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Delaunay-Belleville

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Delaunay-Belleville
illustration de Delaunay-Belleville

Création 1904
Disparition 1950
Fondateurs Pierre Delaunay-Belleville (d) et Robert Delaunay-Belleville (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société par actionsVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social Saint-Denis
Drapeau de la France France
Activité Construction automobileVoir et modifier les données sur Wikidata
Produits Automobile

Delaunay-Belleville était une marque française d'automobiles de luxe créée en 1904 par deux frères, Pierre et Robert Delaunay-Belleville (fils de Louis Delaunay-Belleville).

Le projet de cette ancienne entreprise de chaudronnerie située à Saint-Denis, était de construire des véhicules très haut de gamme. Elle ne cessa pas pour autant son activité principale de production d'énormes chaudières industrielles, dont les monumentales Ladd-Belleville. C'est à la forme cylindrique des tubes de ces chaudières que l'on doit la célèbre calandre circulaire des Delaunay-Belleville d'avant la Grande guerre.

Le premier type H-4 était une limousine à moteur de 3,6 litres, à quatre cylindres. La production se diversifia par la motorisation, tout en restant dans la catégorie haute. Le radiateur rond des Delaunay-Belleville les caractérisait parfaitement. Elles étaient alors considérées comme la marque automobile la plus prestigieuse. L'absence de vibration du moteur (dont les différentes versions sont conçues par l'ingénieur Marius Barbarou entre 1904 et 1914) les rendait particulièrement silencieuses pour l'époque.

Ces véhicules étaient souvent carrossés selon la demande des clients par des carrossiers qui devinrent plus tard célèbres comme D'Ieteren, Labourdette et Mühlbacher.

Char FT fabriqué par Delaunay-Belleville (immatriculation dans la tranche 70 000[1]) à Istanbul vers 1920.

Pendant la Première Guerre mondiale, Delaunay-Belleville produit des chars Renault FT, des remorques pour canons ou pour chars, des moteurs d'avion Hispano-Suiza V8[réf. souhaitée], ainsi que des fusils Berthier modèles 1907/15, en plus de ses modèles automobiles modifiés pour le service militaire (voitures d'état-major, ambulances, camions, etc.)[1].

Action de la S. A. des Automobiles Delaunay Belleville en date du .

Après 1919, tout en conservant un type de motorisation identique, la ligne fut modernisée. Parallèlement fut lancée en 1922 la 12-CV P-4-B à quatre cylindres, qui se rapprochait du haut de gamme du constructeur Renault.

En 1931, pour se démarquer de la production mondiale ordinaire, furent lancés deux grands châssis, à moteur Continental de 4 et 4,5 litres. Les dernières voitures Delaunay-Belleville de série furent une réplique de la Mercedes-Benz 13-CV 230: cette RI-6 possédait quatre roues à suspensions indépendantes, et fut produite jusqu'en 1948, date à laquelle l'usine fut cédée à De Rovin pour la construction de ses voiturettes.

En 1935, Delaunay-Belleville livre à la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) deux autorails immatriculés ZZ C 1 et 2[2]. À cause de leurs performances décevantes, ils sont uniquement utilisés pour la formation des conducteurs et radiés dès 1939.

Utilisateurs célèbres

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Delaunay-Belleville était la marque préférée du tsar Nicolas II de Russie. Delaunay-Belleville fabrique trois exemplaires d'un modèle dédié, la Delaunay-Belleville SMT (pour Sa Majesté le Tsar)[3].

L'anarchiste Jules Bonnot réalisa en 1911, son premier braquage de banque au volant d'une Delaunay-Belleville. La plupart des autos utilisées par la bande à Bonnot (notamment pour le célèbre braquage de la Société générale au 148 rue Ordener à Paris qui inaugura la méthode de la fuite en auto) étaient des Delaunay-Belleville, à l'époque une référence inégalée en matière de performances et de fiabilité[4].

Liste des modèles

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Automobiles

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La puissance indiquée est la dénomination commerciale et non la puissance fiscale ni celle réelle[5].

Quatre cylindres :

Six cylindres :

  • Type C6 - 40/45 HP (1907-1910)[5],[6],[8]
  • Type F6 - 28 HP (1908-1910)[5],[8]
  • Type H6 - 15 HP (1908-1910)[8]
  • Type I6 - 10 HP (1909-1912)[5],[8]
  • Type SMT - 70 HP (1909-1911)[8]
  • Type HH6 - 15 HP (1910)[5]
  • Type HB6 - 15 HP (1911-1916)[5],[8]
  • Type IA6 - 12 HP (1911-)[5]
  • Type CA6 - 45 HP (1911-1913)[5],[8]
  • Types FA6, FB6 et FD6 - 28 HP (1911-1913)[5],[8],[9]
  • Type K6 - 14/16 HP (1913-1918)[8],[1]
  • Type M6 - 25/30 HP (1913-1917)[8],[1]
  • Type O6 - 45/50 HP (1913-1916)
  • Type KB6 - 14/16 HP (1919-1922)[6],[10]
  • Type MB6 - 25/30 HP (1919-1922)[6]
  • Type OB6 - 45/50 HP (1919-1920)[8]
  • Type KF6 - 14/16 HP (1923-1926)[6]
  • Type MF6 - 25/30 HP (1923-1926)[6]
  • Type S6 - 17 HP (1928-1929)[7]
  • Type U6 (1930-1935)[7]

Huit cylindres :

  • Type D8 (1929-?)[7]

Plusieurs utilitaires légers sont conçus en renforçant des châssis de voitures de tourisme Delaunay-Belleville[8],[1].

Des poids-lourds sont conçus :

Notes et références

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  1. a b c d e f et g François Vauvillier, « Delaunay-Belleville et sa production de guerre », Guerre, blindés et matériel, Histoire & Collections, no 147,‎ , p. 25-34
  2. Olivier Constant, Les archives autorails : Decauville, BDR, Alsthom, CGC et autres…, Betschdorf, Le Train, , p. 76-77
  3. (en) Michael Sedgwick, Antique cars, New York, Exeter Books, (ISBN 978-0-89673-066-3, lire en ligne), p. 69 & 89
  4. La bande à Bonnot frappe rue Ordener
  5. a b c d e f g h i j k l m n o et p « Les puissances officielles d'après la nouvelle formule des Mines », Omnia, no 393,‎ , p. 443 (lire en ligne)
  6. a b c d e f g h et i « Delaunay-Belleville », sur mini.43.free.fr (consulté le )
  7. a b c d et e (en) « Delaunay-Belleville », dans George Nicolas Georgano (dir.), The Beaulieu Encyclopedia Of The Automobile, vol. 1 : A - F, Fitzroy Dearborn Publishers (en), (réimpr. 2001) (ISBN 1-57958-293-1, lire en ligne), p. 416
  8. a b c d e f g h i j k et l (en) Michael Sedgwick, « The six-cylinder Delaunay-Bellevilles, 1908-1914 », dans Anthony Harding, Classic Cars in Profile, vol. 2, New York, Doubleday, (1re éd. 1967), p. 73-84
  9. « Les puissances officielles d'après la nouvelle formule des Mines », Omnia, no 396,‎ , p. 492 (lire en ligne)
  10. Baudry de Saunier, « La 14-16 Delaunay-Belleville type 1921 », Omnia,‎ , p. 574-576 (lire en ligne)

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Liens externes

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