Carnaval de Mayence
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Le carnaval de Mayence est un carnaval organisé dans la ville de Mayence, dont les préparatifs commencent chaque année le 11 novembre à 11 h 11 pour aboutir au défilé du « Rosenmontag » (lundi des roses).
Déroulement
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Appelée la cinquième saison, le carnaval, synonyme de gaieté, met la ville sous le signe de la folie. « Helau! » est le cri de ralliement de tous les « fous »[1].
Chaque année, le 11 novembre à 11 heures 11, la campagne débute avec la lecture des 11 lois du carnaval par le maire depuis le grand balcon du palais Ostein[2]. La vraie cinquième saison débute à Mayence le jour du Nouvel An avec un grand défilé. La campagne du carnaval dure 3 mois, tous les week-ends et culmine avec les festivités de rue des quatre jours gras précédant le mercredi des Cendres, qui marque la fin de la saison.
En plus de sa folie, le carnaval mayençais présente des éléments politiques et littéraires à travers les réunions au début de la saison, au château des Princes-Électeurs, la Rheingoldhalle, ou dans d'autres salles de la ville. L'offre du théâtre d'État de Mayence couvre aussi le genre carnaval: le Mainzer Fastnachtsposse, une comédie carnaval. En règle générale, même au cours des discours humoristiques du carnaval, on se moque sans outrepasser la bienséance : on est tolérant tout en restant engagé.
Histoire
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La coutume du carnaval se réfère au calendrier chrétien : la nuit du mercredi des cendres marque le début du carême.
Mais la fête du printemps (ou de la fin de l'hiver) relèvent plutôt de traditions plus anciennes, pré-chrétiennes, peut-être celtiques : voir Mythologie celtique, Calendrier celtique.
Balbutiements
[modifier | modifier le code]La tradition du carnaval mayençais n'a pas d'origine historique précise. Déjà au XVIe siècle, il est question de défilés de fous. Le carnaval de Mayence aujourd’hui est né de la rencontre des cultures carnavalesques de Mayence et de Cologne, grâce à des échanges commerciaux importants au début du XIXe siècle. Après la formation de la Confédération allemande, les idées libérales (révolutionnaires) ont marqué les esprits. Elles restent très présentes, malgré leur négation par les puissances réactionnaires.
Le carnaval sous le Troisième Reich
[modifier | modifier le code]Après la prise de pouvoir par les nazis les associations du carnaval sont dissoutes les unes après les autres. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le carnaval n'a pas lieu. Après la guerre, le commandant français de la ville, Louis Théodore Kleinmann s'investit pour remettre sur pied le carnaval de Mayence.
Carnaval de salle
[modifier | modifier le code]La tradition des Allemands est de fêter le carnaval dans des salles de banquet, particulièrement en soirées drôlatiques, partiellement déguisées, présidées par une sorte de maître de cérémonie, et appelées Kappensitzung, ou Karnevalssitzung (de), avec sketchs, sottises, parodies, danses...
Carnaval de rue
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Du samedi au mardi gras, les gens investissent les rues pour y faire la fête et assister aux défilés. Les participants (allemand et mayençais : Narren) s'interpellent par le cri de reconnaissance « Helau » et reprennent les chants de carnaval, souvent en mayençais. La vie de Mayence se déroule aujourd’hui encore sur la Schillerplatz, la Ludwigsstraße, la place du marché, devant les portes de la cathédrale[3].
Les principaux événements
[modifier | modifier le code]- Jeudi : Le point culminant du Carnaval rhénan et du Carnaval de Mayence débute le jeudi avant le Lundi des Roses, Mardi gras et le Mercredi des Cendres. Traditionnellement appelé « le carnaval des filles », il y avait longtemps la tradition que les femmes coupent les cravates aux messieurs ce jour-là. Comme il y a de moins en moins de porteurs de cravates, la tradition s’est un peu perdue. La Schillerplatz, place au centre de la ville, se remplit de milliers d’adeptes au carnaval déguisés dès le matin. La fête continue sur les places de la ville et se termine dans de nombreux bars et salles de fêtes[4].
- Vendredi : Au-delà des nombreux bals costumés et autres soirées déguisées, la soirée carnavalesque « Mayence reste Mayence » organisée par plusieurs clubs du carnaval de la ville est diffusée en direct à la télévision nationale (Das Erste ou ZDF) dans toute l’Allemagne depuis les années 50 et comme émission régulière depuis 1973. Cette émission télévisée qui dure presque 4 heures et réunit des millions de téléspectateurs devant le petit écran, a aussi contribué à la popularité du carnaval de Mayence dans tout le pays et toute l’espace germanophone.
- Samedi : défilé des jeunes masqués, qui serpente traditionnellement à travers les rues de la vieille ville. Les thèmes des déguisements concernent la ville, l’école, le quotidien des enfants et des jeunes. Les défilés de quartier sont le point de rencontre des gardes, des recrues et des fous. Après le défilé, une prestation de serment des recrues est une étape importante des bals costumés.
- Dimanche : défilé des quartiers Mainz-Finthen et Mainz-Bretzenheim
- Lundi des Roses : défilé officiel (Rosenmontagszug), qui draine près de 500 000 personnes dans les rues. Les personnes sur les chariots distribuent des cadeaux à la foule, surtout des bonbons. Les sociétés de carnaval préparent l’événement majeur de la saison durant toute l'année[5].
- Mardi gras : cortège au quartier Mainz-Mombach, et corso en voiture dans la ville[6].
Musique de carnaval
[modifier | modifier le code]Les principaux groupes de musique de carnaval sont des fanfares colorées.
Les thèmes les plus abordés sont l'amour, le vin, l'attachement à Mayence, la solidarité dans les quartiers de la ville, la tolérance vis-à-vis des minorités et des étrangers : Mayence, il faut la vivre, et La cathédrale frétiller sont les meilleures devises.
Personnalités
[modifier | modifier le code]Littérature
[modifier | modifier le code]Le carnaval de l'année 1913 a été parfaitement décrit par l’écrivain Carl Zuckmayer dans son «Fastnachtsbeichte» (confession du carnaval).
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Werner Hanfgarn (de), Bernd Mühl, Friedrich Schütz (de): Fünfundachtzig Mainzer Jahre. Die Stadt, die Fastnacht, Jakob Wucher in Geschichte und Geschichten. Krach, Mayence 1983, (ISBN 3-87439-097-7).
- Ralph Keim (de): Fastnacht in Meenz. Sutton, Erfurt, (ISBN 978-3-86680-160-8).
- Peter Krawietz: Ein Mainzer Fasnachtsoriginal. Adolf Gottron zwischen Nationalsozialismus und Demokratie. Eine Dokumentation. In: MAINZ. Vierteljahreshefte für Geschichte, Kultur, Politik, Wirtschaft, Sonderausgabe September 2023, (ISSN 0720-5945).
- Klaus Rost: Die programmierte Sitzung, Narren im Fernsehen, Massenmedien und Fastnacht am Beispiel Mainz Mainz 1978, (de) « Publications de et sur Carnaval de Mayence », dans le catalogue en ligne de la Bibliothèque nationale allemande (DNB). (Dissertation Universität Mainz, Fachbereich 13 – Philologie I, 1978, 207 pages).
- Michael Matheus (de) (dir.): Fastnacht – Karneval im europäischen Vergleich (= Mainzer Vorträge, volume 3), Steiner, Stuttgart 1999, (ISBN 3-515-07261-6).
- Herbert Schwedt (de) (dir.): Analyse eines Stadtfestes. Die Mainzer Fastnacht (= Mainzer Studien zur Sprach- und Volksforschung, volume 1). Steiner, Wiesbaden 1977, (ISBN 3-515-02664-9).
- Günter Schenk (de): Mainz Helau. Handbuch zur Mainzer Fastnacht. Leinpfad, Ingelheim 2004, (ISBN 3-937782-07-9).
- Günter Schenk: Mainz, wie es singt und lacht. Fastnacht im Fernsehen – Karneval für Millionen. Leinpfad, Ingelheim 2004, (ISBN 3-937782-19-2).
- Günter Schenk: Mainzer Fastnachts-ABC: Fakten – Legenden – Anekdoten, Leinpfad, Ingelheim 2011, (ISBN 978-3-942291-10-1).
- Friedrich Schütz (de): Die moderne Mainzer Fastnacht. In: Franz Dumont (dir.), Ferdinand Scherf, Friedrich Schütz: Mainz – Die Geschichte der Stadt. von Zabern, Mainz 1999, (ISBN 3-8053-2000-0).
- Bianka Stahl: Formen und Funktionen des Fastnachtfeierns in Geschichte und Gegenwart, dargestellt an den wichtigsten Aktivitäten der Mainzer Fastnachtsvereine und -garden (= Wissenschaftliche Reihe, Band 14), Kleine, Bielefeld 1981, (ISBN 3-88302-033-8) (Dissertation Universität Mainz 1981, 520 pages).
- Carl Zuckmayer: Die Fastnachtsbeichte. Fischer Taschenbuch 15010, Francfort-sur-le-Main 2000, (ISBN 3-596-15010-8).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]- La rose 'Mainzer Fastnacht' (de chez Tantau) a été dédiée au carnaval de Mayence en 1964.
- Fastnacht souabe et alémanique
Liens externes
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- Carnaval de Mayence, sur Allemagne-voyage.com
- Le carnaval de Mayence 2016, sur guide.voyages-sncf.com
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Carnavals traditionnels en province de Liège - Les cris
- ↑ «Helau» et «Alaaf» – l’Allemagne fête le carnaval information sur allemagne-tourisme.com
- ↑ Vivre à Mayence
- ↑ (de) « Weiberfastnacht in Mainz 2026 », sur RLP Tourismus (consulté le )
- ↑ Le carnaval de Mayence 2014
- ↑ Helau, Helau ! Liebe, Wein und Mainz : voilà le carnaval
