Antioxydant

Un antioxydant (AOX) est une molécule qui ralentit ou empêche l'oxydation d'autres substances chimiques à leur contact.
L'oxydation fait partie d'une réaction d'oxydoréduction qui transfère des électrons d'une substance vers un agent oxydant. Cette réaction peut produire des radicaux qui entraînent des réactions en chaîne destructrices. Les antioxydants sont capables d'arrêter ces réactions en chaîne en se réduisant avec les radicaux et annihilant ainsi leur action. Ces propriétés se trouvent beaucoup dans les familles des thiols et des phénols.
La plupart des êtres vivants ont besoin de dioxygène pour assurer leur existence, mais l'oxygène peut produire des radicaux libres (aussi appelés « espèces réactives de l'oxygène » (ROS, pour reactive oxygen species) qui sont toxiques pour l'intégrité des cellules[1], notamment au niveau des mitochondries. Les organismes possèdent cependant un système d'antioxydants et d'enzymes qui agissent ensemble pour protéger les composants des cellules comme l'ADN, les lipides et les protéines.
Dans les années 1990, d'importantes études scientifiques sur les antioxydants ont donné des résultats encourageants. Il s'est ensuivi une promotion médiatique effrénée des aliments contenant des antioxydants, et l'explosion des ventes d'antioxydants en complément alimentaire. Les résultats des études suivantes, portant notamment sur des compléments alimentaires, ont été plus contrastés. En 2017, la consommation de fruits et légumes est recommandée, mais celle de compléments alimentaires ne l'est pas[2].
Les antioxydants sont largement utilisés par l'industrie comme conservateurs pour les aliments, les cosmétiques, ou encore pour préserver le caoutchouc ou l'essence.
Histoire
[modifier | modifier le code]Le terme « antioxydant » (on dit parfois antioxygène) était à l'origine utilisé pour désigner les substances chimiques qui empêchent les réactions avec l'oxygène. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, les propriétés des antioxydants ont été largement étudiées pour leur utilisation dans les procédés industriels, notamment la vulcanisation du caoutchouc et la polymérisation des carburants dans les moteurs à explosion, ainsi que pour réduire par exemple la corrosion des métaux.
Biologie
[modifier | modifier le code]Bien que les réactions d'oxydation soient nécessaires à la vie, elles peuvent aussi être destructrices : les plantes et les animaux utilisent et produisent de nombreux antioxydants pour se protéger, tels le glutathion, la vitamine C et la vitamine E, ou des enzymes telles la catalase, la superoxyde dismutase et certaines peroxydases. Une déficience ou une absence de production d'enzymes antioxydantes entraîne un stress oxydatif pouvant endommager ou détruire les cellules. De même, notre organisme est capable de produire, à partir de l'acide aminé cystéine, un antioxydant puissant, l'acide α-lipoïque, encore appelé lipoate.
Les premières recherches biologiques sur les antioxydants concernèrent la diminution de l'oxydation des acides gras insaturés, cause du rancissement. L'activité antioxydante était facilement mesurée en enfermant des corps gras dans des récipients hermétiques avec de l'oxygène, puis en vérifiant le taux d'absorption de ce dernier. Cependant, ce n'est qu'avec l'identification des vitamines A, C et E qu'est apparue l'importance des antioxydants dans la biochimie des organismes vivants.
Le stress oxydatif correspond à un déséquilibre entre les défenses oxydantes de l'organisme et les espèces pro-oxydantes en faveur de ces derniers[3] ; le stress oxydatif été mis en cause dans la pathogénèse de nombreuses maladies humaines, l'utilisation des antioxydants en pharmacologie est donc beaucoup étudiée pour traiter notamment les accidents vasculaires cérébraux et les maladies neurodégénératives. Toutefois, on ne sait pas encore si le stress oxydatif est la cause ou la conséquence de ces maladies. Des études suggèrent que les compléments d'antioxydants sont bénéfiques à la santé[4], mais de larges études cliniques ne leur ont pas trouvé d'avantages particuliers et ont même retrouvé qu'un excès de suppléments (ou compléments) en antioxydants pouvait parfois avoir des effets négatifs[5].
Les mécanismes possibles des antioxydants ont été étudiés à partir du moment où l'on a compris qu'une substance antioxydante devait être elle-même facilement oxydable. Les recherches sur l'action de la vitamine E dans la limitation de l'oxydation des lipides ont démontré son rôle dans l'élimination des molécules contenant un atome d'oxygène actif avant que ces derniers n'attaquent les cellules[réf. nécessaire].
Usages
[modifier | modifier le code]Les antioxydants sont utilisés :
- dans la recherche médicale, neurosciences et biotechnologies, l'étude du cerveau.
- dans l'industrie agroalimentaire — par exemple pour éviter le rancissement des corps gras ;
- dans l'industrie chimique — par exemple pour éviter le durcissement du caoutchouc — ou en métallurgie, pour protéger les métaux de l'oxydation ;
- en teinturerie — par exemple pour éviter l'oxydation des colorants au soufre ou des colorants de cuve lors de la teinture.
Antioxydants et santé
[modifier | modifier le code]De nombreuses études ont tenté d'étudier l'impact de la prise de suppléments alimentaires d'antioxydants dans la prévention de différentes maladies. Les résultats de ces études semblaient discordants. Des études épidémiologiques montrent que les apports alimentaires et les concentrations circulantes plus élevées d'antioxydants — jusqu'à un certain seuil — sont associés à un risque plus faible de mortalité toutes causes confondues[6], mais au delà d'un certain seuil, ou dans certaines conditions (par exemple en présence d'un taux élevé de fer, de métaux de transition sous forme ionique, ou quand le taux d'oxygène est élevé dans la cellule), les antioxydants peuvent au contraire augmenter le risque de cancer ou de mortalité.
Étude SU.VI.MAX
[modifier | modifier le code]Dès les années 1980, on envisagea une relation entre la consommation de fruits et légumes et un effet protecteur contre la cancérogenèse. Cette hypothèse, inspirée notamment par les effets bénéfiques du régime méditerranéen (plus précisément du régime crétois), ayant été confirmée par une vingtaine d'études, on supposa que l'effet antioxydant de certains aliments en était à l'origine.
Commencée en , l'étude française SU.VI.MAX[7],[8] (pour suppléments en vitamines et minéraux antioxydants) a suivi pendant huit ans près de 13 000 adultes âgés de 35 à 60 ans afin de déterminer l'efficacité d'une supplémentation journalière en vitamines antioxydantes (vitamine C, 120 mg, vitamine E, 30 mg, et β-carotène, 6 mg) et en minéraux (sélénium, 100 µg, et zinc, 20 mg) à doses nutritionnelles, dans la réduction des principales causes de mortalité précoce (cancers et maladies cardiovasculaires). Ses résultats montrent que l'apport d'antioxydants, à des doses comparables à celles d'une alimentation saine, font baisser de plus de 30 % le risque de cancer et la mortalité des hommes. En revanche, aucune différence n'a pu être mise en évidence chez les femmes, peut-être parce qu'elles consomment plus de fruits et légumes que les hommes ou qu'elles fument moins. Ces résultats incitent à manger beaucoup de fruits et légumes, sources d'antioxydants mais aussi de sels minéraux et de vitamines. On a estimé que 9 % des cancers pourraient être évités en France grâce à une consommation quotidienne de cinq portions de fruits et légumes, une portion correspondant à un gros fruit, 100 g de crudités ou 200 g de légumes cuits.
Méta-analyse JAMA 2007
[modifier | modifier le code]Une équipe serbo-danoise a publié en une méta-analyse[9], réactualisée en 2008[5], de tous les essais randomisés utilisant des antioxydants en prévention primaire et secondaire. Toutes les études randomisées chez les adultes comparant le β-carotène, la vitamine A, la vitamine C, la vitamine E ou le sélénium, soit de manière isolée ou combinée à un placebo ou à l'absence d'intervention ont été incluses dans cette analyse ce qui représente soixante-treize études randomisées portant sur 232 606 participants.
Les résultats de cette méta-analyse ne montrent pas d'effet significatif des suppléments antioxydants sur la mortalité (risque relatif RR = 1,02, IC de 95 % = 0,98-1,06). Les analyses en méta-régression multivariée ont montré que les études ayant de faibles biais et le sélénium (RR = 0,998, IC 95 % = 0,997-0,9995) étaient significativement associées à la mortalité. Dans quarante-sept des études à faible biais portant sur 180 938 participants, les suppléments par antioxydants augmentaient de façon significative la mortalité (RR = 1,05, IC 95 % = 1,02-1,08). Après exclusion des essais portant sur le sélénium, le β-carotène au-dessus de 10 mg (RR = 1,07, IC = 1,02-1,11), la vitamine A au-dessus de 800 µg (RR = 1,16, IC = 1,10-1,24) et la vitamine E au-dessus de 15 mg (RR = 1,04, IC = 1,01-1,07) de façon isolée ou combinée augmentaient de façon significative la mortalité[10].
Les auteurs concluent donc que les suppléments en antioxydants n'avaient généralement pas d'effet significatif sur la mortalité, voire un effet négatif, dans les cas suivant ;
- une supplémentation avec le β-carotène, la vitamine A et la vitamine E synthétique augmentait la mortalité ;
- les effets de la vitamine C et du sélénium sur la mortalité ne pouvaient être déterminés par l'étude et nécessitaient des investigations complémentaires.
Résultats apparemment discordants
[modifier | modifier le code]Certains résultats a priori discordants, et certains effets négatifs (contre-intuitifs et paradoxaux) ont été mis en évidence. Ils ont plusieurs explications (ci-dessous décrites) :
- la forme de l'antioxydant pourrait être importante : les formes chimiques naturelles, qui existent dans la nature (aliments contenant par exemple curcumine, polyphénols, vitamines, caroténoïdes, flavonoïdes, etc.), seraient les seules efficaces. Des enzymes spécialisées contribuent aussi au nettoyage intracellulaire, comme la superoxyde dismutase (SOD), qui transforme les radicaux les plus dangereux en molécules moins toxiques, ou la catalase. Un excès d'antioxydants, notamment synthétiques, pourrait être nocif. Par exemple, la vitamine E, est souvent proposées dans les suppléments sous la forme d'α-tocophérol, alors que dans la nature, elle est plus souvent sous la forme de β-tocotriénol ; d'où de possibles biais dans les études ;
- quelques oxydants ont une fonction vitale dans l'organisme. Ainsi, un certain niveau de dérivés réactifs de l'oxygène (ROS) est nécessaire à la signalisation cellulaire, à l'adaptation au stress et à la réponse immunitaire ; par exemple, le peroxyde d'hydrogène est une molécule-signal intracellulaire et paracrine vitale, momentanément et à très faible dose, mais il devient toxique pour la cellule à plus haute dose. De même, le monoxyde d'azote (NO∙) joue un rôle dans le contrôle de la dilatation des vaisseaux, mais devient délétère au delà d'un seuil (mécanisme inflammatoire). Les fonctions de ces oxydants peuvent être empêchées par un excès d'antioxydants, lequel peut alors conduire à un stress réducteur et perturber l'homéostasie (redox) de la cellule ; autrement dit : une neutralisation excessive des ROS peut négativement interférer avec des fonctions physiologiques vitales[11] ;
- dans certains contextes (typiquement : fortes doses d'antioxydant et/ou présence de fer ou de cuivre ou de métaux de transition sous forme ionique), des antioxydants (y compris la vitamine C ou certains caroténoïdes) peuvent, — apparemment paradoxalement — adopter un comportement pro‑oxydant, et alors eux‑mêmes favoriser la production de ROS. Un antioxydant comme la vitamine C peut, par exemple, dans ces conditions, réduire les ions Fe3+ en ions Fe2+, lesquels vont alors catalyser la réaction de Fenton, transformant le peroxyde d'hydrogène en radicaux hydroxyles (HO∙) extrêmement réactifs et cytotoxique.
On sait, depuis 1984, qu'un même comportement se manifeste avec les caroténoïdes dans deux cas : 1) à des doses suprathérapeutiques, ou 2) à des pressions partielles d'oxygène élevées (supérieure à 150 torr). Au repos et dans un organisme sain, les 150 torr ne sont jamais atteints, mais cela se produit lors des hyperoxies et en particulier en milieu hospitalier, en caisson hyperbare, ou lors d'efforts physiques intenses augmentant le flux d'oxygène tissulaire, ou encore dans certains tissus spécifiques comme les poumons où la concentration en dioxygène est naturellement maximale. Dans ces conditions, le taux d'oxygène inhabituellement élevé dans la cellule, favorise l'auto-oxydation des caroténoïdes antioxydants et leur transformation en radicaux libres, qui vont induire des dommages cellulaires (au lieu que l'antioxydant les empêchent)[12],[13]. Plusieurs essais randomisés de grande envergure ont clairement démontré des risques cliniques associés à une supplémentation antioxydante à base de carotène à fortes doses : par exemple, un essai clinique, dit Trial CARET (Carotene and Retinol Efficacy Trial), lancé en 1985, testant 30 mg/j de bêta‑carotène et 25 000 UI/j de rétinyl palmitate chez des fumeurs ou sujets exposés à l'amiante, a du être prématurément stoppé en raison d'une augmentation significative du cancer du poumon et de la mortalité totale dans le groupe supplémenté[14], tandis qu'un autre essai (SELECT : Selenium and Vitamin E Cancer Prevention Trial, lui aussi interrompu avant la fin) montrait qu'une supplémentation élevée en vitamine E (400 UI/j d'alpha‑tocophérol) augmentait de 17 % le risque de cancer de la prostate (chez des hommes de plus de 50 ans en relativement bonne santé, par rapport à un placebo ; avec un Hazard Ratio de 1,17 ; intervalle de confiance à 99 % : 1,004-1,36 ; p = 0,008) ; ce risque accru est apparu après un suivi médian de sept ans, alors même que les participants avaient cessé de prendre les suppléments depuis plusieurs années, ce qui suggère un effet négatif à long terme d'une supplémentation excessive sur la carcinogenèse (prostatique dans ce cas)[15],[16].
Deux méta‑analyse récentes (2025) basées sur des essais cliniques randomisés concluent que des suppléments bien dosés réduisent certains marqueurs de stress oxydatif (lactate sanguin et créatine kinase), suggérant un effet potentiel sur la récupération de la fatigue, et sur la limitation des dommages musculaires, via une meilleure capacité antioxydante, mais en influençant « modestement » des paramètres métaboliques. Selon Jingfeng et al (2025), hormis pour ces deux marqueurs, l'analyse globale n'identifie aucun effet clair sur les autres marqueurs du stress oxydatif ou de l'inflammation, tels que le statut antioxydant total, les enzymes antioxydantes (Superoxide dismutase ou SOD, Glutathione peroxidase ou GPx), les Substances réactives à l'acide thiobarbiturique ou TBARS (pour Thiobarbituric Acid Reactive Substances), l'IL‑6 (Interleukine 6), le Malondialdéhyde ou MDA, ou encore les nitrates. Les auteurs, soulignent que ces effets positifs pourraient dépendre de la variabilité des participants, des méthodes utilisées et des doses administrées, plaident pour des études plus robustes — avec des échantillons plus larges, des durées plus longues, des doses plus élevées et une meilleure prise en compte de la biodisponibilité[17],[18].
Effets de la supplémentation en antioxydants sur la performance sportive
[modifier | modifier le code]La physiologie de l'exercice a montré que l'effort intense augmente le stress oxydatif et la production de radicaux libres, et que ces derniers sont associés à la fatigue et aux lésions musculaires.
Dans un premier temps, plus de 150 articles estiment que la supplémentation en antioxydants atténue le stress oxydatif induit par l'exercice, mais c'étaient « presque tous des études à petite échelle et de faible qualité » ; en réalité, des années 1980 aux années 2010, aucune preuve physiologique ne le montrait de manière cohérente, et la plupart des études observaient « aucun effet sur les lésions musculaires et les performances induites par l'exercice », 23 études ayant même déjà conclu que la supplémentation en antioxydants interférait négativement avec les adaptations physiologiques induites par l'entraînement sportif[19]. Néanmoins, sur ces bases, de nombreux sportifs ont commencé à se survitaminer en espérant ainsi augmenter leurs performances[20].
On a ensuite montré que les radicaux libres jouent aussi un rôle majeur de signalisation ; ce sont eux qui déclenche dans l'organisme des mécanismes de protection et d'adaptation de l'organisme durant l'effort et ensuite[21], et que « l'exercice régulier peut augmenter les antioxydants endogènes (c'est-à-dire produits par l'organisme lui-même) et réduire les dommages oxydatifs »[22].
Les études faites sur l'être humain ont montré que — contrairement à une idée reçue — des compléments alimentaires en vitamines C et E peuvent dégrader la performance sportive en bloquant ces signaux, et donc en atténuant la prise de muscle et certaines adaptations bénéfiques de l'entraînement. Ceci affecte notamment les réponses liées au stress oxydatif que sont la signalisation mitochondriale, et l'activation de systèmes antioxydants endogènes[23].
Des apports élevés en antioxydants (sous forme de médicaments ou compléments alimentaires) peuvent ainsi réduire les bénéfices de l'entraînement, en particulier de la musculation, en inhibant certaines voies anaboliques.
- Hormis en situations spécifiques (ex : entraînement en altitude ou recherche d'un effet très court terme), la supplémentation en vitamine E n'a pas d'avantage démontré pour le sportif.
- et les résultats d'études sur les effets combinés des vitamines E et C sur la masse ou la force musculaire sont contradictoires et restent inconstants.
Les experts recommandent donc de privilégier une alimentation riche en fruits et légumes, qui apporte naturellement vitamines, minéraux et composés bioactifs, plutôt que des compléments susceptibles de perturber les adaptations bénéfiques de l'exercice.
Mode de fonctionnement supposé
[modifier | modifier le code]L'apparition de certains cancers est liée à la modification d'un gène suppresseur de tumeurs, et dans plus de 50 % des cas à une mutation du gène codant la protéine p53[24],[25]. Les antioxydants interagissent dans le processus d'activation de ladite protéine dans la cellule, qui est liée à la signalisation dans le mécanisme d'apoptose. Les antioxydants pourraient ainsi avoir un rôle anti-cancérigène, en tant qu'activateurs de la protéine p53 ou pro-cancérigènes[26],[27] dans le cas d'un cancer déjà déclaré.
Antioxydants dans l'alimentation
[modifier | modifier le code]Les antioxydants les plus connus sont le β-carotène (provitamines A), l'acide ascorbique (vitamine C), le tocophérol (vitamine E), les polyphénols et le lycopène. Ceux-ci incluent les flavonoïdes (très répandus parmi les végétaux), les tanins (dans le cacao, le café, le thé, le raisin, etc.), les anthocyanes (notamment dans les fruits rouges) et les acides phénoliques (dans les céréales, les fruits et les légumes).
Sous forme réduite, le glutathion (protéine, très présente dans la levure de bière par exemple) est l'un des antioxydants les plus actifs dans nos cellules. Il est plus bioassimilable dans l'intestin s'il est lié à la vitamine C, notamment à la vitamine C liposomale qui neutralise sa charge en le rendant absorbable par l'intestin.
Exemple du thé
[modifier | modifier le code]| Antioxydants du thé (% m.s.)[28] | ||
| Constituant | Thé vert | Thé noir |
| Catéchines | 30 - 42 | 3 - 10 |
| Théaflavines | 0 | 2 - 6 |
| Polyphénols simples | 2 | 3 |
| Flavonols | 2 | 1 |
| Autres polyphénols | 6 | 23 |
| Théanine | 3 | 3 |
| Caféine | 3 - 6 | 3 - 6 |
Fruits riches en antioxydants
[modifier | modifier le code]Les fruits contiennent beaucoup d'antioxydants, notamment ceux dits rouges, tels les airelles, et ceux bleu foncé, tels l'aronia du fait de la présence conjuguée de vitamine C et de polyphénols. Le « pouvoir antioxydant » d'un aliment, c'est-à-dire sa capacité de résister à l'oxydation, s'exprime en unités ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity, cette valeur mesure la capacité de l'aliment à neutraliser le radical peroxyle (attention cet indice est controversé) :
| Activité antioxydante ORAC de diverses plantes, d'après USDA[29] | |||
| Partie consommée | Plante (nom scientifique) | ORAC moyen (μmol TE/100 g) | |
|---|---|---|---|
| Rhus | Rhus | 312 400 | |
| Curcuma | Curcuma | 127 068 | |
| Noix, amande de noyer commun | Juglans regia | 13 541 | |
| Artichaut, fond cru | Cynara scolymus | 6 552 | |
| Prune fraîche | Prunus domestica | 6 100 | |
| Vin rouge de cabernet sauvignon | Vitis vinifera | 4 523 | |
| Grenade fraîche | Punica granatum | 4 479 | |
| Fraise fraîche | Fragaria × ananassa | 4 302 | |
| Pomme granny smith, fraîche, avec la peau | Malus pumila | 3 898 | |
| Goji | Lycium barbarum | 3 290 | |
| Chou rouge, bouilli | Brassica oleracea var. capitata f. rubra | 3 145 | |
| Thé vert, feuilles infusées | Camellia sinensis | 1 253 | |
La canneberge contient aussi un taux très considérable d'antioxydants ORAC (indice) avec 9 584 unités pour 100 g.
Il convient d'ajouter à cette liste de fruits les espèces les plus riches, à l'instar de la tomate, en lycopène (tétraterpène, pigment liposoluble rouge et puissant antioxydant de la famille des caroténoïdes), à savoir : la pastèque, la goyave, la papaye, etc., qui se rangent parmi les fruits ayant la plus forte concentration d'antioxydants.
Le mangoustan — fruit du mangoustanier — est réputé contenir de puissants antioxydants naturels, dont au moins 40 xanthones. L'écorce du fruit contient notamment des vitamines, des catéchines, des stilbènes et des xanthones, dont l'α-mangoustin[30].
La myrtille : très riche en vitamine C, E et en fibres comme la fraise, la framboise et la mûre.
La prune : présence de polyphénols et de vitamine C, le pruneau : riche en vitamines A et E[31].
L'avocat : très riche en vitamine E[32].
L'orange, le kiwi : très riches en vitamine C.
Légumes riches en antioxydants
[modifier | modifier le code]Les aliments végétaux représentent nos principaux apports d'antioxydants, certains fruits et légumes sont particulièrement riches en antioxydants, on attribue le caractère antioxydant de ces aliments à leur riche teneur en vitamine C, caroténoïdes (dont les lycopènes), flavonoïdes, composés phénoliques, terpénoïdes et resvératrol.
Les épinards : très riches en vitamine B9 et en calcium, le brocoli : concentré de vitamines A, B, C, E, tout comme le chou vert et le chou de Bruxelles, la betterave : riche en vitamine A, B6 et B9 et C[33].
L'ail : très riche en antioxydants, dans l'Antiquité, il était considéré comme un médicament.
À noter que même certaines épices comme le clou de girofle et la cannelle ainsi que certaines herbes comme l'origan et le persil sont aussi très riches en antioxydants[34].
Lors de la cuisson, certains antioxydants tels que la vitamine C sont inactivés, alors que d'autres se transforment pour devenir plus actifs ou plus facilement absorbables par le système digestif. C'est le cas des lycopènes de la tomate. En effet, la cuisson de la tomate augmente la quantité de lycopène biodisponible, la chaleur le libérant des cellules de la tomate. Ainsi, il y a environ quatre fois plus de lycopène biodisponible dans la sauce tomate que dans la tomate fraîche[réf. souhaitée].
Produits dérivés riches en antioxydants
[modifier | modifier le code]Le sirop d'érable, un produit dérivé de la sève de l'érable, contient plus de vingt antioxydants[35].
Le vin rouge est riche en polyphénols (en particulier resvératrol, procyanidines).
Le chocolat noir a un indice ORAC proche de 13 000, ce qui le classe parmi les plus importantes sources d'antioxydants[36].
Famille d'additifs antioxydants
[modifier | modifier le code]Les nombreux additifs antioxydants utilisés dans l'industrie agroalimentaire se répartissent en huit familles :
- acide ascorbique ou vitamine C (E300), ascorbates de sodium (E301), de calcium (E302), acide diacétyl 5-6-1-ascorbique (E303), acide palmityl 6-1-ascorbique (E304) ;
- acide citrique (E330), citrates de sodium (E331), de potassium (E332) et de calcium (E333) ;
- acide tartrique (E334), tartrates de sodium (E335), potassium (E336) et de sodium et de potassium (E337) ;
- butylhydroxyanisol (E320) et butylhydroxytoluol (E321) ;
- gallates d'octyle (E311) ou de dodécyle (E312) ;
- lactates de sodium (E325), de potassium (E326) ou de calcium (E327) ;
- lécithines (E322) ;
- tocophérols naturels (E306), α-tocophérol de synthèse (E307), γ-tocophérol de synthèse (E308) et δ-tocophérol de synthèse (E309), l'ensemble des tocophérols constituant la vitamine E.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Thomas Desmier, Les antioxydants de nos jours : définition et applications, Université de Limoges, (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Paule latino-Martel, Julie Ginhac, Juliette Bigey et Mathilde Touvier, « Que reste-t-il des antioxydants et de leurs effets ? », La revue du praticien, vol. 67, no 8, , p. 831-834.
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- ↑ « Avocat: 10 puissants bienfaits et vertus de ce fruit santé ».
- ↑ « La betterave, riche en antioxydants ».
- ↑ « Les antioxydants combattent le stress oxydatif ».
- ↑ « Le sirop d'érable du Canada renferme plus de 20 composés antioxydants reconnus pour leurs effets bénéfiques sur la santé et inhiberait la prolifération de cellules cancéreuses », sur scoop-sante.com
- ↑ Liste du taux d'antioxydant par 100 grammes, sur gojidequalite.com
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives à la santé :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
