Daniel Timsit
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| Sépulture |
Cimetière de Montbel (d) |
| Nom de naissance |
Moïse Daniel Timsit |
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| Lieu de détention |
Daniel Timsit, né le à Alger et mort le à Paris 14e[1] est médecin, il fut militant communiste et au FLN algérien.
Biographie
[modifier | modifier le code]Moïse Daniel Timsit naît dans une modeste famille de commerçants judéo-berbères[2] ; son grand-père maternel était grand-rabbin de Constantine[3].
Exclu du lycée Bugeaud d'Alger, en application de la politique antijuive du régime de Vichy plus poussée qu'en métropole, il reprend ses études après la prise de contrôle de l'Algérie par les alliés[3].
En 1951, il s’inscrit en faculté de médecine[4].
En 1955, il est l'un des responsables des étudiants communistes d'Alger. Clandestin à partir de , il participe au réseau du FLN de Yacef Saadi durant la bataille d'Alger. Il y apporte des compétences d'artificier[4], selon Pierre Vidal-Naquet, il « organise pour le FLN un laboratoire d'explosifs qu'il croit destinés au seul maquis »[3]. La politique d'attentats contre les civils est decidée par le FLN. Daniel Timsit conçoit et fabrique les bombes qui explosent au glacier Milk-Bar, au bar Otomatic et à la brasserie du Coq Hardi[4].
Arrêté en , jugé en , il est détenu à El-Harrach puis à Lambèse, puis transféré en France en . Libéré en à Angers, il rentre à Alger en après la signature des accords d'Évian et le référendum sur l'indépendance de l'Algérie du (l'Algérie proclame son indépendance le ).
Les frères de Daniel Timsit et sa soeur étaient également engagés dans les réseaux de la résistance algérienne.
Il devient médecin et se spécialise en endocrinologie[4].
Après l'indépendance, Daniel Timsit rencontre Monique Antoine qui voyage en Algérie, ils se marient. Le couple a deux filles, la première née en 1967, la seconde en 1969[5].
De 1962 à 1965, il collabore aux premiers gouvernements de la nouvelle République algérienne au ministère de l’Agriculture et de la réforme agraire, puis au ministère de l’Industrie[6].
Il s'exile en France après le coup d'État militaire du 19 juin 1965[6] et reprend son métier de médecin.
Ses carnets de prison ont été publiés en 2002 : Récits de la longue patience, Flammarion/Bouchène[7]. « Peut-on être à la fois algérien et français ? Oui en définitive » conclut-il en 2002[4].
Un centre médical porte son nom à Gennevilliers, ville où il a exercé au Centre Médical de Santé de 1966 à 1993[8],[6] en parallèle à l'exercice de la médecine de ville en cabinet Rue Vieille-du-Temple dans le 4e arrondissement de Paris.
Film
[modifier | modifier le code]- Le film Daniel Timsit, l’Algérien, réalisé par Nasredine Guenifi, lui est consacré[9],[2].
Théâtre
[modifier | modifier le code]- "Récits de la longue patience" de Daniel Timsit a été adapté au théâtre en 2002 par la Compagnie Bagages de sable, avec Patrick Michaëlis[10].
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Daniel Timsit Algérie récit anachronique, Bouchene, 1998, Suite baroque, histoires de Joseph, Slimane et des nuages (1999)
- Daniel Timsit, Récits de la longue patience : journal de prison de 1956-1962, Flammarion, (ISBN 9782080682833), p. 472[11].
- Jean-Louis Gérard, Dictionnaire historique et biographique de la guerre d'Algérie. Éditions Jean Curtuchet - 2001 - (ISBN 9782912932273)
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Insee, « Acte de décès de Moïse Daniel Timsit », sur MatchID.
- « Daniel Timsit : « comme notre Révolution était grande ! » », sur histoirecoloniale.net, (consulté le )
- Pierre Vidal-Naquet, « Daniel Timsit », sur LeMonde.fr, (consulté le )
- René Gallissot, « Timsit Moïse, Daniel [Dictionnaire Algérie] - Maitron », sur maitron.fr, (consulté le ).
- ↑ Christine Bard et Sylvie Chaperon (Notice rédigée par Bibia Pavard), Dictionnaire des féministes : France, XVIIIe – XXIe siècle, Paris, Presses universitaires de France, , 1700 p. (ISBN 978-2-13-078720-4, OCLC 972902161, BNF 45220443, lire en ligne), p. 62 à 64
- Jacques Bourgoin, Maire de Gennevilliers, « Gennevilliers, discours pour donner le nom de docteur Daniel Timsit au CMS », sur patrice-leclerc.org, (consulté le )
- ↑ Récits de la longue patience, Flammarion/Bouchène, 2002.
- ↑ « Centre Médical de Santé, Gennevilliers », sur ville-gennevilliers.fr
- ↑ Hakim Arabdiou, « "Daniel Timsit, l’Algérien" par Nasredine Guenifi », sur gaucherepublicaine.org, (consulté le )
- ↑ « Récits de la longue patience, Fiche Spectacles », sur africultures.com, (consulté le ).
- ↑ Ramdane Hakem, « "Récits de la longue patience", note de lecture », sur socialgerie.net, (consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Histoire des Juifs en Algérie
- Personnalité de l'histoire algérienne
- Indépendantiste algérien pendant la guerre d'Algérie
- Membre du Front de libération nationale (Algérie)
- Anticolonial algérien
- Communiste algérien
- Prisonnier à la prison de Maison-Carrée
- Prisonnier algérien
- Naissance en décembre 1928
- Naissance à Alger
- Naissance en Algérie française
- Décès en août 2002
- Décès dans le 14e arrondissement de Paris
- Décès à 73 ans
- Personnalité inhumée dans l'Ariège