Carl Larsson
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Sundborn Church (d) |
| Période d'activité |
- |
| Nom de naissance |
Carl Olof Larsson |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation | |
| Maître |
Johan Gustaf Köhler (d) |
| Personnes liées | |
| Lieux de travail | |
| Mouvement | |
| Influencé par |
Jules Bastien-Lepage, impressionnisme, Japanese Prints (d) |
| Père |
Olof Larsson (d) |
| Mère |
Johanna Carolina Erika Larsson (d) |
| Conjoint |
Karin Larsson (de à ) |
| Enfants | |
| Distinctions |

Carl Larsson, né le à Stockholm et mort le à Sundborn, près de Falun, est un artiste suédois, dessinateur et illustrateur, peintre et aquarelliste, peintre de cartons de tapisserie et de compositions murales, fresquiste et décorateur d'intérieur.
Issu d’un milieu modeste, ce peintre, francophile, a une production picturale variée. Il défend des valeurs anticonformistes, contre le dogmatisme académique de son époque. Il devient le peintre privilégié de la bourgeoisie suédoise et jouit d’une grande popularité en Allemagne.
Biographie
[modifier | modifier le code]Enfance et formation
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Il naît le dans une famille modeste de Gamla stan, la vieille ville de Stockholm. Il a une enfance malheureuse. À l'âge de treize ans, il est dans une école pour enfants pauvres. Son professeur l'incite à postuler à la principskola de l'académie royale des arts de Suède. Il y est admis. Il sera — durant les fins de semaine et fins de soirées — retoucheur de photographies en 1866. Après 1871, il est dessinateur de la revue Kasper. Pendant ses premières années, il y est peu à l'aise, très timide, se sentant inférieur à ses camarades. En 1869, à seize ans, il passe dans une classe de la même académie, où il prend confiance en lui-même, et s'investit dans la vie étudiante. Il participe avec Julia Beck, Hugo Hörlin (sv), Hugo Birger Pettersson, Signe Sohlman (sv), etc. au journal des étudiants, Palett-Skrap (sv) (Le grattoir à palette), qui paraîtra de 1877 à 1904, et où il publie des dessins.
Devenu peintre d'histoire, il reçoit une médaille d'or pour ses contributions à l'histoire de la Suède. Une bourse lui permet de gagner Paris en 1876/1877. Il passe quelques mois au sein de l'école de Barbizon. Il découvre en 1876 la colonie artistique établie à Grez-sur-Loing, près de Fontainebleau, une communauté internationale d'artistes. Il commence à peindre des tableaux anecdotiques sur les joies de la vie à la campagne et dans les jardins. Ces toiles se situent dans le courant dominé par l'impressionnisme[1], avec une note personnelle, une finesse de trait, une préférence pour les teintes vaporeuses et transparentes. Il s'exprimera de plus en plus à travers l'aquarelle.
Il continue à travailler comme illustrateur de livres ou des journaux. Il s'installe à Paris de 1880 à 1885. Il découvre et apprend toutes les techniques françaises, souvent adaptées ou proches de celle du monde anglo-saxon. Ses idées anticonformistes se renforcent au contact du peintre suédois Ernst Josephson et des dessinateurs et artisans de l'illustration parisienne[2].
Interrogé en 1882 par la presse française, le jeune artiste répond : « Je suis suédois et - tenez-vous bien - socialiste. Je veux faire profiter, je veux faire se réjouir, non pas un seul être, mais tous ». Sans dogmatisme ni idéologie, il semble proche de l'anarcho-socialisme des milieux populaires et artistiques les mieux éduqués[3].
Depuis 1880, il fréquente assidûment la communauté d'artistes à Grez-sur-Loing, devenue majoritairement scandinave. En 1882, il rencontre la jeune Suédoise Karin Bergöö (1859–1928), qui devient son modèle[réf. nécessaire]. Il l'épouse à Stockholm le , au cours d'un bref séjour en Suède. Il revient quelques jours après à Grez, qui est d'après l'artiste « l'endroit idéal pour passer sa lune de miel », et peint l'aquarelle intitulée La Jeune Mariée. Cette époque est un tournant dans sa vie. Il peint certaines de ses plus importantes œuvres à Grez, délaisse la peinture à l'huile pour des aquarelles à sujets champêtres et à couleurs claires. Deux aquarelles, intitulées La Citrouille et La Gelée blanche, sont médaillées au Salon des artistes français, et lui apportent le succès à Paris et à Berlin. Présent à Berlin, le poète Jules Laforgue salue un maître de l'enluminure.
Un artiste polyvalent
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Il est nommé professeur à l'école des Beaux-arts de Göteborg avant 1885. Il peut fonder une famille, continuer la peinture à l'huile et produire une abondante œuvre graphique.
Il séjourne à Paris fin 1888, réalise trois grandes huiles sur l'histoire de l'Art : la Renaissance, le Rococo, l'Art moderne. Ces toiles sont ses premières grandes œuvres. Il les expose, avec d'autres peintures et aquarelles, à l'exposition universelle de Paris en 1889 : il remporte une médaille d'or.
Il expose la même année à la Société nationale des Beaux-arts, et en devient sociétaire en 1890. Il continue le dessin sur le vif, et réalise des portraits, comme celui d'August Strindberg, en 1899.
L'oeuvre
[modifier | modifier le code]Il reste un artiste polyvalent aux créations de dimensions modestes, à la fois illustrateur et dessinateur, aquarelliste et peintre, décorateur et fresquiste, et voire tardivement graveur et lithographe.
L'illustrateur a été influencé par le modèle français et anglais. Il illustre les Poèmes d'Anna Maria Lenngren à Paris en 1884, puis ses Contes en 1885. Il devient l'illustrateur attitré de l'œuvre d'August Strindberg. Il se place dans la tradition artistique et folklorique suédoise. Il réalise aussi des cartons de tapisserie modernes.
Le dessinateur excelle dans les esquisses improvisées. À partir de 1890, son dessin d'illustration prend une allure japonisante par les contours. Il est un des premiers auteurs de bande dessinée suédois, avec quelques histoires en images.
En 1884, l'aquarelliste connaît le succès à partir de sa série de scènes de plein air. L'aquarelle Céramique, visible autrefois au musée du Luxembourg à Paris, montre un dessin soucieux de la netteté du trait.
Le peintre mise sur le symbolisme qu'il a appris au cours de sa réflexion sur la peinture d'histoire. La toile intitulée Fille d'Ève anticipe le goût à la mode de la Belle Époque.
La décoration et les grands chantiers l'attirent. En 1890, il est invité à présenter des scènes en cartons destinées à la décoration du National Museum de Stockholm. En 1892, il reçoit commande d'une série de peintures décoratives à l'attention de l'école des filles de Göteborg. Le thème est l'histoire des femmes suédoises au cours des âges.
En 1896, le fresquiste décore le hall des grands escaliers du Musée national de Stockholm, avec six grandes fresques à l'huile ainsi que le plafond du théâtre royal. Il réalise, entre 1906 et 1907, les fresques sur La Naissance du drame, au théâtre dramatique de la capitale.
Le décor sur le thème de vieilles sagas au musée national de Stockholm s'inscrit dans le symbolisme synthétique, sous l'influence de Gauguin. L'artiste reste fidèle à l'art des écoles du Nord. Le soin du détail, le dessin précis aux contours sombres lui permettent de générer des formes claires et des arabesques. Il est accusé de reproduire dans ses autres registres artistiques son art de l'illustration.
On redécouvre l'ampleur et la multiplicité de son œuvre à l'exposition Lumière du Nord de Paris en 1987. Il peut être rapproché de celui d'Erik Werenskiold, organisateur du champ artistique norvégien. Les deux maîtres proposent une vision du monde empreinte d'optimisme et ajoutent une touche de fantaisie ou un rappel symbolique à la gravité morale. Le suédois, farouche indépendant, est resté marginal, de par son mode de vie familial.
Un peintre intimiste de sa famille et de sa maison
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La famille Larsson aura huit enfants : Suzanne (1884), Ulf (1887, mort à 18 ans), Pontus (1888), Lisbeth (1891), Brita (1893), Mats (1894, mort à 2 mois), Kersti (1896) et Esbjörn (1900). La famille s'installe à Sundborn en Dalécarlie. La famille et la maison qu'il agrandit et ne cesse d'embellir deviennent ses principaux sujets dès 1890.
En 1888, le père de Karin, Adolf Bergöö, leur offre une petite maison à Sundborn, près de Falun. Les époux la décorent et la meublent. Résidence estivale puis maison de famille, elle est aujourd'hui une demeure d'artistes. Les descendants de la famille l'ouvrent tous les ans aux touristes, de mai à octobre.
Un regard sur le monde de l'art
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Larsson continue de lutter contre les idées reçues. Il se brouille avec ceux qui veulent imposer et justifier une esthétique. Pour lui, l'équilibre des compositions et la nuance des couleurs doivent être recherchées par chaque artiste. En 1898, fidèle aux idées partagés avec Ernst Josephson, Carl Olaf Larsson refuse un poste de professeur à l'académie des Beaux-Arts de Stockholm.
L'artiste considère ses œuvres monumentales, les fresques dans les écoles, la décoration dans les musées et d'autres bâtiments publics, comme ses réalisations les plus importantes.
Sa dernière œuvre monumentale, Midvinterblot, créée en 1915 pour le dernier mur des escaliers du musée national des Beaux Arts de Stockholm, est refusée par la direction du musée. Cette œuvre et cet épisode biographique inspireront le roman Sacrifice à la lune[4]. Elle ne sera installée qu'en 1992. Dans ses mémoires, Jag (« Je », c'est-à-dire « Moi-même »), publiées après sa mort, Carl Larsson dit son amertume et sa déception : il considérait cette oeuvre comme son chef-d'œuvre.
Postérité
[modifier | modifier le code]La popularité de Larsson va profiter du développement de l'impression en couleur dans les années 1890. L'éditeur suédois Bonnier publie des livres écrits et illustrés par lui, contenant des reproductions de ses aquarelles. Larsson écrit et illustre un album Ett hem (Un Foyer) en 1899. Il publie sur le même thème l'album Åt solsidan (Du Côté du soleil) en 1910.
En 1909, l'éditeur allemand Karl Robert Langewiesche (1874–1931) publie, sur le même principe, Das Haus in der Sonne. Il devient un best-seller, vendu à travers l'Allemagne à 40 000 exemplaires, et réédité plus de 40 fois jusqu'en 2001. Ce succès fait l'étonnement des époux Larsson. Il se continuera après leur mort. Le décor lumineux de leur maison en Dalécarlie, sur aquarelle, photographie, ou vu par le visiteur, influencera l'architecture et la décoration d'intérieur en Scandinavie.
De nombreuses expositions rétrospectives lui ont été consacrées, en France comme en Suède[5].
Lieux d'exposition
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- Musée des beaux-arts de Göteborg : Octobre, 1882. Triptyque Fürstenberg (Rococo, La Renaissance et L'Art moderne), 1889. Autoportrait devant la glace, 1900.
- Musée d'Helsinki
- Musée de Stockholm (Nationalmuseum) : Peinture en plein air, 1885 - Le peintre de plein air en plein hiver, 1886 - Portrait de Strindberg, 1889 - Convalescence, 1899 - Le panneau A Swedish fairy Tale, de 1897, dans lequel l'artiste a réalisé tant les peintures latérales que la sculpture en ronde bosse de la partie centrale.
- Mora (Suède) (collection Zorn) : Fille d'Ève, 1884.
Autres lieux :

- Huiles sur toile : Nature morte aux fleurs, Deux enfants dans un paysage d'été, 1877, Jeune fille dans un paysage fleuri, Fillette, Fillette à la fenêtre, L'Atelier du sculpteur, Falsk Holbein, Portrait de femme, La Fille de la sorcière, 1881, Heksens døtter 1881, Le Jeu de cache-cache, L'Enfant au cheval de bois, 1900, Vénus, 1904, Jour de fête, 1904, Un Lapon, 1910.
- Aquarelles : La Route du village, Soirée sous la lampe, Petite fille dans une chambre d'enfant, Femme lisant un journal au bord du chemin, 1886, Mes biens-aimés (aquarelle sur papier)...
- Autres techniques : Le Repas du soir (encre et aquarelles), Portrait de Anne-Marie Warburg, 1893 (aquarelle et gouache), Tournesols (encre, aquarelles et gouache), Jeune homme debout, 1884 (plume), Portraits de jeunes filles (fusain et craie de couleur), Couple de jeunes gens dans un intérieur (plume), La fille du peintre dans un jardin (gouache et plume), Croquis de chevaux et vaches au pâturage (crayon).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Bernard Denvir, Les Impressionnistes, les artistes et leurs œuvres, Paris, Gründ, (ISBN 2-7000-2040-5), p. 383
- ↑ Ernst Josephson, peintre suédois né en 1851 et mort en 1906 à Stockholm est déjà le chef de file des peintres suédois qui s'opposent depuis 1879 à l'académisme national, jugé sclérosant. Il crée en 1885 avec R. Bergh et C. Larsson un mouvement d'opposition contre l'académisme. Atteint de schizophrénie au cours d'un séjour sur l'île de Bréhat en 1888, ce puissant penseur des arts disparaît quasiment de la vie artistique.
- ↑ Le socialisme, idéologie politique, est encore plus rare. Ce terme, plus jeune que son cousin idéologique, le libéralisme, n'a pas encore été galvaudé par les terribles abus du vingtième siècle. Une généreuse politique des compagnies françaises de chemin de fer en faveur de son personnel pouvait être louée en employant le qualificatif socialiste.
- ↑ Marcus Sedgwick, Sacrifice à la lune, Thierry Magnier, 2013
- ↑ « Carl Larsson », sur Petit Palais, (consulté le )
Fictions
[modifier | modifier le code]- La vie de Carl Larsson et de son entourage a inspiré à Philippe Delerm le roman Sundborn ou les Jours de lumière, Éditions du Rocher, Monaco, 1996 (ISBN 2-268-02342-7).
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (sv) Georg Nordensvan, Svensk Konst och Svenska Konstnärer i nittonde århundradet. 2. Från Karl XV till sekelslutet, Stockholm, Bonnier, 1928.
- (sv) Carl Larsson, Jag, Stockholm, Albert Bonnier, 1931.
- « Carl Larsson », in Dictionnaire universel de la peinture, tome IV, Paris, Le Robert, 1975.
- G. Cavalli-Bjarkman, B. Lindvall, Le monde de Carl Larsson, Californie, 1982.
- H.H. Brummer, Complete catalogue of graphic works, Uppsala, 1983.
- Lumière du Nord, [catalogue d'exposition], Paris, 1987.
- Bo Lindwall (préface), traduit du suédois par Anna Gibson, Carl Larsson, aquarelles, Bibliothèque de l'image, 1994, 96 p. (ISBN 9782909808055)
- Vibeke Röstorp, Le Mythe du retour. Les Artistes scandinaves en France de 1889 à 1908, Stockholm, Stockholms universitet, 2013.
Liens externes
[modifier | modifier le code]- (sv + en) Carl Larsson-gården
- « Carl Larsson » sur carllarsson.net
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la bande dessinée :
- Ressource relative à la musique :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
