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Binche

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Binche
Binche
La Grand Place avec l'hôtel de ville, le théâtre et la collégiale Saint-Ursmer.
Blason de Binche
Héraldique
Image illustrative de l’article Binche
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Hainaut Province de Hainaut
Arrondissement La Louvière
Bourgmestre Laurent Devin (PS)
Majorité PS (Majorité absolue)
Sièges
PS
MR-CI
PTB
EPB
31
20
8
2
1
Section Code postal
Binche
Bray
Waudrez
Buvrinnes
Épinois
Leval-Trahegnies
Péronnes-lez-Binche
Ressaix
7130
7130
7131
7133
7134
7134
7134
7134
Code INS 58002
Zone téléphonique 064 et 065
Démographie
Gentilé Binchois(e)[1],[Note 1].
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
33 784 (2025)
47,88 %
52,12 %
551,83 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
18,91 %
59,58 %
21,51 %
Étrangers 8,96 % ()
Taux de chômage 19,03 % (2022)
Revenu annuel moyen 18 189 €/hab. (2021)
Géographie
Coordonnées 50° 24′ 37″ nord, 4° 09′ 55″ est
Superficie
– Terr. non-bâtis
– Terrains bâtis
– Divers
61,22 km2 (2023)
77,53 %
12,38 %
10,09 %
Localisation
Localisation de Binche
Situation de la ville dans l’arrondissement de La Louvière et la province de Hainaut
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Binche
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Binche
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
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Binche
Géolocalisation sur la carte : Hainaut
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Binche
Liens
Site officiel www.binche.be

Binche (prononcé : /bɛ̃ʃ/ ; en wallon : Bince) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La ville est située dans la région du Centre sur l'axe reliant les villes de Mons et de Charleroi.

Ville fortifiée entourée de 25 tours, elle est célèbre pour son carnaval reconnu en 2003, par l'UNESCO comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité et pour son patrimoine architectural.

D’origine médiévale, Binche a traversé les siècles en vivant des événements militaires marquants, entre guerres et pillages, ainsi que diverses dominations espagnole, française, autrichienne et hollandaise. Elle a aussi accueilli des figures célèbres comme Charles Quint, Marguerite d’York, Marie de Hongrie, Henri II, les archiducs d’Autriche ou encore Napoléon. Au fil du temps, la ville s’est développée grâce à l’industrie de la dentelle, aux brasseries et aux charbonnages, et préserve dans son centre historique des monuments emblématiques tels que l’hôtel de ville ou la collégiale Saint-Ursmer.

Le nom de Binche pourrait provenir du latin Binchium, dérivé de Bincina, signifiant « colonie ». Selon une autre hypothèse, la source viendrait de Binez, terme celtique pour désigner une courbure de rivière[2].

Diverses orthographies de Binche sont relevées dans les textes historiques :

  • Bincium : en 1124, 1182, 1193, 1200, 1229, 1248 ;
  • Binzium : en 1159, 1204, 1206, 1209 ;
  • Bins : en 1162, 1197, 1460 ;
  • Bonc : en 1167, 1179, 1181, 1239 ;
  • Binchium : en 1177, 1246, 1258 ;
  • Bince : en 1279 ;
  • Bains : au XVIe siècle ;
  • Beins : aux XVIe siècle et XVIIe siècle ;
  • Binch : en 1232, 1256, 1790.

Géographie

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La ville de Binche est située dans la région du Centre, entre Charleroi et Mons à l'est de la province de Hainaut.

Structure communale

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Battignies a fusionné avec Binche le grâce à la loi du .

Binche fusionne avec Bray, Buvrinnes, Epinois, Leval-Trahegnies, Péronnes-lez-Binche, Ressaix et Waudrez lors de la fusion des communes de 1977.

# Nom Superf.
(km²)[3]
Habitants
(2025)[3]
Habitants
par km²
Code INS
1 Binche (I)
dont Battignies
3,64 8.794 2.416 58002A
2 Ressaix (VII) 4,27 4.214 987 58002B
3 Leval-Trahegnies (V) 7,78 6.477 833 58002C
4 Épinois (IV) 3,63 1.676 462 58002D
5 Buvrinnes (III) 16,36 1.979 121 58002E
6 Waudrez (VIII) 8,97 2.717 303 58002F
7 Bray (II) 6,30 3.085 490 58002G
8 Péronnes-lez-Binche (VI) 10,28 4.837 471 58002H
Total 61,22 33.784 552 58002

Communes limitrophes

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Morphologie urbaine

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Quartiers et lieux-dits

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Vue aérienne.

Les Pastures, Faubourg Saint-Paul, Faubourg Saint-Jacques, Faubourg du Posty, Transvaal, Battignies, ancienne commune rattachée en 1881, le Four à Chaux, le quartier des Millionnaires, le quartier résidentiel de l'Athénée et le quartier de la gare

Porte Neuve, porte de la Sablonnière, porte des Mélion, porte à Pollewaignon, porte Notre-Dame, porte du Posty et porte à Selvèle.

Outre le limon et le sable, le sous-sol de Binche est constitué de schiste, de grès et de houille déposée il y a plusieurs centaines de millions d’années lors de l’ère primaire, pendant la période géologique du Carbonifère. Le grès de Bray a servi à la construction de l'hôtel de ville de Binche et du palais de justice.

Les terrils qui ponctuent le paysage binchois sont constitués de résidus miniers, principalement de schistes et, en plus petite quantité, de grès carbonifères et de résidus divers.

Binche se situe sur la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Cette faille correspond à une importante ligne de rupture géologique située à la limite nord du massif du midi (Condroz-Ardenne), apparue au paléozoïque[4].

Topographie

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Binche est situé au sommet d'un escarpement rocheux au pied duquel coule la rivière Samme. Mis à part les terrils, les parties les plus élevées de la commune de Binche (environ 150 m) sont situées au sud-est à Buvrinnes. C'est là que la rivière Samme prend sa source. L'altitude la moins élevée (environ 50 m) se situe à Bray au niveau du ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.

On note également la présence de plusieurs terrils, résultat de l'exploitation minière dans la région du Centre : le terril Sainte-Élisabeth, Sainte-Marguerite, de la Caspienne, Sainte-Barbe, Saint-Albert et Sainte-Marie qui atteignent jusqu'à 175 m d'altitude.

Hydrographie

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La Samme (aussi appelée La Princesse) qui prend sa source à Buvrinnes traverse le territoire de Binche en passant à Ressaix, Épinois, Binche, Péronnes-lez-Binche et va se jeter dans la Haine à Trivières[2]. La rivière a été canalisée et est voûtée dans les parties urbaines de Binche. Cela n'a pas empêché qu'à de nombreuses reprises, la Samme inonde certaines parties du territoire et de la ville de Binche. La Samme reçoit le ruisseau de Bonne-Espérance avant d’atteindre Péronnes ainsi que la rivière Bruille.

Le territoire de Bray est traversé par le ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.

Évolution démographique

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Démographie: Avant la fusion des communes

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  • Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

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En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.

  • Source : DGS, de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvier[5]

Préhistoire

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Des fouilles organisées et des trouvailles imprévues ont permis de confirmer que la région était habitée par l’homme dès le Paléolithique supérieur, et peut-être même dès le Paléolithique inférieur. Découverts en plein air sur les territoires de Battignies, Leval, Ressaix et Épinois, les gisements de silex se sont révélés être parmi les plus riches du Hainaut[6].

Dans l'Antiquité, Binche et la vallée de la Haine faisaient partie du territoire de la peuplade gauloise des Nerviens. Des fouilles archéologiques effectuées entre 1905 et 1914 au lieu-dit de la Courte ont permis de découvrir à Leval-Trahegnies des tombes celtes où l'on a pu mettre au jour plusieurs accessoires dont une goupille d'essieu, trois anneaux de rênes ainsi que des céramiques de belles qualités. Cet ensemble de découverte est attribué au IIIe siècle av. J.-C. On prétend que le nom Binche dériverait du nom celtique de « Bincz » qui désigne une courbure d'une rivière[7].

À l'époque romaine, la commune de Binche se trouvait sur le tracé de la chaussée Brunehaut, voie romaine menant de Bavay à Tongres construite à l'instigation d'Agrippa gendre de l'empereur Auguste. Une borne milliaire de l’époque d’Antonin (IIe siècle apr. J.-C.) a ainsi été trouvée à Péronnes-lez-Binche en bordure de la chaussée Brunehaut. Cette borne milliaire est à présent conservée et exposée au Musée royal de Mariemont. La chaussée Brunehaut est à l'origine d'une bourgade, le vicus Vogdoriacum ou vogo Dorgiacum, ville des Nerviens dans la province romaine de Belgique Seconde, situé à Waudrez à 2 kilomètres du centre de Binche. C'était pendant l'époque gallo-romaine, un lieu d'étape et une agglomération commerçante d'une certaine importance où se vendent les produits de l'industrie locale. Le site archéologique occupe une surface de 70 ha. Des recherches archéologiques ont mis au jour une grande habitation romaine, avec installation de bains et un puits de 3 mètres de diamètre et 14 m de profondeur. Des monnaies, des poteries, des objets en fer, en bronze, des céramiques en terre sigillée y sont également découverts. Depuis 1976, les origines et le devenir de ce relais gallo-romain sont présentés au Musée gallo-romain de Waudrez[8].

Vodgoriacum aurait atteint son apogée durant les règnes des empereurs Trajan (98-117), Hadrien (117-138) et Antonin le Pieux (138-161)[9].

Les remparts médiévaux de Binche.

Vers la fin du VIe siècle, la chaussée romaine reliant Bavay à Cologne, devenue impraticable, est restaurée sur ordre de la reine d’Austrasie, Brunehaut. Les habitants de la région, tournés vers l’agriculture, gagnent en aisance grâce à leur travail acharné. Au début du VIIe siècle, de grandes exploitations apparaissent à Waudrez et dans l’actuelle Binche, alors dépendance de Waudrez, qui, à partir de 653, fait partie des biens de l’abbaye de Lobbes[10]. En 974, près de Binche, à Péronnes, une bataille oppose les fils de Régnier Ier, surnommé au Long Col et premier comte de Hainaut[Note 2], aux troupes de deux usurpateurs. La légitimité l’emporte. Vers la fin du XIe siècle ou le début du XIIe siècle, l’un des successeurs légitimes du comte du « comté des Nerviens »[Note 3] prend une décision clé : construire un donjon à l’extrémité orientale de son domaine à Binche, sur son alleu, une terre lui appartenant en propre à Waudrez[10].

Au début du XIIe siècle, Binche relève ainsi de Waudrez, une terre libre ne dépendant d’aucun fief et placée directement sous l’autorité du comté. On y trouve probablement une petite agglomération[11]. En 1124, il se nommait Bincio (il existe une forme néerlandaise inusitée[12] Bing[13]).

Essai de reconstitution de l’ancien castrum des Comtes de Hainaut Aquarelle de E. Devreux.

Baudouin IV, comte de Hainaut, également connu sous le nom de Baudouin le Bâtisseur, construit le premier château de Binche au XIIe siècle et entoure la ville de puissants remparts, qui sont presque entièrement préservés à ce jour. Le château est connu sous le nom de « Château de la Salles » au XVe siècle. Philippe le Bon, duc de Bourgogne, restaure le château en 1461. Marguerite d'York, veuve de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, qui a reçu Binche en dot l'agrandit vers 1500 d'un corps de logis[14]. On a longtemps cru qu’un promontoire rocheux entouré par une rivière avait inspiré la construction d’un donjon comtal, probablement carré, autour duquel se seraient élevées des maisons protégées par des fortifications[Note 4]. Mais des recherches archéologiques récentes révèlent que la première enceinte n’a pas été érigée dans le prolongement de cette tour et que la fondation de Binche lui serait antérieure, si tant est que ce donjon ait vraiment existé. Une tour de surveillance carrée, la « Tour des Chevaliers », aurait été bâtie au XIIIe siècle, près du système défensif du quartier Saint-Paul où, au début des années 1200, se trouvait un moulin, alimenté jusqu’en 1848, accolé à un pont en bois plus tard appelé « Pont d’Arcole ». Ce pont servait à inonder le bas des fortifications en cas de siège[15][16].

Binche rompt avec la structure en damier et le forum hérités de la Rome antique pour privilégier une implantation sur un relief favorable à la défense. Les rues, rarement larges, s’étendent selon les besoins et mènent à une place publique où se tiennent marchés, processions et fêtes populaires. C’est la veuve de Baudouin, Yolende, qui apporte à Binche son premier essor économique, en faisant appel entre 1120 et 1125 aux marchands et artisans. De l’ancien alleu de Waudrez auquel elle est encore rattachée, elle détache des dizaines d’hectares, offrant à quiconque choisit de s’y installer un statut privilégié. Elle fonde ainsi une ville neuve. Le pourtour de la première enceinte de Binche englobe surtout la place du marché, et le rétrécissement formé par l’actuelle rue Notre-Dame laisse penser qu’une des portes primitives de la ville se trouvait là. Dès 1147, la ville possède déjà un système défensif très efficace en ces temps de guerres quasi constantes, ainsi qu’un « castrum » attesté par le récit des visites de Saint-Bernard dans plusieurs villes belges pour y prêcher la deuxième croisade[17][18].

Dès 1147, la ville est protégée par de solides fortifications. Peu après leur achèvement, entre 1147 et 1150, le fils aîné de Baudouin IV meurt et est inhumé dans l’église paroissiale. En 1155, un doyenné voit le jour lorsque le doyen de Binche, Antoine, appose son sceau sur une charte de Lambert, abbé de Lobbes. En 1171, Baudouin IV, surnommé le Bâtisseur, fait ériger une chapelle castrale qu’il place, selon son souhait, sous le patronage de Saint-Servais. Au fil des ans, l’agglomération ne cesse de croître[19].

La collégiale Saint-Ursmer.

Dès le XIIIe siècle, la ville se dote de halles et d’une corporation de drapiers, témoignant de son essor commercial. À partir de 1304, des banquiers venus du nord de l’Italie s’intéressent à la jeune cité. Au début du XIIe siècle, le « Moustier Sainte-Marie » voit le jour, futur siège de la collégiale Saint-Ursmer. Celle-ci ne prendra ce nom qu’en 1409, lors du transfert des reliques du saint de Lobbes à Binche. La ville devient alors un haut lieu de vie religieuse, attirant de nombreux pèlerins. Le quartier Saint-Jacques doit son nom à un refuge accueillant les voyageurs en route vers Saint-Jacques-de-Compostelle, par conviction ou en expiation d’un délit. Quant au béguinage, dit « des Cantimprets », qui abritait des sœurs sans vœux et préfigurait les Récollets installés en 1590, il serait né en même temps que la ville. Une église attenante est dédiée à Sainte-Élisabeth[20].

Sous les ordres de Baudouin V, fils de Baudouin IV, les remparts sont rehaussés, mais il connaît moins de réussite politique que son père. Attaqué par les troupes de son beau-père Philippe d’Alsace, et malgré son surnom de « Courageux », il doit se réfugier dans sa forteresse de Mons, d’où il voit les flammes dévaster les villages voisins. Godefroid, duc de Louvain, accompagné de 400 chevaliers et de 4 000 fantassins et cavaliers, passe devant Binche et campe aux Estinnes, également détruites. Sa fille Jeanne, gouvernant avec fermeté, agrandit l’enceinte pour atteindre environ 2 000 mètres de courtines et de remparts percés de six portes : la porte de Bruxelles, la porte de la Savenière ou de la Sablonnière, la porte de Mons ou de Mélion (ou « Milion »), la porte Saint-Paul[Note 5], la porte Saint-Jacques, et la porte de la Roquette ou du Posty. Jeanne obtient aussi de l’abbaye Sainte-Rictrude le hameau Sainte-Eusébie, correspondant à celui de Battignies. Vers 1260, à l’intersection de la chaussée Brunehault et de la route de Binche à Péronnes, une maladrerie est construite pour soigner les victimes de la lèpre[21][22].

Les rues sont entièrement bordées d’édifices publics, de petites boutiques, de magasins, d’hôtels particuliers et de maisons privées, dont beaucoup sont faites de bois ou de torchis avec des poutres en colombages. Dans la ville et ses alentours proches, de nombreux moulins tournent sans arrêt, utilisant leur force motrice pour diverses activités comme moudre le grain ou produire de l’huile[23]. Les rues de la ville évoquent ce passé marchand du Moyen Âge[24].

La vie en ville est généralement paisible, hormis quelques incidents mineurs. En 1252, trois cents hommes de main envoyés par Marguerite de Constantinople sévissent en Hainaut, surtout dans la prévôté de Binche[Note 6], qu’ils épuisent avec de lourds impôts. Les habitants, serfs ou affranchis, travaillent sans relâche les champs autour de la ville ou exploitent les 326 hectares de bois du comte. Binche accueille l’une des premières écoles du Hainaut, ainsi qu’un hôpital lié à un béguinage présent depuis le début du XIIIe siècle. Cette prospérité se maintient pendant de longues décennies, jusqu’à la fin du XIVe siècle[23].

Le , le comte Jean offrit à son vassal Abraham de Binche, sans doute pour le récompenser de ses services, une parcelle de terre entre sa maison et le mur du supposé donjon comtal. Cette propriété couvrait une grande partie du quartier Saint-Paul et longeait le tracé de la Samme. Au XVIe siècle, elle passa entre les mains des chevaliers Jehan Lestandart de Montigny puis de la famille de Greus. En 1380, les Prémontrés de Bonne-Espérance l’acquirent pour y établir un refuge. Trois siècles plus tard, l’abbé Englebert la revendit au doyen de la ville, Claus. Il n’en restait alors qu’une masure en ruine que les soldats de la garnison française commencèrent à démolir pour récupérer les matériaux. Au XIXe siècle, le site fut transformé en magasin de denrées coloniales pour la firme Bette, d’où son surnom populaire de « Cave Bette ». Classé en 1955, le refuge de Bonne-Espérance fit l’objet en 1993 d’une campagne de réfection menée par Joseph Delwart, prélude à la restauration de l’enceinte qui permit de mettre au jour un mur à arcades probablement issu des fortifications du XIIIe siècle[25].

Après la mort de Marguerite de Constantinople, Binche revient aux comtes de la maison d’Avesnes et s’impose parmi les cités importantes du Comté de Hainaut. Sa prospérité débute clairement avec l’arrivée des banquiers lombards. En 1306, Philippines de Luxembourg, épouse de Jean d’Avesnes et installée à Binche dans un château surnommé « Salle », autorise ces banquiers à s’implanter en ville moyennant une redevance annuelle de 600 livres blancs. Le commerce du vin connaît aussi un bel essor, soutenu par le statut de cité douairière, privilège dont la ville bénéficie pendant plusieurs siècles[26]. Au cours de cette année, un incendie accidentel a détruit tout un quartier[23]. En 1311, le comte fait construire une chapelle. En 1325, un incendie détruit une série de maisons en bois ou en torchis, proies faciles pour les flammes[23].

Pendant le conflit entre l’Angleterre et la France, vers les années 1330, de nombreux États européens deviennent le théâtre de luttes intenses entre grands seigneurs. En 1334, Guillaume Ier, fils de Philippine, s’allie aux Princes de Belgique contre le Brabant, qui conteste les droits du comte de Flandre sur Malines. D’importantes troupes se rassemblent alors à Binche, sous le commandement de Jean de Beaufort, rapidement rejoint par les chevaliers de Beaumont. Les milices brabançonnes menacent d’attaquer le Hainaut. Pendant ce temps, le seigneur de Pottes, venu inspecter les lieux, a la bonne idée de renforcer les défenses de Binche en ajoutant sur les tours et les remparts des galeries en saillie appelées « hourds »[24]. Ils ne serviront pas, les hostilités étant très brèves et limitées à quelques régions du Brabant et du Limbourg, car le Hainaut, dans cette guerre, est allié à la principauté de Liège[23].

La guerre prend fin le  : le duc de Brabant, vaincu, réussit, grâce à l’aide du roi de France, à se réconcilier avec son adversaire. Douze ans plus tard, Binche accueille une conférence réunissant les émissaires du comte de Flandre (Josse de Hermsrode et Philippe d’Arbois), le duc de Brabant et des observateurs montois. On y arrange alors le mariage entre la duchesse Marguerite de Brabant et Louis de Maele. Au XIVe siècle, Binche est aussi réputée comme un lieu très prisé pour les rencontres internationales. Le , le comte Guillaume II est tué par les Frisons lors de la bataille de Stavoren. Sa sœur, Marguerite d'Avesnes, ayant épousé l'empereur Louis de Bavière, le comté de Hainaut revient naturellement à la maison de Bavière. Quelques jours avant la Chandeleur de 1350, Guillaume se rend à Binche pour rencontrer le comte de Namur et tenter de le convaincre de s’allier à lui. En Hollande, il est d’abord vaincu par le parti de Marguerite, avant de prendre sa revanche le en détruisant la flotte anglaise alliée à son ennemie. D’autres conflits du même genre attendent la région de Binche, déjà affaiblie par les épidémies[24][23].

Panorama de la ville avec ses remparts.

En 1348, la peste noire venue d’Asie frappe la ville avant d’atteindre Tournai et d’autres localités, y causant de lourds dégâts. Après cette épidémie, une période de grands travaux débute. Près du vieux « Moustier Notre-Dame », l’ancien cimetière est abandonné et remplacé par un nouveau, situé près des remparts. On commence également la construction d’un nouvel hôtel de ville pour remplacer l’ancienne maison communale. Les prémontrés de l’abbaye de Bonne-Espérance bâtissent, au cœur de Binche, un hôtel servant de refuge en cas de danger[27].

En 1361, après l’emprisonnement de Guillaume III au château du Quesnoy, où il mourut dans des circonstances mystérieuses, et la succession de Marguerite de Brabant, son frère Aubert, devenu régent du Hainaut, se lança dans une lutte acharnée et disputée. Les habitants de Binche craignaient une invasion de ses rivaux, notamment du duc de Brabant Wenceslas, qui décida de renforcer l’arsenal en achetant des bombardes et surtout de restaurer les remparts, très dégradés depuis des années. Les tours abandonnées furent remises en état, les fossés autour des murailles, notamment à Saint-Paul, restaurés, les portes surélevées et les créneaux réparés. Les hostilités entre le régent Aubert et Wenceslas de Luxembourg, fils du roi de Bohême Jean l’Aveugle et héritier du Brabant par son mariage avec la duchesse Jeanne, aboutirent finalement à un compromis permettant à ces deux derniers de jouir ensemble du domaine seigneurial de Binche[28].

À l’époque médiévale, les Binchois participaient activement, autant financièrement que physiquement, à la défense de leur ville. La protection était assurée par des milices armées, soumises à des règles strictes n’acceptant que des personnes aux mœurs irréprochables, chaque combattant devant prêter serment de respecter le règlement. La compagnie des Arbalétriers, ou « Serment de Saint-Georges », tenait une place importante dans la vie locale. Un premier document attestant la présence de tels guerriers à Binche date de 1372. Cette année-là, le prévôt Gérard d’Obies repoussa les attaques de bandes armées, notamment celle du Sire de Familleureux, contre l’abbaye de Bonne-Espérance. Les confréries d’archers et d’arbalétriers binchois ne furent dissoutes qu’après la Révolution française[29].

En 1398, la peste fait des ravages à Binche et décime sa population. Le début du XVe siècle voit une guerre éclater entre la Principauté de Liège et le comté de Hainaut. Les environs de Binche sont dévastés en 1408 par les Liégeois qui seront ensuite vaincus à la bataille d'Othée par les troupes hennuyères alliées à Jean Sans Peur, duc de Bourgogne[2][30].

Buste de Saint-Ursmer, le saint patron de la ville.

Les agités événements de l’an 1408 semblent avoir inquiété la population. La rébellion comptait de fervents partisans dans certaines villes proches de Binche, et la crainte de représailles était bien présente. Par précaution, les moines de Lobbes se réfugièrent alors en ville, emportant avec eux leurs trésors. Après le transfert des huit corps saints à Binche, l’église du « Moustier Sainte-Marie » adopta saint Ursmer comme patron. La nouvelle dédicace devait s’accompagner d’une procession. Saint Ursmer, né le ou en 645, portait un nom dont le radical « ursus » signifie ours[Note 7]. Selon une légende, alors que les troupes françaises investissaient la ville, saint Ursmer serait apparu en éclat de lumière sur les remparts, redonnant courage à une population inquiète. Cette croyance populaire est évoquée par une gravure du XIXe siècle, ainsi que par le nom donné à une tour et à une modeste chapelle chaulée dominant l’enceinte de la ville[31].

Au début du XVe siècle, Philippe le Bon réussit à rassembler toutes les provinces sous son autorité, s’emparant au passage du Hainaut à la dernière comtesse de Bavière, Jacqueline. Réformateur, il retire de nombreuses prérogatives aux communes au profit d’une administration centralisée. Le , il modifie le mode de désignation des jurés et conseillers binchois. La ville entre alors dans une période de fort déclin économique, tandis que de nombreux habitants critiquent la fiscalité seigneuriale, accusée de provoquer un exode croissant. Comme d’autres cités fortifiées, il renforce les défenses avec des arquebuses, face à l’usage de plus en plus répandu de la poudre à canon[32].

À partir du XVe siècle, la dentelle de Binche, produit de luxe, contribue à l'essor de la ville. Cette industrie prospèrera jusqu'au XIXe siècle malgré les vicissitudes de l'histoire.

En 1465, un maître d’artillerie est chargé de tester et d’entretenir les engins de guerre ainsi que les munitions. Deux compagnies voient alors le jour : la confrérie de Saint-Laurent et celle de Saint-Vincent, surnommée Bon-Vouloir du Phénix. Elles participent au siège de Beauvais en 1473. En 1482, Marguerite d’York, très touchée par la disparition de Marie qu’elle considérait comme sa propre fille, reçoit en jouissance le domaine de Binche, où elle s’installe dans les appartements de l’« Ostel de la Salle ». Elle n’y réside pas toute l’année, se rendant souvent dans ses autres demeures à Audenaerde, Malines et Gand. Plus tard, elle développe une affection particulière pour le château de Ter Elst, situé sur les bords de la Nèthe, en Campine[33][34]. Elle joua un rôle bienveillant pour Binche. Sa première action fut de demander des renforts militaires, suivie d’une inspection complète des fortifications. En 1491, elle fit rénover « la Salle » et, trois ans plus tard, lança la construction du couvent des « Sœurs Noires », qu’elle finança entièrement avant de doter la communauté religieuse des moyens nécessaires pour se consacrer à l’éducation des enfants pauvres et malades. Marguerite d’York offrit également au trésor de l’église Saint-Ursmer un reliquaire en or représentant le Christ en croix, la Vierge et Saint Jean-Baptiste[33][35].

Vue des vestiges de l'ancien refuge de Bonne-Espérance dit Cave Bette[Note 8] avec le musée du Carnaval et du Masque et la collégiale Saint-Ursmer.

Jusqu’à la fin de sa vie, Marguerite restera fidèle à Binche. En juillet 1497, une maladie la retient six semaines au château. En janvier 1498, elle se trouve sans doute de nouveau dans la capitale de son douaire hennuyer. En avril 1500, en route vers Chimay, la duchesse fait halte dans son douaire binchois et, au retour, y passe encore quelques jours. Elle convoque alors son receveur, Adrien de Herly, pour qu’il lui présente ses comptes.[36].

L’ancien refuge de Bonne-Espérance, avec son porche caractéristique de la fin du XVe siècle, s’ouvre sur une cour intérieure menant à trois bâtiments distincts. Le premier, en briques du XVIe siècle, présente un motif en briques émaillées représentant les armoiries d’un abbé de Bonne-Espérance. Le second, au plan complexe en pierres de Bray, repose sur de solides piliers et s’organise autour d’un grand carré central. Le troisième bâtiment possède deux étages voûtés et pavés. Depuis les deux derniers édifices, des escaliers mènent à un réseau de couloirs souterrains, dont l’un conduit aux remparts[25].

Temps modernes

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En 1503, Marguerite d’York meurt alors que Charles Quint n’a que trois ans. La régence est assurée par son grand-père Maximilien, qui la confie rapidement à une autre Marguerite. En avril 1507, les États de Hainaut reconnaissent cette dernière, Marguerite d’Autriche, comme régente. Écartée en 1514, elle retrouve son poste par décret le . À sa mort, le à Malines, Charles Quint confie la régence des « pays d’en bas » à sa sœur, Marie de Hongrie[37].

En 1513, la ville sert de base de ravitaillement pour les troupes qui combattent contre le roi de France Louis XII. Peu de temps auparavant, plusieurs de ses adversaires, dont Maximilien et Henri VIII d’Angleterre, ont signé un traité d’assistance mutuelle. Le , récemment émancipé et devenu souverain effectif des Pays-Bas, comprenant le Hainaut, l’archiduc, futur Charles Quint, fait son entrée à Binche à la tête d’une brillante troupe de seigneurs et d’hommes d’armes. Marguerite d’Autriche l’accompagne sans toutefois participer au cortège[37].

En 1521, le nouveau souverain séjourne trois jours dans la ville. L’alliance offensive et défensive conclue en 1515 avec François Ier, cousin et successeur de Louis XII, n’est déjà plus qu’un lointain souvenir. Il faut désormais se prémunir d’une éventuelle attaque française et se préparer à riposter ou à prendre l’initiative. Binche étant menacée, sa garnison est renforcée, tandis que des troupes sont envoyées à Mons pour mener une diversion dans le Tournaisis. La ville profite alors d’une certaine prospérité. De nombreux sculpteurs et orfèvres embellissent ses édifices, comme la collégiale, grâce à des œuvres venues des ateliers d’Anvers ou créées sur place par des artistes locaux. Après un temps de recul, l’industrie et le commerce du drap retrouvent tout leur dynamisme[38]. En octobre 1532, un incendie détruit 120 maisons. La gouvernante tient à offrir aux sinistrés le réconfort de sa présence et à leur témoigner son intérêt[39].

En 1528, Marie de Hongrie devient gouvernante des Pays-Bas. Elle séjourne souvent à Binche, qui devient l'une de ses résidences préférées[40][Note 9]. Charles Quint fait une nouvelle halte dans la ville pour s’assurer qu’elle est prête à faire face à un éventuel agresseur. En juillet 1543, le dauphin de France met le siège devant la cité. Son imposante armée a déjà conquis plusieurs localités et forteresses, tandis que les villages alentour sont pillés. Binche est alors en grand danger. Le , les troupes du dauphin se retirent et la ville est épargnée[41].

Carte de la ville réalisée par Jacob van Deventer en 1545, conservée à la Bibliothèque nationale d’Espagne.

En , Charles Quint, lui donne, en apanage viager, le domaine de Binche puis la seigneurie de Turnhout. Marie décide de raser la partie médiévale du château de Binche et de construire un somptueux palais à sa place. C'est l'un des premiers palais de la Renaissance aux Pays-Bas. L'architecte Jacques Du Brœucq est responsable de la conception[42]. Ce palais est bâti par 42 ouvriers, avec 499 799 pieds cubes de maçonnerie réalisés. Ensuite viennent les charpentiers, couvreurs, ébénistes, artisans et autres spécialistes. Certains arrivent d’Allemagne ou de Naples, tandis que beaucoup viennent d’Anvers, de Bruxelles et de Mons. En 1549, une grande partie du palais est terminée, mais la décoration et l’aménagement des jardins se poursuivent jusqu’à la prise de la ville par les Français en 1554[43]. En 1546, Marie de Hongrie fit exproprier 90 hectares à Morlanwelz pour y édifier un pavillon de chasse. Mariemont, entouré de sa couronne forestière sur les dernières collines dominant la Haine, lui offrait l’endroit idéal pour s’adonner à son passe-temps favori[44].

Essai de reconstitution de l’ancien palais de Marie de Hongrie (Aquarelle de l’architecte E. Devreux).

En 1549, Marie reçoit Charles Quint et son neveu, le futur roi Philippe II dans le palais de Binche. La procession impériale arrive à Binche le . Marie de Hongrie, voulant honorer l'empereur souverain des Pays-Bas organise les Triomphes de Binche : fêtes, bals et tournois se succèdent pendant six jours. À son retour en Espagne, le roi Philippe II est tellement impressionné par le palais de Binche qu'il s'en sert d'inspiration pour la construction des palais royaux d'Aranjuez, d'El Pardo et de Valsain. Brantôme dira même que le palais « faisoit honte aux sept miracles (merveilles) du monde tant renommés de l’antiquité »[45].

Peu après ces festivités, l'ancien conflit entre l'Espagne et la France reprend. La ville est assiégée par les Français en juillet 1543. Les remparts subissent de gros dégâts mais Henri II, encore dauphin, bat en retraite. Au printemps 1552, l'armée impériale entre en Picardie et détruit le château royal de Folembray. Les Français contre-attaquent : ils s'emparent de Binche le et de son palais qu'ils pillent, saccagent et incendient. La collégiale Saint-Ursmer toute proche est aussi partiellement détruite[46]. Henri II fait attacher une plaque aux ruines du palais : « souviens-toi de Folembray, reine insensée »[47].

Certaines parties du palais sont sauvées de la destruction[48]. Les travaux de restauration commencent dès 1554, mais cessent lorsque Marie quitte les Pays-Bas en 1556 pour se rendre en Espagne avec Charles Quint après que celui-ci ait démissionné de son poste d'empereur. Le Palais de Binche ne retrouverait jamais le lustre du XVIe siècle. La guerre ayant éclaté entre la France et l'Espagne, la ville est de nouveau pillée lors de sa conquête par les troupes du duc d'Anjou lors du siège de 1578.

En 1550, la ville, forte de 3000 habitants répartis dans 536 foyers, vit principalement de la fabrication artisanale de la sayette, un tissu léger réalisé à partir de laine traitée dans environ soixante-dix ateliers. Beaucoup de noms de rues actuelles rappellent les lieux où se déroulaient diverses activités marchandes au Moyen Âge et à la Renaissance. Par exemple, la rue des Bouchers, près de la Halle aux viandes, ou la rue de la Halle-au-filet, où l’on achetait le fil de lin et d’autres fibres comme le chanvre pour la corderie et la toile. La rue de la Triperie, derrière l’hôtel de ville, abritait les commerces de draps importés de Valenciennes, des Flandres et du Brabant. Les cuirs et les fourrures se vendaient à l’ancienne rue des Pelletiers, aujourd’hui rue du Biseau. En , un incendie détruisit 120 maisons, portant un coup dur à la vie commerciale. Un mois plus tard, Marie de Hongrie rendit visite aux sinistrés. Pourtant, en quelques mois, la ville se releva rapidement et gagna même en beauté, avec notamment la construction à la fin de la décennie de la première partie de la chapelle Saint-André[49].

En 1554, le roi de France Henri II mène une campagne de dévastation dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Sous les ordres de Montmorency, l’armée s’empare de Dinant fin juin, ravage Florennes, puis entre en Hainaut le . Seneffe et Mariemont sont incendiées. Fin juillet, les troupes atteignent Binche, déjà partiellement vidée de ses habitants, tandis que les chanoines de Saint-Ursmer mettent les reliques à l’abri à Mons. Après avoir ouvert de larges brèches aux Portes Neuve et de Melion, la garnison, trop faible, capitule, et la population désarmée est expulsée. Henri II entre alors dans la ville et l’incendie aussitôt. Le sac dure douze heures. Le palais de Jacques du Brœcq est pillé, mais la présence prolongée des Français empêche la destruction totale de Binche[50]. Du palais de Marie de Hongrie, seuls les tapisseries et les meubles les plus précieux furent sauvés. La campagne punitive d’Henri II se termina sur une note sombre, la guerre étant souvent aussi dure pour les vainqueurs que pour les vaincus. Les Français durent faire face à la disette, tandis que les Binchois luttaient contre la famine et la peste. Épuisés des deux côtés, les adversaires[Note 10] signèrent en 1556 la trêve de Vaucelles. Désastreuses localement, les conséquences de la destruction de Binche se répercutèrent sur toute la région[51].

La ville a perdu une bonne partie de sa population : de 718 foyers, il n’en reste plus que 403. La famine fait rage et, pendant près de vingt ans, la peste sévira de façon endémique. L’industrie du drap est à genoux : sur la soixantaine d’ateliers qui existaient, une cinquantaine ont disparu dans la tourmente. Malgré la gravité de la situation, peu après le funeste , les Binchois se mettent à nettoyer la ville, utilisant surtout les décombres pour réparer et renforcer l’enceinte. Marie de Hongrie confie alors à Jacques du Broeucq la mission de restaurer les édifices publics. En septembre, l’architecte, réactif, estime que c’est le moment idéal pour lancer des travaux d’urbanisme. On évoque aussi la reconstruction du palais, mais les fonds font défaut. Dépendante du diocèse de Cambrai, la ville de Binche demande à l’évêque de céder, pour réparer les parties abîmées de la collégiale, le produit de la quête des sept dimanches de carême. Charles Quint accorde alors à la ville, par un privilège spécial, le droit de contracter un emprunt. Et, le , il lui offre certains avantages pour accélérer le repeuplement[52]. La reconstruction du château est abandonnée après le départ de Marie de Hongrie. En 1555, Charles Quint abdique en faveur de son fils, Philippe II. Quelques mois plus tard, en septembre 1556, il part pour l’Espagne, accompagné de Marie de Hongrie et de sa sœur Éléonore. C’est dans la péninsule Ibérique que Marie s’éteindra le , au château de Jarandilla, près du couvent de Yuste où Charles Quint s’était retiré[53].

Après le sac de 1554 et le départ de Marie de Hongrie, Binche entre dans une période sombre. En 1556, une nouvelle épidémie de peste frappe, décimant 45 % de la population. Le commerce s’écroule, l’artisanat disparaît presque entièrement. La rénovation des lieux est stoppée, et celle de l’hôtel de ville ne s’achève qu’en 1572. Nobles et citadins quittent peu à peu la ville[54].

Quelques années plus tard, Philippe II, roi d'Espagne séjourna dans la région tant qu’elle resta le principal théâtre des hostilités avec la France. Après plus de trente ans de compromis stériles, d’avancées et de reculs, le traité de Casteau-Cambrésis en 1558 mit fin au conflit entre Habsbourg et Valois. Le de la même année, Philippe II fit sa première visite à Binche, où il reçut un accueil des plus chaleureux et confirma le magistrat Philippe de Terne dans ses fonctions. Débordé, ce dernier ne parvint pas à sortir la ville du marasme : les finances restaient au plus bas et il était impossible de rénover la forteresse, les ponts, les chaussées et autres bâtiments publics[55].

En 1578, à la mort de Requesens, la « Pacification de Gand » scelle l’unité des XVII provinces contre la présence espagnole. Philippe II nomme comme nouveau gouverneur son demi-frère, Don Juan d’Autriche. Binche rejoint les États Généraux, plus sous la pression de l’opinion publique que par réelle conviction. Malgré la nomination, à la Chandeleur de 1578, d’une majorité de conseillers pro-espagnols, la ville rechigne à accueillir de nouveau des contingents militaires. Le , une trentaine de Binchois partent pour Mons afin de se procurer des arquebuses. En chemin, ils sont surpris et capturés par des soldats de Don Juan qui les conduisent à Vaillanpont. Plusieurs sont présentés devant le gouverneur, dont l’identité reste secrète. Jehan Defaulch, capitaine des Binchois, et Guillaume Noyart sont chargés de retourner à Binche et de transmettre un message au premier magistrat, Charles Ansseau. Les édiles maintiennent leur refus, tandis que la population, échauffée, organise d’elle-même la défense des remparts[56].

Les troupes du duc d'Anjou rentrent dans Binche.

Le , vers 10 heures, de Croy prend position sur la place. Dès le premier assaut, les citoyens ouvrent le feu sur l'armée de Philippe II. Cinq cents paysans des environs, armés de piques, se joignent à eux. Des morts sont relevés des deux côtés. Les autorités barricadent la halle aux munitions. À minuit, le comte, fatigué d’attendre, met le feu aux portes Saint-Paul et Saint-Jacques. Des centaines d’habitants accourent aussitôt pour bloquer la route aux assaillants. Au matin du 13 mars, les armes se taisent[57]. Le gouverneur fait son entrée dans la ville et s’installe dans une partie de l’ancien palais de Marie de Hongrie. Depuis Binche, Don Juan va, pendant quelque temps, tracer les grandes lignes de sa politique. Le , il publie un placard promettant l’amnistie à tous les rebelles prêts à servir à nouveau le roi. Furieux de la « trahison » de Binche, il lance une enquête pour trouver les responsables qui ont livré à l’Espagne cette position stratégique entre Bruxelles et Liège. Désireux de ramener la ville sous contrôle royal, l’espoir renaît avec l’arrivée du duc d’Alençon, dernier frère vivant d’Henri III. Après avoir pris sans résistance la forteresse d’Havré, il reçoit, un mois plus tard, l’ordre de marcher sur Binche. Le , il passe en revue son armée à Bonne-Espérance. Alençon dispose d’au moins quinze pièces d’artillerie. La ville est surveillée par deux régiments : l’un au tertre de la Justice, l’autre aux portes de Bruxelles et de Mélion. Des mercenaires allemands occupent le chemin de Labuissière, près de la porte de Charleroi[58].

Après le siège, la ville de Binche se rend au duc d’Anjou, le . Au premier plan le duc d’Anjou à cheval, derrière lui ses armées marchent dans la ville.

Le château de Marie de Hongrie, haut de plus de dix mètres, encaisse les boulets les uns après les autres. Le , les coups de canon se font plus rares, les réserves françaises de poudre étant presque vides. Les assiégeants finissent par élargir la brèche déjà entamée dans les remparts qui protègent les jardins princiers. Épuisée, la garnison est sommée de se rendre. L’ennemi pénètre alors dans l’enceinte et massacre tout ce qui bouge, laissant 300 corps sur le sol. Le duc intervient pour mettre fin au carnage. La ville a dû payer le double du prix initialement prévu[59].

Le , la ville est contrainte de se rendre. Les troupes victorieuses se livrent alors à de nouveaux pillages et à de multiples violences, occupant les lieux pendant plusieurs mois. Les dernières décennies du siècle alternent entre agitation et accalmie. Les travaux de reconstruction continuent, mais sans hâte. La cheminée de la salle du Conseil, à l’hôtel de ville, arbore encore le millésime 1572. En 1587, la tour rectangulaire du beffroi fut équipée de nouvelles cloches. Pendant ce temps, la collégiale retrouva l’éclat qu’elle avait avant 1554, avec le remplacement des colonnes gothiques par des piliers en grès. La tour fut reconstruite. En 1592, Thiry Bidart fit ériger un jubé pour fermer le chœur. En 1598, les récollets s’installèrent dans les maisons abandonnées du vieux béguinage, près de la porte de la Sablonnière, à l’emplacement de l’ancien couvent des sœurs du Saint-Sacrement. Au XVIIe siècle, une chapelle dédiée à Sainte-Anne fut construite à Battignies par Jean de Jonquoy, abbé de Marchienne-en-Ostrevent[53].

Le XVIIe siècle est un siècle de malheur pour les Binchois. En 1626, la peste refait son apparition à Binche et y fait de nombreuses victimes[2]. De nouvelles guerres éclatent entre la France et les Espagnols dont Binche fait les frais. La ville est prise d'assaut par les Français en 1643, 1654 et 1667. En 1672, elle est prise par les Hollandais en guerre contre la France[2].

Le , Gérard de Croy, prévôt de Binche, escorté par 25 cavaliers, remet les clefs de la ville aux nouveaux souverains des Pays-Bas, l’infante Isabelle et l’archiduc Albert. Sur la Grand-Place, un arc de triomphe a été dressé, portant en latin un hommage au couple princier : « Tel que Minos fut pour la Crète, Lycurgue pour Sparte et Solon dans la citadelle de Cécrops, tel il sera, par la volonté bienheureuse des dieux, celui qui, Prince, a entrepris de diriger notre monde ». L’ancien archevêque de Tolède et son épouse sont hébergés dans une aile du château de Marie de Hongrie, réaménagée pour l’occasion. Non loin du château s’élève un portique dorique surmonté d’un chronogramme. En signe de remerciement aux Binchois, les Archiducs offrirent à la collégiale de somptueux ornements sacerdotaux[60][61].

Les archiducs viendront souvent à Mariemont, s’arrêtant plus d’une fois à Binche pour montrer leur attention à la ville. Pour relancer l’industrie du drap, ils essaieront de rouvrir les ateliers, mais avec peu de réussite. Ils offriront des aides aux agriculteurs pour acheter engrais et outils aratoires. Ils feront creuser davantage les fossés de défense et soutiendront les travaux de reconstruction et de restauration[62].

Alors que les occupations militaires et les sièges s’éloignent, Binche profite de ces périodes d’accalmie pour lancer de nouveaux chantiers. Vers 1613, la seconde partie de la chapelle Saint-André est construite, voûtée de la même façon que la première, érigée sous Marie de Hongrie. Deux ans plus tard, les archiducs Albert et Isabelle inaugurent la plus grosse cloche de l’église Saint-Ursmer, baptisée « Marie » en hommage à la gouvernante Marie de Hongrie. Elle est installée dans la partie supérieure de la tour, reconstruite en briques en 1583. Le carillon de l’hôtel de ville, doté de 26 cloches, daterait également de leur règne. Les Archiducs ont approuvé la restauration partielle d’un château, qui fut ensuite largement transformé en carrière de pierres. En 1704, un décret ordonna sa démolition jusqu’à la fin de l’époque espagnole. Par la suite, la ville, appauvrie, ne put plus entretenir un tel édifice. À Binche, on retrouve encore de nombreux éléments de fenêtres, linteaux et pierres éparpillés, témoignant de cette dispersion. L’église du Saint-Sacrement (désacralisée), aussi appelée église des Récollets et construite en 1707, fut en grande partie bâtie avec des matériaux provenant du palais. Après la Révolution française, des tonnes de terre furent utilisées pour combler les dénivellations, ouvrant la voie à la création d’un parc public vers 1834[63].

La ville a à peine retrouvé sa prospérité d’autrefois. Même si la situation est bien meilleure que durant la seconde moitié du XVIe siècle, elle reste peu reluisante. Ce regain de vie, un peu artificiel, ne dure pas. En 1637, Henri de la Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne, prend Beaumont. Pour contrer ses ambitions, le cardinal-infant don Ferdinand d'Autriche, successeur d'Isabelle, envoie à sa rencontre 10 000 soldats d’infanterie wallonne. Le passage des troupes inquiète les Binchois, qui apprennent bientôt, soulagés, que Turenne a dû battre en retraite[64].

En 1643, Binche voit arriver les restes de l’armée vaincue à Rocroi. Le duc d’Enghien prend la forteresse malgré la résistance courageuse mais vaine de la garnison. Les Français désarment la population, pillent l’arsenal et la maison de paix, ignorant les supplications du magistrat. Les provisions et réserves de grains de la halle sont réquisitionnées de force. La ville aura du mal à se relever de la défaite espagnole. En 1648, le traité de Westphalie est signé. En 1653, une nouvelle attaque française frappe le Hainaut. Les villages et faubourgs alentour sont ravagés, mais la forteresse de Binche résiste. Pendant plusieurs années, les habitants subiront encore bien des vexations de la part des soldats en garnison[65][64]. L’incertitude s’installe durablement et la confusion, tout comme la morosité, ne cessent de grandir. L’Espagne, qui gouverne les dix provinces belges, dont le Hainaut, est toujours en guerre. Des troupes font régulièrement halte à Binche, que la ville doit héberger et nourrir à ses frais[64].

En 1653, les Français reprennent l’initiative et ravagent la région sans parvenir à prendre Binche. L’année suivante, Turenne s’en empare sans résistance, livre la ville au pillage et, comme le veut la coutume, impose une lourde contribution de guerre. La misère est partout : des dizaines de maisons sont abandonnées par leurs occupants, partis tenter leur chance ailleurs. Après le traité des Pyrénées, un sixième du territoire hennuyer devient français, mais Binche reste, provisoirement, une prévôté espagnole[64].

En juin 1667, les troupes de Louis XIV pénètrent de nouveau dans la ville, cette fois sans véritable résistance. Le commandement de la garnison ordonne la remise en état de certaines sections des remparts et des zones habitées de l’ancien palais. Le traité d’Aix-la-Chapelle met fin à la Guerre de Dévolution, permettant à Louis XIV de conserver une partie de ses récentes conquêtes. Binche restera sous domination française jusqu'au . Au début du XXe siècle, on découvre des plans élaborés par Vauban prévoyaient de transformer les fortifications de Binche en bastion en étoile, mais le projet est abandonné faute de ressources suffisantes. Perchée sur un éperon rocheux, la ville n’offre vers l’intérieur qu’une pente trop douce. Dès le Moyen Âge, on a dû rehausser les murs et combler avec des remblais. Plus tard, avec l’amélioration de l’artillerie, on s’est rendu compte que l’autre versant de la vallée traversée par la Samme était bien trop proche des remparts. Jugés trop vulnérables, ces derniers ont perdu tout intérêt stratégique. En 1675, Louis XIV fit donc démanteler la place[66][64].

En 1672, la guerre contre la Hollande éclata et dura dix ans. Les Hollandais, après avoir échoué devant Charleroi, se tournèrent vers Binche qu’ils assiégèrent et rançonnèrent. À la suite du traité de Nimègue, le , Binche fut réintégrée aux Pays-Bas espagnols. Le , après la victoire des alliés à la bataille de Fleurus, le maréchal de Luxembourg traversa Binche et installa son camp à proximité. Dès lors, et jusqu’au traité de Ryswick en 1697, la ville resta sous domination française[67][64].

Après le XVIIe siècle, Binche perd toute importance comme place de guerre et son palais a quasiment disparu. À partir de 1733, la route reliant Binche à Mons est achevée ce qui permet la reprise du commerce et le retour de la prospérité. La liaison routière entre Binche et Charleroi ne sera terminée qu'à partir de 1810.

En 1702, des drapiers de Thuin souhaitent s’installer dans la ville. Des discussions s’engagent entre leurs représentants et le magistrat de Binche. Les négociations traînent un peu, ce qui agace les Thudiniens, pressés de conclure un accord, car les conditions leur deviennent de plus en plus insupportables. Enfin, en 1705, ils obtiennent l’autorisation de s’établir à Binche, redonnant ainsi un certain dynamisme à la vieille industrie du drap. Au début du XVIIIe siècle, la vie est tranquille. Les récollets profitent de cette accalmie pour lancer la construction d’une église dédiée au Saint-Sacrement, un chantier qui durera soixante ans. Pour bâtir le chœur, ils récupèrent des éléments architecturaux de la chapelle de l’ancien palais de Marie de Hongrie. Délaissé, en ruine et abîmé, le palais est finalement démoli. En 1707, un incendie détruit aussi l’ancien hôtel du comte de Lalaing[68].

En 1709, après la bataille de Malplaquet, Eugène de Savoie et ses troupes prennent Binche, causant peu de dégâts. En 1711, les Français reviennent, s’installent à Waudrez, Péronnes et dans les Estinnes, et mènent de lourdes razzias dans les campagnes. En 1713, Villars remporte la victoire à Denain et, peu après, les belligérants signent le traité d’Utrecht. L’Autriche remplace l’Espagne dans l’administration des provinces belges, marquant le début d’une période de paix où Binche retrouve le goût de vivre[68]. À partir de 1718, de grands travaux sont lancés : amélioration des accès à la ville, construction d’une route pavée reliant Binche à Mons et à Villers-Saint-Ghislain, et plus encore. Une foire annuelle dédiée aux chevaux et aux marchandises voit le jour. Peu à peu, une certaine prospérité s’installe au cours de la seconde moitié du siècle[68].

Carte de la région de Binche par Joseph de Ferraris.

En 1726, la princesse Marie-Élisabeth, nommée par Vienne, traverse Binche pour se rendre à Mariemont. Elle meurt en 1741. En 1743, Marie-Thérèse succède à Charles VI sur le trône d’Autriche et, à la mort de sa tante Marie-Élisabeth, devient gouverneure générale des provinces belges. Une nouvelle guerre éclate : Louis XV, roi de France, envahit le Hainaut, installe son camp à Binche et impose de lourdes taxes à la ville. En juin 1744, repoussant leurs ennemis dans la plaine de Fontenoy, près de Tournai, les Français remportent une victoire annonciatrice d’autres succès. Ils s’emparent rapidement de tout le territoire, de l’Escaut à la Meuse. Binche subit alors les lois de l’occupation et de l’annexion. Le traité d’Aix-la-Chapelle, signé le , rétablit la situation d’avant-guerre et replace Binche sous domination autrichienne[68].

Après quelques années d’interruption, le redressement amorcé reprend de plus belle. Les tentatives de rénovation menées par les drapiers venus de Thuin portent leurs fruits. La ville et les États du Hainaut soutiennent cette renaissance, et Marie-Thérèse décerne le titre de « manufacture royale » à l’établissement du seigneur de Remaulcourt, qui produit diverses étoffes de bonne qualité. Les filletiers, couturiers, cordonniers, chapeliers et autres métiers connaissent également une belle activité. À Binche, à cette époque, on compte aussi une bonneterie, deux tanneries, une chamoiserie et une trentaine à une quarantaine de dentellières, dont il faut souligner l’habileté et le goût du travail bien fait[69]. Au XVIIIe siècle, les dentellières de Binche travaillent aux fuseaux, installées sur leurs coussins, chez elles ou devant leur porte lorsque le temps est clément. Elles confectionnent le « fond de neige », très prisé par une clientèle de nobles et de bourgeois[70].

L'hôtel de ville avec sa façade du XVIIIe siècle.

Vers 1750, les premières machines à vapeur et pompes à feu améliorent les conditions d’extraction des richesses du sous-sol, notamment la houille. Quelques exploitations minières voient le jour dans la région. Ce sont de petites entreprises aux installations rudimentaires et sans grande importance. Leur développement entraînera la création de nouvelles industries, comme les verreries et la métallurgie. Chaque année, Binche célèbre son carnaval avec exubérance. La procession du Saint-Sacrement, tout comme la ducasse en l’honneur de Saint-Ursmer, attire la plupart des confréries, y compris celle des Archers, à qui un règlement accordé par l’impératrice Marie-Thérèse, le , octroie chaque année 80 livres pour services rendus. Les augustins font bâtir un nouveau collège et, vers 1785, ouvrent une école pour les orphelins indigents. L’église des récollets est dégagée grâce à la démolition de maisons, rendant ainsi la Grand’rue[Note 11] accessible. L’architecte Laurent-Benoît Dewez retravaille l’extérieur de l’hôtel de ville[70].

En 1780, Joseph II succède à Marie-Thérèse et confie les provinces occidentales à sa sœur Marie-Christine et à son mari, le duc Albert-Casimir de Saxe-Teschen. Ses réformes suscitent du mécontentement. En 1783, il décide de supprimer les communautés religieuses menant une vie contemplative, forçant les récollectines de Binche à se disperser. Leurs biens sont confisqués et vendus aux enchères publiques. Malgré leur agacement, les Binchois conservent leur calme. En 1787, ils manifestent via les États du Hainaut et, quand les troubles éclatent à Bruxelles, ils décorent les rues et font sonner les cloches pour montrer leur enthousiasme. Évidemment, les autorités réagissent. Deux compagnies autrichiennes débarquent à Binche le de la même année pour calmer l’ardeur patriotique d’une ville qui compte alors environ 3 900 habitants[70].

De nombreux habitants arborent la cocarde tricolore pour marquer leur opposition au régime. Pour affaiblir le mouvement, l’occupant décide d’arrêter le chanoine Carpentier. Ce dernier réussit à s’échapper, mais ses biens sont saisis en représailles. Les perquisitions, menées en nombre par les Autrichiens, permettent de trouver des armes et de menacer la ville de lourdes sanctions. Les Binchois ne restent pas tranquilles pour autant : les discussions et les actes de sabotage se poursuivent. Après l’arrestation d’un résistant, de nouvelles émeutes éclatent. La halle aux blés est saccagée, et des pierres sont lancées contre les fenêtres des maisons des « valets » du gouvernement de Vienne. On décide alors que la ville sera occupée en permanence par les troupes[70].

Une fois les Autrichiens partis, les armes ressortent de leurs cachettes. Plusieurs dizaines de Binchois, fusil à l’épaule, se dirigent vers Namur, où l’ennemi tient la citadelle. Des volontaires sont recrutés pour poursuivre les combats en vue de libérer le territoire. Mais un désaccord éclate entre les deux principaux chefs de la révolution, faisant craindre le retour des Autrichiens. Pour parer à toute éventualité, les volontaires du Hainaut se rassemblent à Mons en juin 1790, leur armée devant rejoindre celle des patriotes des provinces belges. Finalement, les Autrichiens reprennent le dessus. La restauration autrichienne ne dure pas longtemps. En 1792, la guerre éclate entre la France révolutionnaire et l’Autriche, qui pénètre en Hainaut et inflige une défaite à l’ennemi lors de la bataille de Jemappes. Le comte de Clerfayt, à la tête d’environ 7 000 Belgo-Autrichiens, tente d’éviter le désastre. Le , à Neerwinden, il prend sa revanche. Grâce à cette victoire, les Autrichiens reprennent pied en Belgique, mais pour peu de temps. Dès octobre 1793, les Français reprennent l’offensive et remportent la victoire, tandis que de nombreux bûchers s’allument à l’horizon : Mariemont, les abbayes d’Aulne et de Lobbes. Quatre ans plus tard, l’Autriche abandonne la Belgique[71].

Pendant la Révolution française, l’armée de la République traverse Binche. De violents combats éclatent dans les environs, menés par Carnot et Jourdan. Retranchés sur la rive gauche de la Sambre, les Autrichiens sont à nouveau attaqués en mai 1794, les affrontements s’étendant de Grand-Reng à Binche. Le lendemain, les Français franchissent le fleuve en plusieurs endroits, incendiant l’abbaye d’Aulne et Fontaine-Valmont[72]. En 1795, la Belgique devient officiellement française et Binche est rattachée au département de Jemappes. L’hiver 1794-1795, particulièrement rigoureux, plonge la population binchoise dans la disette. À cette époque, la ville compte 178 familles dans le besoin. Craignant une famine, la municipalité écrit aux représentants du Peuple français à Bruxelles pour les alerter. Le , un chêneau de la Pépinière des Récollets est transformé en « arbre de la liberté » et planté sur la Grand’Place. Le 30 mars, un cortège réunissant administrateurs, autorités, orphelins des hospices et enfants de la ville se rassemble au pied de ce symbole de la Révolution pour écouter le discours du commissaire du pouvoir exécutif[73]. Le prévôté de Binche, qui comptait 51 villages, a été remplacé par un canton réduit à 10 communes, puis élargi à 15[71].

Après la politique de décléricalisation, les corporations religieuses sont dissoutes et leurs biens confisqués par l’État, forçant le collège des Augustins à fermer. Les religieux quittent la ville en 1796, leur couvent est abandonné, et les Récollets, tout comme les Sœurs Noires, partent s’installer ailleurs. Les chanoines de Saint-Ursmer réussissent à transférer le trésor de la collégiale à Mons. Bien que considérable à la fin du XVIIIe siècle, ce trésor finira tout de même par tomber aux mains des républicains. En 1797, les douze derniers chanoines de Saint-Ursmer prennent la route de l’exil. L’exil des religieux et religieuses provoque alors un chaos scolaire qui dure plusieurs années. Les maîtres laïcs compétents sont rares et les nouveaux programmes improvisés se révèlent inapplicables. Les rues de la ville se remplissent de jeunes livrés à l’errance. Entre 1796 et 1798, Binche devient, avec Ath, une plaque tournante du trafic de fausse monnaie[74]. Malgré tout, le commerce se porte plutôt bien. À Binche, en 1797, on recense 2 marchands-tailleurs, 18 marchands-fripiers, 61 tailleurs, 80 cordonniers, 40 dentellières, 9 marchands-chapeliers, 2 marchands-drapiers, ainsi qu’un peigneur de laine, entre autres[75].

Époque contemporaine

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Au début de l’époque napoléonienne, le conseil municipal de Binche décide de rouvrir le Collège des Augustins, aujourd’hui musée MUMASK. Fondé en 1570 sous le règne du duc d’Albe dans un hôtel appartenant à la famille de Lalaing, il fut reconstruit en 1593, agrandi par des ailes en 1738 et 1778, puis confié aux religieux du même nom. Plus ancien établissement d’enseignement secondaire de la ville, il voit sa direction confiée par le nouveau bourgmestre, Nicolas Coquiard, à Jérôme Ducarme, alors responsable du pensionnat de l’Ermitage à Épinois[76]. À la veille du sacre de Napoléon en 1804, Binche se dote d’une justice de paix, d’une école communale, d’une brigade de gendarmerie, d’un bureau d’enregistrement, d’un bureau de poste, de trois études notariales, d’une recette des droits réunis, d’un bureau central de bienfaisance, d’un octroi municipal et d’un bureau des contributions directes[76].

Au cours des premières décennies du XIXe siècle, la vie commerciale à Binche retrouve de l’élan. De nouvelles cultures, comme la betterave sucrière et la chicorée, sont implantées dans les environs. Les industries minières et métallurgiques connaissent un véritable essor, tout comme la dentelle et le tissage des toiles. Une distillerie d’eau-de-vie voit le jour. La loi du a levé l’interdiction, en vigueur sous l’époque autrichienne, d’utiliser des grains pour la fabrication de boissons alcoolisées[76].

Beaucoup de Binchois combattront aux côtés des Français pendant les guerres napoléoniennes. Plus de cinquante recevront la médaille de Sainte-Hélène, remise en 1821, année de la mort de l’empereur, aux « gardes d’honneur » ayant servi dans les rangs français de 1792 à 1815. Des batailles d'Austerlitz à Wagram, en passant par Iéna, Eylau et Friedland, ces campagnes entraînent à Binche, en plus de nouveaux impôts, l’ouverture d’un magasin militaire pour stocker les fourrages destinés à l’armée. En 1811, Napoléon traverse la ville pour la première fois, après la construction de la route reliant Mons à Charleroi. Occupée à plusieurs reprises par des troupes russes et allemandes, Binche accueille, le , les cosaques du général Winzingerode. Peu après, les deux vainqueurs, l’empereur Alexandre Ier de Russie et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III, y font aussi halte[77][75]. Lors de la Convention de Londres en 1814, Binche fut intégrée au royaume des Pays-Bas[77].

Pendant la révolution belge en 1830, plus de 400 Binchois, formés en corps de Francs-Tireurs, furent placés sous le commandement du chevalier Charles-Eugène de Biseau de Hauteville, fils du bourgmestre du même nom, promu major des volontaires. Leurs drapeaux, aux couleurs brabançonnes et hennuyères, portaient l’inscription : « Binche, union et force »[Note 12]. Le , ils participèrent à la prise de Vilvorde aux côtés de volontaires venus de Fontaine-l’Évêque, Namur et Couvin. Les principales places fortes de Wallonie tombèrent ensuite les unes après les autres : Ath, Mons, Tournai et Philippeville. En octobre, ce fut au tour de Dinant, Namur et Charleroi. En Flandre, les Binchois poursuivirent leur avancée, combattant à Walhem et à Berchem avant d’atteindre Anvers, où le souverain fit retirer ses troupes[78]. En 1832, la ville a reçu le drapeau d'honneur pour sa participation à l'indépendance du pays[79].

En 1834, la ville aménage un parc. En 1845, une route est ouverte, reliant la ville à Saint-Vaast et rejoignant celle de Bray à Nivelles, en passant par La Louvière, alors simple hameau. Deux ans plus tard, une autre route est tracée vers Merbes-le-Château. Puis, en 1858, la ville est connectée à Givry, via les Estinnes, par une voie rejoignant la chaussée de Mons à Beaumont[80].

Au XIXe siècle, diverses industries étaient installées le long de la rivière Samme en utilisant sa force hydraulique et ses ressources en eau : les tanneurs, corroyeurs, brasseurs et même une verrerie[81].

Le XIXe siècle voit la création et le développement du transport par chemin de fer. En 1857, la Compagnie de chemin de fer du Centre construit une ligne de chemin de fer reliant Binche au réseau ferroviaire régional ainsi que d'une gare en son sein. Sa construction va accélérer l'essor industriel la région de Binche[82][83][84]. Ces développements, avec l’ouverture de nouvelles routes, la multiplication des industries et commerces et la croissance démographique, vont être des moteurs de l’essor du carnaval. Pendant ces années-là, la popularité du Gille grandit et il acquiert un nouveau statut. À partir de 1870, les autorités communales l’honorent en le recevant à l’hôtel de ville. Les fruits locaux sont alors remplacés par des oranges. Les masques de cire, portés le matin et l’après-midi, renforcent l’anonymat[85]. De 1880 à 1900, le nombre de Gilles augmentera de plus de 40 %[86].

Grâce à la création de nouvelles routes et au chemin de fer, la ville est désormais sortie de son isolement. La prospérité retrouvée s’affirme chaque jour avec plus d’assurance. Environ 150 dentellières perpétuent la vieille tradition de l’« application de Binche ». Les moulins, qu’ils soient à vent ou à eau, disparaissent peu à peu, remplacés par la vapeur qui actionne un moulin installé au faubourg de Charleroi. Deux tanneries, chacune équipée de trois cuves, fournissent le cuir nécessaire à 125 ou 130 cordonniers. Les artisans de la chaussure à Binche sont réputés et disposent d’une large clientèle, dont l’armée est le principal client. Autour de la ville, les charbonnages connaissent un essor important. Un hameau de Saint-Vaast, proche de Binche, se développe rapidement et devient en quelques années la ville de La Louvière, qui compte 7 000 habitants en 1865 et obtient son indépendance administrative en 1869[80].

À cette époque, la révolution industrielle imprime sa marque sur le paysage binchois avec l'exploitation de la houille en vue de son utilisation dans l'industrie sidérurgique. En 1857, la société Desmedt-Van Montfort décide de sonder la concession minière de Ressaix. Elle y crée la Société du Centre dont le siège est implanté aux Trieux. En 1882, cette société s'étend au nord-ouest en absorbant la concession du Levant de Péronnes, une zone qui comprend entre autres des extensions vers Binche et Waudrez qui compte alors deux puits, le Puits de la Garde de Dieu et le Puits de recherche no 1. Ces puits, jugés trop pauvres, ne sont par la suite plus exploités[87].

En 1860, une verrerie s’installe près de la gare de Binche, qui, à l’époque, compte des industries très variées : cinq brasseries, une teinturerie, plusieurs distilleries, des raffineries de sel, des fabriques de savon, des chapelleries et des fabriques de fleurs artificielles, une coutellerie ainsi que de nombreux tailleurs d’habits travaillant en atelier ou à domicile. En 1865, la ville organise un concours international de musique réunissant 32 sociétés étrangères. En 1879, affirmant sa vitalité, elle met sur pied une grande exposition industrielle et agricole[80].

Le terril de la Caspienne, ou Terril Lavoir du Centre, qui domine les campagnes au nord de Binche.

En 1886, la Société du Centre fonde un second siège : les Trieux no 2. Cette société est ensuite achetée en vente publique par Évence-Narcisse Coppée, grand industriel et financier belge détenteur depuis 1879 d'une cokerie à Ressaix. Celui-ci entreprend une unification des sociétés minières limitrophes par le rachat de celles-ci. En 1890, la Société des Charbonnages de Leval-Trahegnies, active depuis 1872 et possédant le siège de la Courte ainsi qu'un ancien puits, nommé « Georges », situé à Epinois est rachetée par Évence-Narcisse Coppée. La Société du Centre change alors de nom pour devenir la Société des Charbonnages de Ressaix. Sa production est alors de 85.000 tonnes de charbon par an, un charbon gras qui sert à développer plusieurs batteries de fours à coke. D'une qualité inégalée, le coke produit participe grandement à l'essor des fonderies du Centre. En 1891, la société absorbe la seconde partie de la concession des Charbonnages de Péronnes, la concession de la Princesse, une puissante zone d'exploitation houillère qui comprend alors : le siège no 2 Sainte-Marie, no 4 Sainte-Barbe et no 5 Saint-Albert. Parallèlement, les terrils se dressent dans le paysage de Binche avec les terrils Sainte-Élisabeth, Sainte-Marguerite, de la Caspienne, Sainte-Barbe, Saint-Albert et Sainte-Marie[87]. Dans la seconde moitié du XXe siècle, les ressources houillères de la région s'épuisent progressivement. L'activité extractive des Charbonnages du Centre prend fin en 1969 après avoir assuré la prospérité économique de la région.

Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, sous le règne de Léopold II, la ville ne cesse d’améliorer sa physionomie urbaine. La municipalité lance une série de grands chantiers : extension de la distribution d’eau potable, installation de l’éclairage au gaz puis renforcement par l’éclairage électrique, restauration de l’hôtel de ville qui retrouve sa façade d’origine, restauration et dégagement de la collégiale, construction d’un hôtel des Postes, d’une Justice de Paix et d’une caserne de gendarmerie[88].

Les puits de mines se multiplient, la demande en main-d'œuvre est énorme et les ouvriers affluent. Les villages des environs voient leur population croître rapidement. Binche, qui ne comptait que 5 131 habitants en 1840, atteint en 1890 le chiffre de 10 525 habitants. Des maisons sortent de terre, de nouveaux quartiers apparaissent et se développent. Les charbonnages ne sont pas les seuls à avoir contribué à l’expansion démographique. Vers 1875, deux cimenteries s’installent en ville, tandis que des ateliers de construction métallique ouvrent à Battignies. En 1885, une chocolaterie prend place rue Wanderpepen. La verrerie, quant à elle, agrandit ses installations et met en service un four à bassin dès 1894. Au début du XXe siècle, l’arrivée de lignes de tramway en 1903 et 1909 facilite et accélère les déplacements des habitants des zones rurales vers la ville[89].

Les activités traditionnelles restent bien sûr valorisées. En 1896, on compte 718 cordonniers binchois, contre environ 400 en 1880. Pourtant, cette industrie artisanale va rapidement décliner dans les années suivantes. Dans le domaine de l’habillement, en revanche, tout se passe bien. Comme pour la cordonnerie, on trouve, en plus de quelques ateliers collectifs, de nombreux travailleurs à domicile. En tout, en 1896, 936 personnes, hommes et femmes, travaillent pour 54 entreprises de confection, dont 6 ou 7 tiennent une place importante. L’une des plus influentes est l’« Alliance Populaire », fondée en 1884 avec un capital de 60 000 francs. Avec un chiffre d’affaires annuel de 650 000 francs, l’entreprise peut reverser environ 33 000 francs de bénéfices à ses actionnaires. En 1910, le nombre d’entreprises de confection passe de 54 à 80, employant une main-d’œuvre spécialisée coupeurs, apprêteurs, apiéceurs, giletières (toutes des femmes), culottiers, etc. pour un total de 2 046 personnes. On peut dire qu’entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, toute la Belgique, surtout la Wallonie, ainsi qu’une partie des Français proches de la frontière, s’habillaient grâce à la production binchoise[89].

Au fil des décennies du XIXe siècle et jusqu’en 1921, le bourgmestre Eugène Derbaix, élu en 1885, initia en 1916 des fouilles archéologiques sur le site de l’ancien palais de Marie de Hongrie. Il fit construire une nouvelle gare, inaugurée en 1911, et ériger le monument de l’Indépendance, rendant hommage aux révolutionnaires de 1794 et de 1830, aux soldats de la Première Guerre mondiale et aux déportés de 1916, l’ensemble étant dominé par une figure féminine symbolisant la ville. Pendant son mandat, fit démolir les taudis accolés aux remparts et bâtir de nouvelles maisons ouvrières[90].

Le , l'avant-garde anglaise du maréchal French parcourt les rues sous les acclamations enthousiastes des habitants. Dans l’après-midi, ils creusent des tranchées le long de la voie ferrée vers Erquelinnes, près de la route de Mons. Ce jour-là, la bataille de la Sambre éclate. Le général français Lanrezac tente de refouler les soldats allemands de l’autre côté de la rivière[91].

Le , les Allemands arrivent à Péronnes et installent un rideau de 50 pièces d’artillerie de chaque côté de la rue de Nivelles. Dans la sucrerie près du Pont de la Princesse, 150 Britanniques, armés de seulement trois mitrailleuses, vont opposer une résistance héroïque face à 5000 hommes[91]. Vers midi, alors qu’ils étaient sur le point d’être anéantis, ils parviennent à s’échapper vers Bray après avoir mis hors de combat des centaines d’ennemis. Quatre d’entre eux trouvent la mort et quinze autres sont blessés. Les habitants de Péronnes paient cher ces affrontements : 60 maisons, plusieurs granges, des écuries et trois fermes sont incendiées[91]. Quelques jours après, dans ce village, des soldats allemands découvrent les corps de deux de leurs officiers. Furieux, ils signalent la mort de l’un d’eux. Traduit devant un simulacre de conseil de guerre, le bourgmestre Alphonse Gravis tente en vain de prouver son innocence. Lui et son domestique sont condamnés à mort et exécutés sur le perron de la maison communale[91], le [92].

Le , la ville est occupée par les troupes allemandes[93]. Ils apparaissent sur la grand-place et prennent possession de l'hôtel de ville[91]. L’état-major de von Zwehl prend ses quartiers à Binche, dans le château du bourgmestre Eugène Derbaix. Les bâtiments publics, écoles, ateliers et usines débordent de troupes et de matériel. De nombreuses maisons privées sont réquisitionnées pour héberger officiers et soldats. Des régiments ne cessent de traverser la ville : fantassins, cavaliers, pièces d’artillerie, convois en tout genre. Un cortège de mortiers autrichiens de 42 cm passe en direction de la frontière française[94].

Le , 615 Binchois furent déportés en Allemagne, au camp de Wittemberg, et seize d’entre eux y trouvèrent la mort[95][96][97]. Le , sur les routes de Mons et de Merbes, on assiste à la déroute des troupes ennemies, poursuivies dans leur retraite par des avions alliés. Au cours de la nuit suivante, un entrepôt allemand installé dans une verrerie située rue de Versailles est choisi comme cible[98]. Le , jour de l’armistice, les Anglais entrent dans la ville[99] suivi par les écossais[100].

Le , une bombe s’abat sur un bâtiment de l’avenue de Brulet, provoquant de gros dégâts mais sans faire de victimes. Ce même jour, la Wehrmacht perce une brèche de 100 km entre Sedan et Namur. Le , elle entre à Binche. Dès cette année-là, la résistance belge voit ses rangs grossir au fur et à mesure que les souffrances et privations de la population s’intensifient. Fin 1942, Binche et ses 130 hommes font partie du groupe de résistants G-391, qui deviendra le Refuge B-30 « Alouette », puis B-40 « Le Roitelet »[101]. À partir de 1943, les perturbations se multiplient et gagnent en importance. Les sous-stations électriques de Trivières et de Péronnes sont dynamitées, privant de courant plusieurs charbonnages et usines. Certains jours, après que des ouvriers binchois se sont battus avec des soldats allemands, la ville est encerclée, 250 hommes sont arrêtés et déportés outre-Rhin pour être employés dans l’industrie[102].

Le , près de Binche à Vellereille-le-Sec, 24 wagons de train sont lancés à la dérive dans la rampe d’Harmignies et déraillent sur une portion de voie détruite par une explosion, rendant la ligne inutilisable pendant six jours. Dans la nuit du 2 au , une colonne allemande en retraite se dirige vers Binche, mais est attaquée par les Américains près du carrefour de Bois-Bourdon[102]. Le , les premiers soldats américains et alliés libèrent la ville en arrivant par la rue de Mons et en entrant sur l’avenue Charles Deliège.[103].

Juste après la libération en 1947, la ville a commémorée les festivités de 1549 organisées par Marie de Hongrie en l’honneur de son frère Charles Quint[104]. Depuis le début du XXe siècle, de nombreux projets de logements ouvriers ont été lancés pour reloger les habitants vivant dans des taudis le long des remparts. En 1950, un ambitieux plan de nouveaux quartiers à Binche a vu le jour, mais seule une partie a finalement été concrétisée[105]. Un nouveau quartier a vu le jour au-delà de Battignies, un peu à l’écart de l’Athénée royal. L’extension du quartier de l’Athénée, en partie sur des terrains cédés par la commune, s’étend largement vers l’avenue Marie-José et la proche agglomération de Ressaix[106].

Au niveau administratif, l'ancienne commune de Battignies est rattachée à Binche dès 1881[107][108]. Le , les communes de Bray, Buvrinnes, Épinois, Leval-Trahegnies, Péronnes-lez-Binche, Ressaix et Waudrez et de Binche sont fusionnées. La section de Binche est le chef-lieu de l'entité binchoise qui regroupe l'ensemble de ces anciennes communes. En 2024, la ville a célébrée son 900e anniversaire[109],[110].

Héraldique

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Blason de Binche. Les armoiries octroyées en 1838 montraient les armoiries des seigneurs de Binche qui ont dirigé la ville pour les Comtes de Hainaut. En 1857, les armoiries ont été changées et se basaient alors sur le sceau de la ville de 1245. Ce sceau montrait le château local l'un des principaux châteaux des Comtes de Hainaut. De part et d'autre du château se situent deux petiots écus, un avec les armoiries du Hainaut et l'autre avec le lion de Binche. Les armoiries ont été mieux décrites (blasonnées) et octroyées à nouveau en 1980 après la fusion des communes[111].
Blasonnement : D'azur au château fort d'or, le mur d'enceinte crénelé percé de fenêtres et d'une porte à la herse levée et surmontée d'un pignon munit de quatre tours également crénelées à toit conique dont deux de part et d'autre de la porte, le troisième angle, le toit de la quatrième apparaissant derrière un donjon aux fenêtres de style gothique dont la cheminée est surmontée d'une cigogne. Le château fort est adextré d'un écu écartelé aux 1 et 4 d'or au lion de sable, armé et lampassé de gueules, aux 2 et 3 d'or au lion de gueules, armé et lampassé d'azur (Hainaut), et senestré d'un écu d'argent au lion de sable, armé et lampassé de gueules (Binche)[112].
Ancien blason de Binche, avant l'arrêté royal du confirmé en 1980.
Blasonnement : D'argent au lion de sable armé et lampassé de gueules.
Par arrêté de la Communauté française du , la ville de Binche possède son propre drapeau, dont les motifs proviennent des anciennes armoiries : « Drapeau blanc chargé d'un lion noir, les griffes et la langue rouges »
DC - AE


Politique et administration

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Conseil et collège communal 2024 - 2030

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Ci-dessous, le tableau des résultats des élections communales de 2024[113].

Parti Voix (2024) Voix (2018) % (2024) % (2018) +/- Sièges +/- Collège
PS 11.248 11.566 55,92% 57,00% en diminution 1.08 %
20  /  31
en stagnation 0.0 Oui
PTB 2.078 - 10,33% - en stagnation 0.0 %
2  /  31
en augmentation 2.0 Non
MR-CI 5.194 3.164 25,82% 15,59% en augmentation 10.23 %
8  /  31
en augmentation 3.0 Non
EPB 1.596 - 7,93% - en stagnation 0.0 %
1  /  31
en augmentation 1.0 Non
ECOLO - 1.272 - 6,27% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en diminution 1.0 Non
DéFI - 655 - 3,23% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en stagnation 0.0 Non
Chrétien - 248 - 1,22% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en stagnation 0.0 Non
UNION - 3.387 - 16,69% en stagnation 0.0 %
-  /  31
en diminution 5.0 Non
Total 20 116 20 292 100 % 100 % 31


Collège[114]
Bourgmestre Laurent Devin (PS)
Échevins Kevin Van Houter (PS)
Larissa Davoine (PS)
Thomas Beaujean (PS)
Marjorie Alongi (PS)
Philippe Labar (PS)
Cécile Corso (PS)
Président du CPAS Frédéric Tilmant (PS)

Résultats des élections communales

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Résultats des élections et répartitions des sièges au conseil communal depuis la fusion des communes (1977). Le conseil communal de Binche, y compris le bourgmestre et les échevins, est actuellement composé de 31 membres (commune de 30 000 à 34 999 habitants). Le collège des bourgmestre et échevins de Binche comprend quant à lui le bourgmestre et 7 échevins.

Résultats des élections de 1976 Résultats des élections de 1982
Parti Votes (19 179) Sièges Parti Votes (18 975) Sièges
PS 9 657 (50,4 %) 18 PS 10 994 (57,9 %) 20
PSC 4 968 (25,9 %) 8 RC 5 598 (29,5 %) 10
PRL 2 134 (11,1 %) 3 UAC 1 490 (7,9 %) 1
RW 1 507 (7,9 %) 2 PCB 893 (4,7 %) 0
PCB 913 (4,8 %) 0
Résultats des élections de 1988 Résultats des élections de 1994
Parti Votes (18 850) Sièges Parti Votes (18 286) Sièges
PS 10 882 (57,7 %) 20 PS 10 350 (56,6 %) 21
PSC 3 228 (17,1 %) 5 NG 2 952 (16,1 %) 5
AGIR 3 036 (16,1 %) 4 OSER 2 214 (12,4 %) 3
ECOLO 1 577 (8,4 %) 2 ECOLO 1 394 (7,6 %) 1
PTB 127 (0,7 %) 0 GU 1 160 (6,3 %) 1
PTB 216 (1,2 %) 0
Résultats des élections de 2000 Résultats des élections de 2006
Parti Votes (19 129) Sièges Parti Votes (20 537) Sièges
UNION 9 131 (47,7 %) 16 UNION 9 432 (45,93 %) 16
PS 6 513 (34,0 %) 11 PS 8 154 (39,70 %) 14
PRL-MCC 2 287 (12,0 %) 3 MRB 1 367 (6,66 %) 1
ECOLO 1 198 (6,3 %) 1 ECOLO 844 (4,11 %) 0
MCB 579 (2,82 %) 0
DLC 161 (0,78 %) 0
Résultats des élections de 2012 Résultats des élections de 2018
Parti Votes (20 288) Sièges Parti Votes (20 292) Sièges
UNION 4 748 (23,4 %) 7 UNION 3 387 (16,69 %) 5
PS 11 573 (57,04 %) 20 PS 11 566 (57,00 %) 20
MR 2 672 (13,17 %) 3 MR-CI 3 164 (15,59 %) 5
CDH 1 295 (6,38 %) 1 ECOLO 1 272 (6,27 %) 1
Résultats des élections de 2024
Parti Votes (25 503) Sièges Parti Votes (..) Sièges
PTB 2 078 (10,33 %) 2
PS 11 248 (55,92 %) 20
MR-CI 8 194 (25,82 %) 8
EPB 1 596 (7,93 %) 1

Liste des bourgmestres depuis 1800

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Bâtiments de l'administration communale, installés dans l'ancien hôpital Saints-Pierre-et-Paul, rue Saint-Paul. Classé le [115]
Bourgmestres Mandat Parti
C. Lecocq 1800-1801 -
Nicolas Coquiart 1801-1823 -
Maximilien de Biseau d'Hauteville 1824-1836 -
Hubert Wanderpepen 1836-1856 Parti libéral
Gustave Wanderpepen 1856-1883 Parti libéral
Alfred Pourbaix 1884-1885 -
Eugène Derbaix 1885-1921 Parti catholique
Charles Derbaix 1921-1946 Parti catholique
Charles Deliège 1947-1970 PSB
Simone Mabille-Leblanc 1970-1973 Parti libéral (PLP)
Fernand Derval 1973-1976 PSB
Armand Le Roi 1977-2000 PSB
André Navez 2000-2006 PS / MS
Laurent Devin Depuis 2006 PS

Habitations sociales de Binche

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Le , le premier échevin de la ville, Albert Van Bastelaere (UNION) ainsi que le directeur gérant de la société Habitations sociales de Binche et environs, Philippe Gaillard, sont placés sous mandat d'arrêt. Les deux hommes sont inculpés d'abus de biens sociaux, de corruption active et sont écroués à la prison de Jamioulx[116]. Quelques jours après cette arrestation, Van Bastelaere est privé de ses attributions scabinales[117].

Élections du 8 octobre 2006

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D'après les résultats du scrutin, le parti UNION, cartel composé du Mouvement socialiste (Belgique) du bourgmestre sortant André Navez, du cdH, du parti local Oser et d'indépendants, dispose de 16 sièges sur 31. Le Parti socialiste conduit par la ministre-présidente de la Communauté française de Belgique, Marie Arena, récolte 14 sièges, le dernier siège revenant au Mouvement réformateur binchois mené par Jérôme Urbain (25 ans). Même si, de chaque côté, on affirme qu'il n'y a pas eu de «pratique de débauchage», tant dans le parti UNION qu'au sein du PS binchois, la tentation de récupérer l'un ou l'autre siège du camp adverse en vue de conforter une majorité est grande.

Un véritable coup de théâtre se produit lorsqu'une élue du parti UNION, Marie-Rose Trézegnies, décide de quitter le parti, de siéger comme indépendante et de s'allier avec le PS et le MR binchois. La nouvelle coalition négociée par Marie Arena (PS) et Olivier Chastel (MR) dispose donc de 16 sièges sur 31 et compte présenter son pacte de majorité le [118].

Scandalisés, les élus d'UNION décident alors d'organiser une manifestation chaque vendredi sur la Grand-Place de Binche. La première manifestation rassemblera environ 1 500 personnes[119].

Le premier conseil communal de la nouvelle mandature tenu le à l'hôtel de ville de Binche se déroule dans une ambiance électrique et fait la une des journaux télévisés le lendemain : Marie-Rose Trézegnies est la cible des invectives d'une foule de partisans du bourgmestre sortant André Navez. Ce dernier crée la polémique lorsqu'il annonce qu'un élu PS, Philippe Labar, ne peut prêter serment, étant donné qu'il occupe un poste d'enseignant dans cette même commune. Labar décide alors de remettre sa lettre de démission en séance, ce qu'André Navez refuse, demandant alors l'expulsion de Labar de l'hôtel de ville par la police[120]. Le résultat étant de 15 voix de chaque côté, un nouveau conseil communal est tenu le pour régler la situation. Ce jour-là, les membres de la nouvelle majorité PS-MR peuvent désormais prêter serment : Laurent Devin (PS), élu PS ayant remporté le plus grand nombre de voix devant Marie Arena, devient bourgmestre de Binche et Jérôme Urbain, élu MR devient 1er Echevin[121].

Élections de 2012 et 2018

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Lors des élections d'octobre 2012, le PS retrouve la majorité absolue au conseil communal et Laurent Devin est réélu bourgmestre. Aux élections communales de 2018, le PS obtient de nouveau la majorité absolue. Laurent Devin, réélu bourgmestre, ouvre toutefois la majorité socialiste communale au MR-CI.

Zone de Police 5912 Binche-Anderlues-Lermes[122], route de Charleroi et ZHC - Poste de secours de Binche[123], rue de la Pépinière.

Patrimoine et culture

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Patrimoine architectural et sites

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Voire : le patrimoine immobilier classé.

  • La collégiale Saint-Ursmer (XVe et XVIIe siècles)[124], classée le [125].
    La collégiale Saint-Ursmer : elle incorpore quelques vestiges du monastère Sainte-Marie, qui a présidé à la naissance de la ville de Binche[126]. La collégiale actuelle remonte au XIIe siècle et est de style roman. Le chapitre de la collégiale de Lobbes est transféré à Binche en 1409, est l'église devint une collégiale et donne le nom du patron de la collégiale de Lobbes. Au début du XVe siècle quand la communauté religieuse est transférée, les chanoines de Lobbes sont arrivés à Binche avec les reliques de Saint-Ursmer. Le remarquable trésor de la collégiale de Binche est le bras-reliquaire de saint Jacques, bras-reliquaire de saint Pierre, buste-reliquaire de saint Ursmer, etc. Le sanctuaire a contribué à l'essor de la ville de Binche au Moyen Âge[127]. La collégiale est restaurée en 1897[128][Note 13] et en septembre 2022[129].
  • L'église du Très-Saint-Sacrement dite des Récollets avant l'incendie de 2022, classée le [130].
    La chapelle Saint-André, située dans le parc communal, classée le [131].
    L'ancien refuge de Bonne-Espérance, classé le [132].
    L'église du Très-Saint-Sacrement, dite « des Récollets » . Construite à l'époque où l'ancien palais de Marie de Hongrie en ruine servait de carrière il est probable que les matériaux ont été utilisés pour l'édification de l'église provienne du palais. La nef a été reconstruite en 1767 et les fenêtres ont été adaptées en style néo-gothique en 1878[133][134]. Cette église a été incendiée en juin 2022, et est depuis soutenue par un échafaudage. Lors du passage de la tempête Ciarán, une brique est tombée de l'édifice, provoquant la fermeture de la rue des Récollets durant plusieurs jours[135].
  • Le couvent des Récollets[Note 14]. En 1598, la communauté fut installée sur l'emplacement de l'ancien béguinage de Cantimpré. Les bâtiments actuels sont construits au cours du XVIIIe siècle. En 1798, les religieux sont expulsés et les bâtiments sont occupés par les Dames du Sacré-Cœur en 1822 puis par les Servantes du Saint-Sacrement en 1880[136][136]. En 1894, la ville de Binche vend une partie du couvent à une religieuse d'Angers. En 1976, l'église devient paroissiale et l'ancien couvent devient une maison de repos[133].
  • La chapelle Saint-André[137]. Aussi appelée chapelle du Vieux cimetière, datant des XVIe et XVIIe siècles[138][139].
  • L'ancien prieuré de Prisches[126]. L’ancienne prévôté de Prische, situé sur le territoire de Battignies[Note 15]. Autrefois propriété de l’abbaye Sainte-Rictude de Marchienne, est située dans le département du Nord. Mentionnée dès 1234, elle fut exploitée par des fermiers jusqu’à la fin du XVIe siècle, puis gérée par un prévôt religieux et quelques moines jusqu’en 1802. Les bâtiments furent reconstruits en 1698 sous l’abbé Dom A. de Malapert, comme en témoigne une pierre armoriée retrouvée sur place. Le « château » et la ferme actuels, qui les ont remplacés, furent construits entre 1752 et 1756[140]. Le site est classé, le [115].
  • L'église du Sacré-Cœur : construite en 1931 par l'architecte Pire[141], elle se situe sur l'avenue de Burlet.
  • L'ancien refuge de l'abbaye de Bonne-Espérance[126]. Reconstruit au début du XVIe siècle et transformé en musée archéologique dans les années 1950 et abandonné par manque de gestion et c'est dans les années 1980 qu'on entreprit une étude archéologique complète de ce monument et suivie de sa restauration[142].
  • La chapelle Sainte-Anne de Battignies : érigée par l'abbé de Marchiennes-en-Ostrevent, Jean de Jonquoy[126]. Construite aux XVIe et XVIIe siècles en style néo-gothique, c'est un petit édifice composé d'une nef rectangulaire et d'un chevet à trois pans et surmonté d'un clocheton. À l'intérieur de la chapelle, des œuvres d'art sont conservées : une statue de sainte Anne trinitaire en chêne polychromé contemporaine, un Christ gothique en bronze doré ainsi que deux têtes d'angelots en chêne de style Renaissance datant du premier tiers du XVIIe siècle[143]. En 1899, la chapelle a été restaurée[144][145].
  • L'église Notre-Dame du Travail[Note 16]. De style art-déco construite sur les plans de l'architecte Baltazan[146]. Reprise sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.
  • L'hôtel de ville avec son beffroi, classé le [148]
    L'hôtel de ville, dont le beffroi figure au patrimoine mondial de l'UNESCO. L’édifice, datant principalement du XVIe siècle, intègre au rez-de-chaussée trois arcades gothiques qui correspondaient autrefois à la halle à viande ou boucherie communale. Il a été construit à l’emplacement de la première « maison dou bourc » ou « loge delle ville », attestée dès le XIIIe siècle. Après le sac de la ville en 1554, Jacques Du Brœucq a remanié l’édifice dans le cadre d’une campagne visant à reconstruire les bâtiments publics détruits par les incendies. Au XVIIIe siècle, l’architecte Dewez a transformé sa façade en adoptant le style néo-classique. De 1896 à 1901, l'hôtel de ville a été restauré dans son état d'origine grâce à l'architecte Pierre Langerock et à l'historien Matthieu[149][150][151][152][153]. De 2023 à 2024, la façade de l'hôtel de ville a fait l'objet d'une nouvelle campagne de rénovation, incluant la remise en peinture des armoiries, des châssis et des portes. Un gille et deux lions symbolisant le carnaval ont été ajoutés au beffroi à la suite de la proposition de l'entrepreneur[154],[155].
  • Le théâtre communal. Érigé de 1933 à 1934 sur les plans de l'architecte Paul Saintenoy[156][157], il remplace l'ancien vaux-hall érigé sous la période hollandaise[158], le théâtre fut transformé en 1990 et inauguré en 1997[159].
    La Justice de Paix, bâtie au début du XXe siècle, classée le [160].
    Le Musée International du Carnaval et du Masque (MUMASK). Le bâtiment qui abrite le musée a été classé le [142].
  • La justice de paix. Bâtie en 1902 par l'architecte Paul Saintenoy en style néo-gothique[161][160][162][163], cet édifice est situé dans l'avenue Charles Deliège.
  • L'hôtel des postes. Construit en 1895 par l'architecte Janlet, en style éclectique ou en néo-renaissance[164][165]. L'édifice a été classé le [160].
  • La gare de Binche. La première gare fut inaugurée le [83][84]. Une nouvelle gare, de style néo-gothique et conçue par l’architecte Langerock, a été construite entre 1905 et 1910[166][167] et inaugurée le [153]. L'édifice est classé au patrimoine depuis 1978.
  • L'ancien hôpital Saints-Pierre-et-Paul. Ce vaste complexe des XVIIIe et XIXe siècles, organisé autour d’un portail classique du XVIIIe siècle, fut autrefois une maison de retraite. Il abrite aujourd’hui les services administratifs de la ville de Binche ainsi qu’une bibliothèque[168]. Le bâtiment est classé le [115].
  • Le musée du Carnaval et du Masque est installé dans l’ancien collège des Augustins, construit en 1738, auquel une aile fut ajoutée en 1778. À l’origine, cet établissement scolaire de niveau moyen fut fondé en 1570 par le Binchois Jean Duquesne, chanoine de l’église collégiale Notre-Dame de Chimay. En 1727, il passa aux mains des Augustins, puis en 1881 devint l’école moyenne communale, avant de passer à l’État en 1882. Entre 1946 et 1947, il fut transformé en athénée royal. Classés en 1965, les bâtiments scolaires furent réaffectés en musée en 1975[169][170][171].
  • Les ruines du château comtal. Ancienne résidence royale de Marie de Hongrie, construite entre 1546 et 1549, et détruite en 1554 par les soldats du roi Henri II de France. Ils ont été classés le [172].
  • Quelques ponts existent encore à Binche on note notamment : le pont Saint-Jacques[Note 17] datant du XVIIIe siècle, recouvert en 1958 est situé sur la Samme et le pont Saint-Paul, qui est coupé de la Samme canalisée, ancien pont-barrage datant du XVIIIe siècle[173].
  • Le Centre de la Dentelle. Association fondée en 1989 et possédant un magasin et lieu d'expositions (« Le Fuseau ») sur la Grand Place, ainsi qu'un atelier de confection dans la rue Saint-Moustier.
  • Le château de Bois-le-Comte à Buvrinnes construit en 1883 dans un style renaissance flamande et agrandi en 1910.
  • Le Kursaal, ancien cinéma reconverti en salle polyvalente. Des évènements et spectacles y sont organisés.
Les remparts de Binche ont été classés, le [177].

Les remparts de la ville repris sur la liste du patrimoine immobilier exceptionnel de la Wallonie.

Au XIIe siècle, Gislebert de Mons désigne Binche comme une villa. Baudouin IV l’entoure d’un mur, que son fils Baudouin V est censé améliorer, mais il n’est jamais fait mention de turris. La chronologie exacte de la grande enceinte pour les époques anciennes repose uniquement sur quelques documents rares : 1289, 1308 et 1321. Le donjon n’est mentionné qu’en 1289 et paraît déjà, à cette époque, en partie abandonné. L’enceinte possédait des merlons et des créneaux. La défense se concentrait surtout au sommet des tours et le long du chemin de ronde. Des structures en bois, appelées « hourds », jouaient alors un rôle clé dans la défense active[178].

La ville a gardé une grande partie de ses remparts (la deuxième enceinte) construits en moellons et schiste locaux. Au XIXe siècle, ils ont été utilisés comme carrière et toute la face nord a fourni des pavés. Par endroits, des constructions ajoutées sont venues se coller aux remparts, les modifiant plus ou moins. L’enceinte, longue de plus de 2,1 km, enferme 22 hectares, compte au moins trente tours dont vingt-cinq sont encore debout, ainsi que six portes démolies au XIXe siècle[178]. Entre 1822 et 1850, la ville vend une partie des remparts, fossés et chemins de ronde à des particuliers, à condition qu’ils y construisent des habitations. Dans le faubourg Saint-Paul, des jardins clos sont aménagés au pied du rempart[179]. Vers 1920, les remparts du Posty étaient dégagés mais pas encore aménagés. Celui de la rue des Boulevards fut restauré dans les années 1960. La muraille reliant le rempart de Bon Secours à celui de Saint-Georges avait été démolie au début du XIXe siècle, après la suppression du quartier de l’Inquiétude et des tannées, un ensemble de taudis insalubres. L’état du rempart était si dégradé que sa démolition était inévitable. Un escalier fut construit à côté de la poste en 1922[180]. En 1972, la restauration du rempart Saint-Ursmer a été achevée[181]. De 1994 à 2000, les remparts ont été restaurés et des fouilles ont été menées grâce aux Fonds structurels européenne de l’Objectif 1 et au soutien de la province de Hainaut[182].

Monuments et statues

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Le monument au Gille à l'entrée du parc.
  • Le monument au Gille : sculpture de Gille installée à l'entrée du parc en 1952, est l'œuvre du sculpteur Robert Delnest[185].
  • La statue du Paysan, rue de Bruxelles.
  • La statue du Marin, place Pont-Martine.
  • La statue du Tamboureur, rue de la Pépinière.
  • La statue du Trompettiste, avenue Charles Deliège près de l'ancienne église du Saint-Sacrement (Récollets).
  • La statue du Pierrot, rue Saint-Paul.
  • La statue du Joueur de viole, rue Georges Dehavay.
  • La statue de l'Arlequin dans la cour du musée du Carnaval.
  • Le monument à l'Indépendance, place Eugène Derbaix. Classé le [186].
    La fontaine de l'Indépendance de la Belgique avec plusieurs statues dues à Aloïs De Beule. Inaugurée en 1932[187], elle est située au centre du square Derbaix.
  • Les statues d'Arnould de Binche, Marguerite d'York, Baudouin le Bâtisseur et de Yolande de Gueldre, personnages qui ont jalonné l'histoire de la ville[186]. Situées sur des colonnes sur le square Derbaix.
  • Les mémoriaux de René Legaux, André Boussart et de Charles Deliège situés dans le parc communal.
  • Le caveau des Combattants, inauguré en 1923 dans le cimetière de Binche par le bourgmestre Charles Derbaix[188].
  • La stèle de Luc Lange dans le parc (ancien cimetière).
  • La plaque en l'honneur de Charles Deliège imposée à l'entrée du musée du Carnaval et du Masque.
  • Les tombes des soldats du Commonwealth dans le cimetière.

Musées et centres culturels

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  • Le théâtre communal.
    Le Musée international du Carnaval et du Masque : situé dans l'ancien bâtiment de l'athénée royal (auparavant collège des Augustins), datant de 1738. Une plaque commémorant l'ancien bourgmestre Charles Deliège (1901-1970) figure à l'entrée du musée.
  • Musée gallo-romain et site archéologique de Waudrez.
  • Centre de la Dentelle et des Métiers d’Art de Binche fondé en 1989.
  • Théâtre communal de Binche.
  • Les bibliothèques communales de Binche et de Péronnes-lez-Binche.

La gare de Binche attire de nombreux réalisateurs de films et de documentaires par son impressionnante architecture néogothique ainsi que par son auvent style XIXe siècle sur le quai arrière.

C'est le cas des films :

L'église orthodoxe de Péronnes-lez-Binche a été également le lieu de tournage du film Kursk en 2018 avec Colin Firth.

Littérature

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  • Histoire de la ville de Binche, Théophile Lejeune, 1887.
  • Le Carnaval de Binche, roman de Léo Claretie, 1900.
  • Les tambours de Binche, Francis Murphy, éditions du Fleuves, 1964.
  • Le carnaval de Binche, Michel Revelard, 2002.
  • Un carnaval de Binche pas comme les autres, Stéphanie Vander Meiren et Martine Antoine, 2013.
  • Binche 40-45, Frédéric Ansion, 2020.
  • Souvenirs du carnaval de Binche, Frédéric Ansion, 2021.
  • Eliott fait le Gille pour la première fois, bande dessinée, Sabine Ruol et Nadia Bastin, 2023.
  • L'appel de la vengeance, roman policier de Lillian Gallo, 2023.

Folklore binchois

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« Gilles portant leur masque de cire ».

Le carnaval de Binche est sans doute le plus célèbre de Belgique[189],[190]. Chaque année, il attire de plus en plus de visiteurs étrangers, notamment grâce à sa reconnaissance, en 2003, par l'UNESCO comme faisant partie du patrimoine mondial en tant que chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité.

Tous les Mardis gras, près d'un millier de Gilles arborant des habits chamarrés et des masques de cire envahissent la petite cité du Hainaut. Leur nom viendrait du prénom espagnol « Gil », très courant au XVIe siècle, lorsque l'Espagne occupait les Pays-Bas. Les Binchois se seraient alors inspirés à la fois des conquistadors et des costumes des Incas pour créer la tenue des personnages de leur carnaval.

Procession religieuse

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Autel de la chapelle Saint-Ursmer avec buste reliquaire et deux reliquaires situés dans la collégiale.

La procession Saint-Ursmer, chaque année le dimanche le plus près du en l'honneur du saint patron de la ville[191].

La devise de la ville est « PLVS OVLTRE » (toujours plus loin), devise de Charles Quint.

Enseignement

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Athénée Royal de Binche, bâtiment des secondaires.

École des Arquebusiers (maternelle), école maternelle Versailles, école de la Pépinière (maternelle) et école communale de la Cité-Jardin.

Collège Notre-Dame de Bonsecours (sections primaire et secondaire), institut du Sacré-Cœur (sections maternelle et primaire), institut Provincial Charles Deliège (secondaire professionnel), Athénée royal de Binche (sections maternelle, primaire et secondaire) et Le petit collège Saint-Ursmer.

Académie des Beaux-Arts de Binche, rue aux Mourdreux.

Lieux publics

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Cimetières

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Cimetière de Binche[192], rue du Cœur Dolent.

Le Groupe Wanty, société belge familiale spécialisée dans les travaux d'infrastructure (voirie, déconstruction, génie civil, terrassement, promotion immobilière, ouvrages d'art, etc.) a son siège social à Péronnes-lez-Binche. Le groupe Wanty est composé de 20 sociétés liées et de cinq sociétés affiliées établies principalement en Belgique et emploie environ 1500 travailleurs en Belgique et à l'étranger. Depuis 2013, le Groupe Wanty s'est fait connaître du grand public au niveau national et international en sponsorisant une équipe professionnelle de cyclisme sur route qui fait partie de l'UCI WorldTeam depuis 2021.

La brasserie « La Binchoise ».

La brasserie La Binchoise est une brasserie artisanale fondée à Binche au XIXe siècle et située dans une ancienne malterie au Faubourg Saint-Paul. En 1995, la brasserie lance la Bière des Ours qui décroche la médaille d'or aux World Beer Championships à Chicago. À la suite de ce succès, la production, relativement confidentielle jusque dans les années 1980, a fortement augmenté à la fin des années 1990. La brasserie La Binchoise exporte désormais ses bières artisanales vers de très nombreux pays et la production dépasse à présent les 3500 hectolitres. En 2001, Bruno Deghorain, Jean Fadel, Gabriel Smet et Christophe Wanty (du Groupe Wanty) s’associent pour créer la S.A. La Binchoise. Depuis 2002, Bruno Deghorain est le maître brasseur chargé de la production de la bière[193],[194]. Les bières sont fabriquées selon une méthode traditionnelle à partir d’eau, de malts, de houblons et d’un mélange d’aromates. Une taverne et un musée de la brasserie sont rattachés à la structure principale de la brasserie dans la malterie du Faubourg Saint-Paul[195].

Dans les années 1960, une zones industrielle a été créée dans les environs de la ville. Située dans le parc de Bray-Péronnes-Waudrez, presque au confluent de trois régions : Centre, Borinage et Thudinie, a été inaugurée en 1965[196]. La ville possède des commerces aussi bien dans le centre historique que dans les villages autour.

Industries de l'époque

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Pendant un demi-siècle, l’industrie du cuir fut la plus importante à Binche. L’activité des tanneurs y remonte au XIIIe siècle. Profitant de la proximité de la Samme au débit régulier, les artisans se regroupaient longtemps en corporations. Un apprentissage de trois ans était la norme. Le cuir devait porter le sceau de la ville apposé par des contrôleurs appelés « rewards », sous peine de voir la marchandise confisquée et d’écoper d’une amende. Des inspections avaient lieu tous les trois mois[81].

En 1764, les archives mentionnent deux tanneries très anciennes qui traitent chaque année 460 peaux de bœuf, de vache et de cheval, ainsi que 60 peaux de veau. La majeure partie de la production est vendue à Binche, le reste étant écoulé à Mons et dans les villages voisins. Les réquisitions fréquentes de bétail pendant la Révolution française plongent de nombreux habitants dans le chômage. Au début de l’indépendance, une centaine d’ouvriers fabriquent des chaussures exclusivement pour l’armée. Sous Léopold II, la demande connaît une nette hausse, avec un marché qui s’ouvre vers les pays balkaniques, les États-Unis, les Pays-Bas, la France et l’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, les exportations se tournent vers la Mésopotamie, la Syrie et la Palestine. Un recensement de 1896 fait état de 718 personnes employées dans le secteur du cuir, et en 1910, on compte 62 chefs d’entreprises. Les activités industrielles de biens de consommation ne tarderont pas à se diversifier[197].

Au début du XVIIIe siècle, la famille Jennot exploitait une tannerie près de la porte de la Sablonnière (rue des Récollets). En 1883, l’entreprise florissante passe, suite à une succession, entre les mains de la famille Lefebvre-Huart. Commerçants aisés et experts dans le tannage des peaux, ils développent leurs activités en faisant construire de nouveaux bâtiments rue Neuve de la Station (rue de Robiano) pour y installer leur maison et leurs bureaux. L’usine s’étend alors jusqu’aux actuelles rues des Passages et du Vieux-Sourdiau, tandis que des entrepôts sont édifiés près de la gare, à proximité de l’actuelle rue de Sébille[198].

Dès 1265, Binche comptait déjà plusieurs brasseries produisant cervoise et goudale. Au XVIe siècle, on retrouve la trace d’un établissement tenu par Simon le Cocq, et en 1635, quatre centres de production de bière existaient : l’Hôpital Saint-Pierre, la Caillerie exploitée par Jean de Puisch et Pierre Lengrand, celui de Philippe Posteau, situé hors de la porte de Saint-Paul, et celui de Mathieu Raucroix, au moulin de Saint-Paul. Entre 1662 et 1663, les brasseries binchoises produisirent 2 395 tonnes et demie de bière. Le XIXe siècle, surtout dans sa seconde moitié, marqua l’apogée de cette industrie à Binche[199].

Vers 1860, la brasserie Bruere & Cie s’installe dans le hameau de Battignies. D’autres brasseries ont également été actives dans la ville, comme l’entreprise Omer Charles, fondée probablement avant 1886 et disparue au début du XXe siècle, ou encore la brasserie Letellier, frères et sœurs, qui cessa ses activités à la veille de la Première Guerre mondiale. La brasserie Elie Meunier, fondée elle aussi dans la première moitié des années 1880, céda dès 1903 sa place à la société Elie Meunier-Rigaumont, qui deviendra en 1914 la société Joseph Meunier-Devergnies. On y brassait une « Saison binchoise », jeune et pétillante, et, à partir de 1900, des Stout, Scotch et Pale Ale anglais. Elle était le plus souvent appelée brasserie du « Sacré-Cœur »[199].

En 1871, Jules Paternotte reprend les établissements Pourbaix au faubourg Saint-Paul[Note 20], puis acquiert le moulin à farine situé en face pour y installer une brasserie-malterie. Fils d’un brasseur de Buvrinne, il est également administrateur des verreries de Binche et des laminoirs de Baume. Il s’éteint en 1911 à l’âge de 66 ans, laissant à ses fils le soin de poursuivre l’activité jusqu’à ce qu’un incendie détruise l’entreprise en 1928. La brasserie Leroy, aussi appelée « brasserie Saint-François » et située rue de Merbes, perpétue une longue tradition familiale : jusqu’en 1895, brasserie Leroy ; jusqu’en 1906, brasserie Leroy-Brogniez ; jusqu’en 1930, brasserie-malterie Hubert Leroy ; et enfin, jusqu’en 1954, brasserie-malterie Leroy-Frères. Elle propose également une vaste sélection de produits d’autres producteurs. Parmi leurs bières phares, on retrouve la Leroy Brune, la Leroy Blonde, la Canette et la Triple-Blonde[200].

Industrie de la dentelle et du textile

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La dentelle de Binche.

Durant la Révolution industrielle, la dentelle de Binche vit aussi son âge d’or, bien que sa fabrication reste surtout artisanale. Vers la fin du XVIIe siècle apparaît probablement le fameux « point de Binche », un mélange de différents points provenant de Gand, Bruges, Valenciennes et d’autres villes. Les archives locales de 1738 signalent la présence de 13 dentellières. Dans les années 1740, cet artisanat connaît un vif succès avant de décliner après 1766. En 1856, un recensement recense 1 800 ouvrières dentellières[201].

En 1862, l’industrie vit ses derniers instants de gloire. Dans les années suivantes, 400 emplois disparaissent. En 1866, la main-d’œuvre ne compte déjà plus que 1 000 personnes. Le déclin s’accélère avec le vieillissement des dentellières : en 1896, elles ne sont plus que six, et en 1912, à peine quatre ou cinq, âgées de 70 à 80 ans. Ce déclin s’explique par l’invention du tulle et des dentelles mécaniques, qui ont réduit le travail manuel, par l’attrait des jeunes Binchoises pour des emplois mieux payés et moins contraignants, ainsi que par la concurrence croissante des industries de la chaussure et du textile, alors en plein essor[202].

L’industrie de la confection prend véritablement son essor vers 1850, avec l’ouverture d’un magasin par Ursmar Deprez à l’entrée de la rue de la Gaieté, inspiré des premiers magasins de vêtements apparus en France sous Louis-Philippe. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le secteur connaît une forte expansion et s’apprête à détrôner celui de la chaussure. Entre 1896 et 1910, le nombre d’entreprises binchoises passe de 54 à 80. En 1910, les patrons collaborent avec 1122 ateliers familiaux employant 1799 ouvriers, tandis que seules les plus petites entreprises embauchent du personnel extérieur. Après un ralentissement dû à la guerre de 1914-1918, l’activité reprend rapidement. L’exportation, jusque-là modeste, prend de l’ampleur avec des envois vers la Scandinavie, l’Angleterre, la Suisse et la Hollande[203].

En 1930, 64 % des travailleurs de Binche étaient employés dans la confection, mais la grande nouveauté, dès que les patrons décidèrent d’investir dans ce domaine, fut la mécanisation. Lancée à la fin des années 1920 avec les premières machines pour coudre les toiles et piquer les revers, puis les premiers bancs de machines, elle prit vraiment son envol entre 1937 et 1939. En 1950, la ville comptait 27 entreprises mécanisées, marquant le sommet de cette progression[204].

Autres industries et marchés

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Les activités industrielles de biens de consommation se diversifient rapidement. Vers 1880, Binche produit chaque année un million et demi de kilos de savon mou et 45 000 kilos d’huile végétale. À l’initiative de Fernand Levie, conseiller communal et confiseur, une chocolaterie ouvre rue de Fontaine, bientôt surnommée « Unicol ». Les chocolatiers binchois mettent alors tout en œuvre pour rendre leurs créations aussi séduisantes que possible. Levie préparait également un délicieux pain d’épice[205].

Parallèlement, Binche devient un lieu de négoce très apprécié des éleveurs de chevaux, qui y organisent chaque 16 du mois une foire réputée. Cette tradition dura jusqu’au début des années 1960, avec une édition spéciale en 1980[205][206][207].

Le , la SA Verreries de Binche fut créée[Note 21]. Parmi ses administrateurs figuraient plusieurs industriels binchois, dont les brasseurs Jules Paternotte et Raymond Leroy. En 1904, l’entreprise comptait 343 ouvriers, dont 13 femmes. Sa production, composée de verres à vitre et de verres opales, s’exportait jusqu’au Canada et aux États-Unis. Dans la nuit du au , un incendie a détruit une partie des ateliers. En 1931, elle ferma définitivement ses portes[208][209].

CHU Tivoli : Polyclinique de Binche.

Maisons de repos

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La ville possède des maisons de repos et de soins : Les Récollets, maison de repos et de soins[210], rue de Merbes, Résidence de la Princesse (SPRL Nouvelle Résidence de la Fontaine)[211], rue de la Princesse et Résidence Jeanne Mertens[212], rue du Moulin Blanc.

L'office du tourisme situé sur la Grand'Place à côté du théâtre.

Office du tourisme, Grand'Place 5[213]. L’Office du Tourisme organise des promenades à pied, des visites guidées et même des activités originales comme des promenades apéritives ou des chasses aux énigmes en ville. Ces moments offrent une façon différente de découvrir Binche, entre patrimoine, histoires locales et bonne ambiance[214].

Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle

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La ville est traversée par la voie Via Gallia Belgica, un des sentiers du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui va d'Hélécine jusqu'à Saint-Quentin en France.

Promenades et tourisme vert

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Parc communal de Binche
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Le parc est entouré par les remparts de Binche. Le tour du chemin de ronde au sommet des remparts offre une vue sur la campagne environnante. En haut des remparts, on peut d'observer les vestiges du palais de Marie de Hongrie. Le site a connu un vaste programme de fouilles archéologiques et est classé depuis 1936. On y trouve également la chapelle Saint-André datant du XVIe siècle et du XVIIe siècle, édifice en briques et moellons de grès.

Le Chènoû (marais de Buvrinnes)
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Le palais et les remparts de Binche.

Le site du Chênoû, aussi connu comme le « marais de Buvrinnes » qui couvre 2.5 hectares, est localisé à Buvrinnes à l'est de Binche. Il s'agit d'une zone humide entourée de prairies. Le site est alimenté par plusieurs sources et est traversé par la Samme (ou Princesse). La réserve englobe une friche humide et divers habitats propres aux zones humides. Le marais est également peuplé de vénérables saules et aulnes. On y observe différentes espèces d'oiseau protégées. Parmi les oiseaux de passage et/ou hivernants, on note la présence de la bécassine des marais du le busard des roseaux et le râle d'eau[215].

Une réserve naturelle domaniale y a été créée en 2019 par convention entre les Cercles des Naturalistes de Belgique et la Commune de Binche[215]. La réserve est classée zone Natura 2000 par la Région wallonne.

Parc Charles Derbaix, avenue Vanderpepen.

Transports et communication

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Plusieurs lignes de bus passent par Binche ; toutes sont exploitées par le TEC Hainaut.

Terminus Jours de service Remarques
E44 Épinois - Mons Lu Ma Me Je Ve Ligne express : desserte uniquement en semaine scolaire (trois fois le matin et trois fois le soir), nombre limité d'arrêts, desserte du P.A.E. de Bray-Péronnes.
21 Binche - Estinnes Lu Ma Me Je Ve Desserte uniquement en semaine scolaire, quatre fois par jour (le matin et le soir) dans chaque direction.
22 Binche - Mons Lu Ma Me Je Ve Sa Di Cadencée en moyenne à la demi-heure en semaine, et à l'heure les week-ends et jours fériés ; une variante dessert l'HELHa en semaine scolaire.
34/ Binche - Givry/Mons Lu Ma Me Je Ve Sa Cadence irrégulière en semaine, et une fois par jour les week-ends et jours fériés ; certains passages sont prolongés jusqu'à Mons.
108 Binche - Erquelinnes Lu Ma Me Je Ve Cadence irrégulière; une variante dessert les localités de Vellereille-les-Brayeux et Merbes-Sainte-Marie dans les deux sens.
132 La Louvière (via Binche) Lu Ma Me Je Ve Sa Cadencée à l'heure la semaine, toutes les deux heures les week-ends et jours fériés ; elle dessert d'abord la commune de Morlanwelz avant de passer par Binche.
133 Idem au niveau de la cadence ; emprunte l'itinéraire du 132 en sens inverse.
136 La Louvière - Anderlues Cadencée à la demi-heure en semaine scolaire, à l'heure en semaine non-scolaire, et toutes les deux heures les week-ends et jours fériés ; une variante dessert la cité Nazareth, à La Hestre, toutes les heures en semaine scolaire. Il s'agit de la seule ligne desservant la localité de Ressaix.
La gare, dont le bâtiment est classé depuis 1978.
Ligne Terminus Jours de service Remarques
IC Binche-Turnhout Lu, Ma, Me, Je, Ve, Di La ligne IC de train (Turnhout-Binche) a 17 stations au départ de Turnhout et se termine à Binche[216].
L Binche-Braine-le-Comte Lu, Ma, Me, Je, Ve La ligne L de train (Braine-le-Comte-Binche) a 8 stations au départ de Braine-le-Comte et se termine à Binche[217].
Intersection des routes nationales 90 et 55(b) à Binche, au croisement de la route de Mons, de l’avenue Charles Deliège et de la rue des Récollets.

La ville est desservie par la Nationale 90 (Mons à Liège) par la Nationale 563 de Gognies-Chaussée à Chapelle-lez-Herlaimont, Binche est aussi desservie par la Nationale 55 (Enghien à Solre-sur-Sambre).

Sports et vie associative

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La commune de Binche abrite aussi de nombreux clubs de sport dans des disciplines diverses :

Infrastructures sportives

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Piscine communale de Binche, rue de la Coopérative, terrain de minifoot et basket, rue de la Coopérative, centre sportif, rue de l'Industrie à Ressaix, hall omnisports de Binche (DBM), rue du Moulin Blanc et stade Aimé Vachaudez, rue du Cœur Dolent.

Evénements sportifs

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Chaque année en octobre se déroule la course cycliste Binche-Chimay-Binche.

Vie associative

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Binche connait un grand nombre d'associations, elles font partie intégrante de la vie de la ville. Bon nombre d'associations n'existent plus actuellement mais portent avec elles une partie de l'histoire locale.

Associations étudiantes

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Union Binchoise des étudiants de Louvain et la Binchoise de Namur.

Le Patro du printemps de Buvrinnes, unité scouts BR012, unité Guide HC/01, le Patro de Binche (fermé en 2017) et le Patro Notre-Dame de Leval.

Vie folklorique

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L'ADF (association pour la défense du folklore) la jeune garde libérale, la royale jeunesse catholique, la jeunesse socialiste, l'ADL (association de défense du Lundi Gras), Les Chics types, Les Ladies.

Orchestres et fanfares

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Société royale les Pélissiers, la philharmonie binchoise « En Avant », et la fanfare royale les Chasseurs.

La SAAMB (Société d'archéologie et des Amis du Musée de Binche), 1549 et la compagnie des Hallebardiers.

Ordres civils

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L'ordre de Marie de Hongrie.

Personnalités liées à Binche

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Notes et références

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  1. Binchou en dialecte local (Ibid.)
  2. La première dynastie comtale fut celle des Régniers, suivie par celle des Baudouin. Parmi ces derniers, Baudouin IV, surnommé « le Bâtisseur », et Baudouin V, appelé « le Courageux », portèrent le comté à son apogée politique et territoriale, en l’enrichissant de nombreuses forteresses (Dehon 2009, p. 3).
  3. Le nom d'origine de la Province de Hainaut actuelle (Delmelle 1972, p. 34).
  4. La partie la plus ancienne du rempart est construite sur un éperon rocheux entouré par la Samme et comprend les sections situées au sud de la ville. Cette petite enceinte se refermait au bout de la Grand'Place par une porte appelée Notre-Dame (Dehon 2009, p. 4).
  5. La porte Saint-Paul a été démolie en 1837 (Piret 2000, p. 9).
  6. La prévôté de Binche comprend une ville et quarante-sept villages, s’étendant sur une superficie d’environ trente mille hectares (Dehon 2009, p. 6).
  7. Son nom viendrait de son physique d’ours, dont il aurait hérité dès sa naissance (Cordier 2000, p. 170).
  8. Portant le nom de son propriétaire, Samuel Bette, le lieu héritera du surnom populaire de « Caves Bette » après qu’il l’ait transformé en entrepôt pour son commerce de denrées coloniales entre les deux guerres du XXe siècle (Dehon 2009, p. 41).
  9. Vers le milieu du XVIe siècle, sous le règne de Marie de Hongrie, Binche connaît une période de prospérité et se classe parmi les villes les plus importantes (bonnes villes) du comté de Hainaut (Dehon 2009, p. 5).
  10. Entre-temps, Philippe II avait succédé à Charles Quint (Delmelle 1972, p. 67).
  11. L'actuelle avenue Charles Deliège.
  12. Le drapeau des volontaires de 1830 est conservé dans la salle du conseil de l'hôtel de ville (Cordier 2000, p. 179).
  13. Dans le cadre de ces restaurations, la Commission Royale des Monuments et des Sites a libéré l’église des constructions parasites qui l’enserraient, notamment du côté du parc. À cette occasion, le presbytère ajouté en 1822 a également été démoli (Dehon 2009, p. 30-31).
  14. Situation du couvent (50° 24′ 45,3″ N, 4° 10′ 01,8″ E ).
  15. Situation de l'ancien prieuré (50° 24′ 20,3″ N, 4° 11′ 15,5″ E ).
  16. Elle se situe à Bray dans le quartier de Levant-de-Mons.
  17. Surnommé le « Pont à Bouzarte », il est situé dans le faubourg Saint-Jacques et représente un type de construction plutôt rare. Ce pont-barrage, probablement construit au XVIIIe siècle, a remplacé une ancienne structure en bois déjà mentionnée au Moyen Âge. Il doit son nom à une famille installée à proximité. Placé au confluent des ruisseaux de l'Abbaye et de la Samme, il servait, comme le pont Saint-Paul, à réguler le débit de la Samme grâce à des vannes fermant les pertuis (Delmelle 1972, p. 44).
  18. La poterne à arc brisé offre un accès direct au château. Tout près, la porte du Posty garde en mémoire le passage des troupes du duc d'Alençon qui, en 1578, s’emparèrent de la ville (Delmelle 1972, p. 41).
  19. Le socle de schiste et de psammites sur lequel s’élèvent les remparts, dans le faubourg du Posty, explique bien le nom de « Roquette » autrefois donné à ce vieux quartier qui, aux XIIe et XIIIe siècles, constituait le fief du châtelain (Delmelle 1972, p. 39).
  20. De nombreux bâtiments de la brasserie d'André Pourbaix étaient occupés, y compris une tour des remparts (Piret 2000, p. 14).
  21. Elle se trouvait le long de la voie ferrée, juste en face de la gare (Glotz 1973, p. 36).

Références

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Frédéric Cordier, Binche, 2000 ans d'Histoire, Jumet, iph Editions, , 195 p. (ISBN 2-930336-01-3)
  • Norbert Delporte, Binche et sa région à travers les Âges, Administration communale de Binche,
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  • Didier Dehon et al., Le patrimoine de la ville de Binche, Namur, Institut du Patrimoine wallon, coll. « Carnets du Patrimoine » (no 176), , 2e éd., 64 p. (ISBN 978-2-39038-212-6)
  • Joseph Delmelle, Binche la cité des gilles, La Madeleine-lez-Lille, Éditions Actica, , 143 p.
  • Eugène Derbaix, Binche, Union des Imprimeries,
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  • Samuel Glotz, Binche en cartes postales anciennes, Zaltbommel, Bibliothèque Européenne, , 76 p.
  • Marc Lefebvre, Connaissez-vous Binche ?, Imprimerie du Centre,
  • Théophile Lejeune, Histoire de la Ville de Binche, Editions Winance-Nachtergaele-Binche,
  • Etienne Piret, Binche, son Histoire par les monuments, Librairie de la Reine,
  • Etienne Piret, Le Grand Binche, Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 2-84253-363-1)
  • Etienne Piret, Binche, t. II, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 2-84253-383-6)
  • Etienne Piret, Le Grand Binche, t. 3, Tempus, coll. « Mémoire en images », , 128 p. (ISBN 978-90-76684-96-3)

Liens externes

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