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Carnival (roman)

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Carnival (roman)
Auteur Elizabeth Bear
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Science-fiction
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Carnival
Éditeur Bantam Spectra
Lieu de parution New York
Date de parution
Version française
Type de média Livre papier

Carnival est un roman de science-fiction d'Elizabeth Bear, publié en aux États-Unis chez Bantam Spectra. Il est nommé pour un prix Philip K. Dick, un prix Locus du meilleur roman de science-fiction et un prix Lambda Literary.

Dans le futur, le contrôle de la préservation des ressources naturelles interplanétaires est confié à des intelligences artificielles écologiques appelées les Gouverneurs, qui imposent la neutralité carbone par un contrôle strict de la population et de la consommation d'énergie, voire un génocide calculé appelé « évaluation ». Le Parlement fasciste de la Coalition Coloniale de la Vieille Terre soutient ces intelligences artificielles sans pitié et sert de tampon pour éviter toute perturbation avec l'humanité. Des colons ayant quitté la Terre depuis des générations, cherchant à s'affranchir de ces restrictions, la Coalition tente depuis des décennies de reprendre le contrôle des mondes autonomes. L'un d'eux est la Nouvelle Amazonie, une planète luxuriante où une société matriarcale, majoritairement lesbienne, s'est développée au milieu d'une technologie extraterrestre abandonnée, dotée d'une source d'énergie apparemment inépuisable. Les femmes amazoniennes sont agressives et belliqueuses, mais aussi pragmatiques, et défendent leur liberté face à la Coalition dominée par les hommes qui cherche à les conquérir. Méfiantes envers l'agressivité masculine, elles dominent leurs hommes, une minorité qu'elles semblent tolérer uniquement pour la reproduction et le travail[1],[2],[3].

Une mission diplomatique envoyée sur la planète matriarcale Nouvelle Amazonie réunit deux anciens amants, Vincent Katherinessen et Michelangelo Kusanagi-Jones, après 17 ans de séparation. Arrivés dans la capitale Penthésilée, les hommes rapatrient des œuvres d'art pillées en apparence, mais en réalité, ces ambassadeurs et espions ont pour mission de récupérer par tous les moyens la technologie énergétique secrète des Amazoniennes, et de tout mettre en œuvre pour faciliter la conquête de leur planète par la Coalition. Vincent (un maître de l'observation) et Michelangelo (un menteur et un combattant expérimenté) ont chacun des plans secrets pour saboter leur propre mission. Pendant ce temps, plusieurs factions amazoniennes se livrent à des intrigues politiques secrètes ancrées dans la dynamique de genre de leur société[1],[2],[3].

Personnages

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  • Vincent Katherinessen, diplomate principal de l'OECC, originaire de la planète Ur.
  • Michelangelo Kusanagi-Jones, attaché et ancien partenaire de Vincent, né sur la Vieille Terre.
  • Lesa Praetoria, chef adjoint de la direction de la sécurité de la Nouvelle Amazonie.
  • Claude Singapour, Première ministre de la Nouvelle Amazonie.
  • Maiju Montevideo, l'épouse de Claude.
  • Elena Pretoria, la mère de Lesa.
  • Katya Pretoria, la fille de Lesa.
  • Julian Pretoria, le fils de Lesa.
  • Robert, le père des enfants de Lesa.
  • Kii, une intelligence extraterrestre résidant à Penthésilée.

Annalee Newitz de io9, explique que, confrontés à un contrôle démographique strict, l'humanité terrienne de Carnival est devenue obsédée par la reproduction et a interdit l'homosexualité, la jugeant directement préjudiciable à cette fonction[1]. Elle écrit « l'idée de Bear, qui pense qu'un régime écologique comme celui-ci favoriserait le conservatisme plutôt que le progressisme, est vraiment intelligente », et salue le soin particulier de l'autrice pour analyser comment ces idéologies pourraient évoluer au cours du temps[1]. Paul Kincaid, de SF Site (en), remarque que Vincent et Michelangelo sont des homosexuels issus d'un monde dont les mœurs répressives pourraient les conduire à la mort. Ils arrivent à échapper à cette menace en étant extrêmement compétents dans leur travail et roués à la manipulation[2].

Newitz écrit à propos de la nouvelle civilisation amazonienne : « [Carnival est] un roman où les idées traditionnelles de la science-fiction libérale, comme les matriarcats et les utopies écologiques, marchent sur la tête. Quand les lesbiennes dirigent une planète, elles ne créent pas la paix et l'harmonie, mais elles deviennent obsédées par les armes à feu et les duels. Elles rendent esclaves tous les hommes (mis à part les homosexuels) qu'elles qualifient de “gentils”, les utilisant pour la reproduction. Et elles s'engagent dans des guérillas violentes pour obtenir du pouvoir dans le gouvernement »[1].

Expliquant que les femmes amazoniennes soumettent leurs hommes pour atténuer le potentiel d'agressivité masculine, Kincaid compare le matriarcat de Carnival à « la science-fiction féministe d'il y a vingt ou peut-être trente ans »[2]. Joe Tokamak, de The Internet Review of Science Fiction (en) qualifie le roman de « fantasme d'alternatives sociétales rappelant les années soixante ou soixante-dix », qui offre un « contenu frais et sophistiqué »[3]. Il souligne comment le contraste et les différences sociétales entre les Néo-Amazoniennes et leurs visiteurs, mis en évidence par Bear, déclenche un conflit qui évolue au gré des interactions entre les personnages[3].

Réception critique

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En 2007, Carnival est nommé pour un Philip K. Dick Award[4], un Locus Award du meilleur roman de science-fiction[5] et un prix Lambda Literary pour la science-fiction/fantasy/horreur LGBT[6],

Newitz écrit que le roman « parvient à faire ce que si peu de romans de science-fiction peuvent faire... Il offre un aperçu intrigant et intellectuellement enrichissant d'un avenir humain possible tout en racontant une histoire palpitante »[1]. Liz Bourke, de Tor.com (en), le cite comme son roman de science-fiction préféré de Bear[7]. Kincaid écrit : « Enlevez la politique sexuelle superposée sur l'histoire, qui ajoute de la complexité à l'intrigue mais pas nécessairement de la profondeur au roman, et vous obtenez un livre qui pourrait sortir tout droit du soi-disant âge d'or de la science-fiction »[2]. Bien qu'« il y ait trop de couches de trahison et de tromperie pour un livre de cette longueur », Kincaid note que « Bear maintient le tout à un rythme vif et satisfaisant... c'est exactement le genre de roman vivant et rythmé qui faisait de la science-fiction un genre si passionnant à lire »[2].

Dans un article pour SF Crowsnest, Tomas L. Martin relève les personnages intéressants et très dynamiques, l'excellence de politique galactique et certaines technologies « époustouflantes », tout en notant que le roman s'enlise parfois un peu et est difficile à parcourir[8]. Tokamak salue la profondeur des personnages et l'intrigue captivante et complexe, tout en qualifiant la résolution de « hâtive et déconnectée de toute la misère que les personnages traversent pour y arriver »[3].

Références

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(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Carnival (Bear novel) » (voir la liste des auteurs).
  1. a b c d e et f Newitz, « Environmental Fascists Fight Gun-Loving Lesbians for Alien Technology », io9, (consulté le )
  2. a b c d e et f Kincaid, « Carnival by Elizabeth Bear », SF Site, (consulté le )
  3. a b c d et e Tokamak, « Review: Carnival by Elizabeth Bear » [archive du ], The Internet Review of Science Fiction, (consulté le )
  4. « Online News: Philip K. Dick Award Finalists (2007) », Locus, (consulté le )
  5. « Online News: Locus Awards Finalists (2007) », Locus, (consulté le )
  6. Cerna, « 19th Annual Lambda Literary Awards », Lambda Literary Foundation, (consulté le )
  7. Bourke, « Where To Start with the Work of Elizabeth Bear », Tor.com, (consulté le )
  8. Martin, « Carnival by Elizabeth Bear » [archive du ], SF Crowsnest, (consulté le )

Liens externes

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