Antoine de Bourbon
| Antoine de Bourbon | ||
Antoine de Bourbon, par François Clouet, 1560, château de Pau. | ||
| Titre | ||
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| Roi de Navarre de iure uxoris | ||
| – (7 ans, 5 mois et 23 jours) |
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| Avec | Jeanne III | |
| Prédécesseur | Henri II | |
| Successeur | Jeanne III | |
| Duc de Vendôme et Pair de France | ||
| – (25 ans, 7 mois et 23 jours) |
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| Prédécesseur | Charles Ier | |
| Successeur | Henri Ier | |
| Duc de Beaumont | ||
| – (12 ans, 2 mois et 3 jours) |
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| Prédécesseur | Françoise d'Alençon | |
| Successeur | Henri Ier | |
| Comte de Marle | ||
| – (25 ans, 7 mois et 23 jours) |
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| Prédécesseur | Charles Ier | |
| Successeur | Henri Ier | |
| Biographie | ||
| Dynastie | Bourbon-Vendôme | |
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | La Fère (France) | |
| Date de décès | (à 44 ans) | |
| Lieu de décès | Les Andelys, France | |
| Sépulture | Collégiale Saint-Georges, Vendôme | |
| Père | Charles de Bourbon, duc de Vendôme |
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| Mère | Françoise d'Alençon | |
| Conjoint | Jeanne d'Albret (1548-1562) | |
| Enfants | Henri de Bourbon, duc de Beaumont Henri IV Louis-Charles de Bourbon, comte de Marle Madeleine de Bourbon Catherine de Bourbon, duchesse d'Albret |
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| Résidence | Château de La Fère Château de Pau Château de Nérac Château de La Flèche Château de Vendôme |
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| Monarques de Navarre | ||
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Antoine de Bourbon, dit aussi Antoine de Navarre ou Antoine de Vendôme, né le au château de La Fère[1] et mort le aux Andelys, roi de Navarre par mariage et 2e duc de Vendôme par héritage, est un prince du sang de la maison capétienne de Bourbon-Vendôme, qui vécut sous les règnes des rois François Ier, Henri II, François II et Charles IX. Descendant du roi Saint Louis à la 9e génération en lignée masculine, il est le premier prince du sang et second puis premier pair de France. Il est le père du roi Henri IV, fondateur de la dynastie royale des Bourbon.
Duc de Vendôme (1537-1562), il s'illustre d'abord en tant que gouverneur de Picardie durant sa jeunesse. Il devient roi de Navarre en 1555, par son mariage avec Jeanne d'Albret, à la mort de son beau-père Henri II d'Albret . La fin de sa vie est marquée par son oscillation entre le catholicisme et la réforme protestante. Finalement, il se décide pour la religion catholique, tandis que sa femme, Jeanne d'Albret, devient une huguenote convaincue. Il participe aux affrontements durant la première guerre de Religion, en tant que lieutenant général du royaume. Il trouve la mort aux Andelys, des suites de ses blessures reçues au siège de Rouen en 1562.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines et famille
[modifier | modifier le code]Antoine de Bourbon naît au château de La Fère en Picardie. Il est le quatrième enfant, mais premier fils survivant de Charles IV de Bourbon, duc de Vendôme (1489-1537) et de sa femme Françoise d'Alençon (morte en 1550)[2]. Il grandit probablement en Picardie au château qui l'a vu naître, ainsi que la majorité de ses frères et sœurs. En effet, sur treize enfants, au moins sept sont nés au château de La Fère. Il a pour frères cadets, notamment, François de Bourbon (1519-1546), le vainqueur de Cérisoles, Charles cardinal de Vendôme puis de Bourbon, reconnu roi par la ligue sous le nom de Charles X, Jean de Bourbon (1528-1557) comte de Soissons, et Louis, prince de Condé (1530-1569), qui dirige les huguenots pendant les guerres de Religion[3].
Jeunesse et règne de François Ier
[modifier | modifier le code]Antoine porte d'abord les titres de comte de Marle et de Soissons[4]. Son éducation est celle d'un prince de la Renaissance : l'exercice traditionnel des armes, et de plus en plus le maniement de la plume et la capacité de maîtriser une clientèle[5]. Il a pour précepteur Jean Le Hennuyer, également répétiteur du dauphin Henri d'Orléans (futur Henri II)[6]. En 1532, à 14 ans, il participe à son premier tournoi à la cour[7].
Le , alors qu'il n'a encore que 18 ans, son père décède à Amiens, ainsi il lui succède comme duc de Vendôme. François Ier nomme curateur son oncle Louis cardinal de Bourbon, qui perçoit en son nom, dans un premier temps, la pension de 24 000 livres tournois échue au feu duc Charles[8]. Il est alors immédiatement pourvu d'une partie de la compagnie de son père. Le gouvernement de Picardie, qu'avait son père est alors remis à son adjoint François de La Rochepot, frère du Grand Maitre Montmorency en attendant sa majorité[9]. L'année suivante dès / il récupère le gouvernement, au moins en titre, de la Picardie[10]. La Rochepot est quant à lui nommé au gouvernorat d'Île-de-France, il reste malgré tout sous-gouverneur d'Antoine en Picardie.
En Antoine est fait chevalier de l'ordre de Saint-Michel[11]. La même année, un projet de mariage vise à l'unir avec Victoire Farnèse, nièce du pape Paul III[12], mais celui-ci n'aboutit pas. Son frère le comte d'Enghien et ensuite leur cousin François de Lorraine, comte d'Aumale sont envisagés, mais aucun n'aboutit[11].
Ce n'est qu'en qu'Antoine de Bourbon prend ses fonctions officiellement dans la province picarde[13]. Dès l'été 1542, le jeune duc de Vendôme s'illustre par des exploits guerriers à la frontière, acquérant une réputation de chef militaire. Il prend notamment Tournehem depuis le château de La Montoire à Zutkerque[14],[15]. Quoique restreints, ceux-ci sont célébrés par de nombreuses chansons. Mais en cette fin du règne de François Ier c'est son puiné le comte d'Enghien qui s'illustre en chef de guerre, particulièrement à la bataille de Cérisoles en [16]. Les Bourbon sont alors en bonne place à la cour, ils tiennent plusieurs gouvernements : la Picardie et l'Île-de-France (suite à la disgrâce de La Rochepot) pour Antoine, le Piémont et le Languedoc (après le renvoi de Montmorency lui-même) pour Enghien et le Dauphiné pour leur oncle Saint-Pol[16].
Mais une série de décès va fragiliser cette place avantageuse que possède alors la famille, en commençant par la mort de Saint-Pol en . En c'est la mort accidentelle et inopportune d'Enghien à la Roche-Guyon par la chute d'un coffre d'une fenêtre du château, qui provoque de nombreux soupçons dans la famille, on accuse un proche du comte d'Aumale, Cornelio Bentivoglio, c'est l'origine d'une part de la haine Bourbon et Lorraine. Et enfin en c'est la matriarche de la famille, Marie de Luxembourg, qui décède à son tour[17].
Règne d'Henri II
[modifier | modifier le code]A l'avènement d'Henri II, pour le sacre, Antoine représente le duc de Normandie.
En août 1547, Antoine et toute la maison de Bourbon, sont forts insatisfaits que son frère Charles, alors évêque de Saintes ne soit pas encore promu cardinal, malgré la promesse du roi, alors que Charles de Lorraine est déjà promu. En signe de mécontentement la famille se retirent au château de Vendôme, pour visiter leur mère Françoise d'Alençon[7]. Il faut trois lettres du roi pour les convaincre de revenir à la cour en novembre, Charles fut alors promu le 9 janvier 1548[7].
Mariage
[modifier | modifier le code]Antoine de Bourbon, duc de Vendôme, peint par Corneille de Lyon en 1548, à l'occasion de son mariage, (Palais royal de Varsovie), et son épouse Jeanne d'Albret, par un artiste de l'École de François Clouet, 2e quart du XVIe siècle.
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1548 voit de longues tractations avec le roi et la reine de Navarre, à propos du mariage de leur fille Jeanne d'Albret avec Antoine, aboutir[18].
Un mois avant le mariage, Antoine, son frère Jean, comte de Soissons, le duc de Nevers leur beau-frère et probablment leur dernier frère Louis, accompagné de l'ambassadeur de Mantou, se rendent en Italie, à Milan, Venise et Mantoue, visiter leurs relations italiennes, ce fut l'unique fois[18].
Antoine épouse à Moulins le Jeanne d'Albret, fille unique du roi de Navarre Henri II de Navarre et de Marguerite de Valois-Angoulême, elle-même sœur du roi de France François Ier.
Le jeune couple part alors pour le Vendômois puis le Béarn[18], chacun faisant visiter ses terres à l'autre.
Il a été rapporté que Jeanne était très amoureuse de lui[19].
Campagne militaire (1551-1555)
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En 1552, durant le voyage d’Allemagne, Vendôme participe à la prise de Metz le 10 avril[20].
Roi de Navarre
[modifier | modifier le code]À la mort de son beau-père le [21], il devient, du fait de sa femme, roi de Navarre, comte de Foix, de Bigorre, d'Armagnac, de Périgord et vicomte de Béarn[22].Il reçoit alors le gouvernorat de la riche Guyenne méridionale, que son beau-père possédait avant lui. Alors le poste de gouverneur de la Picardie, frontière critique, lui est retiré et confié à l'amiral Coligny, suscitant d'importantes protestations[23], en effet Antoine nourrissait l'espoir que son frère Louis lui succéda dans la charge[18].
Pierre de Ronsard, dans Les Hymnes (Hymne de Henri II, v. 427), le cite parmi les « Mars » qui sont au service d’Henri II.
En 1556, en apprenant que Jacques de Savoie-Nemours avait mis enceinte sa cousine par mariage, Françoise de Rohan, il menace de conséquences sanglantes Savoie et sa famille, obligeant celui-ci à prendre l'excuse d'une campagne en Italie pour quitter la France[24].
En février 1557, Antoine, Jeanne et leur fils Henri rejoignent la cour à Paris ; Henri II suggère des fiançailles entre sa fille Marguerite et Henri[25]. Désireux de se défaire de l'occupation espagnole sur une grande partie de son royaume, le roi entre en négociations avec Charles Quint ; celles-ci n'aboutissent pas, compromettant encore plus sa position à la cour[26].
Navarre manifeste une sympathie précoce envers la réforme protestante, entretenant une correspondance avec le pasteur genevois Boisnormand dès 1557 et assurant la protection de l'église huguenote de Guyenne en 1558 en sa qualité de gouverneur[27],[28]. En 1558, il participe au chant de psaumes au Pré-aux-Clercs à la grande fureur du roi[29],[30]. Il combat pour la couronne dans la dernière période des guerres d'Italie en 1558 [31]. Les dirigeants huguenots souhaitent rallier Navarre à leur camp, obligeant Jean Calvin et Théodore de Bèze à consacrer des efforts considérables au projet[32],[33].
Règne de François II
[modifier | modifier le code]Lorsqu'en 1559 Henri II meurt, les opposants aux Guise, dont Anne de Montmorency (1493-1567), affluent pour rencontrer Navarre à Vendôme dans son duché, dans l'espoir qu'il revienne au gouvernement[34]. Lui est adressé un message, pour qu'il prenne ses responsabilités envers la religion réformée, de la part de Jean Calvin et les pasteurs de l'église de Paris Antoine de Chandieu et François Morel. Ceux-ci viennent trouver Antoine dans son château de Vendôme début août 1559[35]. Les Guise parviennent cependant à le neutraliser en lui proposant le poste de gouverneur du Poitou et l'envoient escorter Elisabeth de Valois jusqu'à la frontière espagnole lors de son mariage avec Philippe II (roi d'Espagne)[36],[37].
En 1560, Antoine, ainsi que son frère Louis de Bourbon-Condé sont impliqués dans la conjuration d’Amboise, lorsque les organisateurs essaient de le recruter comme figure de proue dans leurs efforts pour contrer le gouvernement de Guise, mais Navarre ne répond pas[38]. Après l'échec d'Amboise, les troubles se poursuivent dans le sud de la France. Le frère de Navarre, Condé, intrigué par un soulèvement à Lyon, envisage d'envoyer 1 200 hommes en soutien. Sa lettre à ce sujet est interceptée par les Guise. Les deux frères sont convoqués au tribunal en août pour une assemblée des notables. Condé et Navarre sont les seuls grands à ne pas y assister et ne jouent donc aucun rôle dans la convocation par cette assemblée d'états généraux. Pour isoler davantage Navarre, Condé et toute la maison de Bourbon-Vendôme, les Guise créent deux super-gouvernorats, les donnant à leurs cousins Louis de Bourbon, duc de Montpensier et Charles, prince de La Roche-sur-Yon, séparant les princes de sang[39]. Le 31 août, les Guise écrivent à Navarre qu'ils ont 40 000 soldats prêts à se déplacer dans le sud et à se présenter à la cour. Navarre et Condé, ne possédant qu'environ 6000 soldats, ne peuvent pas résister et se rendent vers le nord sans combattre. À leur arrivée, Condė est détenu et condamné[40].
Règne de Charles IX
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Mort de François II
[modifier | modifier le code]En décembre 1560, le jeune François II meurt et est remplacé par son frère Charles IX. Charles, étant trop jeune pour régner, un régent est nécessaire, une position à laquelle Antoine de Bourbon a droit en tant que premier prince du sang. Catherine de Médicis possède toutefois une influence considérable sur lui en raison de l'emprisonnement de son frère Louis pour trahison. Les deux conviennent qu'en échange de la régence de Catherine, Navarre devienne lieutenant général du royaume et Condé soit gracié[41],[42]. Louis de Bourbon, prince de Condé, devient le chef du parti protestant, tandis que Catherine de Médicis, régente au nom de son fils Charles IX, le nomme lieutenant général du royaume (1561) et gouverneur du Dauphiné[43].
Effondrement de la régence
[modifier | modifier le code]Proche de la Réforme, Antoine de Bourbon favorise l'introduction du calvinisme dans ses gouvernements et participe lui-même aux prêches protestants, mais sans jamais abandonner la messe. Sans véritables convictions religieuses, il oscille plusieurs fois entre catholicisme et protestantisme. L'appel du pouvoir à la cour de France l'amène progressivement à choisir le camp catholique (1561) et à entrer en conflit avec sa propre épouse Jeanne d'Albret, devenue une fidèle huguenote convaincue de la religion réformée. À l'avènement de Charles IX en 1561, Antoine emmène son fils Henri vivre à la cour de France, pour ainsi l'élever dans la foi catholique. Il intrigue alors pour répudier sa femme sous prétexte d'hérésie tout en conservant la principauté du Béarn, et espère que Philippe II lui permettra de réunifier la Haute-Navarre et la Basse-Navarre[44]. Afin d'obtenir la restitution de la Haute-Navarre, il envoie comme ambassadeur auprès du pape Pierre d'Albret, qu'il parvient à faire nommer évêque de Comminges en 1561 pour le récompenser, puis François de Pérusse des Cars.
Antoine de Bourbon se trouve de plus en plus en opposition avec la politique religieuse de l'administration de Catherine de Médicis, rompant finalement avec elle à la suite de l'édit de janvier 1562, écrivant d'urgence à Guise pour qu'il revienne à la cour afin qu'ils puissent présenter un front uni contre celui-ci[45]. En route pour Paris, les hommes de Guise commettent le massacre de Wassy, plongeant la France dans la guerre civile[46]. Navarre, lieutenant général, sera le commandant suprême des forces de la couronne dans le conflit à venir.
Première guerre de Religion et mort
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Lorsque la guerre éclate, Antoine place son jeune fils Henri en sûreté au château de Montargis chez Renée de France. En mai, il publie un décret expulsant tous les protestants de Paris, au grand plaisir des radicaux de la capitale[47]. Son armée et celle de Condé s'affrontent en juin près d'Orléans par des escarmouches, alors que les négociations entre les parties se poursuivent pour éviter les effusions de sang[48]. Condé se retire, Navarre et les autres dirigeants commencent à reprendre les villes rebelles, capturant Blois, Tours et Amboise[49]. En août, la principale force royale sous le commandement de Navarre assiège et vainc la garnison rebelle dans la ville clé de Bourges. Lorsque sa femme, Jeanne d'Albret, laisse les huguenots mettre à sac la collégiale de leur château de Vendôme, il menace de l'envoyer au couvent[50].
Après avoir réduit Bourges, l'armée royale est confrontée à un choix : marcher sur la capitale huguenote d'Orléans immédiatement ou frapper d'abord la ville de Rouen tenue par les protestants, qu'Aumale tente alors en vain d'assiéger avec sa petite armée. Navarre conseille de pousser immédiatement sur Orléans, mais la peste dans la ville, la menace des Anglais et les espoirs de Catherine qu'il pourrait encore persuader son frère d'abandonner la rébellion, persuadent la cour contre cette politique[51].
L'armée de Navarre investit la ville de Rouen le 28 septembre et commence à essayer de la réduire. Le 13 octobre, alors qu'il inspecte les tranchées du siège et en profite pour aller uriner contre les remparts de la ville, Navarre est blessé d'un coup de mousquet à l'épaule[52]. La blessure ne parait pas si grave, seul le chirurgien du roi, Ambroise Paré, lui prédit une fin sinistre[53]. Malgré les efforts du célèbre chirurgien, il ne peut être sauvé et meurt des suites de ses blessures aux Andelys, le 17 novembre[54]. Son corps sera ensuite ramené à la collégiale Saint-Georges du château de Vendôme où il fut inhumé, comme ses ancêtres.
Ce fait inspira à Voltaire cette épitaphe : « Ami François, le prince ici gisant vécut sans gloire, et mourut en pissant. »
Il a été dit que ses derniers rites ont été effectués dans le rite luthérien, renforçant les soupçons de longue date de son non-orthodoxie religieuse[55].
Apparence et personnalité
[modifier | modifier le code]Il est considéré d'un physique agréable mais de santé fragile. Il doit également être élégant et charmant, le vénitien Michiel dit de lui en 1561 :
« [...]a la barbe déjà grisonnante et l’aspect beaucoup plus avantageux que ses frères, dont la taille est petite et mal faite. Lui est grand, bien fait, dispos, robuste[56],[note 1]. »
Un autre témoignage de Daniel Barbaro évoque son caractère :
« C'est un homme aimable et affable, plein d'humanité et de douceur[56],[note 2]. »
Il a également la réputation de bien s'habiller, en 1561, Michele Suriano, évoque sa façon de porter des bagues et des boucles d’oreilles, à la manière des femmes, ayant la barbe déjà blanche et un bon fardeau d’années sur le dos
Son caractère reste assez difficile à cerner, cependant le Florentin Leone Riscanoli dit de lui que :
« Il est considéré comme une personne aimable et bonne, mais il a besoin des connaissances du connétable, qui est très riche et très sage[56],[note 3]. »
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Mariage et descendance
[modifier | modifier le code]De son mariage avec Jeanne d'Albret, reine de Navarre, il eut :
- Louis-Henri (Coucy, - La Flèche, ), duc de Beaumont : il serait mort asphyxié parce que sa gouvernante l'aurait maintenu trop serré dans ses langes dans une pièce surchauffée[57].
- Henri III de Navarre, IV de France, dit « le Grand » ou « Le Vert Galant » (Pau, - Paris, ), roi de Navarre en 1572 et de France en 1589.
- Louis-Charles (Gaillon, - Mont-de-Marsan, ), comte de Marle : il fut victime d'un jeu entre sa nourrice et un gentilhomme qui s'amusèrent à se passer l'enfant de l'un à l'autre à la fenêtre jusqu'à ce que le malheureux leur échappe et tombe du premier étage ; la nourrice essaya de cacher l'accident et l'enfant en mourut[58].
- Madeleine (Nérac, - idem, ).
- Catherine (Paris, - Nancy, ), duchesse d'Albret, comtesse d'Armagnac et de Rodez, mariée à Henri II, duc de Lorraine.
De sa maîtresse Louise de La Béraudière de l'Isle Rouhet[59], Antoine eut :
- Charles de Bourbon (1554-1610), qu'il fait nommer évêque de Comminges, puis archevêque de Rouen[59].
Titres
[modifier | modifier le code]De l'héritage paternel :
- duc de Vendôme et pair de France (1537-1562)
- comte de Conversano et de Marle
- Châtelain de Lille
- Seigneur d'Épernon, de La Fère, de Ham, de Montoire, de Lavardin, de Trôo, de Saint-Calais, de Mondoubleau
De l'héritage maternel :
- duc de Beaumont
- Seigneur de Châteauneuf-en-Thymerais
- Seigneur de Champrond.
Par son mariage avec Jeanne d'Albret :
- roi de Navarre,
- comte de Foix, de Bigorre, d'Armagnac, de Rodez et de Périgord,
- vicomte de Béarn (1555-1562) et de Limoges
Ascendance
[modifier | modifier le code]Descendance de Saint-Louis à Henri IV
[modifier | modifier le code]Hommage
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- Un buste sculpté par Ramus le représente dans la galerie des batailles du château de Versailles.
Plusieurs rues portent son nom à :
Une allée porte son nom à Idron.
Un EHPAD porte son nom à Billère.
Dans les arts et la culture
[modifier | modifier le code]Littérature
[modifier | modifier le code]Roman
[modifier | modifier le code]- 2010 : Les Amants de La Folie-Dieu de René Bruneau.
Filmographie
[modifier | modifier le code]Télévision
[modifier | modifier le code]- 1978 : Dans le téléfilm Le Tumulte d'Amboise, épisode 2/6 de la série Les Grandes Conjurations, il est interprété par François Timmerman
- 2014-2015 : Dans la série Reign, il est interprété par l'acteur britannique Ben Aldridge.
- 2018-2019 : Dans la saison 2 de La Guerre des trônes, la véritable histoire de l'Europe, il est interprété par l'acteur Mathéo Cappelli.
- 2022 : Dans la série The Serpent Queen créée par Justin Haythe, il est interprété par Nicholas Burns (en).
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ L'original est en italien :che comincia a far grisa la barba, d’asai buona presenza, e molto miglior assai de’fratelli, che sono piccioli e mal fatti, dove lui é di statura più che comune.
- ↑ L'original est en italien :[...] è benigno signore e affabile, e tutto pieno d’umanità e di dolcezza[...]
- ↑ L'original est en italien :è tenuto gentile e buona persona, ma che abbia bisogno del sapere del Conestabile, il quale è ricchissimo e savissimo
Références
[modifier | modifier le code]- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Antoine of Navarre » (voir la liste des auteurs).
- ↑ Recueil des lettres missives de Henri IV, tome 1, page 1, note 1 (lien wikisource).
- ↑ Louisa 1992, p. 98.
- ↑ Holt 2005, p. 50.
- ↑ David Potter 2019, p. 8.
- ↑ David Potter 2019, p. 5.
- ↑ Guy de Passac 1979, p. 366.
- David Potter 2019, p. 6.
- ↑ Jean-Claude Pasquier, « François Ier et les Bourbon-Vendôme », Le Petit Vendômois, .
- ↑ David Potter 1993, p. 74.
- ↑ David Potter 1993, p. 75.
- David Potter 2019, p. 4.
- ↑ Guido Rebecchini, « L'Entrée triomphale de Paul III à Rome en 1538. Politique, identité et rénovation urbaine », dans La Cour en fête dans l'Europe des Valois, Tours, Presse Universitaire François Rabelais, , 334 p. (ISBN 978-2-86906-873-5), p.34.
- ↑ David Potter 1993, p. 76.
- ↑ David Potter 2022, p. 442.
- ↑ Jean-Claude Routier, « Les vestiges du château de La Montoire à Zutkerque (Pas-de-Calais) », Les places fortes des Hautes-de-France, (lire en ligne).
- David Potter 2019, p. 5.
- ↑ David Potter 2019, p. 6.
- David Potter 2019, p. 7.
- ↑ Robin, Larsen et Levin 2007, p. 2.
- ↑ Didier Le Fur, Henri II, coll. « Tallandier », , 624 p. (ISBN 978-2-84734-297-0, lire en ligne), p315.
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- ↑ Knecht 1998, p. 90.
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- David Potter 2022, p. 441.
- ↑ « Joconde - catalogue », sur www2.culture.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ Alexandre Petitot et Louis-Jean-Nicolas Monmerqué, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France : ... [sér. 1] t. 1-52, 1819-26; [sér. 2], , 410 p. (lire en ligne), p. 231.
- Bergin 1996, p. 581.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Henri Hauser, « Antoine de Bourbon et l'Allemagne, 1560-1561 », Revue historique, Paris, Félix Alcan Éditeur, t. 45, 16e année, , p. 54-61 (lire en ligne).
- Alphonse de Ruble (baron), Le mariage de Jeanne d'Albret, Paris, Adolphe Labitte, , XVI-323 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne].
- Alphonse de Ruble (baron), Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret : suite de Le mariage de Jeanne d'Albret, t. 1, Paris, Adolphe Labitte, , XI-446 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne].
- Alphonse de Ruble (baron), Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret : suite de Le mariage de Jeanne d'Albret, t. 2, Paris, Adolphe Labitte, , 505 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne].
- Alphonse de Ruble (baron), Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret : suite de Le mariage de Jeanne d'Albret, t. 3, Paris, Adolphe Labitte, , 391 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne].
- Alphonse de Ruble (baron), Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret : suite de Le mariage de Jeanne d'Albret, t. 4, Paris, Adolphe Labitte, , 444 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
- Alphonse de Ruble (baron), Jeanne d'Albret et la guerre civile : suite de Le mariage de Jeanne d'Albret, t. Ier (seul paru), Paris, Émile Paul et Guillemin, , V-471 p. (présentation en ligne, lire en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne], [présentation en ligne].
- (en) Stuart Carroll, « « Nager entre deux eaux » : The Princes and the Ambiguities of French Protestantism », The Sixteenth Century Journal, vol. 44, no 4, , p. 985-1020 (ISSN 0361-0160, JSTOR 24246299).
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Voir aussi
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- La maison de Bourbon-Vendôme, www.francebalade.com
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :