod, Armand Colin, Sedes, Nathan-Université, le groupe Anaya et le centre de distribution d’Ivry (rue Rigaud). Les 60 % restant des actifs éditoriaux sont remis sur le marché ; le groupe, qui prend alors le nom d’Editis, se recentre sur l’édition francophone.

Wendel Investissement

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Le , Wendel Investissement fait l'acquisition de 100 % d'Editis. Le , Editis rachète Le Cherche midi, opération confirmée le . Le , Editis rachète les éditions First, puis, le , les Éditions XO, le et le , le Groupe De Boeck et les Éditions Gründ. Enfin, le , Editis fait l'acquisition de Paraschool, société spécialisée dans la formation professionnelle et le soutien scolaire en ligne.

En , la holding éditoriale espagnole Grupo Planeta rachète à Wendel le groupe Editis. Cependant, en , la Cour européenne de justice invalide la décision du par laquelle la Commission européenne validait le rachat de 60 % des actifs de VUP par Wendel Investissement. En , Editis acquiert les éditions Tana, puis en , les éditions Sonatine[5].

En , Editis annonce son souhait de racheter au groupe La Martinière son pôle de distribution composé de Volumen et Loglibris. Cette acquisition est validée par les autorités françaises de la concurrence[6]. Le même mois, Editis cède le belge De Boeck à Ergon Capital[7].

Vivendi-Bolloré

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En , le groupe Vivendi, dont Bolloré SE est un actionnaire majeur, annonce l'acquisition de Editis[8] auprès de Grupo Planeta, alors en difficulté sur ce secteur géographique, pour 900 millions d'euros[9]. En , l'Autorité de la concurrence ayant autorisé ce rachat[10], Vivendi finalise l'opération en acquérant la totalité du capital de Editis.

Fin , Editis signe un accord avec les éditions Jungle afin de renforcer sa position dans la bande dessinée et le roman graphique, deux secteurs absents de l'entreprise ; ce partenariat se traduit par une prise de participation de 30 % d’Editis dans le capital de Jungle[11].

En mars 2022, Editis annonce le lancement de Black River, une entité entièrement consacrée aux comics, principalement par le biais de traduction de bandes dessinées américaines[12]. Il s'agit de la 52e maison d'édition appartenant au groupe Editis[13].

Échouant dans son objectif de rapprocher Editis et Hachette en raison de l'intransigeance du régulateur européen de la concurrence, Vivendi envisage finalement en de céder Editis[14]. Xavier Niel, Daniel Křetínský, Reworld Media et Mondadori se portent candidats au rachat[15].

En , Editis suspend la sortie de l'ouvrage de Guillaume Meurice et Nathalie Gendrot, Le Fin Mot de l'histoire de France en 200 expressions, considérant que certains passages, notamment l'un consacré à Vincent Bolloré (premier actionnaire de Vivendi), pourraient donner lieu à contentieux[16]. La directrice de la communication du groupe explique que Guillaume Meurice aurait été prévenu « que le livre ne pouvait pas sortir avec ces textes »[17]. Meurice explique au contraire qu'il avait refusé tout caviardage et avait finalement obtenu l'assurance que le livre sortirait tel quel[18]. L'ouvrage est finalement publié par Flammarion[19].

Achat par Czech Media Invest

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En , Daniel Křetínský, avec le groupe IMI (International Media Invest), filiale de CMI, entre en négociations exclusives avec le groupe Vivendi de Vincent Bolloré pour racheter 100 % du capital d’Editis[20], illustrant sa volonté de s'implanter plus encore dans les médias[21].

La cession d'Editis est officialisée le [22].

En , l'Union européenne donne son feu vert à l'acquisition d'Éditis par Daniel Krétensky[23].

En novembre 2023, Denis Olivennes devient président d'Editis[24] et Catherine Lucet, ancienne directrice du pôle éducation d'Editis, est nommée directrice générale[25].

Devant les salariés d’Éditis, Denis Olivennes explique, en janvier 2024, qu’il va falloir « publier moins pour vendre plus »[26]. En mars, selon Le Monde, « Editis réalise un coup d’éclat en recrutant Adrien Bosc. […] le deuxième groupe d’édition français place M. Bosc à la direction de Julliard et prend le contrôle des Editions du sous-sol […], la maison qu’il a fondée[27]. » En août, Editis rachète les éditions Delcourt, 3e éditeur français de bandes dessinées[28], portant ainsi sa part de marché dans ce secteur à 15 %[29].

À la fin de l’exercice 2024, Editis enregistre un résultat opérationnel de 24 millions d’euros (et un résultat net de 1,1 million d'euros) contre un gain opérationnel de 21,7 millions d’euros l’année précédente (et une perte de 17,3 millions d’euros) pour un chiffre d’affaires de 773 millions d’euros[30].

Événements internes de 2024

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En , à la suite d'un regroupement de ses activités, Editis annonce le départ de Lise Boëll qui était à la tête des éditions Plon[31] depuis [31],[32].

La rentrée de septembre 2024 est marquée par une série de drames : la mort le d'Amélie Courty-Cayzac, directrice des ressources humaines du groupe[33] et, le , de Sophie Charnavel, directrice de Robert Laffont[34].

Sociétés du groupe

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Siège social, 92 avenue de France à Paris

En 2022, le groupe Editis compte plus de 50 marques d'édition, dans trois pôles principaux : littérature, éducation et ouvrages de référence. Le groupe Editis est signataire de la Charte de l’édition en format accessible de l’Accessible Books Consortium[35].

Littérature

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Le pôle littérature est composé de plusieurs groupes dont Edi8, Place des éditeurs, Groupe Robert Laffont et Univers Poche.

Ouvrages de référence

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Notes et références

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  1. « EDITIS (PARIS 13) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur Societe.com - 478162464 », sur societe.com (consulté le ).
  2. https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/03/24/a-paris-les-locaux-d-editis-risquent-de-manquer-d-air-et-de-lumiere_6585548_3234.html
  3. a et b https://www.pappers.fr/entreprise/editis-holding-452942451
  4. « Ça nous marque. Editis se réorganise », sur France Info, (consulté le )
  5. Cécile Mazin, « Editis : Edi8, fusion actée de First-Gründ et Plon-Perrin avec Tana », sur ActuaLitté, (consulté le ).
  6. « Le rachat de Volumen par Editis, aucune incidence sur la concurrence », sur ActuaLitté, (consulté le )
  7. « Editis cède De Boeck à Ergon Capital », sur Livres Hebdo, (consulté le )
  8. « Vivendi s'offre Editis et cèdera jusqu'à 50% d'Universal Music », Challenges, (consulté le )
  9. « Météo orageuse pour l’éditeur Planeta », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Vivendi : l'Autorité de la concurrence donne son feu vert au rachat d'Editis », Le Point, (consulté le ).
  11. « Editis s’allie à Jungle dans la bande dessinée », Le Monde, (consulté le ).
  12. « Black River : un éditeur de comics, ancré dans la pop culture, chez Editis », sur ActuaLitté, (consulté le ).
  13. « Editis lance Black River, une maison d'édition dédiée aux «comics» », Le Figaro, (consulté le ).
  14. « Vivendi prêt à se séparer d'Editis pour s'emparer d'Hachette », Le Figaro, (consulté le ).
  15. « Editis : Xavier Niel, Daniel Kretinsky, Reworld Media et Mondadori candidats au rachat », sur La Lettre A, (consulté le ).
  16. « Le groupe Editis suspend la parution d’un livre de Guillaume Meurice juste avant sa sortie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. « Les éditions de Vincent Bolloré suspendent la parution d’un livre où Guillaume Meurice ironise sur… Vincent Bolloré », Libération,‎ (lire en ligne).
  18. « Guillaume Meurice : "Même un demi-taquinage, Bolloré ne laisse pas passer" », sur Les Jours, (consulté le ).
  19. « Flammarion va publier le livre de Guillaume Meurice et Nathalie Gendrot qui avait été bloqué par Editis », Télérama, (consulté le ).
  20. « Vivendi en passe de vendre 100 % d’Editis au milliardaire Daniel Kretinsky (IMI) », Le Télégramme,
  21. Marina Alcaraz, « Cinq choses à savoir sur Daniel Kretinsky qui convoite Editis » Accès payant, sur Les Échos, (consulté le ).
  22. « Vivendi signe le contrat de cession de 100 % du capital d’Editis au groupe IMI, filiale de CMI » (communiqué de presse), sur Vivendi, (consulté le ).
  23. « L’UE donne son aval à l’acquisition de la maison d’édition Editis par l’homme d’affaires Daniel Kretinsky » Accès libre, sur 20 Minutes, (consulté le )
  24. « Editis : Olivennes tranche dans le vif et annonce un “Editis Media Groupe” », sur Actuallité, (consulté le ).
  25. « Édition : Catherine Lucet va prendre la direction d’Editis », Le Figaro, (consulté le )
  26. « La stratégie Olivennes pour Editis : publier moins de livres, vendre plus », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  27. Nicole Vulser, « Edition : Editis réalise un coup d’éclat en recrutant Adrien Bosc », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  28. « Delcourt, le premier gros coup de Křetínský dans l’édition », sur Le Point, (consulté le ).
  29. « Un nouveau chapitre pour Delcourt, au sein du groupe Editis », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  30. « Editis amorce un redressement après son rachat par Daniel Kretinsky », sur La Lettre, (consulté le ).
  31. a et b « Editis réorganise ses maisons d'édition et annonce le départ de Lise Boëll », Le Figaro, (consulté le ).
  32. Ellen Salvi, « "Flicage incessant", "humiliations" : un rapport accable la nouvelle directrice de Plon », sur Mediapart, (consulté le ).
  33. « DRH du groupe Editis, Amélie Courty-Cayzac est décédée », sur ActuaLitté (consulté le ).
  34. « Sophie Charnavel, directrice des éditions Robert Laffont, est morte à l'âge de 47 ans », sur France Info, (consulté le ).
  35. (en) « ABC Charter for Accessible Publishing Signatories », sur Accessible Books Consortium.
  36. « Qui sommes nous ? - », sur pourlesnuls.fr
  37. « Slalom, un éditeur au tournant des romans jeunesse ! », sur ActuaLitté.com (consulté le ).
  38. Antoine Oury, « Les éditions Robert Laffont rachètent les éditions Séguier », sur ActuaLitté, .
  39. « Bande dessinée : le groupe Delcourt appartient officiellement à Editis », sur Le Figaro, .
  40. Clément Solym, « Les Éditions Télémaque rachetées par le groupe Editis », sur ActuaLitté, .

Liens externes

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