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Catherine Samie

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Catherine Samie
Catherine Samie en 1967 (cliché studio Harcourt).
Fonctions
Administratrice générale de la Comédie-Française
-
Doyenne de la Comédie-Française (d)
-
Sociétaire de la Comédie-Française
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière Saint-Jean de Valenciennes (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Catherine Marie Céline Paule Samie
Nationalité
Formation
Activités
Période d'activité
Enfant
Autres informations
Maîtres
Distinctions

Catherine Samie est une actrice française née le à Paris 16e et morte le à Paris 13e.

Elle entre à la Comédie-Française en 1956, en devient la 438e sociétaire en 1962 puis la doyenne de 1989 à 2006. Après avoir interprété plus de 130 rôles au cours de ses cinquante ans de présence dans la Maison de Molière, elle prend sa retraite en 2007 et devient sociétaire honoraire.

Catherine Samie reçoit un Molière d'honneur en 1998 et le prix de la meilleure comédienne du Syndicat de la critique pour La Dernière Lettre en 2000.

Jeunesse et formation

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Catherine Marie Céline Paule Samie naît le [1] dans le 16e arrondissement de Paris[2], mais c'est près de la frontière belge qu'elle grandit pendant la Seconde Guerre mondiale[3].

Sa mère, femme de ménage, souhaite qu’avec sa sœur, elle apprenne à jouer du violon[3]. Elle prend ensuite des cours de danse et se forme au Centre d'art dramatique de la rue Blanche avant d'entrer au Conservatoire national supérieur d'art dramatique dans les classes de Pierre Dux et Béatrix Dussane (promotion 1956)[4]. Elle y a notamment pour camarades Michel Aumont et Dominique Rozan qu'elle retrouvera à la Comédie-Française[4]. À 23 ans, elle obtient un 2e prix de comédie classique dans le rôle de Dorine dans Tartuffe de Molière et un 2e prix de comédie moderne dans Gros Chagrins de Courteline[5].

Catherine Samie déclare en 1989 dans une interview à Antenne 2 avoir choisi ce métier par hasard : « une porte s’est ouverte, et puis une autre. Et je les ai prises. Ça a été le hasard, et puis plus le hasard mais l’exercice de toute une vie »[6],[7].

Catherine Samie en 1981 au Festival d'Avignon (portrait de Fernand Michaud).

Le , Catherine Samie est engagée à la Comédie-Française sur proposition de son administrateur Maurice Escande[8]. Elle commence par de la figuration en tant que stagiaire jusqu'au jour où elle est choisie pour remplacer au pied-levé Annie Girardot dans un rôle de soubrette[9]. Elle devient ensuite doublure d'Andrée de Chauveron dans le rôle de Mme Jourdain dans le Le Bourgeois gentilhomme de Molière puis interprète dame Claude dans L'Avare[3]. La comédienne Berthe Bovy lui fait travailler sa voix grave[10].

Elle fait ses débuts officiels le dans le rôle de Marthe Bourdier du Roi de Flers, Caillavet et Arène. Elle joue les soubrettes, les servantes, les cocottes chez Molière et Feydeau et côtoie Jean-Paul Roussillon, Robert Hirsch et Jacques Charon dans des mises en scène de Robert Manuel, Louis Seigner[10]… Elle interprète par la suite aussi bien des pièces du répertoire classique que des pièces contemporaines[1]. En 1970, c'est Pierre Dux alors administrateur général qui lui propose son premier rôle dramatique dans Femmes parallèles de François Billetdoux dans une mise en scène de Jean-Pierre Miquel[11]. Elle collabore entre autres avec les metteurs en scène Jean Poiret, Pierre Laville, Michel Cacoyannis, Jorge Lavelli, Jean-Pierre Vincent, Catherine Hiegel, Antoine Vitez et Anne Delbée.

Au départ de Bernard Dhéran début 1989, elle devient à son tour doyenne de la troupe, préférant l'appellation de Mme le Doyen[8],[9]. Cette fonction, qu'elle occupera plus de dix-huit ans (l'une des plus longues de l'histoire de la maison)[8], lui vaut d'être nommée administrateur par intérim pendant deux mois en 1990 à la mort d'Antoine Vitez.

Après une carrière de 50 ans, durée exceptionnelle au sein de la troupe égalée seulement avec le comédien Albert Lambert (1885-1935)[1],[11], elle fait valoir ses droits à la retraite et devient sociétaire honoraire le [8]. Une soirée en l'honneur de son jubilé réunissant toute la troupe est organisée le 3 janvier[11]. Elle se produit une dernière fois avec la troupe en 2012 dans Peer Gynt d'Henrik Ibsen sous la direction d'Éric Ruf au Grand Palais.

Catherine Samie mène également une carrière au cinéma dès 1957 dans Pot-Bouille de Julien Duvivier, apparaissant par la suite notamment dans Le Distrait (1970) de Pierre Richard, Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais… elle cause ! (1970) de Michel Audiard, Gazon maudit (1994) de Josiane Balasko, Jefferson à Paris (1994) de James Ivory, Bernie (1996) d'Albert Dupontel, La Dernière Lettre (2002) de Frederick Wiseman et Les Revenants (2003) de Robin Campillo.

Catherine Samie meurt le [12]dans le 13e arrondissement de Paris, à l'âge de 92 ans[13].

Clément Hervieu-Léger, administrateur général lui rend hommage en saluant une « personnalité hors norme » : « Avec elle, c’est un peu de l’histoire de notre Maison qui disparaît aujourd’hui. Rien pourtant ne pourra nous ôter nos souvenirs et l’impression unique que nous ressentions lorsqu’elle entrait en scène… Nous nous souviendrons du rire de la môme Crevette, des émois amoureux de Bélise, des larmes de Jocaste et de la mort d’Ase… Nous nous souviendrons de tous ses rôles, petits ou grands, car elle les rendait tous inoubliables. »[3].

Muriel Mayette, ancienne administratrice générale, témoigne : « Quand elle est devenue doyen, elle s’est déployée, elle s’est laissée diriger par les jeunes générations et son jeu est devenu beaucoup plus simple, plus moderne. Elle était moins dans l’effort alors que plus jeune avec Jean-Paul Roussillon ou Alain Pralon, c’était plus difficile. Elle est devenue fédératrice. Elle avait surtout une voix incroyable et des partitions très légères. Elle a accepté de vieillir. Elle manquera, elle faisait partie de ces grandes figures qui ont un style comme Francoise Seigner. Je pense à sa fille, elles étaient fusionnelles. »[3].

Pour Catherine Hiegel, ex-doyen de la Comédie-Française et son amie : « Elle était d’une beauté incroyable et d’un charme fou. Jeune, elle me faisait penser à Liz Taylor, elle aimait rire et plaire avec naïveté, elle était très touchante. Nous avons créé et joué ensemble Savannah Bay de Marguerite Duras mise en scène par Éric Vigner, nous sommes parties en tournée. Catherine était angoissée, elle avait tout le temps peur de se tromper, mais elle était une partenaire généreuse. »[3].

L'hommage traditionnel rendu à Molière par la troupe de la Comédie-Française chaque 15 janvier[n 1] est dédié à sa mémoire[14] au travers d'un long texte lu par Clément Hervieu-Léger[8].

Les obsèques de Catherine Samie ont lieu le à l’église Saint-Roch de Paris. Elle est ensuite inhumée dans le caveau familial au cimetière Saint-Jean de Valenciennes[15].

Vie privée

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Catherine Samie a eu en 1967 une fille, Céline, également actrice et sociétaire de la Comédie-Française de 2004 à 2016[1].

Comédie-Française

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Engagement à la Comédie-Française le
438e Sociétaire le
Doyenne des Comédiens-Français du au
Administrateur général par intérim de mai à
Sociétaire honoraire à compter du

Note : toutes les représentations ont eu lieu salle Richelieu, sauf précisions.

Filmographie

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Télévision

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Téléfilms

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Séries télévisées

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Distinctions

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Décorations

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Récompenses

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Publications

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Notes et références

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Notes
  1. Date de naissance du dramaturge.
Références
  1. a b c et d Joël Huthwohl, « Samie, Catherine [Paris 1933] », dans Béatrice Didier, Antoinette Fouque et Mireille Calle-Gruber (dir.), Dictionnaire universel des créatrices, éditions Des femmes, , p. 3832
  2. « Catherine Samie », sur Les Gens du cinéma.
  3. a b c d e et f Nathalie Simon, « Décès de Catherine Samie, pilier de la Comédie-Française », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a et b « Promotion 1956 », sur Rue du Conservatoire.
  5. « Catherine Samie », sur Rue du Conservatoire (consulté le ).
  6. Anne Diatkine, « Disparition : Mort de l’actrice Catherine Samie, flamme vive de la Comédie-Française », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le )
  7. « Catherine Samie », sur ina.fr, (consulté le )
  8. a b c d et e [vidéo] Comédie-Française, « 15 janvier - Hommage à Molière 2026 » (à 2 h 47 min 38 s), sur YouTube.
  9. a et b [vidéo] Mireille Dumas, « Catherine Samie, dans l'intimité à la Comédie-Française », La Vie à l’endroit – Pleins feux sur la Comédie-Française, sur youtube.com, INA, (consulté le ).
  10. a et b Dominique Le Guilledoux, « Catherine Samie, l'émoi des mots », sur Le Monde,
  11. a b c et d Martine Silber, « La comédienne Catherine Samie quitte la Comédie-Française sur un jubilé », sur Le Monde,
  12. « Catherine Samie, grande actrice et pilier de la Comédie-Française, est morte », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  13. « Catherine Samie », sur matchID.
  14. « Hommage à Catherine Samie », sur Comédie-Française, .
  15. « Catherine Samie, native de Valenciennes et doyenne de la Comédie-Française, est décédée », sur La Voix du nord, .
  16. Décret du 13 juillet 2011 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier, JORF no 162 du 14 juillet 2011, p. 12218, texte no 4, NOR PREX1116816D.
  17. Décret du 31 décembre 1992 portant promotion et nomination, JORF no 1 du 1er janvier 1993, p. 26, NOR PREX9210809D.
  18. Décret du 11 avril 2001 portant promotion, JORF no 90 du 15 avril 2001, p. 5879, NOR PREX0104792D.
  19. Décret du 31 décembre 2021 portant promotion et nomination,JORF
  20. Décret du 14 mai 1998 portant promotion et nomination, JORF no 112 du 15 mai 1998, p. 7335, NOR PREX9801221D.
  21. « Bulletin officiel des décorations, médailles et récompenses n°07 du 22/08/1998 », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ). Catherine Samie a été promue directement à cette dignité sans passer par le grade de chevalier.

Liens externes

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