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Almohades

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Empire almohade

1121/11471269

Description de cette image, également commentée ci-après
Évolution de l’empire
Informations générales
Statut Califat[1]
Capitale Tinmel (1121–1147)
Marrakech (1147–1269)
À al-Andalus :
Séville (1147–1162)
Cordoue (1162–1163)
Séville (1163–1248)[2]
Langue(s) Berbère dont Berbère masmoudien[3]
Arabe
Religion Islam sunnite (jurisprudence zahirite)
Monnaie Dinar almohade[4]
Superficie
Superficie (en 1150) 2 300 000 km2[5]
• 1200 2 000 000 km2[6]
Histoire et événements
1121 Ibn Toumert se proclame « mahdi », et fonde l'État almohade
1147 Abd al-Mumin capture Marrakech aux Almoravides.
c. 1147 Abd al-Mumin est proclamé calife des almohades
1152 Les Almohades éliminent les Hammadides
1195 Bataille d'Alarcos
1212 Bataille de Las Navas de Tolosa
1229 Les Hafsides rejettent l'autorité des Almohades et deviennent maîtres de l'Ifriqiya
1238 Reconquête du royaume de Valence par Jacques Ier d'Aragon
1269 Le sultan mérinide Abu Yusuf Yaqub élimine les Almohades de Marrakech

Les Almohades (en arabe : الْمُوَحِّدُون (al-Mowaḥḥidoun), en berbère : ⵉⵎⵡⴻⵃⵃⴷⴻⵏ (Imweḥḥden), littéralement en arabe « qui proclame l’unité divine ») sont un mouvement religieux berbère qui se structure ensuite en organisation politique. En 1147, après la capture de Marrakech, il devient un califat berbère qui supplante la dynastie almoravide et qui gouverne le Maghreb et Al-Andalus jusqu'en 1269.

Face au rigorisme malikisme imposé par les almoravides, Ibn Tûmart développe une doctrine réaffirmant le tawhid. Il fédère les tribus Masmouda du Haut-Atlas marocain et s'autoproclame mahdi en 1121. Constitué en État après la prise de Tinmel en 1123, les Almoravides tentent de reprendre la ville mais subissent une défaite. Le mouvement Almohade assiège alors Marrakech vers 1128, mais est repoussé à la bataille d'Al-Buhayra. Le décès d'Ibn Tûmart vers 1130 suspend l'émergence du mouvement jusqu'à ce qu'Abd al-Mumin soit effectivement accepté comme successeur.

En 1147, Marrakech est conquise et Abd al-Mumin devient calife. Il instaure un pouvoir héréditaire et consolide sa position dans l'armée et l'organisation almohade en s'appuyant sur sa tribu, les Koumya zénètes de la région de Nedroma, et sur les Arabes hilaliens qu'il intègre dans l'armée régulière. Sous son règne, les Almohades renversent les Almoravides puis conquièrent le Maghreb central hammadide, l'Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Le Maghreb et l'Al-Andalus sont ainsi entièrement sous domination almohade à partir de 1172.

À la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, les Almohades sont affaiblis et leur empire se morcelle au profit des rois des Taïfas en Al-Andalus, des Zianides au Maghreb central et des Hafsides en Ifriqiya ; il voit l'émergence des Mérinides au Maghreb al-Aqsa qui prennent Fès en 1244. Les Almohades, qui doivent désormais payer tribut aux Mérinides et ne contrôlent plus que la région de Marrakech, sont finalement éliminés par ces derniers en 1269.

Historiographie

L'historiographie de l'origine du mouvement et d'Ibn Tûmart repose sur un corpus de sources dont la fiabilité est sujette à caution, en raison d’un fort enchevêtrement entre récit historique et construction idéologique du mouvement almohade. Les sources les plus proches chronologiquement abordent principalement la vie d'Abd al-Mumin et n'intègrent le récit d'Ibn Tûmart que dans un objectif de légitimation du jeune califat[7]. Al-Baydhaq, son premier disciple, est également l'auteur de la principale chronique à son égard[7],[8]. La doctrine almohade, attribuée à Ibn Tûmart, n'est connue que par une copie tardive de 1183 et certains passages pourraient avoir fait l'objet de remaniements afin de servir d'outil de propagande hostile aux Almoravides ou en faveur du nouveau credo almohade[9]. Enfin, les sources les plus anciennes qui dominent sont arabes et marginalisent la spécificité du contexte berbère. Ces textes sont de plus généralement étudiés au travers de traductions françaises du XIXe siècle et de travaux du début du XXe siècle rédigés dans un contexte colonial ou postcolonial[10].

D'autres textes permettent de retracer l'histoire almohade, comme le al-Mu'jib d'Abdelwahid al-Marrakushi qui tend à dépeindre le caractère héroïque de la doctrine almohade[11], ou encore les documents rédigés par Ibn al-Qattan (en), un intellectuel de Fès, qui décrit l'organisation hiérarchique et tribale des débuts du mouvement almohade[12]. Ces sources intègrent des citations berbères translittérée en arabe, une pratique qui s'observe encore par la suite dans les sources produites sous les Mérinides[13].

À partir du XIVe siècle, les documents comme ceux d'Ibn Khaldoun prennent la forme d'un mythe fondateur berbère et tend à démontrer que l'historiographie et la doctrine almohade subit des manipulations tardives. Le récit relatif à Ibn Tumart et celui de sa doctrine adoptent un narratif mystique[14] visant à légitimer les conquêtes de son successeur en al-Andalus[11].

L’historiographie contemporaine souligne également la difficulté à définir de façon stable ce qu’est l'almohadisme, tant celui-ci résulte d’une évolution doctrinale continue[15]. En Algérie, dans le contexte précurseur de la guerre d'Algérie, Ibn Tumart endosse la figure du combat militaire et indépendantiste. Il est également remodelé comme l'ancêtre des wahhabites et des Frères musulmans. Cette image ressurgit dans les années 1990, instrumentalisée par l'État au sortir de la décennie noire[16]. Son image revêt également une grande importance dans la valorisation de l'identité et de l'indépendance marocaine[17]. Dans les années 2000, des groupes islamistes gravitant autour d'Abou Moussab Al-Zarqaoui exploitent le récit fondateur almohate pour justifier leurs actions, assimilant le mouvement almohade à un groupe fondamentaliste sunnite et djihadiste, facilitant des rapprochements anachroniques et une instrumentalisation de l'Histoire[18].

Histoire

Contexte

Les parallèles de la fondation du mouvement almohade et du mouvement almoravides sont fréquemment évoqué et soulèvent surtout la question du mythe fondateur reprenant les codes d'une épopée prophétique. Cependant, plusieurs éléments contextuels divergent. Chez les almoravides, le fondateur Abdellah ben Yassin ne laisse aucun écrit tandis qu'Ibn Tûmart se distingue par une formation religieuse en Orient et une production littéraire. L'un est issu des nomades du Sahara, l'autre est issu des sédentaires du Haut Atlas. Enfin, le contexte régional est également très différent puisqu'à l'inverse des almoravide où l'hégémonie musulmane est présente, le mouvement almohade apparait dans un contexte de recul de l'islam[19].

En effet, la reconquista progresse dans la péninsule ibérique, reprenant les villes de Lisbonne, Almería et Tortose. De l'autre côté de la Méditerranée, les croisades permettent au royaume de Jérusalem de s'implanter au Moyen-Orient. En Ifriqiya, le recul est également important avec la fondation du royaume de Sicile qui s'empare de plusieurs villes comme Djerba, Mahdia, Tripoli, Sousse, Gabès et Annaba[20].

Au Maghreb, la situation religieuse sous la dynastie almoravide est l'adoption d'un malikisme rigoriste et l'étude des fondements de la loi religieuse est progressivement écartée au profits de l'application de traités juridiques. Les voies discordantes y sont persécutées et les tentatives de réflexions sont étouffées, prônant un immobilisme religieux. Ce contexte suscite des réactions hostiles considérant que les juristes n'étaient plus dignes d'être des hommes de religion[21].

Fondation du mouvement almohade

Mosquée de Tinmel dans le Haut Atlas marocain, fief des Almohades[22],[23],[24].

Le mouvement almohade est fondé dans le Haut Atlas dans l'actuel Maroc[25] au début du XIIe siècle par Muhammad Ibn Toumert, un réformateur de l’Anti-Atlas d'origine berbère de la tribu des Hargha[26] de la branche des Masmoudas[25]. S’opposant au rite malikite pratiqué par les Almoravides, Ibn Toumert prêche le retour aux sources religieuses de l’islam ; formé en Orient et influencé par le chiisme et par les idées de Al-Ghazali, il reproche à ceux-ci d’avoir délaissé l’étude du Coran pour un juridisme excessif ; il dénonce également leur conception anthropomorphe de Dieu, contraire au principe fondamental de l’unité divine (ou tawhid, « unité divine »). Sa véritable originalité fut dans la méthode de diffusion de sa doctrine plus que dans son contenu lui-même. Son livre Aazou ma youtlab (le meilleur qu'on puisse chercher), constitua la référence expliquant sa doctrine. À Mallala, petite localité de la banlieue de Béjaïa, il élabore sa doctrine au contact de ses étudiants, auxquels il précise le but de sa mission, voir Almohadisme. C'est dans ce village qu'il rencontre un jeune homme de la tribu berbère zénète des Koumya : Abd al-Mumin, le futur calife almohade[27].

Ibn Tûmart s’oppose fermement aux Almoravides, qu’il accuse d’hérésie et de déviation religieuse. Il leur reproche une dépendance excessive au formalisme juridique et à l’autorité des textes, au détriment de la pratique continue[28]. Accusé d'avoir fomenté une rébellion, l'émir almoravide décide de l'expulser de Marrakech[29] et Ibn Toumert se réfugie dans les montagnes du Haut Atlas[30]. Il y organise une communauté militaire et religieuse autour d’un islam austère et rigide et, en 1121, se proclame mahdi (le bien guidé, sauveur attendu par les musulmans, c'est un homme providentiel qui selon les sunnites devra combattre le Dajjāl (« l'imposteur »)[31] et précéder la venue de Jésus-Christ ou ʿĪsā)[32].

Suivant les préceptes de leur secte, les Almohades mettent en place un système socio-politique et théocratique complexe et strictement hiérarchisé. Le calife n'est pas uniquement un souverain temporel, mais également le dépositaire d'un pouvoir sacralisé qui en fait un Mahdi et un Imam ma'ssoum (infaillible). Le Tawhid est considéré comme l'aboutissement ultime de l'islam, et à ce titre l'Empire almohade est érigé en terre sanctifiée de laquelle est proscrite la dhimma, et donc réservée exclusivement aux musulmans, parmi lesquels les adeptes du mouvement almohade obtiennent tous les pouvoirs par le système du tamyiz[33]. Les nouvelles élites dirigeantes du califat bénéficient d'un programme complet, physique, militaire et intellectuel, vraisemblablement inspiré du Livre V de La République de Platon, et destiné à forger l'archétype d'un homme nouveau capable d'accomplir la doctrine du Tawhid et d'être le fer de lance de la lignée d'Abd El Moumen[34]. Ces élites prennent le nom de talaba, et obéissent au Conseil des Cinquante, lui-même soumis au Conseil des Dix qui constitue l'entourage direct de l'Imam-calife et le noyau dur de la secte[35].

Emplacements approximatifs des tribus berbères (en mauve) rejoignant le mouvement Almohade.

En 1123, après la prise de Tinmel, Ibn Tûmart réaffirme le dogme de l'unicité divine (tawhid) afin de s'autoproclamer mahdi et « imam infaillible », et déclare la guerre sainte (djihad) contre les Almoravides[36],[37],[8]. Il organise la communauté almohade selon la doctrine almohade et crée un État montagnard disposant d'une armée dont l'objectif est de répandre la doctrine[8]. Il fédère les tribus et établit une hiérarchie pyramidale. Du sommet à la base se trouvent le Conseil des Dix, puis des Cinquante, des talaba, des huffaz, et du reste de la population : la totalité (al-kaffa), c'est-à-dire la masse des partisans structurés en tribus[38],[8].

Afin de contrecarrer ce mouvement, les Almoravides attaquent Tinmel. Leur défaite les force à se replier à Marrakech qui est assiégée, mais ils sont repoussés après la bataille d'Al-Buhayra[39],[40],[41]. En août 1130, Ibn Tûmart meurt. Bien que son hagiographie indique qu'un successeur est désigné, le pouvoir revient d'abord au Conseil des Dix et il faut deux ans avant qu'Abd al-Mumin ne soit désigné comme souverain[8],[36].

Instauration de l'Empire

Unification du Maghreb

Statue d'Abdul-Mu'min ben Ali Agoumi à Nedroma.

Après une période de succession complexe, Abd al-Mumin est proclamé amîr al-mu'mimin en 1132 et revendique le titre de calife[42],[43],[44], rejetant ainsi la souveraineté des Abbassides[45]. Il relance les armées almohades à la conquête du Haut Atlas et du Moyen Atlas, privilégiant ce terrain défavorable à la cavalerie almoravide, et remonte jusqu'au Rif[46],[42]. La mort d'Ali ben Youssef en janvier 1143 et son successeur Tachfine ben Ali destabilise davantage le pouvoir almoravide dont l'armée est défaite à Tlemcen en 1144[46],[47]. L'armée almohade parvient alors à capturer rapidement Oujda, Guercif et Meknès. Fès résiste quant à elle à un siège de neuf mois. Après sa chute, les Almohades redescendent sur Salé puis Marrakech qu'ils capturent en mars 1147[48]. Les derniers membres de la dynastie almoravide y sont tués et les différentes villes acceptent de se soumettre au nouveau pouvoir en place[49].

Carte chronologique de l'extension de l'Empire almohade

Après avoir réprimé une révolte dans l'intérieur du territoire, Abd al-Mumid conduit l'armée vers l'est en 1151 et entame la conquête du Maghreb central. Il prend le contrôle des territoires hammadides et l'emporte contre les hilaliens qu'il convainc de le rejoindre[50],[46]. Entre 1152 et 1156, il entreprend des réformes et restructuration au sein de l'Empire visant à consolider son pouvoir[51]. Il s'assure que les tribus fondatrices du mouvement almohade bénéficie d'un pouvoir et de privilèges tout en valorisant sa propre tribu, les Koumya, à des fonctions dans l'administration de l'empire. Il conserve le conseil des Cinquante afin de s'assurer que chaque tribu ait un rôle dans la structure impériale[52],[53]. Puis, il achève la conquête du Maghreb dans une seconde campagne militaire visant l'Ifriqiya en 1159. En combinant une force terrestre et une première force navale, il parvient rapidement à soumettre les différentes tribus, évincer les chrétiens du royaume d'Afrique, et prolonger son territoire jusqu'à Barqa, à la frontière avec les Fatimides[54],[55].

Guerres almohades en al-Andalus

Koutoubia à Marrakech

En parallèle, la situation instable en Al-Andalus ne permet pas d'assurer l'autorité almohade. Les possessions almohades se trouvent menacées en 1158 par Muhammad ibn Mardanis[56]. Abd al-Mumin organise les préparatifs pour intervenir militairement et fonde Ribât al-Fathi (Camp de la victoire, Rabat)[57],[58]. Les prémices de la conquête almohade d'al-Andalus consistent à déloger Ibn Mardanis de Grenade en 1162 et à reprendre les territoires. La campagne est interrompue en 1163 par le décès d'Abd al-Mumin et une succession complexe donnant lieu à un interrègne jusqu'en 1168 durant lequel le royaume de Portugal reprend plusieurs villes de l'Algarve[59].

Le califat d'Abd al-Mumin est cependant marquant au-delà de son expansion territoriale puisqu'il pose les fondations du pouvoir impérial, réforme l'armée, attribue des tâches administratives aux différentes tribus, constitue une flotte bénéficiant aux voies commerciales et établit les fondations du Makhzen marocain[60]. Sur le plan urbain, il fait bâtir la mosquée de Tinmel car la ville est considérée comme la capitale spirituelle de l'empire, ainsi que la mosquée Koutoubia qui est l'un des emblèmes de l'art almohade[58].

Le successeur d'Abd al-Mumin, Abu Yaqub Yusuf I, parvient à mettre fin au conflit avec Muhammad ibn Mardanis et à soumettre ses fils en 1172[61]. Cependant, son règne est marqué par plusieurs conflits internes et la pression constante des royaumes chrétiens dans le processus de la reconquista. Il parvient à stabilisser l'Empire almohade, construire des bâtiments notables, soutenir l'activité culturelle et intellectuelle[61]. Il meurt durant le siège de Santarém[61]. Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, qui lui succède, correspond à l'apogée de l'empire almohade[62]. D'abord confronté à une importante crise en Ifriqiya et au Maghreb central qui voit l'instauration d'un nouvel État almoravide (Beni Ghania) jusqu'à son intervention en 1187[63], il se retrouve ensuite confronté aux conflits au sein de la péninsule ibérique. Ces guerres prennent un tournant décisif avec la victoire almohade à la bataille d'Alarcos qui permet de se poursuivre en une campagne victorieuse contre le royaume de Castille[63]. Son règne est marquée par l'expansion du réseau commercial méditerranéen[62], la construction de nombreux édifices[63], la déportation de populations arabes d'Ifriqiya[64] ainsi qu'une intransigeance idéologique menant à des autodafés et des persécutions antijuives[64]. Ces déportations de bédouins font également progresser l’arabisation du Maroc, tandis que les populations bédouines demeurées plus à l'est fragilisent l’autorité almohade en Ifriqiya[65].

Durant les Croisades

L'Empire almohade, sous le règne d'Abu Yusuf Yaqub al-Mansur, établit un partenariat stratégique avec l'Égypte du sultan Saladin. Le point d'orgue de cette relation est l'ambassade d'Abou al Harith Abderrahman Ibn Moukid envoyé par Saladin auprès de la Cour califale de Marrakech. Cette mission débouche sur la reconnaissance de l'autorité almohade et une alliance entre Almohades et Ayyoubides, qui se concrétise par la participation de la flotte marocaine aux opérations maritimes contre les Croisés (sur les côtes méditerranéennes du Proche-Orient et même en mer Rouge, où les navires almohades prêtés à Al-Adel mettent en échec l'expédition contre La Mecque organisée par Renaud de Châtillon en 1182)[66]. À la suite de la prise de Jérusalem par Saladin en 1187, plusieurs familles originaires du Maghreb et du Maroc en particulier viennent participer au repeuplement de la ville sainte d'Al-Qods. Ces populations établissent ainsi un quartier qui prit par la suite le nom de « quartier des Magharibas (Marocains) » et dont l'un des vestiges est la Porte des Maghrébins[67] ; de nombreux Palestiniens de Jérusalem descendent ainsi de ces Marocains installés en Terre sainte[68].

Déclin et chute de la dynastie

Bataille de Las Navas de Tolosa le 1212.

Le XIIIe siècle marque un tournant pour l'empire almohade qui, à son apogée, présente une situation de grande prospérité intellectuelle, culturelle et artistique. L'économie est forte et la frappe monétaire du dinar almohade est renforcé par la frappe d'une pièce double (la dobla ou masmodina). Dès le début du XIIIe siècle, l'empire amorce pourtant des phases de déclin[69].

Le jeune et nouveau calife, Muhammad an-Nasir, se retrouve confronté très rapidement au retour des Beni Ghania almoravide en Ifriqyia et qui soutiennent les opérations depuis leur émirat aux baléares[70]. Une nouvelle stratégie, est adoptée pour les déloger, combinant une attaque maritime pour capturer les baléares et soutenir l'offensive terrestre en Ifriqyia. Au terme de ces combats, Abû Muhammad ben Abî Hafs est nommé en 1207 gouverneur de l'Ifriqyia et bénéficie d'une grande autonomie, formant les bases de la future dynastie hafside[71]. Cependant, la situation en Espagne décline fortement et Muhammad an-Nasir se retrouve confrontée à une croisade des trois royaumes de Castille, d'Aragon et de Navarre. Le , la défaite à la bataille de Las Navas de Tolosa marque le début de la déroute almohade en andalousie[71]. Cette succession d'événements suscite des tensions dans la politique interne et voit l'émergence de nouvelles familles de pouvoir comme les Beni Mérin qui apparaissent à l'est de Fès[72]. Les califes qui se succèdent après l'empoisonnement de Muhammad an-Nasir en 1213, ne parviennent pas à endiguer la situation[72].

En effet, sous Yusuf II al-Mustansir, la domination almohade s'effrite sur l'Ifriqyia et les mérinides gagnent en influence. La gestion de l'empire est essentiellement celle du vizir. La crise s'accentue lorsque Yusuf II meurt en 1224 sans successeur[73]. Abd al-Wahid al-Makhlu qui lui succède en 1224 est destitué huis mois plus tard et remplacé par Abu Muhammad al-Adil qui est assassiné quatre ans plus tard. Une guerre de succession oppose ensuite Yahya al-Mutasim et Abu al-Ala Idris al-Mamun en 1227 à 1229[74]. Ce climat profite aux rois chrétiens qui fournissent des mercenaires aux deux partisans. Une fois au pouvoir, al-Mamun engage une épuration sanglante des notables almohades et renie le dogme almohade avant d'être assassiné en 1232[75]. La désagrégation de l'empire s'accélère à partir de là avec l'indépendance du Sultanat hafside de Tunis ainsi que la perte des derniers territoires andalous au profit de l'autonomie du nouveau royaume de Grenade nasrides[76].

Au sein du Maghreb occidental, foyer des almohades, le règne de dix ans d'Abd al-Wahid ar-Rachid ne parvient pas à restaurer l'autorité. Une importante guerre civile éclate et il se retrouve finalement mis à mort à Fès en 1242 en croyant y trouver refuge[76]. Son demi-frère, Abu al-Hasan as-Saïd al-Mutadid, lui succède, et il tente de redresser la situation. Cependant, il est trahi par ses alliés et meurt en 1248. Ce climat plonge les almohades dans une longue lutte de pouvoir jusqu'en 1269, date à laquelle les Mérinides capturent Marrakech et destituent le dernier calife, Abou al-`Oula Idriss al-Wathiq, mettant ainsi fin à la dynastie almohade[77],[78].

Finalement, le déclin de l’État almohade résulte de la convergence de plusieurs facteurs structurels et doctrinaux. Les fragilités internes de la croyance toumertienne, fondée sur un assemblage hétérogène de courants religieux, ont progressivement sapé la légitimité idéologique du pouvoir. Les réformes engagées sous le califat d’Idrīs al-Maʾmūn, marquées par l’abandon de la mahdiyya et le retour officiel au malikisme, ont consacré la rupture entre la doctrine fondatrice et l’État. À cela se sont ajoutées la résistance durable des oulémas malikites, les luttes politiques internes, la domination des cheikhs almohades sur le pouvoir central et la multiplication des mouvements sécessionnistes. L’ensemble de ces dynamiques a affaibli la cohésion du régime et précipité la désagrégation progressive de l’autorité almohade[79].

Organisation du pouvoir

Structure

Le mouvement almohade réduit le fonctionnement de noyaux tribaux circulaires en un système hiérarchique segmenté suivant une pyramide sociale de loyauté au Mahdi[80]. Au sommet de la pyramide se trouve l'imam et le Mahdi, puis en dessous se trouve le Conseil des dix, le Conseil des Cinquante, le Conseil des septente, les Tullab, les récitants du Coran et de la doctrine almohade, la maison dynastique réglante, les principaux clans (Hargha, Tinmallal, Gadmiwa, Ganfisa, Hintata, Hazmir, Hilana, Hizraja), les soldats et enfin les champions[81]. Par la suite, ce système segmentaire est transformé et remplacé par une structure réduisant l'importance des lignages tribaux, autre que ceux de la dynastie régnante[82].

Ce système pyramidal permet d'appuyer et renforcer directement la légitimité de la fonction qui se situe à son sommet. Au début du mouvement almohade, il s'agit d'Ibn Tumart[83]. La transition vers ce modèle s'est faite sur la durée et place le clan d'Ibn Tumart à une position élevée, raison pour laquelle ceux-ci se soulèvent contre Abd al-Mumin, membre d'une tribu inférieure dans la hiérarchie. Ce dernier restructure la hiérarchie pyramidale afin de la concentrer davantage sur le calife et les conseils[84].

Gouvernance des territoires

À leur arrivée au pouvoir, les Almohades conservent en grande partie les structures administratives almoravides. Les divisions provinciales antérieures sont maintenues : Salé et la province du Gharb, Ceuta et le Détroit, Fès et Meknès, Sijilmassa et le Darʿa, Taroudant et le Sûs, Marrakech, centre du pouvoir. Les premiers gouverneurs sont choisis parmi les cheikhs proches d’Ibn Tûmart, puis, à partir de 1156, parmi les descendants de ʿAbd al-Muʾmin[85]. Dans le Maghreb central, Tlemcen conserva son rôle de capitale, tandis que Béjaïa devint le centre du gouvernorat de l’ancien royaume hammâdide. En Ifrîqiya, les Almohades divisent l’ancien territoire ziride en plusieurs gouvernorats (Mahdia, Gafsa, Tripoli), sous la domination de Tunis[85].

Pour maintenir l’ordre et percevoir l’impôt, les Almohades installent des garnisons étrangères (chrétiennes, andalouses ou masmûda) dans les principales villes. Dans les régions rurales, ils confient la sécurité et la collecte de l’impôt aux tribus alliées, notamment les Hintâta et les Arabes Zughba[86]. Afin de les fidéliser, ils introduisent le système de l’iqtāʿ. Ce système, d’origine orientale, favorisa toutefois la montée en puissance de ces tribus au détriment du pouvoir central, surtout lors des crises[87].

La forte centralisation du pouvoir almohade, incarnée par la personne du calife, rend l’Empire vulnérable : chaque déplacement de l’armée provoque des troubles ailleurs.Face à la multiplicité des fronts, les Almohades recoururent à des traités de paix temporaires, notamment avec la Navarre et le León, pour concentrer leurs forces. La défaite de Las Navas de Tolosa (1212) marque un tournant : elle affaiblit durablement le pouvoir central et entraîne l’autonomie croissante des gouverneurs provinciaux. Dans le sud et les zones sahariennes, les révoltes tribales sont également fréquentes[86].

Religion

Culte impérial almohade

Le maghreb berbère au centre de l'Islam

L'impulsion du mouvement almohade renforce celle menée par les almoravides dans le développement d'une idéologie religieuse faisant du Maghreb le nouveau centre de l’islam. S’appuyant sur une relecture de traditions prophétiques, ils identifient les habitants de l’Occident (al-Gharb) comme les véritables dépositaires de la foi. Cette conception place les Berbères, en particulier les Masmûda, au cœur du projet religieux, et légitime la primauté du Maghreb sur l’Orient[88].

L'usage de la langue berbère, dans la prêche, puis par la suite érigée comme langue sacrée appelée al-lisān al-gharbī, se trouve au coeur du mouvement. Elle est utilisée dans les premiers textes religieux et son apprentissage est même incité à l'ensemble de la population. Ainsi, pour la première fois dans l’histoire islamique, une langue non arabe acquit un statut quasi liturgique, favorisant l’unité idéologique et l’islamisation du Maghreb[88].

Culte d'État autour du Mahdî

Le fondateur du mouvement, Ibn Tûmart, est l’objet d’un culte d’État sans précédent. ʿAbd al-Muʾmin institue un pèlerinage officiel à sa tombe à Tinmâl, berceau de la dynastie. Les califes s’y rendent avant chaque campagne militaire pour obtenir sa bénédiction. Les sources almohades utilisent le terme ḥājj pour désigner cette visite, plaçant symboliquement Tinmâl sur un pied d’égalité avec les La Mecque[89].

En 1229, le calife al-Ma’mūn tente de briser le dogme de l’impeccabilité du Mahdî : il fait supprimer son nom des monnaies et le maudit publiquement. Cette rupture provoque de violentes révoltes et la sécession de l’Ifrîqiya, marquant le début du déclin de l’Empire. Son successeur al-Rashīd rétablit le culte, mais l’unité idéologique est perdue. Après la chute des Almohades, Tinmâl demeure un haut lieu de piété populaire. Sous les dynasties mérinide, saadienne et alaouite, de nombreux saints et lignages berbères revendiquent une descendance d’Ibn Tûmart[90].

Persécutions religieuses

« Les Almohades vont brutalement changer les conditions de vie des dhimmis juifs et chrétiens[91] », les forçant à se convertir, en infraction, selon Michel Abitbol, avec la tradition musulmane, qui avait jusque-là réservé aux "gens du Livre" un statut particulier[91]. Des milliers de juifs et de chrétiens se sont convertis malgré eux à l'islam ; des milliers d'autres se sont enfuis ; beaucoup ont été tués, en Afrique du Nord comme en Espagne[92].

En Al-Andalus, le douzième siècle est ainsi considéré comme la fin de l'âge d'or de la culture juive en Espagne.

Selon Adnan Husain, l'avènement du radicalisme austère porté par les Almohades est vécu comme une catastrophe non seulement par les juifs et les chrétiens, mais également, en Espagne, par les musulmans d'Al-Andalus[91].

Autodafés de livres et persécutions contre les savants

Les universités rejettent les connaissances de la Grèce et la Rome antique ainsi que l'enseignement de philosophes comme Averroès dont les Almohades firent brûler les œuvres en place publique, après avoir interdit la philosophie et le recours à la raison. Plusieurs grands philosophes de toutes religions furent persécutés sous cette dynastie. Averroès, philosophe musulman, et Moïse Maïmonide, philosophe juif, sont les plus connus. Averroès fut accusé d'hérésie et exilé pendant un an et demi (avant d'être rappelé au Maroc). Pour ne pas être contraint d'abjurer sa religion, Maïmonide sera contraint d'émigrer définitivement ; il trouvera refuge en Égypte à la cour des Fatimides puis de Saladin.

Langue

Du temps de l'Empire almohade, le terme pour désigner la langue berbère dans les textes en arabe est « al-lisān al-ġarbī », la « langue occidentale » davantage à interpréter comme « langue des habitants du Maġrib » et, plus spécifiquement encore, « langue des habitants du Maġrib al-aqṣā ». Fait singulier, l'administration almohade cherche à institutionnaliser la langue berbère et plus précisément le berbère des Masmoudas. La prépondérance du peuplement Masmouda au Maghreb al Aqsa, en sus des facteurs politiques, explique que les corpus les plus substantiels retrouvés sont liés au chleuh tant du point de vue lexical que morphologique[93].

La tradition linguistique à dominante berbérophone et orale de la base berbère de l’État almohade, dont bon nombre sont des Masmoudas, rend compliquée la dispense des enseignements de la doctrine almohade, et le nécessaire passage à l'écrit de tout fait d'administration. Les Almohades auront ainsi recours principalement aux élites arabophones citadines, lettrées, dont certaines étaient au service des Almoravides. Dans certains cas ces lettrés sont même opposés à la doctrine almohade, mais nécessaires à l'administration des territoires conquis. Ibn Toumert doit faire preuve de réalisme et la société almohade prend la configuration d'une société à « literacy restreinte », où la langue écrite n’est pas la langue vernaculaire[94].

Cette langue fut la langue véhiculaire du Maghreb Al-Aqsa, à l'époque des Almohades[94]. Une lettre rédigée à Béjaïa sur ordre d'Abd el-Mumin en janvier 1161, rappelle, entre autres, son usage dans le domaine religieux (dont la lecture et l'enseignement du tawhid). Elle insiste sur le rôle imparti de cette langue et sur le devoir pour tous ses habitants de l’apprendre[95]. Cependant l'usage de la langue arabe et de la culture arabe progresse durant la période almohade tant d'un point de vue qualitatif que quantitatif, et ce notamment sous l'influence du milieu savant andalou. L’enseignement dispensé aux califes, aux cheikhs almohades et aux fonctionnaires de l’Empire était donné en berbère et en arabe[94]. Dans la première langue, était enseignée uniquement la doctrine d'Ibn Toumert, l'almohadisme[94].

Un manuscrit du XIIe siècle, Kitāb al-asmā’ « livre des noms » du savant de la Qalaa des Beni Hammad, Abu Abdullah Muhammad ibn Jaɛfar al-Qaysi, a été étudié par l'Inalco comme un témoin des lexiques arabo-berbères de l'époque. Il en ressort que la majorité du lexique employé dans cette copie du manuscrit se rapproche du tachelhit (chleuh) actuel mais que l'on retrouve aussi des termes d'autres aires linguistiques berbères[96].

Ghouirghate formule l'hypothèse d'une institutionnalisation de la variante masmouda du berbère du « de haut en bas » dans l'Empire. Abu al-Abbas al-Azafi dans un panégyrique consacré au saint religieux Abū Ya‘zā parle de sa langue comme « langue de l'Occident ». Le lexique employé est proche du chleuh actuel, alors que Abu al-Abbas al-Azafi est originaire du Ǧabal Irūǧān[94]. Van Den Boogert explique cette ressemblance avec le chleuh moderne par une altération du contenu lors de la copie du vocabulaire des textes médiévaux. Selon lui, au Moyen Âge, le berbère médiéval s'écrit en caractère arabe dans un style dit maghribi dont on retrouve les traces du Xe siècle au XIVe siècle, en dehors du cadre temporel de la seule dynastie almohade[97]. Les copies des textes médiévaux dont nous disposons sont toutes datées de la période post-médiévale quand l'orthographe médiévale est tombée en désuétude. Ainsi les copies par des non-berbérophones ou par des locuteurs du tachelhit (chleuh) à partir de la fin du XVIe siècle ont abouti à des versions de manuscrit dans un style fondamentalement différent de celui du berbère médiéval[98].

Elle disposait d'un vocabulaire pointu et avancé, ayant permis la publication de livres de géographie, de botanique ou encore de dictionnaires scientifiques[99].[réf. à confirmer]

Art

Calligraphie

Les Almohades a adopté un style d'écriture cursive dit maghribi en tant que style officiel utilisé dans l'architecture, les manuscrits, la monnaie ou encore les documents du Maroc moderne[100][source insuffisante]. Cependant, le kufi plus angulaire était toujours utilisé, bien que sous une forme retravaillée dans l'épigraphie coranique, et a été vue détaillée en argent dans certains colophons[101]. L'écriture maghribi, souvent dorée, était utilisée pour mettre l'accent lorsque l'écriture standard était considérée comme insuffisante. Le maghrebi de la région d'al-Andalus au cours du XIIe au XIVe siècle était caractérisé par des lignes allongées, des courbes allongées et l'utilisation de plusieurs couleurs pour les vocalisations, dérivées des habitants de Médine[101].

Extrait d'un Coran copié par le calife almohade Abu Hafs al-Murtada en 1266, ce dernier est exposé à Bibliothèque Ben Youssef de Marrakech.

Textiles

Les Almohades ont d'abord évité la production de textiles et de soies de luxe, mais finalement ils se sont eux aussi engagés dans cette production. Les textiles almohades, comme les productions almoravides antérieurs, étaient souvent décorés d'une grille de cocardes remplies de motifs ornementaux ou d’écritures arabes. Cependant, les textiles produits par les ateliers almohades utilisaient progressivement moins de décoration figurative que les textiles almoravides antérieurs, au profit d'entrelacs de motifs géométriques et végétaux[102].

Bannière almohade capturé par Alphonse VIII de Castille lors de la bataille de Las Navas de Tolosa (1212).

Architecture

L'architecture produit de nombreux chefs-d'œuvre dont trois mosquées remarquables par la similitude de leur minaret (base carrée et décoration) au point qu'elles aient été surnommées les trois sœurs : la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et le minaret inachevé de la mosquée Hassan à Rabat, plus connu sous le nom de Tour Hassan.

L’architecture militaire occupe une place centrale dans l’État almohade, reflet d’un pouvoir fondé sur la guerre et le jihad. Les Almohades considéraient la lutte armée comme un devoir religieux, ce qui donna aux conflits une dimension idéologique et doctrinale. Inspirés par Ibn Toumert, ils développèrent une stratégie militaire reposant sur la guérilla, le choix de sites naturellement fortifiés et une forte mobilisation morale des combattants. Cette orientation entraîna un vaste programme de construction de fortifications, de ribats, de tours et de murailles. Sous le règne d’Abd al-Mu’min, l’architecture défensive connut un remarquable développement technique et stratégique. Les villes, les axes de circulation et les frontières furent solidement protégés. L’architecture militaire devint ainsi un outil majeur de contrôle territorial et de stabilité politique. Elle participa pleinement à la structuration de la société almohade[103].

Économie

Politique urbaine

Lors de la phase d'expansion de l'empire almohade, un intérêt particulier est porté aux infrastructures navales et portuaires et ce afin de pouvoir supporter des stratégies militaires employant la flotte, mais également afin de renforcer l'économie commerciale méditerranéenne et ne plus dépendre uniquement du commerce transsaharien. Plusieurs villes portuaires sont fondées afin de soutenir cette politique telles que Mehdia et Rabat, et les ports existents sont renforcés comme à Tanger et Ceuta[105].

Commerce

À l'époque des Almohades, les musulmans, qui avaient été les premiers à organiser les formes de leur commerce selon les nécessités du trafic international [citation nécessaire], avaient perfectionné leurs méthodes, dont les chrétiens s'inspiraient. Malgré les différences de religion et le développement de la course, dont le contrôle échappait aux souverains africains, les rapports et les échanges entre chrétiens et musulmans ne cessèrent de se développer. Les Almohades abandonnèrent graduellement la notion de jihâd perpétuel contre "les infidèles" qui fut en viguer chez les Almoravides et dont les bases juridiques remontent à l'ouvrage de Abû Bakr al-Qayrawânî[106]. Chez les Almohades, la guerre legale ou jihâd fut principalement dirigée contre les Almoravides conformément à la doctrine d'Ibn Tumart[107]. Le Grand Maghreb ne trafiqua pas seulement avec l'Espagne. Tunis, Bougie, Constantine, Tlemcen, Ceuta (il existait un foundouk marseillais [fundicium marcilliense] à Ceuta en 1236) échangèrent des marchandises avec Pise, Gênes, Venise, Marseille[108].

Monnaie

Le califat almohade frappe sa monnaie dans la tradition musulmane : l'unité est le dinar en or. Cependant dès le premier calife Abd el-Mumin, il s'opère une réforme pondérale du dinar qui se poursuit sous ses successeurs[109]. Le poids du dinar passe en effet de 4.2g à 2.3g sous son règne. Le dinar frappé sous Abd el Mumin (dinar mumini) ou celui frappé sous son fils Yusuf (dinar yousoufi) a probablement une inspiration orientale : des exemplaires retrouvées à la Kalaa Beni Hammad, pèsent 2.36g soit la moitié du mitqal abbasside du calife Al Mansur de 4.72g[110]. Plus tard, le dinar yaqubi, lui pèse 4.7g[111]. Un doublon est frappé avec un poids de référence de 4.72g sous le règne du calife almohade Al Mansur[110]. Cette réforme pondérale almohade s'accompagne probablement de motifs idéologiques : se démarquer des dynasties précédentes. Mais le mahdi Ibn Tumert ne s'est pas consacré au poids et mesures dans son kitab. Une des hypothèses est une influence de l'école zahrite, qui toutefois ne peut être ni affirmée, ni infirmée en l'absence de textes officiels de l'époque[112].

Le dinar almohade est décliné en un sous-multiple la masmodina (littéralement « monnaie des Masmouda ») au poids de 2,3 g[113]. Le petit dinar almohade est aussi rencontré sous le nom de masmoudina[114], c'est le dinar plus souvent frappé par les Almohades[115]. Elle était également la pièce fractionnaire la plus importante[116].

La majorité des ateliers de frappe de dinars almohades se trouvaient au Maroc et en Al-Andalus. En effet, selon les comptages de Khaled Ben Romdhane, sur un total de 262 dinars almohades portant une indication de lieu de frappe, seuls 26 sont de Bougie, et 7 de Tunis, l'essentiel des dinars provenant du Maroc ou d'al-Andalus[117][réf. à confirmer].

Abd al-Mumin s'est empressé de frapper une monnaie différente de celle de ses prédécesseurs almoravides, en y introduisant la forme carrée[118].Cette forme carrée se veut un moyen de se démarquer des califes non-orthodoxes dont l"héritage est rejeté par les Almohades. Les inscriptions habituelles des monnaies islamiques sont remplacées par quatre inscriptions inscrites dans des segments de cercle ne comportant ni lieu de frappe, ni date, mais simplement le nom : la kuniya de Abd el Mumin, son titre d'émir des musulmans, suivi d'un verset de la première sourate du Coran. La citation coranique disparait sous les successeurs d'Abd el Mumin. L'inscription du carré sous Abd el Mumin est consacrée à Ibn Toumert, qualifié d'Imam du peuple et « chargé de l’exécution de l'ordre d'Allah »[119]. Dans certaines monnaies frappées sous Abd el Mumin, Ibn Toumert est qualifié de « calife d'Allah », dans d'autres son nom est remplacé par celui d'Abd el Mumin. Sous ses successeurs, le texte du carré est modifié : une place de choix est accordé à Abd el Mumin sous ses deux premiers successeurs, alors que Ibn Toumert, le Mahdi, est passé sous silence[119].

Grâce à la prise de Sijilmassa, les Almohades se sont assuré leur approvisionnement en or dès 1145-1446. Les premières frappes de dinar almohade datent de la même année, dans les villes de Fès, Salé et Meknès[120]. Dès l'année suivante, les dinars sont régulièrement émis à Marrakesh[120]. Durant les années 1155-1156, le dinar des émissions régulières de dinars à Fès et Ceuta, laissent peu de doute sur l'efficience de l'axe commercial Sijilmassa/Fès/Ceuta[120].

Plusieurs villes : Fès, Ceuta, Séville et Bougie, gouvernées par des sayyid (gouverneurs de la famille du calife d'Abd el Mumin), commencent à émettre des séries monétaires de façon continue à partir de l’année 1155-1156 alors que Tlemcen et Sijilmassa ne voient l'émission de dinar commencer que vers 1163-1164, alors qu'elles furent paradoxalement parmi les premières villes conquises[120].

Chronologie de l'empire almohade

Souverains almohades

Généalogie

Notes et références

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    « Pour soutenir sa construction dynastique et contrebalancer la menace de partis masmûda rivaux, le calife ordonne de déporter au Maghreb al-Aqçâ des tribus d’Arabes bédouins, destinées à repeupler les plaines atlantiques, dévastées et dépeuplées par la répression de 1149, et à lui fournir des recrues pour affermir durablement la conquête d’al-Andalus. Ces déplacements ont pour effet de faire progresser l’arabisation du futur Maroc. Mais tous les bédouins ne sont pas déplacés : il en reste assez pour fragiliser l’autorité almohade en Ifriqiya. »

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  112. Africa, op.cit, « Nous avions insisté sur le rôle du facteur théologique unitariste dans la philosophie de gouvernement chez les Almohades. Dans son kitab, Ibn Tūmart ne fait aucune allusion sur les poids et les mesures. Il pourrait être éclairant de rapprocher la réforme pondérale muƆ minide d'une école religieuse dont l'idéologie est proche de celle des Almohades et qui aurait insisté sur l'augmentation du mitqal. [...] Or, fait remarquablement, le zāhirisme professé par Ibn Hazm obtient un regain de cause auprès des premiers califes mu’minides. C'est que les califes ont favorisé toutes les écoles sunnites hostiles au malékisme, maudit en ce temps-là. »
  113. Jean Pierre Cuvillier, Histoire de l'Europe occidentale au Moyen âge : IVe siècle-début du XVIe siècle, Ellipses, (lire en ligne), p. 110
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Annexes

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Bibliographie

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  • Mehdi Ghouirgate, Les Empires berbères: constructions et déconstructions d'un objet historiographique, de Gruyter, , 471 p. (ISBN 9783111017112)
  • Michel Abitbol, Histoire du Maroc, Éditions Perrin, (ISBN 978-2-262-03816-8, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Fayard, (ISBN 978-2-213-67465-0, lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • D.T. Niane, Histoire générale de l’Afrique: L'Afrique du XIIe au XVIe siècle, UNESCO Publishing, (ISBN 978-92-3-201710-9, lire en ligne)
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  • Pascal Buresi et Mehdi Ghouirgate, « Histoire du Maghreb médiéval. XIe-XVe siècle », shs.cairn.info,‎ (DOI 10.3917/arco.bures.2021.01, lire en ligne, consulté le ). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (en) Allen J. Fromherz, The Almohads: The Rise of an Islamic Empire, Bloomsbury Publishing, (ISBN 978-0-85771-207-3, lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes